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Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

Posté par Patrice Guerin le 16 septembre 2014

Lefevre 01  Brevet du LAMPADORAMA LEFEVRE N° 115 429 – Source Archives INPI

Le 9 novembre 1876, l’ingénieur Henri Alexandre LEFEVRE, demeurant au n°110 de l’avenue de Villiers à Paris, dépose un brevet de quinze ans pour une lanterne magique à double effet dénommée “LAMPADORAMA ou LAMPASCOPE BI-LAMPADAIRE servant de chambre noire et de lanterne magique”.

Lefevre 02  Source Archives INPI

« L’appareil se compose d’une boîte opaque dont les faces inférieures et supérieures sont percées d’orifices qui permettent de le poser sur deux lampes quelconques dont les porte-globes sont à la même hauteur. A l’intérieur de la boîte, un système de réflecteurs renvoie la lumière des deux lampes sur la paroi postérieure de l’appareil où l’on peut placer les objets ou images opaques qui se trouvent ainsi fortement éclairés. La paroi antérieure porte, en face de l’objet éclairé, un système de lentilles convergentes projetant sur un écran extérieur l’image plus ou moins agrandie de l’objet éclairé. Le même appareil se transforme en lanterne magique ou en lampascope de la façon suivante : l’objet opaque est remplacé par un système de miroirs réflecteurs qui renvoient la lumière vers l’orifice de la paroi antérieure devant lequel se trouve une rainure permettant de placer les images transparentes. »

Lefevre 03

Henri LEFEVRE précise aussi les différents usages de son BILAMPADAIRE et annonce, vingt ans à l’avance, l’avènement du cinématographe “Images à mouvements”. « Au moyen de cet appareil et de ses deux transformations, les images noires ou coloriées, opaques ou transparentes, les effets du Phénakistiscope et du Kaléïdoscope, les images à mouvements, sont projetées plus ou moins agrandies sur l’écran extérieur. Le soussigné se réserve l’adaptation industrielle à cet appareil des images noires ou coloriées par les procédés d’impression ordinaire ou par la photographie, sur gélatine transparente, sur mica et en général sur toute matière organique ou minérale moins lourde, moins fragile et plus facile à travailler que le verre. Il se réserve également la possibilité de faire mouvoir les images à mouvement à la main ou au moyen de l’électricité ou par la compression de l’air. »

Lefevre 04  Certificat d’addition du LAMPADORAMA LEFEVRE – Source Archives INPI

Dans le certificat d’addition du 7 novembre 1877 Henri LEFEVRE ajoute : « J’adopte de préférence deux dispositions qui ne différencient principalement  que par la nature des matériaux employés et par leur forme extérieur. L’un des modèles est l’appareil ordinaire généralement en carton ; le second modèle, plus riche et de construction plus solide, est de préférence en métal. »

Lefevre 05  Collection F.B.

Ces appareils peuvent être de formes hexagonales ou elliptiques, allant du modèle le plus simple en carton, aux appareils les plus luxueux telle que celui en tôle aux décors peints à la main ou le modèle “Riche” avec réflecteurs plaqués argent.

Lefevre 06  Le XIXe siècle – Décembre 1877 – Source Gallica

Dans les mois qui suivent, plusieurs journaux signalent cette invention ou publient une annonce présentant l’appareil commercialisé par Ch. DELAGRAVE, 58 rue des Ecoles à Paris. L’un des textes les plus savoureux provient du journal “Le Tintamarre”, hebdomadaire satirique et financier, du 29 décembre 1878 : « Ah ! si feu QUINQUET avait pu se douter que les lampes dont il donnait la première idée seraient perfectionnées à tel point qu’elles serviraient un jour à aider au renversement de la lanterne magique, nul doute qu’il n’ait au moins voulu emporter dans sa tombe un LAMPADORAMA pour charmer ses loisirs dans l’éternité. Avec le LAMPADORAMA, plus de frais de verres, si lourds et si coûteux dans la lanterne magique ; la première image venue mise à l’envers dans l’appareil, enclavé sur deux lampes, et le dessin se projette, grandi une quinzaine de fois, en face de l’appareil, avec tous ses tons, toutes ses couleurs et tous les reliefs qu’il peut comporter. L’Empire, mis à l’envers dans un LAMPADORAMA, se détacherait certainement avec toutes les couleurs qu’il nous a fait avaler pendant dix-huit ans, et la conscience de BAZAINE formerait assurément la plus belle tache noire qu’il soit possible d’imaginer. Enfin, grâce au LAMPADORAMA, plus de femmes méchantes et surtout plus de belles-mères acariâtres ; la crainte de voir leur photographie projetée inopinément va les rendre aussi aimables que la République rêvée par monsieur THIERS. » Denis PEPIN

