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Boîtes à lumière et projecteurs pour spectacle

Posté par diaprojection le 6 février 2012

Au début du XXe siècle, les lanternes de projection et leurs systèmes d’éclairage sont suffisamment puissants pour être utilisés dans les salles de théâtre et d’opéra. Il existe trois sortes d’appareils optiques employés sur scène ou dans les salles de spectacle :

1 – les projecteurs de lumière à lentilles ou à miroir, très puissants, pour éclairer la scène, soit par le côté, soit de face, soit sur le dessus ;

2 – les boîtes à lumière de petit format et portatives, qui servent à créer des effets lumineux tels que rayons de soleil ou clair de lune ou à éclairer les danses serpentines et autres fontaines lumineuses ;

3 – les lanternes de projection qui servent à projeter des décors, permettant ainsi d’obtenir des animations ou effets colorés qu’il serait impossible d’obtenir autrement. « Nous les recommandons par exemple pour les couchers de soleil dans “L’Africaine”, le lever de lune dans “Salomé”, ou encore l’incendie de Rome dans “Quo Vadis” réalisés au théâtre de la Gaité ».

Source : “Appareils et Accessoires de Projection” catalogue N°89 des projections Molteni, publié par Radiguet & Massiot au début du XXe siècle.

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéra

Seules ces dernières lanternes concernent notre sujet puisqu’elles possèdent les quatre éléments nécessaires à la projection fixe : un corps de lanterne, une source lumineuse, un système optique et un passage destiné à recevoir des vues.

Voir : Lanternes de projection et d’agrandissement

Le projecteur universel mis au point par Radiguet & Massiot dans les années 1900 répond à ces trois usages.

  Projecteur de lumière à lentille muni d’un régulateur à arc électrique manuel de 50 ampères.

Dispositif s’adaptant sur la lanterne de base afin d’augmenter la divergence du faisceau lumineux, ce qui permet d’obtenir un éclairage uniforme pour l’ensemble de la scène.

Miroir inclinable permettant de diriger le faisceau lumineux verticalement. Une tringle située à la base du miroir permet à l’électricien de le manipuler très facilement tout en restant à l’arrière de la lanterne.

Combinaison des deux dispositifs précédent permettant d’orienter en tous sens une lumière uniforme.

Cône de projection avec porte-chassis et objectif permettant  projeter diverses vues colorées ou pour le décor.

Il existe aussi des appareils multiples verticaux, appelés polyorama, utilisés dans les grandes salles pour la projection des autochromes en vues fondantes « telle que les “Visions d’Orient” de M. Gervais COURTELLEMONT à la salle Charras ou les spectacles de la Maison Lumière à Lyon, la société photographique de Touraine, le Collège de France, etc. ».

Voir : Polyorama (article à venir)

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Projection de décors au théâtre et à l’opéra

Posté par diaprojection le 3 février 2012

Dans les années 1920 / 1930 on utilisait de grosses lanternes de projection dissimulées derrière la toile de fond de scène pour projeter des décors peints ou photographiques.

Voir : Boîtes à lumière et projecteurs pour spectacle

 

Cela permettait d’éviter le matériel encombrant de certaines mises en scène et offrait la posibilité d’animer les décors grâce à l’utilisation de plusieurs lanternes de projection.

Voir : Polyorama (article à venir)

Projecteur sextuple fabriqué dans les années 30 par les établissements Paul BAUDIN constructeur au n°53 rue Vivienne, Paris IIe. Cet appareil a été utilisé à l’Olympia « où il sert à projeter la revue navale de Spithead, avec feux d’artifices ».

  Système imaginée par le peintre Eugène FREY (1864-1930), permettant de projeter des plaques sur lesquelles il avait finement peint les sujets à projeter. En combinant le mouvement des appareils et le passage successif d’une série de plaques, on obtenait sur la toile de fond que le public voyait par transparence, des effets de décor et des scènes animées.

Dans les années 30, le créateur Mariano FORTUNY Y MADRAZO* (1871-1949) prenait des photos très étudiées afin de servir ensuite de décor pour des spectacles : scène d’orage pour les “Maîtres Chanteurs” de Wagner, joué en décembre 1931 au théâtre  Royal de Rome, ou encore vues de Grenade pour les décors de “La Vie Brève” de Manuel De Falla présenté à la Scala de Milan.

