MOLTENI, RADIGUET & MASSIOT au sommet de la gloire

Posté par Patrice Guerin le 22 octobre 2011

Les plus belles heures de ces “Constructeurs d’instruments pour les Sciences” remontent au début du XXe siècle. En fait il s’agit d’une seule entreprise issue du rachat et de la fusion de deux Maisons familiales, la Maison Molteni créée en 1782 et la Maison Radiguet créée en 1805.

Radiguet24  Radiguet25

Lors de l’Exposition Universelle de 1900 qui s’est déroulé à Paris, les Maisons MOLTENI et RADIGUET & MASSIOT, réunies sous la raison sociale “RADIGUET & MASSIOT”, sont présentent dans 7 classes. Classe 1 “Enseignement Primaire” avec une exposition du Ministère (voir photo ci-dessous) – Classe 2 “Enseignement Secondaire” pour la physique en général – Classe 12 “Photographie” avec des lanternes pour projections lumineuses et les collections de diapositives – Classe 16 “Médecine” avec des appareils de radiologie, de radioscopie et de haute fréquence – Classe19 “Machine à Vapeur” avec des machines et pièces détachées pour la construction par l’élève – Classe 27 “Electricite Générale” avec des grandes bobines d’induction, la pile Radiguet, ainsi que des boîtes à lumière et des projecteurs – Classe 121 “Palais des Armées de terre et de mer” avec du matériel de radiologie fourni aux hôpitaux militaires.

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI - Histoire de la maison MOLTENI

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Elle cumule 10 diplômes d’honneur et 18 médailles d’or reçus à Paris, Londres, Vienne, Amsterdam, Porto, Bruxelles, Philadelphie, Melbourne, Chicago, etc.

Radiguet23   Radiguet 25  Stand de la classe 12 Photographie

A l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, ce constructeur à reçu 9 récompenses dont 4 médailles d’or et 2 médailles d’argent dans de nombreuses classes parmi lesquelles on peut citer “L’enseignement primaire” avec les projections automatiques MOLTENI ;  la “Photographie” avec les lanternes pour projections lumineuses et les collections de diapositives ; “L’Electricité générale” avec les boîtes à lumière et Projecteurs, etc.

Radiguet 26 Stand de la classe 1 Enseignement Primaire, Exposition du Ministère – Source Musée National de l’Education MUNAE

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Histoire de la maison MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 21 octobre 2011

En 1782, la Maison MOLTENI est fondée à Paris, par B. MOLTENI ( probablement Joseph Antoine Balthazar MOLTENI dit MOLTENO, décédé en 1808). Ce constructeur d’instruments d’optiques, d’origine italienne, est contemporain de ROBERTSON et a probablement construit certains de ses fantascopes.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Dans les années 1830, alors que la Maison MOLTENI est encore au 11 de la rue du Coq-saint-Honoré à Paris (future rue Marengo), monsieur Alphonse GIROUX, marchand « d’objets de curiosités, de jouets d’enfants, de bronzes et toutes sortes d’objets d’étrennes” au n°7 de la même rue, présente Louis DAGUERRE à Antoine MOLTENI. C’est ainsi que la maison MOLTENI fabriquera les premiers appareils utilisés par DAGUERRE. Leur collaboration durera jusqu’au déménagement, en 1846, de la Maison MOLTENI pour le n°36 rue neuve Saint-Nicolas (qui deviendra le n°62 rue du Château d’Eau en 1851).

Le 2 septembre 1841, création de la Société MOLTENI & Cie entre Antoine MOLTENI père, ancien opticien, Joseph MOLTENI fils, opticien, et Ferdinand SIEGER, opticien, pour l’exploitation d’un établissement de « fabrication d’instruments d’optique, de physique et de mathématiques ». Alfred MOLTENI (voir PORTRAITS) entre dans l’entreprise familiale en 1852, à la suite du décès subit de son père Joseph.

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En 1854, l’entreprise de MM. MOLTENI et Cie occupe la plus grande partie d’un immeuble situé au n°62 de la rue du Château d’eau à Paris. On y trouve une fonderie de cuivre, des ateliers de laminage, d’estampage, d’ajustage et de montage dans lesquels est distribué l’énergie mécanique provenant d’une importante machine à vapeur. « Le principal but auquel ont tendu les efforts des différents chefs de cette maison a été d’obtenir la plus grande somme d’économie dans la fabrication, sans léser toutefois les intérêts des ouvriers, dont le nombre s’élève à 350 environ, et sans nuire à la qualité des produits qui se sont au contraire toujours améliorés… Les moyens mécaniques ainsi employés permettent de remplacer avec une grande précision et une immense économie de temps le travail manuel et toujours lent des ouvriers dont toute l’habileté a pu être mise à profit pour l’exécution d’autres travaux inabordables aux machines. »

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Après le décès subit de Joseph MOLTENI 10 décembre 1852, son frère Jules MOLTENI dépose le 18 avril 1855, un acte sous signatures privées aux termes duquel sont fixés les statuts de la société l’ARCHIMEDE, Société en Nom Collectif à l’égard de Jules MOLTENI et en Commandite par actions à l’égard de A. Goldmid, Léon Halphen, Léon Letrange, Pierre Joseph Mornant et Valié. Cette société a pour objet « la fabrication et la vente d’instruments de précision et tout ce qui se rattache à cette industrie » sous la raison et la signature sociale Jules MOLTENI et Cie.

