Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens

Posté par Patrice Guerin le 6 mars 2020

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DiableParis 02 Plaques de lanterne magique “Charivari infernal” par Lefranc janvier 1844.

Pour tout connaître des « Mœurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie privée, publique, politique, artistique, littéraire, industrielle », il faut s’adresser à Satan et lire l’ouvrage collectif qu’il a publié en 1845.

VOIR : Plaques de lanterne magique diableries LEFRANC

DiableParis 03  “Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens”, première édition de 1845 en 1 tome.

“Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens” est un livre édité pour la première fois par HETZEL en 1845. Il a été doublé d’un deuxième tome en 1846. Par la suite, les différentes ré-éditions mentionneront 1ère et 2e partie en début d’ouvrage.

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L’idée est qu’un petit Belzébuth nommé “Flammèche”, secrétaire particulier du diable, doit lui rendre compte de la vie à Paris dont on dit le plus grand mal aux enfers… Il se nourrira des textes des plus grands auteurs de l’époque, pour faire son “rapport de stage”. Les hommes de lettres ne pouvant rien refuser au démon, vous le savez, ils posteront leurs courriers avec diligence dans le tiroir du diable !

DiableParis 05 “Flammèche, qui avait conservé son habit noir de Paris, vida au pied de Satan une corbeille remplie des cinquante livraisons formant le volume qu’il s’était charger de composer.”

“Flammèche” appela à son aide tous les dessinateurs les plus en vogue tels que GAVARNI et BERTALL, ainsi que tous les écrivains les plus spirituels qui « déposèrent à ses pieds des milliers d’articles » tels que BALZAC “Physiologie du mariage et Petites misères de la vie conjugale”, Alfred de MUSSET “Conseils à une Parisienne et Mimi Pinson”, GEORGE SAND “Les Mères de Famille dans le beau monde”, Léon GOZLAN “Les Maîtresses à Paris” et aussi Charles NODIER, Arsène HOUSSAYE, Gérard de NERVAL et HETZEL lui-même sous le pseudonyme de P.-J. STAHL.

DiableParis 06  DiableParis 07

“Le Charivari” en fit une savoureuse présentation dans son numéro 362, du samedi 28 décembre 1844 et conclut son article de la manière suivante : « Grâce à la haute approbation de Satan, “Le Diable à Paris” est tout aussi à la mode aujourd’hui en enfer que sur terre, et l’avis unanime est que jamais on n’a vu une plus réactive et plus spirituelle lanterne magique ; d’autant plus amusante, qu’on en jouit au coin de son feu, sans l’accompagnement obligé d’un orgue de barbarie et du charabia savoyard d’un Auvergnat ! »

VOIR : Montreurs de lanterne magique - Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre

 

 

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Conférence : Les Projections Lumineuses des opticiens MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 25 janvier 2020

Affiche conf 10e  Jeudi 6 février 2020 à 19h, salle des fêtes de la Mairie du Xe Paris.

L’association Histoire & Vies du 10e a le plaisir de vous inviter à la conférence de Patrice GUERIN, historien et collectionneur. Il vous fera découvrir “Les Projections Lumineuses des opticiens MOLTENI”.

VOIR : Histoire de la maison MOLTENI

Cette conférence se déroulera le jeudi 6 février 2020 à 19h dans la salle des fêtes de la Mairie du Xe arrondissement de Paris (entrée libre). Elle sera agrémentée de projections de plaques anciennes.

Mairie Xe  Grand escalier de la mairie du Xe arrondissement de Paris. Source Wikimedia.

Les opticiens Molteni, d’origine italienne, installés à Paris dès le XVIIIe siècle, font construire en 1846, rue du Château-d’eau (n°44 actuel) une fabrique où des centaines d’ouvriers élaborent des instruments scientifiques de précision. Mais à partir de 1860, Alfred Molteni développe, techniquement et socialement, Les Projections Lumineuses.