Lefevre 07  Le Figaro du 22 juin 1878 – Source Gallica

A l’Exposition Universelle de 1878, l’appareil de monsieur DELAGRAVE intéresse le public, pourtant indifférent aux choses scolaires « il présenta un système nouveau et sérieux de lanterne magique, le LAMPADORAMA, qui permet la projection des images opaques, des photographies par exemple, et même des objets en relief, des vases, des œuvres d’art avec toutes leurs couleurs et leurs dorures ».

Lefevre 08

Cette notice publicitaire du MEGASCOPE LEFEVRE ou LAMPADORAMA, dont le distributeur est la Maison des Inventions Nouvelles, 66 rue Basse-du-Rempart à Paris IXe,  indique que « c’est un auxiliaire précieux pour les peintres, dessinateurs, graveurs, décorateurs, architectes, etc. car il permet d’agrandir les croquis, esquisses ou photographies, mais aussi les médailles, camées et même les insectes afin d’éviter aux artistes la plus grande partie d’un travail purement mécanique (le copiage) qui n’est qu’un accessoire d’une œuvre d’art. »

Lefevre 09

C’est aussi un jouet très amusant qui remplace la « vieille lanterne magique avec ses verres peints qui étaient toujours si grossièrement faits ». Il permet de projeter tous les dessins imprimés, les chromos et autres gravures de grande qualité et de grande finesse et même « des images grotesques ou des sujets à mouvements faits avec quelques coups de crayon ou de pinceau, avec du fil et des morceaux de carton ».

Lefevre 10  Dans son livre “Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection” Alfred MOLTENI indique qu’il a construit pour monsieur LEFEVRE un appareil que ce dernier a fait breveter sous le nom de BILAMPADAIRE. Ce mégascope se pose sur deux lampes à huile, tout comme les lampascopes classiques. « Il sert dans les séances de famille, pour projeter les photographies sur papier ou les chromolithographies qui rencontrent se rencontrent en si grande quantité. »

Lefevre 14  La devise de Henri LEFEVRE, inscrite au centre de cette étiquette est “En forgeant se fait le Fèvre” !

Ce modèle possède certaines caractéristiques propres aux appareils MOLTENI, telles que les filets dorés qui habillent toutes les faces de l’appareil.

Lefevre 16  Lefevre 13  Lefevre 15

Ce mégascope a la particularité de projeter aussi bien des corps opaques que des vues transparentes sur verre, et cela « sans déplacer les lampes ». Il suffit de mettre, à l’emplacement de l’image opaque, un support sur lequel sont placés deux petits miroirs orientés de telle manière qu’ils renvoient parfaitement la lumière de chaque lampe vers l’objectif « selon la dimension qu’on cherche à obtenir, on allonge ou on raccourcit le tuyau de la lunette (objectif) jusqu’à ce que l’image soit parfaitement nette ».

Lefevre 11  Gravure provenant du livre “Au hasard du chemin” par M & Mme Satanislas MEUNIER – J. Rothschild éditeur à Paris 13 rue des Saint-Pères. Vers 1886

Le MEGASCOPE LEFEVRE peut être utilisé aussi bien sur deux lampes à huile ou à pétrole ordinaires, voir même sur deux lampes à gaz, à condition qu’elles soient de hauteur identique. Il existerait même un « grand MEGASCOPE LEFEVRE pour projections scéniques avec tous les accessoires nécessaires à la lumière oxhydrique ou électrique (sur commande) ». Comme la plupart des lampascopes qui sont simplement posés sur une lampe d’éclairage, celui-ci à tendance à basculer vers l’avant à cause du poids de l’objectif ; il convient donc d’ajouter une masse de 500g environ dans l’appareil, à l’arrière, pour l’équilibrer.