Molteni 16  Chronomètre solaire – Collection musée du Temps Besançon – Photo Pierre Guenat - Cliquer ici

A l’époque les principales productions de la maison MOLTENI et Cie concernent les instrument de marine, de mathématiques, de géodésie, de mesures linéaires, boussoles, ainsi que tous les instruments d’optique employés aux observations de toutes natures : longues-vues marines, lorgnettes de spectacles, verres de lunettes, lanternes de projection et d’agrandissement avec leurs systèmes d’éclairages, etc.

Voir : Les lanternes de projection MOLTENI - Lanterne de projection MOLTENI télécommandée - Lanternes de projection scientifique MOLTENI - Lanterne d’agrandissement à chariot fixe MOLTENI - Support à réflexion horizontal MOLTENI - La visionneuse LANTERNOSCOPE de MOLTENI

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Le 21 janvier 1863, Alfred MOLTENI, âgé de 26 ans, demeurant au n°9 de la rue des Petits Hôtels et son oncle Louis Jules MOLTENI demeurant au n°62 de la rue du Château d’Eau, tous deux constructeurs d’instruments de précision, créent une Société en Nom Collectif « pour la fabrication et la vente d’instruments de précision et tout ce qui se rattache à cette industrie » sous la raison sociale J. & A. MOLTENI.

Alfred MOLTENI consacrera tout son temps à développer les projections lumineuses en créant de nombreux appareils, en participant à plus de 12 000 séances de projection, principalement lors de conférences publiques et en développant une collection de plus de 60 000 vues à la fin de sa carrière.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER - La collection de diapositives MOLTENI

Après le décès de Jules MOLTENI le 26 mai 1876, Alfred MOLTENI dirige seul l’entreprise jusqu’en octobre 1899, date à laquelle la maison MOLTENI fusionne avec RADIGUET & MASSIOT pour devenir le plus important fabricant français de matériel scientifique. « Depuis longtemps il voulait se retirer, mais il tenait à laisser sa maison entre de bonnes mains. »

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

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Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique

Posté par Patrice Guerin le 22 septembre 2011

« Depuis quelques années, l’emploi des distributeurs automatiques a pris un développement considérable. On voit un peu partout dans les rues ou les salles d’attente de nos gares, de ces appareils, qui ont le grand avantage de ne nécessiter aucun employé et d’être dignes de la confiance la plus absolue. Ici ce sont des balances qui donnent votre poids, à côté voici des appareils qui vous électrisent ou mesurent votre force, plus loin de petites boîtes vendent à juste prix du chocolat, du nougat ou des flacons de parfums ».

Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique dans Brevets et inventeurs LanterneBorne2-150x94  En janvier 1889, Victor BONNET, Hippolyte LISSAGARAY, Armand RICHARD et Alfred RICHARD déposent un brevet concernant un “Mécanisme automatique pour la mise en scène de stéréoscopes, dioramas et lanternes magiques”. Document G.V.

« Les systèmes automatiques ayant rencontré la faveur du public, voici un nouvel appareil montrant aux passants curieux une série de dessins d’actualité en échange d’un gros sou. Ce sont les “lanternes magiques électriques” que l’on voit déjà dans divers points de Paris, au jardin des Tuileries, au Grand Hôtel et dans quelques salles de spectacle ».

LanterneBorne3-138x150 dans Gravures et Chromos  LanterneBorne4-150x135 dans Lanternes magiquesDocument G.V.

Dans le brevet, on peut lire que « la boîte ou l’enveloppe de l’appareil, en bois ou matière quelconque, peut affecter les formes et dimensions les plus variées, et être décorée ou ornementée de toute façon convenable. Intérieurement elle reçoit et supporte tout le mécanisme nécessaire au fonctionnement de l’appareil ». Le schéma ci-dessus à droite montre que les photographies, images, télégrammes  ou autres textes peuvent se placer sur des châssis qui peuvent tourner sur eux-mêmes, plutôt que d’être mis en chapelet les uns à la suite des autres.

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  La forme particulière et décorative de la borne permettait de la reconnaître de loin.

« L’ensemble est haut d’environ 2m16. Une console métallique supporte une boîte carrée à pans coupés ; au centre de la face avant se trouve une lentille grossissante de 14 cm de diamètre située à la hauteur d’un enfant de dix ans. Sous cette boîte se trouve un petit cartel indiquant « mettez une pièce de 10 centimes » à côté d’une fente pour glisser la pièce. Au dessus de la lentille se trouve un soleil rayonnant flanqué de deux petits enfants assis, tenant, l’un une pièce de 10 centimes, l’autre une glace. L’électricité est fournie par neuf piles constantes placées dans le bas de l’appareil.

