Histoire de l’entreprise Optique Commerciale OPTICO

Posté par Patrice Guerin le 27 décembre 2014

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La société “L’Optique Commerciale” est issue de l’ancienne maison A. DECAIX, fondée en 1858 par M. MILLION. A l’époque elle fabriquait principalement des compte-fils, des loupes et des niveaux à bulle d’air. Monsieur DECAIX, successeur de monsieur MILLION, avait installé une usine à vapeur pour le travail du verre à Nogent-l’Artaud, au sud de Château-Thierry dans l’Aisne. Il fit breveter un grand nombre de dispositifs de loupes. La maison de vente se situait au N° 120 de la rue Saintonge à Paris IIIe.

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En 1900, la société anonyme  “L’Optique Commerciale” est créée, suite au rachat de la maison DECAIX par Amédée COUESNON* (1850-1931). Le siège social est situé au N°94 de la rue d’Angoulème à Paris XIe. Elle est hors concours à l’Exposition Universelle de 1900 car Amédée COUESNON est membre du jury et obtient une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Liège en 1905.

En 1904 le capital initial de 500 000 francs est porté à 750 000 francs et le siège social est transféré au N°7 de la rue de Malte à Paris XIe. En 1912, René DENOUX (1882-1962), gendre d’Amedé COUESNON, prend la direction de la société. L’entreprise continue les fabrications en cours, mais y ajoute celle des objectifs pour la projection et pour la photographie et principalement celle des condensateurs de lumière allant de 80 jusqu’à 305 millimètres de diamètre.

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Dans les années 30, la Manufacture d’Objets d’Optique & de Lunetterie diversifie ses activités et obtient de nombreuses récompenses dont le “Grand Diplôme d’Honneur” à l’Exposition Coloniale de Paris, en 1931. En plus de son usine de Nogent-l’Artaud (à gauche), elle possède une usine hydraulique à Souppes, en Seine-et-Marne (à droite).

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Sous l’intitulé “Fabrication Spéciale”, elle propose des loupes, compte-fils, hygromètres, chambres claires, condensateurs, objectifs, demi-boules, prismes, microscopes, longues-vues, stéréoscopes, jumelles, ainsi que des lentilles & miroirs pour phares automobiles, des rétroviseurs, des miroirs de chirurgie, des niveaux à bulles d’air, etc. La manufacture est aussi spécialisée dans les verres de lunettes et la lunetterie en tous genre.

Voir : Microscope de projection OPTICO

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Pendant longtemps l’identification des appareils (lorsqu’elle existe) est un coq tourné vers la gauche, reposant sur une paire de lunettes formée par les lettres O et C. A l’intérieur de ces lettres est inscrit Optico et Paris. La marque “Optico” sert aussi d’adresse télégraphique (voir TdL 1919). Le second logo “Phonoptic”, est destiné à la production de phonographes “brevetés”, d’électrophones et de postes de T.S.F. « René DENOUX voulait concurrencer la société Couesnon, spécialisée en instruments de musique, qui était administrée par sa belle famille. Les phonographes ont été abandonnés après guerre. Il ne restait plus que quelques bâtis en bois dans l’ancienne menuiserie de l’usine. »

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Après la Seconde Guerre mondiale, et jusqu’en 2008, le siège et les services commerciaux de l’entreprise sont situés au n° 7 de la rue de Malte. Elle continue à produire des appareils d’optique et plus particulièrement du matériel pour tests d’acuité visuel, des jumelles, des loupes, des niveaux à bulle et des appareils scolaires tels que ces petits microscopes utilisés par plusieurs générations d’élèves. La marque “Optico”, abréviation de OPTIque COmmerciale, identifie la plupart des appareils.

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En 1962 René DENOUX est remplacé par son fils Pierre DENOUX (1921-2001), puis celui-ci part en retraite en 1967 pour laisser la direction de l’entreprise à son fils Michel qui lui succède jusqu’en 2005. La société “L’Optique Commerciale” est ainsi restée plus de 100 ans dans la famille COUESNON DENOUX avant d’être vendue  en 2005 à la société  “Lumen Partner”. La nouvelle entreprise quitte le 7 rue de Malte en 2008. Elle développe ses activités en fabricant des optiques de phare de voiture, des microvisionneurs et trichinoscopes, etc.

L’usine de Nogent l’Artaud ferme définitivement le 30 novembre 2013. « On se souvient de la Marne qui coulait “rouge” et des sorties d’usine impressionnantes avec plus d’une centaine d’ouvriers. Les commerçants nogentais restaient mêmes ouverts jusqu’à 13 heures afin de permettre au personnel de l’Optique de faire ses courses. Certains y ont effectué toute leur carrière. Que de souvenirs pour celles et ceux qui en ont assuré la pérennité aussi bien dans les bureaux que dans les ateliers. Les cheminées de l’Optique, aujourd’hui abattues, étaient le symbole industriel de la commune. » Source Le Pays Briard 16/12/2013.

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*Lorsqu’il crée “L’Optique Commerciale” en 1900, Auguste Amédée COUESNON (fils de Félix COUESNON et de Alexandrine Victorine Augustine PARISOT) est “chef” de la maison Couesnon & Cie, fabricants d’instruments de musique à Paris et à Château-Thierry, où il « dirige une manufacture dans laquelle il occupe 500 ouvriers… et a organisé des caisses de secours en faveur du personnel et institué la participation aux bénéfices ». Il a obtenu une médaille d’or lors de l’Exposition Universelle de 1889 et une médaille d’or de la Société d’Encouragement. Amédée COUESNON est officier de la Légion d’Honneur (1919), officier d’Académie, chevalier du Mérite Agricole. Il a été conseiller général du canton de Château-Thierry et Député de l’Aisne de 1907 à 1924.

Pour en savoir plus : cliquer ici

 

 

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