Voir : Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

 

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Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Posté par Patrice Guerin le 26 juin 2014

Laverne 01  Extrait du catalogue LAVERNE – 1889

« La maison LAVERNE livre, à raison de 115 frs, un appareil scolaire à deux usages (vues transparentes et corps opaques), qui a en outre l’avantage de pouvoir être employé avec une lampe à pétrole à 4 ou 5 mèches pour un usage courant ou avec un chalumeau oxhydrique, pour les grandes conférences publiques… De nombreux instituteurs peuvent obtenir cet appareil par souscription ; ils s’adressent tout d’abord au Député, aux Conseillers Généraux et d’Arrondissement, puis au Maire, aux Conseillers Municipaux et aux amis de l’Ecole.  » Source : “Catalogue de collections de vues” de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses – 1892

Voir :  La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Laverne 02  Laverne 03   Laverne 04

Le corps de l’appareil est en tôle pleine, monté sur quatre colonnes en cuivre nickelé reposant sur une tablette en acajou verni qui assure une parfaite stabilité. La lanterne est équipée d’une porte à l’arrière pour introduire l’éclairage au pétrole et d’une porte latérale permettant de régler un éclairage à arc électrique ou un chalumeau oxhydrique. De façon standard, elle est équipée d’une lampe à pétrole à cinq mèches avec réflecteur. Le condensateur est composé de deux lentilles plan convexe de 103mm de diamètre, montées dans un tube en cuivre à virole à vis pour faciliter le démontage. L’objectif de combinaison double à portrait, mesure 43mm à l’avant et 52mm de diamètre à l’arrière. Il est monté dans une monture en cuivre nickelé, avec crémaillère pour la mise au point. Prix de l’appareil en 1889 : 115 frs.

Laverne 06   Laverne 07   Laverne 08  Laverne 05 Gravure collection G.V.

La lampe à pétrole à 5 mèches qui équipe cette lanterne est relativement différente des lampes classiques à 3 ou 4 mèches. En effet la chambre de combustion est entourée d’une seconde paroi extérieure permettant une circulation de l’air entre les deux parois afin de diminuer l’échauffement de la lampe. Une série de trous placés sur le dessus facilite l’évacuation de l’air. L’avant est fermé par un verre carré incassable, tandis que l’arrière se ferme par un couvercle réflecteur articulé, au centre duquel se trouve un petit verre circulaire coloré. Afin de garder son éclat, ce miroir est protégé du foyer par un verre lui aussi articulé. Une cheminée de grande hauteur permet d’assurer le tirage de cette lampe à 5 mèches.

Voir : Lampe à pétrole “Maxima” de MAZO

Laverne 09  Lanterne LAVERNE équipé d’un arc électrique vertical manuel DUCRETET

Le fond de l’appareil peut s’enlever pour découvrir une ouverture circulaire permettant l’introduction d’autres appareils d’éclairage tels qu’une lampe à pétrole ordinaire, une lampe à gaz, un arc électrique ou un chalumeau oxhydrique.

Voir : Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Laverne 10   Laverne 11  Laverne 12

La disposition avant de cet appareil est particulière. Le traditionnel cône porte-objectif est remplacé par une boîte oblongue supportant un objectif fixé sur une plaque qui peut coulisser verticalement afin de projeter soit des documents transparents – position basse – soit des documents opaques – position haute -. A l’intérieur, un miroir peut être relevé afin d’orienter les rayons lumineux vers le document opaque placé dans un support de 7×10,5cm. « Cependant pour les corps opaques il convient de rapprocher l’appareil de l’écran et d’augmenter, dans la mesure du possible, l’intensité lumineuse… Mais ce système pour la projection de corps opaques est de beaucoup supérieur à celui du cône coudé employé avec d’autres lanternes. »

Voir :  Un APHENGOSCOPE amélioré

Laverne 13   Laverne 14

Il est possible d’enlever cette boîte oblongue pour la remplacer par un cône additionnel sur lequel on place l’objectif de la lanterne. Sur le plateau qui se glisse dans les rainures de la boîte se trouve une tablette mobile destinées à recevoir divers appareils de démonstration pour les expériences scientifiques tels que cuves ou tubes à liquides, expériences d’électricité, etc. Prix de l’appareil en 1889 : 125 frs.