Ces projections de décors ne sont pas sans rappeler les fameux spectacles de fantasmagorie du XVIIIe siècle.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

 

* Mariano FORTUNY Y MADRAZO (1871-1949) fut l’un des artistes les plus créatifs de son temps.

Il est né en 1871 à Grenade, en Espagne. Son père, Mariano FORTUNY Y MARSAL, était un peintre et un collectionneur éclectique de tissus et tapis orientaux anciens, de céramiques et d’armoiries. Celui-ci mourut quand Mariano n’avait seulement que trois ans et sa mère, elle aussi très impliquée dans l’art, décida de déménager toute la famille à Paris où Mariano commença à peindre. En 1889, la famille  déménage pour Venise. Mariano établit son atelier laboratoire dans un magnifique palais vénitien (Palazzo Pesaro Orfei), qui plus tard s’appellera le Palazzo Fortuny, aujourd’hui le Musée Fortuny. Il meurt dans son palais vénitien en 1949 et est enterré dans le Cimetière de Verano à Rome.

Mariano FORTUNY dédia toute sa vie à l’Art : il fut un excellent créateur de vêtements et de tissus, mais il s’est aussi intéressé à de nombreuses disciplines artistiques, telles que le design d’intérieur et la scénographie, la peinture, la photographie, l’architecture et la création de lampes.

Pour plus d’informations : http://www.museiciviciveneziani.it/frame.asp?musid=2&sezione=musei

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Accessoires pour projections familiales

Posté par diaprojection le 30 janvier 2012

Après avoir fait le bonheur d’une ou deux générations d’enfants, les petites lanternes magiques n’étaient plus à la mode à la fin du XIXe siècle. On trouvait alors dans un certain nombre de journaux anglo-saxons des annonces proposant, en plus d’une petite lanterne magique, un lot d’accessoires permettant d’organiser des spectacles à la manière des professionnels.

Voir : MAGIC LANTERN EXHIBITIONS in the Ladies’ Home Journal

   

« Les jeunes gens peuvent non seulement tirer beaucoup de plaisir en donnant des spectacles de lanterne magique, mais aussi se former aux affaires auxquelles ils auront à se confronter plus tard, dans divers domaines tels que la gestion, la pose d’affiches publicitaires, la vente de billets, etc. ce qui leur donnera quelques idées rudimentaires pour faire de l’argent et les mettre sur ​​la route de la réussite professionnelle ».

    

Chaque kit de projection se compose d’une lanterne de projection avec sa lampe d’éclairage, d’un certain nombre de vues colorées et de plaques mécaniques accompagnées d’un livret avec les commentaires, d’affichettes pré-imprimées pour annoncer les spectacles et de tickets d’entée cartonnés.

La lanterne “Gloria” présentée sur l’annonce ci-dessus est fabriquée par la fameuse usine Ernst Plank de Nuremberg. Elle est fabriquée dans un solide acier russe et possède un objectif réglable à crémaillère. L’éclairage est fourni par une lampe à pétrole à double ou triple brûleur qui offre une lumière exceptionnellement blanche et lumineuse.

Voir : Lanternes magiques Ernst PLANK

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La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Posté par diaprojection le 29 janvier 2012

  Une école de village au milieu du XIXe siècle. Tableau de Albert ANKER (1831-1910). Source : diapositive pédagogique Diastrex années 60.

Un grand mouvement d’éducation populaire, la “Ligue française de l’Enseignement”,  est créé en 1866 par Jean MACE (voir PORTRAITS) dans le but de promouvoir l’école « gratuite, obligatoire et laïque ». Avec l’arrivée de Jules FERRY (1832-1893) au ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-arts, et sous l’influence d’autres membres de la Ligue, le Parlement vote plusieurs lois scolaires fondamentales : gratuité de l’enseignement primaire le 16 juin 1881, obligation et laïcité le 28 mars 1882.