VOIR : Les lanternes de projection MOLTENI

Pendant 40 ans, il en fera des milliers pour l’Instruction Publique et les conférences populaires, constituant une photothèque de près de 60 000 pièces. Son entreprise sera la première du genre en France, et la plus importante.

molteniatelier2.jpg  Atelier MOLTENI 44 rue du Château d’Eau, 1854.

 » Une fabrication de cette importance occupe nécessairement une date assez ancienne dans les fastes de l’industrie parisienne, et MM. MOLTENI et  Cie font remonter à l’an 1782 l’origine de la Maison qu’ils exploitent de père en fils depuis trois générations, avec un agrandissement progressif qui peut aujourd’hui la faire considérer comme la seule, tant en France qu’à l’étranger, qui soit parvenu à ce degré de perfectionnement. »  L’ILLUSTRATION du 2 décembre 1854.

0 Slides Molteni Paris.pptx Extrait des slides projetées durant la conférence.

 » J’ai assisté hier soir à cette conférence passionnante qui nous présentait la vie et l’oeuvre des Molteni, fabricants d’appareils d’optique, d’appareils de projection et de lanternes magiques. Occasion aussi de nous présenter le premier volume (sur trois) de son magnifique ouvrage encyclopédique consacré à cette dynastie italienne installée à Paris pendant plus d’un siècle. » A.K.

IMG_5422  2020-02 Ara1  Projection du “Tour du Monde en 80 jours”.

 

 

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Plaques de lanterne magique diableries LEFRANC

Posté par Patrice Guerin le 24 décembre 2019

 

Voeux2020

CLIQUER SUR L’IMAGE pour voir l’animation

“Diableries”, série de plaques déposée par LEFRANC en 1844. Collection Patrice GUERIN © décembre 2019.

Voir : Plaque animée Molteni Vœux 2017 - Petit spectacle de lanterne magique

Diableries 1  9×35,4cm

Diableries 2  9×35,4cm

Diableries 3  9×35,4cm

Le 5 janvier 1844, soit 4 ans avant la création de la Maison LAPIERRE, un certain LEFRANC fait un Dépôt Légal à la BNF de “Figures pour lanternes magiques”.

• VOIR : BNF

Il s’agit d’un recueil avec couverture rigide contenant 52 pages sur lesquelles sont imprimés les dessins destinés à tirer des plaques de lanternes magiques. Chacune de ces pages contient 3 à 6 dessins représentant exactement (à l’envers) ce qui sera reproduit (à l’endroit) sur les plaques de lanterne magique.

Figures pour Lanternes Magiques

En bas de certaines pages on peut lire « « Je certifie que le présent exemplaire est la reproduction fidèle d’une planche en cuivre dont je suis propriétaire. Batignolles ce 5 janvier 1844. Lefranc rue des Batignollaises* 11. »

Figures pour Lanternes Magiques

Ces dessins sont gravés sur cuivre puis imprimés sur papier en un certain nombre d’exemplaires. Ces dessins sur papier sont transférés sur les plaques de verre puis coloriés à la main avec des teintes transparentes. NB Les dessins sont toujours de la même taille quelque soit les dimensions des plaques.

Diableries 6  8×32,5cm

Diableries 7  8×32,5cm

   Voir : La tentation de Saint-Antoine le Grand - Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT - Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens

 

 

 

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Lanterne magique carrée en fer blanc

Posté par Patrice Guerin le 6 décembre 2019

Carré 01

Cette lanterne magique est l’une des plus anciennes fabriquées en série au cours du XIXe siècle. Ce sont probablement des artisans ferblantiers qui fabriquaient ce modèle pour le compte de divers opticiens. Elle figure dans plusieurs catalogues, malheureusement avant 1840 ceux-ci sont rarement illustrés.