Chaque jour les dessins sont changés, c’est comme un journal quotidien illustré. Lorsque vous glissez les 10 centimes dans la fente, l’intérieur de l’appareil s’éclaire aussitôt et l’on entend un petit bruit de roues faisant défiler une série de 7 dessins passant de bas en haut, chacun d’eux s’arrêtant le temps nécessaire pour bien le voir. « L’autre jour, par exemple, c’était M. Hertestein sur son lit, la reproduction d’un tableau “Dans les glaces”, un autre tableau de Danforth, un portrait de M. de Vogüé, ceux de MM. de Giers et Gondinet et enfin la catastrophe de Misengrain ».

SOURCE : CNAM – Conservatoire NUMérique
Extrait de La nature, 1er semestre 1889

kinetoscopeedison.jpg A la même époque Thomas EDISON dépose, en octobre 1888, une demande de brevet pour créer un dispositif qui « donnerait aux yeux, ce que le phonographe donnait aux oreilles ». Celui-ci est complété, en mars 1889, par un autre brevet pour un système appelé “Kinétoscope” dans lequel « nous pourrons y voir une pièce jouée à l’opéra comme si nous y étions ! ». Sa rencontre avec Emile REYNAUD, lors de l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, lui permet de mettre définitivement au point son invention… une sorte de grosse visionneuse publique dans laquelle on peut voir un film animé de quelques minutes pour 25 cents.

Voir : Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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Lanterne “Tournesol” de l’ingénieur DILLEMANN

Posté par Patrice Guerin le 30 janvier 2011

Avant l’invention de cette lanterne de projection et d’agrandissement, Paul Albert DILLEMANN (voir PORTRAITS) avait déposé plusieurs brevets concernant des systèmes d’éclairage à alcool, utilisés pour la projection ou l’éclairage domestique.

Voir : Lampe à alcool SOL de l’ingénieur DILLEMANN

Lanterne “Tournesol” de l’ingénieur DILLEMANN dans Brevets et inventeurs tournesolbrevet1.vignette  Brevet délivré en mars 1906.

Les dispositions spéciales qui caractérisent la nouvelle lanterne de projections et d’agrandissements ont permis l’emploi très avantageux d’un nouveau passe-vue rotatif.

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La fig. 1 représente l’élévation latérale de l’appareil avec coupe partielle ;
La fig. 2 donne la vue en plan ;
La fig. 3 donne l’élévation en bout ;
La fig. 4 donne le dessin du passe-vue rotatif ;
La fig. 5 donne le dessin du serre-joint pour l’agrandissement ;
La fig. 6 donne la vue du châssis à intermédiaire pour l’agrandissement.

Cette lanterne se compose de deux parties : une boîte à lumière 1 munie de son condensateur 2 et une chambre à soufflet 3 garnie de son objectif. Une large cheminée rectangulaire en tôle lustrée 1 percée à l’avant d’une ouverture circulaire 4, fermée à l’arrière par une porte à coulisse 5 et coiffée d’un fumivore arrondi 6 forme la boîte à lumière.

tournesol01.vignette dans Lanternes projection  tournesol02.vignette  tournesol03.vignette

Une disposition spéciale permet à un courant d’air venu du bas de la lanterne de traverser les lentilles pour s’échapper par le fumivore en vue d’éliminer la buée qui pourrait obscurcir le condensateur. A cet effet le condensateur est supporté à l’arrière par les bords de l’ouverture circulaire 4 de la boîte à lumière et à l’avant par une bague 7 évasée qui est fixée à la boîte à lumière 1. Les bords de l’ouverture circulaire étant échancrés en haut et en bas, et la monture du condensateur étant percée 8 de part en part, il y a communication entre le milieu du condensateur 2 et le haut et le bas de la boîte à lumière.

Cette boîte à lumière est portée par un coffre horizontal en bois 9 communiquant avec l’extérieur par une ouverture horizontale 10 et par deux ouvertures verticales 11 placées en chicane. Cette disposition assure une grande aération à la lanterne et une grande étanchéité aux radiations lumineuses. En outre le courant d’air constamment renouvelé qui monte contre la face avant de la lanterne protège le condensateur contre l’échauffement de la source lumineuse.

tournesol04.vignette  tournesol-pub1-148x150 Page du catalogue Target & Ledoux 1908 – Document G.V.

La chambre noire de projection 3 est formée d’un soufflet 12 collé entre deux planchettes réunies par deux tubes à coulisse 13, 20 horizontaux superposés dans un plan vertical. La planchette avant 14 porte l’objectif. La planchette arrière 15 percée d’une ouverture circulaire 16 en face du condensateur est réunie au pied de la lanterne par une charnière horizontale 17 permettant le mouvement de bascule à l’avant. Un écrou 18 réunit le haut de cette planchette à une tige 19 rivée à la boîte à lumière. Le tube horizontal inférieur 20 traverse la planchette arrière du côté de la boîte à lumière pour servir d’axe au passe-vue rotatif 21. Ce passe-vue est évidé au-dessus et au dessous de l’axe de rotation de deux fenêtres à feuillures 22 aux dimensions des clichés de projection. Le centre de chaque fenêtre dans leur position supérieure coïncide avec le centre optique de la lanterne. La planchette arrière 15 de la chambre noire porte un évidement rectangulaire 23 se rapportant à la fenêtre inférieure du passe-vue. Le bord inférieur de cet évidemment est incliné vers le passe-vue pour faciliter l’introduction des clichés de projection. Un ressort 24 vissé au pied de la lanterne arrête un index 25 du passe-vue pour le fixer verticalement au moment de la projection et du changement de vues.