  “L’instruction c’est la lumière” gravure caractéristique du mouvement d’enseignement populaire qui s’est développé durant la IIIe République. Imprimerie Leriche 1885. De chaque côté du temple de la connaissance surmonté par la locution “Fiat Lux*”, se trouvent les étendards des Associations ouvrières, Chambres syndicales, Sociétés coopératives, Sociétés de sauveteurs, Franc-maçonnerie, Ligue de l’Enseignement, etc. Source : diapositive pédagogique Diastrex années 60.

En 1886, plus du tiers des députés et des sénateurs sont membres de la Ligue de l’Enseignement. Toutefois, les lois scolaires ne sont pas toujours appliquées.

«  Tandis que dans les pays voisins, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, les projections sont d’un usage courant dans l’enseignement, en France elles n’ont qu’une application restreinte ; on dirait que l’Université a peur de la ridicule lanterne magique ! ». Manuel pratique de la lanterne de projection, par H. FOURTIER 1889.

Une trentaine d’années avant cette déclaration, l’abbé MOIGNO fut l’un des premiers conférenciers à utiliser un appareil de projection.

Voir : L’abbé MOIGNO et la vulgarisation scientifique

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

 

Créée initialement pour instaurer l’école publique laïque et gratuite pour tous, la Ligue s’active ensuite à développer l’éducation hors de l’école -- qui prendra par la suite le nom d’œuvres post-scolaires. Jean MACE affirme en 1894 « Parce qu’on a conquis l’Ecole, est-ce bien le moment de se croiser les bras ? Entre l’Ecole et le Régiment, l’adolescent traverse une période où la Loi ne l’atteint plus ».

 
Ce grand mouvement d’éducation va se développer partout en France et dans les Colonies par le biais de nombreux “Cercles” locaux, reconnus d’utilité publique. Vers le milieu des années 1870, il existe plus de 200 sociétés et associations de toutes sortes (cercles politiques, d’éducation populaire,…) affiliés à la Ligue, regroupant plus de 30 000 adhérents. Ce mouvement connait un tel succès qu’il inspirera au gouvernement la loi de 1901 sur les associations.

Voir : La Société Nationale des Conférences Populaires

Après la mort subite de Jean MACE, en décembre 1894, Léon BOURGEOIS (1851-1925) préside la Ligue avant de devenir Président du Conseil le 1er novembre 1895 (c’est à dire chef du gouvernement). Au congrès du Havre, qui se déroule en 1895, celui-ci confirme qu’il est nécessaire de doter le pays d’un ensemble d’institutions auxiliaires et complémentaires à l’école telles que « les cours de perfectionnement pour adultes, les bibliothèques, les cercles et les sociétés de lecture populaire, enfin les divers modes de patronage de l’enfant avant, pendant et après l’école ».

  Fête organisée par la Ligue de l’Enseignement, en juin 1904 en l’honneur de l’enseignement primaire et présidée par Emile LOUBET, président de la République. Départ du cortège au pied du Trocadéro.

La séparation des Eglises et de l’Etat, en 1905, oblige les catholiques à réorganiser les structures cléricales pour des motifs financiers et pastoraux. Il existe une véritable émulation entre les organisations laïques des œuvres postscolaires et parascolaires et les œuvres religieuses. Dans les années 1905-1907, l’essor rapide de la “Société Républicaine des Conférences Populaires” amène les catholiques à répliquer avec “l’œuvre Diocésaine des Conférences Populaires”.

Dans les années 20, la Ligue se restructure. Le principe fédératif est introduit dans l’organisation. Elle prend alors le nom de « Confédération générale des œuvres laïques scolaires, postscolaires, d’éducation et de solidarité sociale ».

 

* Fiat Lux est une locution latine figurant au début de la Genèse. Il s’agit de la première parole divine associée à la création du monde, pouvant être traduite en français par « Que la lumière soit ».

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La Société Nationale des Conférences Populaires

Posté par diaprojection le 22 janvier 2012

En 1890, alors qu’il a un peu plus de 30 ans, Emile Jean GUERIN-CATELAIN (voir PORTRAITS) fonde la “Société nationale des Conférences Populaires” afin de « répandre gratuitement l’enseignement primaire supérieur parmi les adultes des deux sexes, dans toutes les communes de France, d’Algérie et des Colonies… ainsi que dans les Régiments et la Marine ». Pour cela, il s’est probablement inspiré des fameux “dîners Magny” très en vogue sous la IIIe République*.