Carré 1839 Belloq FB  Carré 1844 Buron  Carré 1853 Lerebourgs  Carré 1859 Chevalier  Carré 1859 Molteni  Carré 1860 Lapierre FB  Carré 1905 Deloye

De gauche à droite : 1839 Belloq (Collection FB) – 1844 Buron – 1853 Lerebourgs – 1859 Chevalier – 1859 Molteni – Vers 1860 Lapierre (Collection FB) – Et encore en 1905 Deloye

La lanterne magique carrée existe dans une dizaine de tailles différentes et possède souvent le même décor sur les trois coté : une étoile à cinq branches avec un cercle au milieu et quatre autres cercles identiques autour. Ces motifs peuvent être entourés d’un cadre.

Carré 05  Carré 06

Le système optique est très simple. Il est constitué d’une demi-loupe à l’arrière du tube objectif et d’une lentille bi-convexe sur la partie avant qui s’emboite dans la partie arrière. Ces lanternes ne possèdent pas de condensateur pour focaliser la lumière sur l’image à projeter. L’éclairage est généralement un godet rempli d’huile dans lequel trempe une mèche en coton. Certains éclairages possèdent un réflecteur à l’arrière pour renvoyer la lumière vers l’objectif.

Carré 07  Carré 08  Brevet Lapierre N°44 516 du 29 mars 1860

En 1860 la Maison Lapierre dépose un brevet pour améliorer l’aspect des pieds. « Jusqu’à présent les quatre pieds de ces lanternes magiques étaient tout ronds, sans aucune ornementation, c’étaient de petits cylindres en fer blanc, ou des cônes tronqués également en fer blanc, faits au marteau sur une bigorne ronde. J’ai pensé qu’il serait possible de les faire autrement et plus riches, et à cet effet j’ai fait établir des matrices convenablement disposées pour emboutir les pieds ornementés en cuivre, en zinc ou en fer blanc. »

Carré 09b  Carré 09a  Modèle Lapierre avec plaque “Breveté” située sur l’arrière

Fabriquée durant une centaine d’années, ce modèle subira peu d’évolutions. On peut trouver des exemplaires en cuivre, colorés et même des versions fantaisies fabriquées artisanalement.

Carré 10  Carré 11  Carré 12  Carré 13  Carré 14

 

A VOIR : La Lanterne Magique de Georges Mélies - La manufacture d’instruments d’optique BURON - FLORIAN “le Singe qui montre la Lanterne Magique” - Le Singe Montrant la Lanterne Magique - 

 

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La fontaine lumineuse ou fontaine de Colladon

Posté par Patrice Guerin le 31 octobre 2019

Une fontaine lumineuse consiste à projeter de la lumière à l’intérieur d’un jet d’eau afin qu’il devienne lumineux.

Image de prévisualisation YouTube

 « Les rayons lumineux traversent la lentille et le liquide et vont converger dans l’ouverture par laquelle s’échappe la veine ; une fois entrés dans la veine, ils rencontrent sa surface sous un angle assez petit pour éprouver une réflexion intérieure totale ; le même effet se produit à chaque nouveau point d’incidence, en sorte que le lumière circule dans ce jet transparent comme dans un canal, et suit toutes les inflexions… Si la veine se réduit en gouttes dans sa partie inférieure, c’est là seulement que le liquide s’éclaire et chaque point de rupture de la veine lance une vive lumière. »(1)

Colladon 01  Fontaine lumineuse réalisé d’après une description faite directement par M. COLLADON (VOIR Portraits) et une note présenté à l’Académie des Sciences. “La Nature” n°595 du 25 octobre 1884.

Plusieurs fabricants d’instruments scientifiques construisirent cet accessoire qui se place à l’avant d’une lanterne de projection. Parmi eux les plus célèbres en France aux XIXe siècle sont DUBOSCQ et MOLTENI. « M. MOLTENI a disposé pour ces expériences un modèle de fontaine de Colladon qui donne d’excellents résultats. »(2)

Colladon 02  Modèle RADIGUET & MASSIOT Projections MOLTENI.