Laverne 15   Laverne 16   Modèle possédant quelques différences, telles que le socle et les portes du corps de lanterne

Cet appareil réunit tous les avantages que l’on peut attendre d’une lanterne éclairée au pétrole tout en offrant l’intérêt d’être utilisable dans une grande salle ou un amphithéâtre avec un éclairage plus puissant. Il a été adopté par de nombreux organismes d’enseignement par l’Aspect, tels que La Ligue de l’Enseignement et l’Education PopulaireLa Société Nationale des Conférences PopulairesLa Société d’Enseignement par les projections lumineuses du Havre, la Commission de l’Enseignement de la Ville de Paris, etc.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Laverne 17 Lanterne “La Petite Parisienne” LAVERNE

Une version différente de cette lanterne est présentée dans le catalogue LAVERNE de 1889. Elle est dénommée “La Petite Parisienne”. Elle fait partie des lanternes à deux usages mais ne comporte pas de pieds, ce qui limite le choix des éclairages et donc l’usage. Elle est en tôle pleine, vernie noir décorée de filets or, et possède une porte latérale pour accéder à l’éclairage. L’ensemble repose sur un socle en acajou verni. L’éclairage est produit par une lampe à pétrole à cinq mèches surmontée d’une cheminée télescopique. Cette lanterne est équipée d’un condensateur de 103mm monté dans un tube en cuivre à virole à vis pour faciliter le nettoyage.

Le devant de l’appareil est semblable aux lanternes sur colonnes. La plaque avant, qui supporte un objectif double portrait de 43mm de diamètre, peut coulisser verticalement pour projeter des vues transparentes ou opaques. A l’intérieur, un miroir articulé se relève à l’aide d’une languette perforée dans laquelle on place une goupille en fonction de l’inclinaison souhaitée. Prix de l’appareil en 1889 : 105 frs avec  boîte de transport en tôle.

 

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Un APHENGOSCOPE amélioré

Posté par Patrice Guerin le 10 juin 2014

Megascope 27

Trente ans après le premier “Aphengescope” mis au point en Angleterre et utilisé – en autre – par MOLTENI dans les années 1880, on trouve dans les catalogues LAVERNE de 1889, MAZO de 1905 et BONNE PRESSE de 1907 un nouvel Aphengoscope*. Celui-ci se glisse à l’avant d’une lanterne de projection, après en avoir retiré l’objectif que l’on visse ensuite sur la partie oblique du cône de projection.

Voir : Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques - L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

Megascope 29  Megascope 21  Megascope 22

Cet Aphengoscope en tôle, aussi appelé “Cône pour la projection de corps opaque” est équipé d’une paroi à 45° pouvant s’ouvrir afin de placer le document à projeter. La lumière provenant de la lanterne traverse le condensateur puis est réfléchie par ce document avant d’être projeté sur l’écran par un objectif à crémaillère.

Voir : Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Megascope 23  Megascope 24  Megascope 25

« Les projections obtenues par ce moyen, bien que n’étant pas aussi brillantes que les premières (celles obtenues par des vues transparentes), n’en sont pas moins très intéressantes et très instructives. Les objets opaques placés dans l’appareil, tels que photographies, dessins, chromos ou cartes postales, sont rendus avec une grande exactitude de lignes et de couleurs… Par suite de la déperdition de lumière, on ne pourra projeter que des images de dimensions assez réduites, mais suffisantes pour le dessin ou pour intéresser un auditoire d’une dizaine de personnes. »

Megascope 26  Publicité parue dans le journal Ombres et Lumière N°254 de novembre 1923

Dans les années vingt, la maison MAZO fait l’annonce suivante concernant la projection des corps opaques : « Nous pouvons le dire, car nous l’avons prouvé par le nombre des appareils mis en service, que nos divers types d’appareils ont complètement résolu le problème de la projection des corps opaques. Problème qui paraissait particulièrement difficile, tant il offrait de conditions contradictoires à concilier. Ce n’est pas une petite affaire, en effet, que d’éclairer convenablement, par réflexion avec une ampoule, un objet obscur, qu’il s’agit de projeter pourtant avec un grossissement considérable et une netteté générale suffisante, tout en respectant son intégrité, c’est-à-dire en l’éclairant au maximum mais sans le surchauffer ! » Ces nouveaux appareils dénommés “Pantoscopes”, brevetés TAULEIGNE-MAZO,  seront présentés ultérieurement.