En 1895, le ministère de l’Instruction Publique met à la disposition des sociétés d’instruction populaire « les appareils de projections lumineuses et les collections de vues photographiques pouvant servir à l’enseignement dans les cours d’adultes et les conférences populaires ». L’année suivante, des collections de vues, dont il avait été fait don au ministère par deux sociétés d’enseignement, sont déposées au Musée pédagogique. La “Société nationale des Conférences Populaires” se charge d’assurer à ses frais l’expédition des vues, leur entretien et la correspondance. Celle-ci possède 50 appareils de projection qu’elle met gratuitement à la disposition des conférenciers.

  « Messieurs les conférenciers sont invités à projeter en début de chacune de leurs conférences une vue passe-partout en inscrivant sur la partie claire le titre du sujet du jour ».

  Ouvrage de 476 pages couvrant l’année scolaire 1909-1910. On y trouve l’ensemble des bulletins mensuels publiés par la Société Nationale des Conférences populaires. Les planches de vues illustrant les conférences ne sont pas incluses dans le livre.

Pour diffuser les connaissances professionnelles, cette Société crée, sous le nom de “Veillées rustiques”, des conférences  destinées à ses membres et correspondants des sections départementales. « Publiées primitivement à intervalles irréguliers et envoyées trois ou quatre fois par an, en bloc, ces conférences parurent à partir de 1906, en bulletins mensuels semblables à une véritable revue comprenant d’agréables causeries scientifiques, littéraires et récréatives accompagnées de dessins, puisque l’illustration est devenue un des modes les plus estimés de l’éducation populaire ». En 4 mois, du 1er octobre 1897 au 30 janvier 1898, la Société distribue gratuitement en France 85 618 conférences imprimées par ses soins. Les vues circulent dans toute la France en franchise postale, aller et retour, à destination des recteurs, des inspecteurs d’académie, des inspecteurs primaires, des instituteurs et institutrices publiques. Le service de projections prend un rapide essor : en 1908-1909, le chiffre des envois s’élève à 37 340. (Source : ifé – Institut français de l’Education) et la “Société nationale des conférences populaires” compte plus de 8 000 collaborateurs.

Durant l’année 1909-1910, le Conseil d’administration de la Société ouvre un concours pour la création d’une affiche destinée à annoncer les conférences, en reprenant les principaux termes figurant dans le document ci-dessus. La commission de Propagande choisira la meilleure œuvre dont l’auteur sera récompensé par une médaille de vermeil accompagnée d’un “module spécial”, le second aura une médaille d’argent et le troisième une médaille de bronze.

Tous les ans au mois d’avril, chaque secrétaire des Sections départementales doit adresser au Secrétaire général de la Société un rapport sur la marche de sa section durant l’exercice écoulé (nombre de conférences, résultats acquis, desiderata), en y joignant un état de propositions de récompenses pour les conférenciers de la section. « La commission des récompenses s’est réunie pour étudier et arrêter la liste des candidats à proposer pour les médailles d’honneur de la “Société nationale des conférences populaires ».

Pour plus d’informations voir : http://cnum.cnam.fr/CGI/sresrech.cgi?8XAE565/0299

 

* Au XIXe siècle, les “hommes d’élites” se retrouvaient entre-eux dans des cercles, des restaurants ou des cafés ou l’on débâtait d’art et de littérature. « Il s’agissait de réunions périodiques entre hommes prenant la forme de repas, la plupart du temps au restaurant, parfois chez un membre du groupe, qui se sont multipliées à partir des années 1860 et qui ont constitué une convivialité à la mode sous la Troisième République ».

Source : http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2004-1-page-21.htm

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Colorisation des plaques de verre

Posté par diaprojection le 15 janvier 2012

  Panorama de Malaga

A la fin du XIXe siècle, les plaques photographiques furent une première approche du réalisme en projection. Elles paraissaient cependant bien ternes à côté des plaques de lanterne magique dessinées à la main et vivement colorées.