Il suffit d’alimenter en eau un réservoir placé dans le champ lumineux de la lanterne, pour que le jet qui en sort à l’avant soit lumineux. « La forme de l’orifice d’écoulement a une grande importance sur la forme même de la veine liquide ; elle garde assez longtemps la section que lui a donnée l’orifice. Un orifice rond donne un jet cylindrique, un orifice en forme de croix donne une forme à quatre arrêtes et le jet se tord sur lui-même. »(2)

Colladon 03  Colladon 04 Autre modèle MOLTENI s’adaptant parfaitement à la place de l’objectif.

Les fontaines lumineuses ont notamment été rendues célèbres à la suite des travaux scientifiques de John TYNDALL (1820-1893) au XIXe siècle lorsqu’il montra que la réflexion totale interne de la lumière dans un jet d’eau permettait un guidage de la lumière à l’intérieur de ce jet d’eau. Ce même principe constitue désormais la base des fibres optiques utilisées aujourd’hui.

Colladon 05

En 1877, on trouve dans un livre américain “The Art of Projection” par le Prof. A. E. Dolbear, une très intéressante description des fontaines lumineuses, avec cette superbe gravure.

Colladon-06  De gauche à droite : un homme règle le débit de l’eau qui alimente une fontaine placé au centre d’un récipient destiné à récupérer l’eau. A l’arrière une grosse lanterne équipée d’un chalumeau oxhydrique éclaire le dessous transparent du jet d’eau par l’intermédiaire d’un miroir à 45°. A droite deux gros sacs contenant de l’oxygène et de l’hydrogène alimentent la chalumeau, ils sont mis sous pression par plusieurs poids en fonte.

  • (1) Revue “La Nature” article “La fontaine Colladon” page 325/325, par D. Colladon. N°595 du 25 octobre 1884.
  • (2) “Traité Général des Projections” par Eugène TRUTAT, Paris Charles Mendel éditeur, 1897 page 172.

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Les débuts de l’Arc Voltaïque

Posté par Patrice Guerin le 24 juillet 2019

Ducretet 01Lampe à arc électrique manuel BOUDREAUX / DUCRETET

La lampe électrique à “arc voltaïque” se compose essentiellement de deux baguettes de charbon, taillées en pointe comme des crayons et placées dans le prolongement l’une de l’autre. « Entre ces petites baguettes doit jaillir le flux électrique, qui devient alors l’arc voltaïque. »(1)

Ducretet 02Gros plan de l’arc électrique tel qu’il était représenté au XIXe siècle

Lorsque l’on veut allumer la lampe, il faut que le courant traverse les baguettes de charbon. Pour cela il convient de mettre les charbons en contact, bout à bout et, lorsque les extrémités taillées en pointe rougissent il faut alors écarter les baguettes de charbon à une certaine distance l’une de l’autre pour forcer l’arc voltaïque à se développer avec toute sa puissance éclairante.

Ducretet 03  Premier “Porte charbons” à l’air libre pour produire de la lumière

Au début les charbons étaient fixés à des tiges métalliques dont l’une coulissait “à frottement” dans un anneau fixe. « Les manœuvres se faisaient à la main : on poussait la tige mobile pour allumer la lampe, on la relevait un peu pour étendre l’arc voltaïque, puis on l’avançait de nouveau de temps à autre quand l’éclat lumineux semblait diminuer. »(1)

Ducretet 04  Premier “Porte charbons” sous vide pour produire de la lumière, type œuf de DAVY

C’est ainsi qu’avait opéré sir Humphry DAVY en 1813, soit à l’air libre, soit dans le vide. « DAVY n’avait pas songé à utiliser l’arc voltaïque pour l’éclairage ; l’idée de cette application revient à Léon FOUCAULT qui, en 1844, choisit comme conducteur… des petites baguettes taillées dans du charbon de gaz, dur et très peu combustible. Avec l’aide de DELEUIL, il procéda, sur la place de la Concorde, à un premier essai d’éclairage public par l’électricité. »(2)