Pour le fonctionnement de l’appareil, on engage chaque vue à son tour sans l’inverser dans la fenêtre inférieure du passe-vue 22-23 en la basculant par l’évidement 23 de la planchette arrière de la chambre noire. Une fois la vue relevée verticalement, on fait tourner d’un demi tour de circonférence le passe-vue après avoir appuyé sur le ressort pour dégager l’index d’arrêt. Le passe-vue arrêté après ce demi tour présente alors la vue inversée devant le condensateur. On retire de la fenêtre inférieure le cliché déjà présenté en le faisant tomber en avant de la lanterne 26 et on lui en substitue un nouveau qu’on amènera comme le précédent inversé devant le condensateur.

Tournesol-11-95x150    Tournesol-12-95x150   Notice accompagnant la lanterne

Pour changer de passe-vue, on fait basculer en avant la planchette arrière 15 de la chambre noire, après avoir dévissé  l’écrou 18 du haut, puis on retire la goupille 27 qui maintient le passe-vue.

Pour l’agrandissement, on réunit par quatre boulons 28 le serre-joint 29 (fig. 5) à la planchette arrière pour fixer en une position quelconque de décentrement le châssis porte-cliché 30 (fig . 6) et ce sans modifier la position des éléments de l’axe optique. Le serre-joint sert en outre à arrêter toute infiltration latérale de lumière qui pourrait s’échapper du condensateur.
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Résumé du brevet :
La lanterne est caractérisée :
1° Par son passe-vue rotatif inverseur ;
2° Par l’aération continue du condensateur ;
3° Par sa boîte à lumière très étanche à courant d’air refroidissant le condensateur ;
4° Par la disposition pour changer les passe-vues et les remplacer par un dispositif d’agrandissement ;
5° Par le dispositif d’agrandissement à décentrement par serre-joint, obturant les infiltrations de lumière.

DILLEMANN a fabriqué deux autres lanternes d’agrandissement et de projection semblables à celle-ci :
- un modèle “Simplifié” : Lanterne simplifiée “Taxisol” de l’ingénieur DILLEMANN
– un modèle “Grand format” : Lanterne “Tournesol” grand format de l’ingénieur DILLEMANN

SOURCE : INPI

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Emile REYNAUD, le Théâtre Optique et les Pantomimes lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 24 janvier 2011

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En 1878, Emile REYNAUD (voir PORTRAITS) s’installe dans le IXe arrondissement de Paris où il se consacre à la construction, à la commercialisation et au développement de ses Praxinoscopes. Cet appareil est composé en son centre d’un miroir prismatique à 12 facettes qui tourne sur lui-même tandis que sur le pourtour de l’appareil se déroule une bande de papier composée de dessins décomposant les mouvements en 12 vues successives, ce qui permet de reconstituer l’illusion du mouvement. On peut observer l’animation soit en direct en regardant les miroirs tourner, soit sur un écran à l’aide de la lanterne de projection (voir chromo).

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En 1892, soit trois ans avant l’invention du cinéma par les frères LUMIERE, Emile REYNAUD crée le Théâtre Optique dans les murs du musée Grévin. En octobre 1892 il projette “Pauvre Pierrot”, premier dessin animé du spectacle des “Pantomimes lumineuses” annoncé par une magnifique affiche signée Jules CHERET.

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Durant 10 minutes des personnages dessinés s’animent sur l’écran, dans un décor richement coloré, accompagné par une musique de Gaston PAULIN. L’appareil qui permet d’effectuer cette projection s’appelle le “Théâtre Optique”. Il a été conçu et réalisé par Emile REYNAUD. Il se compose d’un ingénieux mécanisme permettant d’animer les images et de plusieurs lanternes de projection pour les vues et le décor. Celui-ci a aussi imaginé le scénario, peint les images et assuré les projections.

Ce tout premier spectacle de projections animées sera à l’affiche jusqu‘en 1900 et accueillera deux millions de spectateurs (dont 600 000 pour l’année de l’Exposition Universelle).

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Pour le centième anniversaire de cette invention, on a pu assister au musée Grévin ainsi qu’à la Cinémathèque de Chaillot à des projections du Théâtre Optique ainsi qu’à une reconstitution de la scène de l’époque où l’on voit Emile REYNAUD en personne effectuer une projection sous les yeux médusés de Gabriel THOMAS (président du musée Grévin en 1892), des frères LUMIERE et de Georges MELIES.

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Le fonctionnement du Théâtre Optique repose sur le même principe que le Praxinoscope, mais il comporte un plus grand nombre de miroirs et surtout, de très nombreux dessins décomposant des mouvements complexes afin de composer de véritables petites séquences animées. L’image projetée est « arrêtée dans sa course » par compensation optique, grâce à ce système de miroirs. Une puissante lanterne lumineuse envoie l’image de chaque dessin sur le prisme central puis ces images sont projetées sur un écran à l’aide d’un objectif condensateur et de miroirs. C’est ainsi qu’elles sont vues par les spectateurs surpris de découvrir des scènes animées sur un écran qui cache le mécanisme qui les met en œuvre.