Voir : article à venir

* Etymologie du mot : A = Sans (privatif) + PHENGOS : Lumière + SCOPE : Regarder = APHENGOSCOPE

 

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Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

Posté par Patrice Guerin le 8 juin 2014

Megascope 11Extrait de “L’Art des Projections” par l’Abbé MOIGNO – 1872

Vers 1780, le physicien français Jacques CHARLES (1746-1823) utilise pour la première fois, dans son cabinet de physique, un appareil destiné à projeter l’image agrandie de corps opaques, appelé “Mégascope”. « Il plaçait les objets au dehors de la pièce obscure de manière qu’ils fussent éclairés par le soleil à l’aide de miroirs plans convenablement placés. Une lentille grossissante fixée dans le volet permettait de projeter l’image agrandie sur un écran. Cette expérience fut reproduite en remplaçant le soleil par la lumière artificielle, et les effets mégascopiques furent tellement en honneur au commencement du XIXe siècle, que non seulement on montrait agrandis des bas-reliefs, des statues, médailles, gravures, etc. mais aussi des personnes vivantes que l’on éclairait avec un plus ou moins grand nombre de quinquets. » En fait il s’agit d’une chambre noire de grande dimension dans laquelle on peut entrer pour observer un objet placé à l’extérieur. D’ailleurs, comme dans tout appareil photographique, l’image projetée est inversée par rapport au sujet placé à l’extérieur.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre - Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Megascope 12  CHADBURN Optical Mathematical and Philosophical Instrument Makers – 1858 – Cliquer ici

Les anglais nous indiquent que la lanterne pour corps opaques a été conçue par MM. CHADBURN & Sons, opticiens à Sheffield puis à Liverpool (71 Lord Street) “Registred in 1864”, et fut, pendant longtemps, connue sous ce nom.

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections

Ce mégascope, d’origine anglaise, est composé de deux parties. D’une part une lanterne classique en bois qui contient un condensateur ainsi qu’une forte source lumineuse, probablement un chalumeau oxhydrique car les deux tuyaux d’alimentation sont visibles à l’arrière. D’autre part un coffret, lui aussi en bois, équipé d’un objectif achromatique à long foyer « éclairés de cette manière, les rouages d’une montre à secondes en mouvement produisent un effet vraiment merveilleux ».

Megascope 14  Aphengescope avec deux lanternes

Dans les années 1870 « on vend en Angleterre, sous le nom de “Wonder Camera” un appareil beaucoup moins coûteux, qui projette dans les dimensions de la nature vivante, les portraits carte de visite des albums. La figure ci-dessus représente un appareil semblable avec une combinaison de deux lanternes, à laquelle on a donné le nom barbare d’Aphengescope » Abbé MOIGNO.

Voir : L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections

Dans son ouvrage de 1872 dénommé “L’Art des Projections” l’Abbé MOIGNO (voir PORTRAITS) indique aussi « Il y a quelques semaines, monsieur Henry MORTON, qu’on pourrait appeler l’apôtre de la projection qu’il pratique sur la plus grande échelle devant d’immenses auditoires dans les plus grandes salles de spectacle du monde entier ( par exemple la salle d’opéra de Philadelphie qui peut recevoir jusqu’à 3500 auditeurs), nous apprenait comment il a simplifié la mise en lumière des corps opaques. Il n’emploie plus de condensateur ni de réflecteur. Il prend pour source de lumière un jet de gaz oxhydrique placé très près de l’objet qu’il doit éclairer. Il dispose en avant de la caisse contenant la lumière et l’objet, une lentille achromatique de 127mm de diamètre et de 538mm de distance focale, de manière à projeter une image bien nette sur l’écran. De cette manière, une main, un mouvement de montre, un mécanisme quelconque, etc. donnent par projection des images saisissantes de relief et de réalité ».

Megascope 16  Megascope 17  Megascope 28

A la fin du XIXe siècle et dès le début du XXe, plusieurs constructeurs proposent des appareils mieux adaptés et plus efficaces pour la projection de corps opaques, afin de répondre aux besoins de l’enseignement qui utilise de plus en plus la projection dans les écoles, les lycées et même les facultés. De plus l’avènement de la carte postale va permettre de fabriquer de nouveaux appareils.