VOIR : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Ducretet 05  Régulateur à main de M. BOUBREAUX

Ces premiers appareils peu pratiques ont été remplacés par le régulateur à main de M. BOUDREAUX, aussi appelé “Porte charbons vertical”. Muni de plusieurs molettes de réglage il permet d’ajuster facilement la hauteur de l’arc et l’écartement des charbons au fur et à mesure de leur usure.

Ducretet-06Régulateur à main BOUBREAUX dans une lanterne SOLEIL-DUBOSCQ premier modèle

Cet éclairage de forte puissance est utilisé dans les lanternes de projection telle que la lanterne “Photogénique” DUBOSCQ ainsi que dans de nombreuses expériences sur la lumière électrique. Il est construit par M. DUCRETET. Par la suite un mécanisme d’horlogerie permettra un ajustement automatique de la distance entre les charbons.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

(1) Source : “La Lumière Électrique” par Em. Alglave et J. Boulard, Librairie Firmin-Didot et Cie Paris 1882. 
(2) Source “Le Règne de l’électricité” par Gaston Bonnefont, Alfred Mame et fils éditeurs à Tours, 1895.

 

 

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La vulgarisation des Sciences par les Projections Lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 11 juillet 2019

Vulgarisation 01“Leçons de Physique Expérimentale” par l’abbé NOLLET, tome premier 1783.

Déjà au XVIIIe siècle les “Leçons de Physique Expérimentale” et autres “Récréations Scientifiques” attirent de nombreux curieux autour de grands savants vulgarisateurs tels que l’abbé NOLLET. Quant au comte De PARROY il utilise une lanterne magique pour l’éducation du Dauphin, fils du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette.

VOIR : Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET - Lanternes magiques précurseurs

Vulgarisation 02  Affiche “Société Populaire des Beaux-Arts” par Alphonse Mucha 1897. Affiche MUCHA pour la société populaire des beaux-arts

Durant la seconde moitié du XIXe siècle les Projections Lumineuses sont un outil essentiel aussi bien dans les conférences mondaines que dans l’éducation populaire. Elles seront utilisées par toutes les sociétés d’Éducation Populaire qui apparaitront durant cette période.

VOIR : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC - La Société Nationale des Conférences Populaires - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Vulgarisation 03  “L’Art des Projections” par l’abbé MOIGNO, 1872.

L’un des premiers à promouvoir l’enseignement par l’image fut l’abbé MOIGNO qui voulut mettre en place, dès 1852, « un enseignement élémentaire, rendu accessible à toutes les intelligences avides de savoir et capables de quelque effort, mais aussi un enseignement élevé toujours au courant des progrès accomplis… En outre des expériences faites avec les instruments les plus perfectionnés… appellera à son aide une série de tableaux reproduits par la photographie sur verres transparents, et projetés à la lumière, soit électrique, soit oxhydrique, sur un très vaste écran visible de toutes les parties de la salle. » Communication faite par l’abbé MOIGNO à la Société Française de Photographie, le 12 janvier 1872.

VOIR : L’abbé MOIGNO et la vulgarisation scientifique

Vulgarisation 04Catalogue des Projections MOLTENI, vues pour conférences et cours d’adulte.

Alfred MOLTENI se fera un devoir de promouvoir l’usage des Projections Lumineuses dans l’enseignement chaque fois qu’il le pourra. En 1880, il animera avec Stanislas MEUNIER, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, une démonstration magistrale des possibilités offertes par la lanterne de projection, devant plus de 2000 personnes de l’Instruction Publique.

VOIR : Les projections à l’école - L’enseignement par les yeux

Vulgarisation 05  Catalogue “L’Enseignement lumineux par l’Aspect”par Mazo, 1938.