Pour plus d’informations, voir Emile ReynaudPraximage

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L’abbé MOIGNO et la vulgarisation scientifique

Posté par Patrice Guerin le 16 janvier 2011

moigno02.jpg Dans les années 1840 l’Abbé MOIGNO (voir PORTRAITS) s’intéresse à la projection en collaborant avec les inventeurs de lanternes de projection Jules DUBOSCQ et François SOLEIL.

Voir : Les opticiens SOLEIL, DUBOSCQ et PELLIN

Il est l’un des premiers sinon le premier à utiliser un appareil de projection dans ses conférences dans les années 1860. Mais la Ligue de l’Enseignement l’aurait contraint à suspendre les conférences qu’il organise à Saint-Denis en 1875, au nom de la laïcité !

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

«  Le contraste est significatif entre le déclin des séances de projections que l’abbé MOIGNO organise à Paris, dans un milieu bourgeois qui n’en a guère besoin, et le succès considérable des réunions qu’anine, entre 1874 et 1877, son élève Emile REYNAUD au Puy, devant une population ouvrière avide d’informations sur les progrès techniques ». D’après A. Toledo dans “Contribution à l’histoire de l’enseignement de projections lumineuses. Les travaux de l’Abbé Moigno” 1976.

Voir : Emile REYNAUD, le Théâtre Optique et les Pantomimes lumineuses

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En 1852, il participe à la fondation de la revue de vulgarisation scientifique Cosmos, lancée par l’Espagnol Benito R. de MONFORT. Dix ans plus tard il quitte cette revue, qui avait été reprise en 1854 par l’éditeur parisien A. Tramblay pour fonder son propre magazine “Les Mondes” revue hebdomadaire des Sciences.

Moigno 03Revue “Les mondes” de l’abbé MOIGNO. Tomes 1 à 47 (1863-1878). Collection de l’auteur.

La direction de “Cosmos” passe alors sous la tutelle du journaliste scientifique Victor MEUNIER qui en prend le contrôle en 1867, la requalifiant de “Revue Politique et Sociale”. Il se fait assister par son fils, Stanislas MEUNIER (voir PORTRAITS), jusqu’au 27 août 1870. Source Wikipedia

Pour plus d’informations, cliquer ici

 

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Athanasius KIRCHER et la lanterne magique

Posté par Patrice Guerin le 16 janvier 2011

Athanasius KIRCHER et la lanterne magique dans Brevets et inventeurs kircher-01-150x98

Beaucoup considèrent qu’Athanasius KIRCHER (voir PORTRAITS) est le premier à avoir décrit la lanterne magique dans un traité sur la lumière intitulé “Ars magna lucis et umbræ”.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

kircher02 dans Lanternes magiques  Lanterne close, lampe à réflecteur, objectif convergent, peinture sur verre, tout est minutieusement indiqué dans son ouvrage.

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Ce dessin ne représente pas vraiment une lanterne magique mais plutôt un moyen d’accroître la lumière dans une lanterne. Voici ce qu’il en disait à l’époque : « Construisez une lanterne d’une forme cylindrique, telle qu’elle est représentée ici. Placez à sa base un miroir concave ayant autant que possible une forme parabolique. Au foyer de ce miroir, fixez la flamme d’une chandelle et vous obtiendrez ce qui est nécessaire, pour que cette lanterne brille avec un éclat extraordinaire… Si les côtés inférieurs du cylindre sont garnis avec de l’étain poli en forme d’ellipse, ils augmenteront la lumière. Le figure ci-dessus démontre suffisamment l’invention : AB représente le miroir concave, F la flamme, E la poignée latérale et D l’ouverture (ou fenêtre)  ».

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Brevet d’invention du Fantascope

Posté par Patrice Guerin le 19 novembre 2010

1799 Loi 3  Extrait du Bulletin Des Lois De La République N°268.

Brevet d’invention du Fantascope – ou perfectionnement de la lanterne de Kircher – déposé par le citoyen Etienne Gaspard ROBERT, dit ROBERTSON (voir PORTRAITS) le 27 ventôse l’an 7 (17 mars 1799).

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Extrait des registres des délibérations du Directoire exécutif.

Paris, le vingt sept Ventôse l’an sept de la République française, une et indivisible.

Brevet d’invention établi par la loi du 7 janvier 1791.

Au nom de la République française, une et indivisible,

le Directoire exécutif.

Vû la pétition présentée par le citoyen Etienne Gaspard Robert, professeur de physique, demeurant à Paris, rue de Provence, n°24, dans laquelle pétition il expose qu’il désire jouir des droits de propriété assurés par la loi du 7 janvier 1791, vieux style, aux auteurs des découvertes et inventions en tous genre et d’industrie, et en conséquence obtenir un brevet de cinq année, pour un appareil qui est le perfectionnement

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de la lanterne de Kircher, nommée lanterne magique, et qu’il nomme Fantascope, appareil dont il a déclaré être le perfectionneur et l’inventeur, ainsi qu’il résulte du procès verbal dressé le 7 de ce mois au secrétariat de l’administration centrale du département de la Seine, aux termes de la dite loi en date du 7 janvier 1791.