Voir : Cartoscope Panoptic - Un APHENGOSCOPE amélioré - Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

 

 

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L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

Posté par Patrice Guerin le 4 juin 2014

Traditionnellement la lanterne de projection est destinée à projeter des vues transparentes, sur verre ou sur pellicule souple. Cependant, au XIXe siècle, les vues opaques sur papier telles que gravures de journaux ou de livres, chromolitographies, cartes de visite et tirages photographies étaient beaucoup plus répandues que les vues transparentes. Il était donc très intéressant de pouvoir projeter directement ces documents sans avoir à les transférer sur un support transparent.

Voir : Carte de visite photographique

Aphengescope 01   Aphengescope 02

En 1880/90, voici ce qu’en dit Alfred MOLTENI (voir PORTRAITS) dans son ouvrage  intitulé “Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection” : « Pour la projection des cartes de visite photographiques (très en vogue dans les années 1860), il n’est pas nécessaire d’avoir un appareil spécial. On se sert fort bien d’un petit mégascope connu dans le commerce sous le nom de “APHENGOSCOPE” (en anglais APHENGESCOPE). Il se compose d’une boîte en acajou de 10 cm de côté qui s’installe sur le devant de la première lanterne venue dont on a ôté l’objectif. La lumière est concentrée sur la photographie par le condensateur, et l’objectif placé à 45° en projette l’image sur l’écran. » Cependant les documents aux tons sombres réfléchissent trop peu de lumière pour donner des images lumineuses sur l’écran.

Aphengescope 03  Aphengescope 04  Aphengescope 05

Afin d’éclairer plus fortement certains documents, on se sert d’un APHENGOSCOPE (ou Chambre Mégascopique) double permettant de bénéficier de la lumière provenant de deux lanternes, grâce aux ouvertures circulaires situées de chaque côté de l’objectif. A l’arrière, deux volets articulés, verticaux ou horizontaux suivant les modèles, permettent de présenter alternativement et sans interruption les documents à projeter.

Aphengescope 06Aphengescope 07  Aphengescope 08  Planches coloriées de l’ouvrage du Dr Eugène BOUCHUT (1818-1891) “Atlas d’ophtalmoscopie médicale et de cérébroscopie”. Source : Librairie Alain BRIEUX cliquer ici

« C’est avec un appareil de ce genre, et en concentrant sur les figures la lumière de deux chalumeaux, donnant ensemble une lumière équivalente à celle de 500 bougies, que nous (Alfred MOLTENI) avons projeté, dans les leçons de M. le docteur BOUCHUT, les planches coloriées de son magnifique “Atlas d’ophtalmoscopie médicale et de cérébroscopie” » (J.-B. Baillière et fils, Paris, 1876).

Aphengescope 09  Aphengescope 10 Ensemble R° et V° avec lanternes MOLTENI

Cependant certains ne semblent pas être de cet avis : « Il existe plusieurs compléments à la lanterne de projection ordinaire que le lanterniste est tenté d’acheter, généralement suite à ​​la démonstration insistante d’un marchand qui n’a probablement jamais vu le dispositif particulier en utilisation. Parmi ceux-ci, il y a l’APHENGESCOPE, accessoire destiné à montrer des objets opaques. C’est un appareil peu pratique, car il est beaucoup mieux et plus facile d’avoir l’objet opaque dessiné ou photographié puis de le projeter comme une simple vue transparente. Dans ce cas la lumière traverse la vue et donne à l’écran une image très lumineuse alors qu’avec l’APHENGESCOPE elle est réfléchie par l’objet, et ce peu de lumière atteint l’écran sans aucune luminosité. » Source : “The Lantern and how to use it” par C. GOODWIN NORTON c/° Hazell, Watson & Viney limited London1901.

Il faut dire qu’au début du XXe siècle il est beaucoup plus facile de reproduire n’importe quel document sur film positif que dans les années 1870/80.