Plus tard la Maison de la Bonne Presse et la Maison Mazo contribueront à l’essor de “L’Enseignement par l’Aspect” en publiant des catalogues, collections de vues et en commercialisant le matériel de projection adéquat.

VOIR : Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE - Histoire de l’entreprise MAZO

Vulgarisation 06 “Science pour tous” BNF : CLIQUER ICI

Pour terminer ce rapide panorama des “Sciences pour tous” il convient de visiter le très beau sujet mis en ligne par la BNF (ci-dessus) et de consulter le catalogue de l’exposition “Lumineuses Projections”, réalisée par le MUNAÉ (MUsée NAtional de l’Éducation) à Rouen du mois d’avril 2016 à janvier 2017.

Exposition : Lumineuses Projections !

 

 

 

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Fonctionnement du chalumeau oxhydrique Limelight

Posté par Patrice Guerin le 5 juin 2019

fichier mov CLIQUER SUR L’ICONE pour lire la vidéo. Reproduction interdite © PG-05-2019

Prof. Lindsay Lambert démontre le fonctionnement d’un chalumeau oxhydrique dans le sous-sol de sa maison. Pour le découvrir CLIQUER ICI
« Utiliser un chalumeau oxhydrique paraît aujourd’hui quasiment impossible ! »

VOIR : La lumière DRUMMOND et les chalumeaux oxhydriques ou LIMELIGHT

Cependant, il y a encore quelques spécialistes qui en font la démonstration avec une aisance déconcertante. Dans ce cas, l’appareil est alimenté avec du propane (bouteille verte) et de l’oxygène (bouteille rouge).

Limelight 2 Branchement des bouteilles de gaz au chalumeau.

Lorsque les bouteilles de gaz hydrogène et oxygène apparaissent à la fin de XIXe siècle « la production de la lumière oxyhydrique est tellement simple, que journellement nous préférons allumer un chalumeau pour essayer un appareil ou même pour éclairer un travail fait la nuit, plutôt que de nous servir d’une lampe ordinaire. »

Limelight 3 Chalumeau en fonctionnement.

« Remplir celle-ci d’huile (ou de pétrole), y mettre une mèche, la couper, nettoyer le verre, etc. etc. , nous semble une besogne beaucoup plus désagréable que celle qui consiste à tourner simplement des robinets et à présenter une allumette au bec du chalumeau. »

Limelight 4 Lorsque le chalumeau est éteint, la chaux reste incandescente un certain temps.

« En effet, trouvant tous les éléments réunis sous sa main, on n’a plus que trois choses à faire :
-      mettre un bâton de chaux en place,
-      adapter les deux tuyaux de caoutchouc aux robinets,
-      puis allumer. »et régler le débit de chaque gaz.

Source : “Instructions pratiques sur l’emploi des appareils de projection”par A. Molteni IVe édition 1892.

 

 

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La pile LECLANCHÉ

Posté par Patrice Guerin le 26 mars 2019

Leclanché 1  Publicité des années 50/60 « La pile LECLANCHÉ, une longue histoire ! »

Le 8 janvier 1866, Georges LECLANCHÉ (1839-1882), ingénieur de l’École Centrale des Arts et Manufactures, dépose un brevet pour un nouveau type de pile fonctionnant au carbonate de cuivre. Après des recherches complémentaires le prototype est amélioré.

Leclanché 2Schéma de la pile LECLANCHÉ à vase poreux.

Exilé en Belgique, il met au point en 1867 la première pile au dioxyde de manganèse, récompensée à l’Exposition universelle de Paris la même année. Cette invention va permettre le développement de piles peu coûteuses ayant un fonctionnement prolongé, adaptées aux utilisations ne nécessitant pas une forte intensité. Elle fournie une tension d’environ 1,5 V. et peut fonctionner de façon quasi permanente.