Voir : Plaques photographiques pour la projection -  -

      Exposition Universelle de Paris 1900

Une première possibilité de mise en couleur consistait à faire “virer” les plaques noir et blanc en sépia, bleu ou vert afin de leur donner un aspect plus doux. Ces colorations chimiques pouvaient même s’appliquer partiellement sur certaines parties de l’image « les ciels se colorent en bleu en trempant la plaque d’abord dans du ferrocyanure à 2 ou 3 %, puis dans une solution faible d’un sel de fer. Pour obtenir un certain modelé, on prend soin, avec un second pinceau imbibé d’eau, d’affaiblir la solution sur les nuages par exemple ».

Whisky au pub  Pigeons à Venise  Général Franchet d’Esperey

Un second procédé consistait à peindre à la main la photographie avec différentes couleurs  à l’aide de procédés variés : vernis colorés, peinture à l’aquarelle et au fiel de bœuf, couleurs anilines, etc. « Quel que soit le procédé employé, nous noterons que la gamme des tons doit être peu étendue et que les teintes doivent être très douces. Il y a lieu de noter cependant qu’elles devront être plus vives pour les tableaux destinés aux éclairages intensifs ».

       

Pour colorer les photographies on trouvait dans les catalogues des principaux fournisseurs de lanternes quelques accessoires permettant la mise en couleurs, tels que cette “Boîte pour le coloris des positifs sur verre garnie de 7 flacons de couleur, 1 flacon de préparation pour étendre les couleurs, 1 palette en porcelaine, 1 lave-pinceau et 2 pinceaux, prix 12 francs”. Certaines de ces boîtes comportaient même un pupitre avec verre dépoli pour retoucher les images. Il existait aussi des petits pupitres avec verre dépoli et miroir permettant d’obtenir une bonne luminosité par transparence.

  

Un autre moyen de colorer artificiellement les vues projetées consistait à placer à devant l’objectif un teinteur ; les anglais, très friand de ce procédé, l’appelait “tinter”. C’est une sorte de bouchon d’objectif ouvert en son centre et comportant des volets articulés sur lesquels on peut placer des plaques de gélatine colorée : bleu en haut pour le ciel et vert en bas pour la nature par exemple. On peut aussi utiliser des verres colorés, mais si l’on incline à demi le volet, le verre a tendance à refléter une partie de la lumière. Il existe aussi un système à disque permettant d’avoir plus de couleurs, mais chacune d’elle couvre l’ensemble de l’image.

Enfin on pouvait placer dans une fente située sur l’objectif divers verres colorés.

Voir : Montage des vues sur verre

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Montage des vues sur verre

Posté par diaprojection le 9 janvier 2012

Lors du Congrès international de Photographie qui s’est déroulé durant l’Exposition Universelle de 1889, on a retenu le format de 85x100mm pour les plaques destinées à la projection. A la même époque les collections de vues anglaises ou américaines étaient généralement d’un format carré de 80x80mm.

  
Ce format semblait beaucoup plus pratique et correspondait mieux à la fenêtre de projection dans la lanterne. C’est pourquoi, en France, il était recommandé de placer un cache en papier noir Aiguille (c’est à dire noir teinté dans la pâte) de format 70x70mm inséré entre 2 verres, en prenant bien soin que celui constituant la photographie ait son émulsion placé vers l’intérieur.

      « Quelle que soit la forme d’ouverture adoptée, nous conseillons à l’amateur d’employer des caches toujours de la même dimension… surtout lorsqu’on doit projeter les vues en dissolwing ».

Voir : article à venir

Ces assemblages sont maintenus sur le pourtour par une bande de papier gommé, généralement noire, que l’on fixe à l’aide d’un petit appareil très ingénieux qui permet de faire tourner la vue librement. « On a proposé, en Angleterre, l’emploi de petits cadres métalliques, composé d’une lamelle de laiton que l’on rabat sur les bords avec un coupe papier ». Ce mode de montage donne une certaine solidité à l’ensemble mais n’empêche pas l’humidité et les poussières de pénétrer entre les deux verres.