Vû un mémoire descriptif des moyens et des procédés que le dit citoyen Robert emploie pour l’exécution d’un appareil ainsi que les dessins indicatifs de ces procédés, desquelles mémoire et dessins la teneur et la copie demeureront ci jointes.

Le Fantascope ou perfectionnement de la lanterne de Kircher.

C’est en s’occupant de la recherche d’un mécanisme applicable à la direction des miroirs de Buffon, et qu’il a offerte à l’Institut national en Germinal an 4, que le citoyen Etienne G. Robert, professeur de physique au département de l’Ourthe*, a trouvé le moyen de rendre utile un instrument de physique qui jusqu’à présent n’a paru qu’un meuble inutile dans le cabinet du physicien.

C’est à la lanterne de Kircher, connue généralement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire ; c’est à elle aussi que nous devons

* Cet ancien département français a été créé le 1er octobre 1795 suite au vote populaire exprimé au Pays de Liège le 17 février 1793 et a été dissous en 1814.

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Le Fantascope ou perfectionnement de la lanterne de Kircher

C’est en s’occupant de la recherche d’un mécanisme applicable à la direction des miroirs de Buffon, et qu’il a offerte à l’Institut national en Germinal an 4ième, que le citoyen Etienne G. Robert, professeur de physique au département de l’Ourte a trouvé le moyen de rendre utile un instrument de physique qui jusqu’à présent n’a paru qu’un meuble inutile dans le cabinet du physicien.

C’est à la lanterne de Kircher, connue vulgairement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire ; c’est à elle aussi que nous devons l’instrument que je nomme Fantascope et qui est le perfectionnement de la lanterne de Kircher.

Encouragé par la protection que le gouvernement accorde aux artistes qui font faire un pas de plus aux sciences et aux arts, je demande pour cinq années l’assurance de cette propriété qui est la récompense des recherches et des dépenses que j’ai faites pour ce perfectionnement.

Cet instrument ainsi perfectionné devient utile aux démonstrations et à l’explication de tous les problèmes d’optique, de dioptique et de catoptrique ; il donne des moyens faciles d’expliquer les illusions de l’optique et les règles de la perspective linéaire et aérienne. Les peintres, les dessinateurs peuvent 

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l’employer pour l’imitation ou les corrections de leurs ouvrages

Construction de l’appareil

J’ai fait construire un appareil (A fig. 1ère) de 5 pieds de haut sur 2 et ½ de largeur et 3 pieds de longueur, en bois de noyer. La partie supérieure est totalement fermée comme une chambre, on y communique par une porte en B. En CCCC au bas de l’appareil sont appliqués de chaque coté deux coulisseaux en buis ayant la forme D (fig. 2) de 2 pouces de long qui servent à reposer l’appareil et à le faire couler « saucriformement” silencieusement sur deux

Fig 1   Fig 2

règles de cuivre qui ont 12  pieds de longueur, ces règles que l’on fixe sur le parquet d’une manière parallèle et surtout bien horizontalement reçoivent les coulisseaux D (fig. 2) ou CCCC (fig. 1) c’est sur ces règles E E que doit glisser mollement tout l’appareil, la partie qui touche les coulisseaux doit être en manche de couteau afin qu’il y ait le moins de frottement comme la fig. 3eme qui montre le profile de la régle qui pourrait aussi se faire en bois très fort.

Fig 3eme

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Sur le coté le moins large de l’appareil en F (fig. 1) est une ouverture de 8 pouces en quarré dans laquelle doit s’ajuster à demeure un tuyau de même forme aussi en bois et long de 15 pouces (fig. 4) il entre dans la chambre A de 4 pouces, l’intérieur doit être noirci à la détrempe afin qu’il

Fig 4    Fig 5

N’y ait point de réflexions. Dans ce tuyau doit marcher une plaque de cuivre au centre de laquelle peuvent s’adapter des verres d’un foyer plus ou moins long G (fig 5e) à cette plaque est soudée une crémaillère que fait marcher une roue dentée H (fig 4) et celle ci est mue par un bouton qui est en dehors du tuyau, en faisant tourner ce bouton on fait marcher la plaque de cuivre K d’un bout du tuyau à l’autre et conséquemment le verre qu’il porte, de l’autre coté du tuyau en A (fig 6) il doit y avoir une raynure pour pouvoir y ajouter des verres de différents foyers et montés dans des châssis comme B (fig 7).

Fig 6    Fig 7

Deux châssis et deux verres de rechange suffisent pour faire presque toutes les expériences, le premier B contiendra un verre 

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de 20 pouces de foyer et 8 pouces de diamètre, le second contiendra un verre plan convexe de 6 pouces de foyer et 8 pouces de diamètre.

Il faut avoir aussi pour la plaque K (fig 5) deux verres de rechange aussi, un de 6 pieds de foyer même plus et l’autre de 8 à 10 pouces.