Leclanché 3  Chromo “Les découvertes de l’électricité” la pile LECLANCHÉ

Cette pile est rapidement utilisée par l’administration belge des télégraphes et par les chemins de fer néerlandais. En 1871, les ateliers MOURLON-LECLANCHÉ fabriquent des piles au rez-de-chaussée d’un immeuble de la rue de Cologne aujourd’hui rue d’Aerschot à Bruxelles. L’entreprise emploie 5 ouvriers et 80.000 piles sont en service sur les télégraphes belges.

Leclanché 4

Après le rétablissement de la République, Georges LECLANCHÉ rentre en France. Son fils et son frère améliorent les performances de cette pile en travaillant sur l’immobilisation des liquides. Ce modèle est à l’origine de ce que l’on appelle aujourd’hui les “piles sèches”.

Leclanché 5La pile LECLANCHÉ à vase poreux comprend :

1° - Un vase extérieur en verre contenant une solution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque ou sel ammoniac ;
2° - Un bâton de zinc amalgamé plongeant dans cette solution et formant le pôle négatif ;
3° - Un vase poreux renfermant un mélange de bioxyde de manganèse et de charbon de cornue ;
4° - Une lame de charbon placée au milieu du vase poreux et constituant le pôle positif.

Laclanché 9  Pile LECLANCHÉ à vase poreux pour sonneries.

« Dans la seule année 1876, la Maison LECLANCHÉ eut à construire 30 000 éléments de sa pile pour les Compagnies de Chemins de Fer… Elle s’adresse à toute personne désireuse d’installer chez elle une sonnerie électrique. »
Source : Journal “La Lumière Électrique”du samedi 27 mai 1893.

Leclanché 7Caisse de transport de piles. Musée de l’Électricité, maison d’AMPERE, Poleymieux.

« C’est l’une des plus célèbres, parce qu’elles est l’une des meilleures et des plus répandues… La pile LECLANCHÉ ne consomme rien à circuit ouvert, ne se polarise presque pas sur un circuit très résistant, reprend très vite sa force électromotrice après quelques instants de repos, coûte peu cher, ne gèle pas et dure plusieurs années. Ce peu de mots explique le grand succès de cette pile dont les télégraphes, les Compagnies de chemins de fer, les téléphones et les particuliers emploient des milliers d’éléments. »
Source : “Revue Technique de l’Exposition Universelle de 1889” huitième partie “L’électricité et ses applications“ page 10.

Leclanché 10  Sachet publicitaire pour les lampes SAFT-LECLANCHÉ, vers 1960/70.

Cette pile fait partie de l’histoire de l’éclairage mais elle n’avait pas une tension suffisante pour être utilisée en projection. Plus tard, l’entreprise sera reprise par FULMEN puis deviendra SAFT avant d’entrer dans le groupe CGE.

Voir : Les premières piles électriques

 

 

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Photographie et Projection à l’Exposition de HANOÏ 1902-1903

Posté par Patrice Guerin le 18 février 2019

Hanoi 01  Une des affiches de l’Exposition de Hanoï – 3 novembre 1902 / 31 janvier 1903. Auteur R. Tournon.

« L’idée d’organiser une Exposition à Hanoï est née lors du vote de l’emprunt de 280 millions, à la fin de l’année 1898. Il était utile d’étaler au grand jour les richesses de l’Indo-Chine, de montrer la réalité de ses ressources et justifier la création de l’outillage économique de la Colonie.»

Hanoi 02Médaille “Protectorat de l’Annam et du Tonkin“ Hanoï Exposition de 1887.

Au départ, il s’agissait d’une exposition locale comme l’avait été précédemment celle de 1887, mais l’arrêté du 5 mai 1899, conséquence de pourparlers avec les représentants de la France en Extrême-Orient, fixe au 1er décembre 1901 la date de l’ouverture d’une exposition « des produits agricoles et industriels et des œuvres d’art de la France, des colonies françaises et des pays d’Extrême-Orient.» Un arrêté du 28 juin 1900, retarde cependant d’un an l’ouverture de l’Exposition et la fixe au 3 novembre 1902.