Pour faciliter le repérage des vues lors de la projection, monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS) a proposé, lors de ce Congrès de la Photographie, la résolution suivante « Pour permettre de reconnaître dans l’obscurité le sens de l’image des plaques pour projections, on appliquera sur le coin droit inférieur de ces plaques une étiquette destinée à se trouver placée sous le pouce de l’opérateur quand celui-ci saisit la plaque de façon à la voir telle qu’elle doit être placée dans le projecteur ».

Voir : Plaques photographiques pour la projectionLa collection de diapositives MOLTENI -

 

Une fois préparées, les clichés sont conservés dans des boîtes spécialement adaptées avec des rainures ou, lorsqu’ils sont trop nombreux, dans des coffrets dans lesquels on a pris soin de fixer au fond et à l’intérieur du couvercle des bandes de caoutchouc ou de molleton destinées à amortir les chocs.

Source : “La pratique des projections” par H. FOURTIER -- Editions Gauthiers-Villars et fils 1893.

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Plaques photographiques pour la projection

Posté par diaprojection le 4 janvier 2012

Vers 1848, les frères Frederick et William LANGENHEIM de Philadelphie (Etats-Unis), réalisent pour la première fois des photographies positives sur plaque de verre. Pour cela ils appliquent le procédé à l’albumine mis au point peu avant par NIEPCE DE SAINT-VICTOR (voir PORTRAITS) pour la fabrication de plaques de verre négatives destinées à la prise de vues photographiques. Ces vues positives sur verre pouvant être utilisées en projection, les premières épreuves sont présentées en 1850 à l’Exposition de Londres puis projetées à Paris en 1853 par DUBOSCQ.

Voir : Les opticiens SOLEIL, DUBOSCQ et PELLIN

        Série de vues sur verre datant des années 1870-1900.

Cette utilisation de la photographie dans la production de vues transparentes destinées à la projection est capitale : non seulement elle permet d’obtenir des reproductions exactes des sujets photographiés, mais elle simplifie leur fabrication et facilite les copies. On obtient un tel réalisme et une telle finesse dans les détails qu’il devient possible d’effectuer des projections  de très grandes dimensions.

Voir : La collection de diapositives MOLTENI

Les nus “artistiques” sont très en vogue dès le début de la photographie et d’autant plus lors de projections privées.

Dès lors les constructeurs perfectionnent la qualité des optiques et la puissance des sources lumineuses afin de permettre une utilisation “professionnelle” des lanternes de projections qui n’étaient considérées, jusque là, que comme des sources de distraction un peu plus perfectionnées que les fameuses lanternes magiques.

Source : “La pratique des projections” par H. FOURTIER, Gauthier-Villars et fils imprimeurs libraires 1893.

Le procédé à l’albumine était délicat à utiliser et réservé aux spécialistes. Dans les années 1880 on commence à trouver dans les boutiques spécialisées divers produits à base de gélatino-bromure d’argent beaucoup plus facile à utiliser par les “amateurs”.

En 1893, René GUILLEMINOT, fils de Gustave, fondateur de la société en 1858, implante une toute nouvelle usine située à Chantilly (60) pour produire les nouvelles plaques au lactate d’argent pour “positifs sur verre et projections” qui connaissent rapidement un grand succès.

Voir : Montage des vues sur verreColorisation des plaques de verre -

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Les lampes à arc électrique L. KORSTEN

Posté par diaprojection le 30 décembre 2011

Le réseau électrique se développant, de nombreux amateurs trouvent cette énergie bien plus pratique que le pétrole, le gaz ou la lumière oxhydrique pour alimenter leur lanterne de projection. Encore faut-il disposer d’un appareil d’éclairage suffisamment puissant et simple à utiliser pour obtenir une image satisfaisante sur l’écran.

En 1904 Lucien KORSTEN (voir PORTRAITS) construit un modèle simplifié de lampe à arc et rhéostat destiné à être utilisé dans des petites lanternes de projection.