Aphengescope 11  Extrait du catalogue N°89 “Projections Molteni Radiguet & Massiot” vers 1912

Dans ce catalogue on explique que « les petits modèles appelés Mégascopes ou Apédioscopes, qui s’adaptent aux lanternes populaires, servent à la projection des photographies format visite, imprimés, menus objets tels que montre, clef, etc. Les dimensions de l’image qu’on peut obtenir avec un éclairage à alcool ne doivent pas dépasser 0m50. »

Vers la fin du XIXe siècle on commence à trouver des appareils permettant des applications plus étendues, pour les écoles et les facultés.

Voir : Un APHENGOSCOPE amélioré

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Lanterne “Universel” de la Maison de la BONNE PRESSE

Posté par Patrice Guerin le 23 mai 2012

Lanterne “Universel” de la Maison de la BONNE PRESSE dans Corps Opaques BonnePresse-31-150x106  Amphithéâtre du lycée le Likès à Quimper

« Notre enseignement a cessé depuis longtemps d’être livresque pour devenir de plus en plus concret en se servant de procédés démonstratifs, en particulier de la projection qui, en géographie, joue un rôle primordial ». Un représentant des agrégés d’histoire in BSPHG 1930 p. 203 (Bulletin de la Société des Professeurs d’Histoire-Géographie). Pour cela il fallait des appareils puissants, capables de projeter différents types de documents transparents et opaques, voir même de petits objets en volume.

BonnePresse-32-150x98 dans Lanternes projection   BonnePresse-33-150x126 dans Projections et Enseignement  Collection G.V.

En septembre 1924, la Maison de la BONNE PRESSE dépose un brevet  pour « un appareil de projection universel permettant de passer instantanément, par simple rotation des lampes d’éclairage… de la projection de tous les corps opaques à la projection de diapositives doubles dites “vues fondantes” et même à la projection des anaglyphes qui donnent une si saisissante impression de relief ».

Voir : Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE

BonnePresse-34-150x141  BonnePresse-35-150x108“La Science et la Vie” N°96 – Juin 1925     BonnePresse 42 Pub 1930

L’appareil, dénommé “L’universel Bonne Presse”, fut présenté de manière détaillée dans le N°96 de “La Science et la Vie” de juin 1925. Il possède trois objectifs : celui qui est au centre permet de projeter des vues ou des corps opaques, tandis que les deux latéraux, qui sont orientables, servent à la projection de diapositives sur un seul écran, en complément, ou non, de l’objectif central. Les objectifs latéraux sont équipés d’un système à “œil de chat”, permettant la réalisation de très beaux effets de “fondus”.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

BonnePresse-36-150x102  BonnePresse-37-150x122  BonnePresse-38-150x114  BonnePresse-39-150x126  BonnePresse-40-100x150  Collection G.V.

La lanterne est équipée de deux grosses lampes à miroir « à incandescence  intensive (filament en atmosphère gazeuse) qui exigent une intensité de 4 ampères sous une tension de 110 volts ; ce sont donc des lampes d’environ 600 bougies (soit 400 W environ) ». Ces lampes sont montées sur des supports réglables à la fois verticalement et horizontalement. Elles peuvent être orientées vers l’avant ou vers l’arrière suivant que l’on projette des vues transparentes ou des corps opaques.

BonnePresse-41-150x137  En 1936, la Maison de la BONNE PRESSE présente à la Foire de Paris un appareil semblable avec cependant quelques différences telles que l’absence des cheminées.

Voir : Autres appareils à venir

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CHROMORAMA

Posté par Patrice Guerin le 17 octobre 2011

Cet ingénieux appareil permet, sans aucune préparation préalable, la vision de tableaux se fondant les uns dans les autres à la manière de la fantasmagorie et cela rien qu’en se servant pour éclairer l’appareil de la lumière du jour ou de celle qui existe dans les appartements.

chromorama.jpg

Toutes les images peuvent être employées indifféremment
chromolithographies, photographies, gravures, dessins, etc.