Pour éclairer les objets dans l’intérieur de la machine ayez un quinquet à 4 branches B (fig8) et n’ayant qu’un corps pour y placer l’huile qui doit être bien pure.

Fig 8

Pour doubler et tripler la lumière on place des miroirs d’Allemagne qui reposent sur C et sur le dessus du magasin à l’huile D. Ce quinquet s’accroche dans l’intérieur de la chambre tout vis-à-vis de la porte B (fig 1) et de manière que les lumières soyent au niveau du tuyau F (fig 1).

Nota pour pouvoir modifier à volonté l’intensité de la lumière et conséquemment celle de la représentions des objets, il faut ménager une porte en S (fig 1 & fig 4) à l’extrémité du tuyau. Cette porte est en cuivre et se meut dans une coulisse. Cette porte est extrêmement utile pour graduer les objets, elle ne déforme en rien les objets si peu ouverte qu’elle soit elle fait toujours l’effet du diaphragme.

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Dispositions de l’appareil lorsque les objets dont on veut obtenir l’image amplifiée ou diminuée n’ont pas plus d’un pied de diamètre, tel qu’un dessin, une estampe, un bas relief ou un objet d’histoire naturelle

Fig 9

Placer dans la coulisse A du tuyau de la fig 6 ou A fig 9 le châssis B (fig 7) avec son verre de 20 pouces de foyer et dans la plaque K (fig 5) le verre de 6 pieds ou plus de foyer, j’y en mets qui ont 12 pieds de foyer mais alors l’objet est moins amplifié.

Si vous offrez un objet renversé en B (fig 9) et qu’il soit bien éclairé par les quinquets vous obtiendrez son image sur un grand châssis tendu en blanc et ayant 10 à 12 pieds de diamètre quarré, vous augmentez cette image dans les proportions de moitié du tiers de quart, de dixième ou de 20ième avec la plus grande précision : votre échelle des proportions est marquée sur les 2 coulisses D E fig 9, et

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Au moyen du bouton G (fig 9) vous placez vos verres à la distance convenable l’un de l’autre, elle est ordinairement à 6 pouces.

Si les objets dont vous voudriez avoir la représentation étaient beaucoup grand qu’un pied, alors vous supprimeriez le verre de 20 pouces en laissant seul celui du long foyer vous placeriez votre tuyau A à une cloison afin d’avoir plus de profondeur car l’appareil n’ayant que 3 pieds votre objet serait trop rapproché du verre. Vous observez alors d’éclairer le plus fortement que vous pouvez votre objet puisque vous êtes toujours le maître de modérer cette lumière par la plaque de cuivre qui ferme ou élargi le diaphragme H (fig 9) voyez à la fin la note intitulée addition.

Disposition de l’appareil lorsque les objets sont transparents.

Placez à votre coulisse A (fig 6) ou A (fig 9) un châssis C (fig 7) contenant un verre plan convexe de 6 pouces de foyer et dans la plaque K (fig 5) le verre de 8 pouces de foyer ; que votre quinquet n’ait qu’une lumière elle suffira, couvre la d’une gase ou verre dépoli afin qu’elle soit plus homogène, plus égale.

Comme il est difficile de se procurer des verres plans convexes d’un grand diamètre et d’un court foyer, j’ai imaginé il y a 10 ans de les remplacer par deux verres convexes de 8 pouces de

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foyer et placés près l’un de l’autre, alors ils peuvent tenir lieu de verre plan convexe. Si vous placez en A (fig 9) et immédiatement sur le verre plan convexe vos objets transparens tel que je l’indiquerai ci dessous vous obtiendrez la représentation avec une précision d’autant plus sévère que tout l’appareil se mouvant librement sur les coulisses vont donner le degré de l’amplification depuis le minimum jusqu’au maximum désiré. Ajouter à cela que par le moyen du bouton qui fait mouvoir la crémaillère vous ramenez toujours à la distance convenable les verres l’un de l’autre quoique tout l’appareil se meuve, avantage qui sert à expliquer les illusions d’optique et les effets de la perspective.

Pour faire servir ma lanterne aux démonstrations de physique, d’anatomie, d’histoire naturelle et même de botanique, j’ai imaginé le moyen d’imprimer sur le verre les gravures que l’on trouve dans les livres qui servent à l’explication de les sciences. Voici la méthode.

Manière d’imprimer sur le verre le papier vernis et la baudruche.

Broyez un peu de noir de fumée et un peu de blanc de plomb avec de l’huile dessicative, telle que celle des imprimeurs en taille douce ; frottez-en la planche dont vous voulez obtenir la gravure et imprimez votre objet sur un

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papier fort à la manière des imprimeurs en taille douce et au sortir de la presse appliquez ce papier sur votre verre et passez par dessus le revers de la gravure un rouleau (fig 10) d’un pouce de diamètre et 9 pouces de

Fig 10

Long. Le frottement du rouleau fixe la gravure sur le verre, mais d’une manière presqu’invisible. Vous placez aussitôt votre verre en dessus de la flamme de plusieurs bougies fines réunies, telle que des rats de cave. La fumée noircit tout le verre et s’attache à la gravure. Au bout de quinze jours votre gravure étant sèche, vous emportez votre noir avec du coton et votre verre est imprimé. Pour donner de l’effet, vous rendrez le fond opaque et vos objets ont tout l’effet que vous désirez. Si vous voulez mettre moins de suie imprimez sur la beaudruche ou le papier vernis alors ne mettez pas de blanc de plomb dans votre noir mais du noir d’ivoire, voyez les modèles 1, 2, et 3.