   

L’arc électrique “Lukor” s’utilise facilement et ne nécessite aucun entretien. Il est très économique et son débit ne dépasse pas 3 ampères pour une intensité lumineuse de 200 bougies. Le rhéostat régulateur qui l’accompagne se branche directement sur le réseau électrique. Il est muni d’un curseur « que l’on déplace sur son guide jusqu’à ce que l’on obtienne un arc électrique satisfaisant entre les pointes des charbons. Toutes les cinq minutes environ il est nécessaire d’ajuster le réglage des charbons sans modifier la position du curseur sur le rhéostat qui est faite une fois pour toute ». Il existe différents modèles de rhéostats pour courant de 110, 120 et 220 volts et pour des lampes allant jusqu’à 15 ampères.

 

En 1905, le journal “La Science Illustrée”, dirigé par Louis FIGUIER, publie dans ses nouveautés un modèle d’arc électrique construit par L. KORSTEN. « Ses différentes commandes ont été groupées à l’arrière et complètement isolées du circuit électrique ». Le bouton du bas sert au déplacement de la colonne, celui du milieu permet le réglage vertical, quant à celui du haut, il règle l’écartement des charbons qui peuvent aller de 7 à 20 mm. L’ensemble est monté sur un lourd pied en fonte.

En 1908, L. KORSTEN dépose un brevet pour « une lampe à air électrique à ciseaux se réglant automatiquement au moyen d’un contrepoids à levier variable combiné avec un frein excentrique à coincement ». Le contrepoids tend à rapprocher les charbons tandis qu’un électro-aimant, dont l’action est opposée, les écarte aussitôt que le courant passe. Cette lampe à arc « automatique et indéréglable » peut fonctionner avec différentes intensités de courant alternatif ou continu.

En 1911 la revue “La Nature” présente une nouvelle lampe électrique pour projection fabriquée par M. KORSTEN. Celle-ci est très puissance (2000 watts) et a la particularité d’avoir des charbons perpendiculaires l’un à l’autre, ce qui optimise le point lumineux. Un système de crémaillère permet de déplacer toute la lampe en hauteur ou latéralement.

Un système de débrayage très ingénieux permet de régler avec un seul bouton la position relative des deux charbons. Dans la position d’embrayage on peut les rapprocher ou les éloigner l’un de l’autre de manière égale ; en position de débrayage, on agit uniquement sur le charbon inférieur en le faisant monter ou descendre. Ce système permet un centrage facile et parfait du point lumineux.

Voir : Les projecteurs L. KORSTEN

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Les projecteurs L. KORSTEN

Posté par diaprojection le 27 décembre 2011

A la fin du XIXe siècle, on trouve le nom de Lucien KORSTEN (voir PORTRAITS) associé à ceux de Georges MELIES et de Lucien REULOS, avec lesquels il construit un « appareil destiné à prendre et à projeter les photographies animées ». Celui-ci est breveté en 1896 sous le nom de “Kinétograph” Robert Houdin.

Voir : http://cinematographes.free.fr/melies-kinetograph.html

Publicité de 1898

Quelques années plus tard il fonde sa propre entreprise située au n°8-10-12 rue Le Brun à Paris XIIIe. Il se spécialise alors dans la fabrication d’instruments de précision, puis de lampes à arc et de rhéostats pour les cinématographes et projecteurs de toutes sortes.

Voir : Les lampes à arc électrique L. KORSTEN

 
Parmi toutes ses constructions la plus connue est l’appareil photo stéréoscopique “La Litote”, fabriqué à partir de 1902.

Vers 1905/1907, il présente une lanterne d’agrandissement, dénommée “Polymètre”, particulièrement adaptée au tirage et à la projection des épreuves stéréoscopiques obtenus avec les jumelles “litotes”.

Quelques mois avant la première Guerre Mondiale il propose un tout nouveau projecteur électrique, le “Scop” pour vues fixes qui «  peut fonctionner partout où il existe une installation d’électricité ». Cet appareil, léger et portatif, est d’un usage très simple si bien qu’il «  peut être mis entre les mains des enfants ».

Ce petit projecteur a beaucoup de ressemblances avec les modèles suivants :

Les projecteurs UNIOGRAPHE et UNIONSCOPE des établissements UNION
Lanterne de projection TIRANTY Gnome

 

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