La manœuvre de l’appareil est des plus simples. Il suffit d’introduire deux images dans les deux glissières qui se trouvent à la partie supérieure de la boîte. Pour faciliter leur introduction et leur retrait des glissières, il est bon de les introduire dans les porte-chromos qui se trouvent dans le carton accompagnant chaque appareil. Prenant deux de ces porte-chromos garnis de leur image, on les introduit dans les glissières, l’image tournée vers le fond de la boîte ; on ouvre alors une des deux trappes supérieures et une image apparaît aussitôt. On ouvre ensuite doucement la seconde trappe en abaissant progressivement la première, les deux images se fondent l’une dans l’autre jusqu’à ce que la deuxième apparaisse seule et nettement. On change alors pour une autre le porte-chromos de la première glissière et l’on opère inversement, puis on recommence pour la seconde et ainsi de suite autant de fois que l’on aura d’images.

Les dessins, introduits dans chaque petite chambre noire de l’appareil, sont inclinés à 45°. Ils sont réfléchies vers l’objectif par des miroirs à 25°. Pour que la vision soit nette, il faut que l’appareil soit bien éclairé sur le dessus.

1892 – Disponible chez Em. Vatone, 105 av. Parmentier à Paris.

Voir : Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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Polyorama Panoptique

Posté par Patrice Guerin le 26 décembre 2010

polypanoptique1.jpg

Le polyorama panoptique fut inventé sous le second Empire (XIXe siècle) par l’opticien Lemaire, situé 32 passage Salmon à Paris. Ce jouet d’optique, qui existait en 3 tailles différentes, rencontra un vif succès à l’époque.

L’appareil est une sorte de grosse visionneuse permettant d’observer des petits tableaux colorés à travers une loupe, ce qui donnait l’impression “d’être dans le paysage” avec de saisissants effets lumineux (jour, nuit).

polypanoptique2.jpg polypanoptique3.jpg

Les images étaient composées de deux vues du même paysage imprimées sur un papier fin et collées au dos l’une de l’autre puis montées dans un châssis en bois. La partie avant représentait une scène de jour tandis que la vue arrière correspondait à la même scène de nuit. Deux volets mobiles situés sur le dessus et à l’arrière de la boîte permettaient de faire basculer progressivement la lumière d’une vue à l’autre. L’effet progressif obtenu était une transition subtile d’un paysage diurne à une scène nocturne.

Les polyoramas et leurs vues transparentes étaient vendus à la sortie des spectacles de Dioramas dont ils constituaient le prolongement miniaturisé.`

On trouve le même principe dans les vues fondantes et certains chromos.

Voir :  Vues fondantes -  Lanterne magique chromos à système

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Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama

Posté par Patrice Guerin le 12 décembre 2010

megascopelefvre01.jpg Le Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama (brevet N°115429 du 9 novembre 1876) est un appareil très simple permettant de projeter et d’agrandir des objets “réels et solides” tels que camées, médailles, monnaies, bas-reliefs, fleurs, feuilles, insectes, etc .

Lefevre 21  C’est une boîte métallique munie d’un objectif à l’avant et d’une trappe s’ouvrant à l’arrière pour placer l’objet. Il se place sur deux lampes à huile ou à pétrole ordinaires de même hauteur.

Voir : Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

megascopelefvre03.jpg C’est un auxiliaire précieux pour les peintres, dessinateurs, graveurs, décorateurs, architectes, etc. car il permet d’agrandir les croquis, esquisse ou gravure afin d’apercevoir et de rectifier certaines fautes qui ne sont pas assez apparentes sur l’objet.

megascopelefvre04.jpg C’est aussi un jouet très amusant qui remplace la “vieille lanterne magique avec ses verres peints qui étaient toujours si grossièrement faits”. Il permet de projeter tous les dessins imprimés, les chromos et autres gravures de grande qualité et de grande finesse.

Voir : Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

 

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Carte de visite photographique

Posté par Patrice Guerin le 16 novembre 2010

 

cartesvisite2.jpg

Dans les années 1850, Eugène DISDERI (1819-1889) invente un procédé photographique qui permet de prendre six clichés simultanés sur la même plaque de verre, rendant ainsi les coûts de production de chaque photographie beaucoup moins chers. En 1854, il dépose le brevet de la photo-carte de visite. Les tirages obtenus par ce procédé ont un petit format, assez proche de la carte de visite, et deviennent très vite à la mode.

Pour en savoir plus cliquer ici

cartevisite1.jpg

Cette visionneuse, qui ressemble à un petit livre lorsqu’elle est fermée, permet d’observer une “carte de visite” à travers une loupe.

Voir : Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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