Plan sur lequel se peignent les objets.

Une perfection intéressante et qui devient même indispensable dans les démonstrations, c’est une cloison transparente qui donne le moyen de mettre les appareils dans la pièce

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à côté de manière sue le spectateur n’est pas distrait par les préparatifs, les déplacemens et surtout par le rayon lumineux qui l’éclaire et diminue conséquemment l’effet de l’image 2e en ce que le spectateur, lors que l’appareil est dans la même pièce que lui, ne peut être dans la ligne verticale de l’objet sans arrêter les rayons lumineux.

J’ai fait acquisition d’une boîte de trois aunes de large afin qu’elle n’eut pas de couture et pour la rendre diaphane, j’ai fait fondre de la cire vierge bien blanche dans laquelle je l’ai immergée lorsqu’elle était bouillante, je l’ai clouée à l’instant à l’ouverture faite à la cloison et, passant de proche en proche un réchaud bien allumé, j’ai étendu cette cire qui a donné à ma toile la diaphanité que je cherchois depuis si long temps. Les vernis sont trop transparens, et laissent apercevoir le foyer de la lumière, ce moyen simple que j’ai cherché pendant près de deux ans ne laisse rien à désirer, car lorsque le vernis se détériore par l’hygrométrie de la toile en passant seulement un réchaud allumé elle reprend toute sa beauté. Le premier moyen que j’avois imaginé était tout simplement un vernis de gomme arabique, voyez les modèles 4.

Les perfections que je viens d’ajouter à la lanterne de Kircher la rende un instrument utile : montée de cette manière nouvelle et avec les précisions indiquées, elle peut servir aux artistes pour calquer ou obtenir des effets vrais en y plaçant des bas reliefs qu’on obtient dans toute sorte

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de projections en un seul coup de main, qui fait glisser l’appareil sur ses coulisses et assure les verres à leurs justes foyer par la crémaillère. 2e elle a l’avantage de servir aux corps sans avoir besoin du soleil et remplace le microscope solaire. 3e elle modifie et calcule avec facilité et précision des agrandissements de l’objet par l’échelle sur les coulisses qui supportent l’appareil ; par ce moyen on explique d’une manière facile la divergence des rayons dans des verres concaves ou convexes. 4e La cloison transparente et qui tient toujours l’objet à la même distance du spectateur soit que l’objet soit petit ou amplifié, il n’est pas obligé de se déplacer pour aller chercher le spectre lumineux comme on a toujours fait dans les expériences sur la lumière. 5e Cette immobilité de la cloison est indispensable pour les objets de comparaison ou et pour les artistes lorsqu’ils veuillent tracer, corriger ou calquer, ils peuvent se mettre dans la ligne verticale de l’objet sans faire ombre vers l’objet. Cette disposition d’ailleurs donne la facilité de faire des expériences devant une assemblée nombreuse. 6e le moyen d’imprimer sur verre la beaudruche ou le papier vernis les planches d’anatomie, d’histoire naturelle ou de géographie donne beaucoup de facilité pour la démonstration de ces sciences qui demandent plus que les autres qu’on parle aux yeux pour éclairer l’entendement.

Le citoyen Robert espère qu’on voudra bien lui assurer la propriété de ce perfectionnement à la lanterne de

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Kircher comme étant la récompense des recherches qu’il a faites depuis plus de cinq ans.

Le citoyen E. G. Robert prof. De physique au Dept de Lourte

Addition à la page 6

En faisant cette expérience pour obtenir l’image des corps opaques, j’ai tenté de mettre les chambres obscures à la lumière artificielle et après une infinité d’essais difficiles j’ai vaincu les difficultés par un appareil extrêmement simple. Je cherchois à obtenir l’image d’une personne qui serait debout, de manière qu’elle se présentât dans la même position sur ma cloison transparente. Dans toutes les chambres obscures l’objet se présente renversé ; les verres convexes et les miroirs que j’employois pour redresser l ‘objet absorboit toute la lumière et défformoit l’image.

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Construction

Dans une pièce A se place l’objet à la distance de 15 pieds de la cloison B et vient se peindre sur un prisme C ou miroir de métal, là il se renverse et

Fig 11

vient passer par le verre convexe D dont le foyer doit être en raison du grossissement que l’on désire depuis 3 pieds jusqu’à 5. L’image arrive de cette manière renversée en D se relève au delà du foyer du verre et se peint dans la situation convenable sur la cloison transparente R. Ici faut multiplier les miroirs d’Allemagne pour éclairer l’objet et mettre un diaphragme à la croisière des rayons S.

E. Robert prof. de physique

SOURCE : INPI
Voir : Description et fonctionnement du Fantascope

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