Hanoi 03  Implantation des différents pavillons.

L’Exposition est inaugurée solennellement le 16 novembre. Ce nouveau délai de 15 jours est dû aux orages de novembre qui ont fait de grands dégâts dans les bâtiments et les jardins et aussi aux retards apportés dans l’expédition des caisses par suite de l’encombrement du port de Haïphong. 4000 participations assurent le succès de l’Exposition.

Il avait été décidé que l’entrée serait gratuite, tant pour les Européens que pour les indigènes. Durant les premiers jours la foule se presse dans les galeries, puis peu à peu celles-ci sont désertées, excepté quand un convoi de paysans y débarque, amenés du fond de quelque province par un fonctionnaire zélé. « Quand on connut l’Exposition de Hanoï à l’étranger, elle ferma ses portes ! »

Hanoi 04  Grand-Palais, pavillon Central conçu par Adolphe Bussy.

Le Grand-Palais, avec ses colonnades et ses ouvertures d’heureuses proportions, fermées par des menuiseries riches et robustes dans les traditions du vieil art français, constitue une imposante toile de fond sur laquelle les deux galeries en aile raccordent leurs courbes recoupées par les clochetons, les dômes et les minarets des pavillons principaux.Le pavillon C, situé à droite du Grand-Palais, accueille l’Exposition Métropolitaine. Parmi les différentes classifications, la classe 3 est consacrée à la gravure, typographie, photographie et librairie. Elle se trouve dans la galerie D du pavillon latéral droit.

Hanoi 05  Stands Photographie et Phonographes.

Le PHOTO-CLUB avait envoyé une intéressante collection d’épreuves et d’agrandissements. La maison MERCIER présente des plaques spéciales pour les écarts d’exposition si fréquents avec l’éclairage variable des colonies. Les fabricants REEB, JOUGLA, GUILLEMINOT exposent des plaques et des papiers sensibles. Il convient de souligner que les produits GUILLEMINOT jouissent d’une grande faveur à Hanoï. MM. BELLIENI, RICHARD, TURRILLON, exposent leurs divers appareils, tandis que les frères DEMARIA de Paris, ont ingénieusement construit un appareil en bois de teck, avec soufflets de toile, monté et assemblé spécialement pour les colonies ; « notons cette préoccupation que nous rencontrons bien rarement ». On trouve aussi les phonographes PATHÉ, en bonne place parmi le matériel photographique et de projection. Les libraires sont groupées en une seule vitrine, à l’écart de laquelle se trouve cependant la librairie photographique MENDEL et les maisons DELAGRAVE, HOLLIER, LAROUSSE, SIMONIS EMPIS, LE VASSEUR, PICARD et KAHN, ainsi que la Société française d’éditions d’art.

De toutes les attractions, la seule qui procura quelque profit à son manager et quelque gaieté aux spectateurs, fut le théâtre DUPUY, situé en B’ du plan, qui, avec ses chansons de Montmartre et son répertoire moderne, donnait aux Hanoïens l’illusion d’être Paris.

Hanoi 06  Attraction : Théâtre des illusions, Grand Cinématographe.

Le “Théâtre des Illusions - Grand Cinématographe fait partie des attractions présentes sur l’Exposition d’Hanoï. Abrité dans une construction temporaire, ce cinéma projette les films de la société LUMIERE tels que “La Danse Serpentine”“Magie Noire” et “Le Néant” (titres lisibles sur l’affiche à gauche), ainsi que des films réalisés dès 1896 par des opérateurs Lumière envoyés en Indochine.

Texte extrait du Rapport Général de la Mission à l’Exposition de Hanoï et en Extrême-Orient (1902-1903).
Source Gallica : CLIQUER ICI

 

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