Projecteur trichrome artisanal

Posté par Patrice Guerin le 12 juin 2018

Trichro 01  Ce projecteur trichrome artisanal, fabriqué en bois et en métal, pourrait dater des années 30.

Sa base est composée de deux planches en sapin de 16mm, assemblées sur deux tasseaux. Elle mesure 24x30cm et supporte, en son centre, une planche verticale en contreplaqué de 8mm maintenue par deux équerres. Cette dernière mesure 16x28cm, ce qui fait une hauteur totale de l’appareil de 31,5cm. Poids de l’ensemble 1,8kg.

Voir : La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Trichro 02  Trichro 02b  La partie avant supportant le système optique, coulisse et peut se déboiter.

A l’avant de cette partie verticale, un assemblage de cinq plaques de contreplaqué, percé de trois ouvertures de 4x5cm, permet de mettre en place, par le dessus, la plaque filtre et la plaque photographique.

Trichro 03  Trichro 03c  La seule ampoule présente dans l’appareil est un modèle 100w, 220v, de la marque Auchan ; elle n’est peut-être pas d’origine.

A l’arrière se trouve une boite en fer blanc, peinte en noir à l’extérieur et en argent à l’intérieur, contenant le système d’éclairage composé de trois ampoules claires. Les douilles, type Edison E27, sont en laiton à l’arrière et en porcelaine à l’avant. Elles sont alimentées par trois câbles électriques torsadés deux conducteurs, reliés entre eux par des épissures. L’ensemble est branché au secteur par une prise en porcelaine sur laquelle il est inscrit 10/250.

Trichro 04b  Trichro 04a  A l’avant du projecteur se trouve une planchette mobile coulissant entre deux rails en bois permettant d’ajuster les objectifs.

La partie avant supporte une plaque verticale, en contreplaqué de 8mm, sur laquelle est fixé un ensemble métallique coulissant et réglable permettant d’ajuster chacun des trois objectifs en hauteur et en largeur. Chaque objectif est composé d’un tube cylindrique en fer blanc, coulissant sur la base, de 30mm de diamètre, à l’avant duquel se trouve une simple lentille de verre biconvexe. Le système optique n’est pas équipé de condensateur.

Trichro 05a  Trichro 05b Trichro 05c  Filtre trichrome et vue positive, format 6x13cm.

Avec ce projecteur se trouve une boite en carton contenant deux plaques colorées identiques et une vue positive composée de 3 images noir et blanc placées verticalement, avec un intervalle noir de 3 et 7mm. Les trois vues sont semblables et ne présentent pas de différence de valeur due à une prise de vue à travers les filtres colorés.

Trichro 06

L’image finale provenant de la superposition des vues à travers les filtres colorés donne une pseudo photographie en couleur.

Pour un complément d’informations, voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

Merci à toute personne susceptible d’apporter des précisions sur cette appareil : date, appareil photographique ayant permis d’obtenir les vues, etc.

 

 

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L’enseignement par les yeux

Posté par Patrice Guerin le 18 mai 2018

Colbert 01  MOLTENI était tellement populaire avec sa barbiche blanche qu’il a pu inspirer ce chromo.

« On doit… »à notre président d’honneur, monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS« …non seulement la vulgarisation des projections*, mais encore la création de cette collection de vues qui fut le début et, en quelque sorte, l’armature de ce qu’on appelle aujourd’hui “L’Enseignement par les Yeux”. Aussi, a-t-on pu dire que MOLTENI fut le créateur de la Projection Lumineuse en France, et l’on comprendra la valeur de son œuvre en parcourant le catalogue des 60 000 diapositives dues à son zèle infatigable. » Source : Bulletin technique mensuel de la Chambre Syndicale des Fabricants et Négociants de la Photographie, décembre 1907.

* Voir : Les lanternes de projection MOLTENI - Les projections à l’école - Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Colbert 02  Catalogue N°105 “Classement méthodique des diapositives pour Projections Lumineuses”, 52 pages, vers 1905/10.

« Le grand nombre et la variété des sujets qui composent nos collections et qui s’augmentent encore chaque jour nous avaient amenés à établir il y a trois ans** un classement méthodique qui permette à chacun de trouver facilement les documents qui l’intéressent plus particulièrement. » Source : Catalogue N°38, Projections Molteni éditions de diapositives pour conférences scientifiques et mondaines, 5eédition.

Voir : CATALOGUES - Plaques photographiques pour la projection - La collection de diapositives MOLTENI

** Malheureusement les catalogues Molteni puis Radiguet et Massiot n’étant pas datés, il est difficile de les situer dans le temps. Ce “Classement Méthodique” a probablement été édité vers 1905/10.

Colbert 03  Tableau récapitulatif du classement méthodique.

Dans ce même catalogue N°38, on peut lire « Toutefois, nos collections étant aussi composées de nombreuses vues de voyages et d’explorations, il nous a été impossible d’en faire un dépouillement complet qui nous eût permis de reporter chacune d’elles aux chapitres précités.

Colbert 04  “La Tour de Londres” vue provenant du fonds Colbert.

En effet, un voyage ou une exploration peut avoir été entrepris dans les buts les plus divers ; certains touristes constitueront uniquement leurs collections par des vues des monuments les plus remarquables et, dans ce cas, ces vues devront paraître dans le chapitre Beaux Arts, section Architecture. 

Colbert 05  “Voiture à bœufs dans la pampas” vue provenant du fonds Colbert.

Les voyages de certains autres auront pour objectif l’étude des productions du pays traversé, mais ces productions seront de diverses natures, certaines seront relatives aux animaux et devront par conséquent rentrer dans la classe Biologie, au chapitre Zoologie ; certaines autres seront relatives au sol même, elles devront alors entrer dans la classe Astronomie, au chapitre Géologie … 

Colbert 06  “Kairouan souks aux provisions” vue provenant du fonds Colbert.

Ces quelques exemples suffiront pour montrer que notre tâche eût été trop lourde et, de plus, nous eussions craint, pour certaines collections, de dénaturer l’ordre même dans lequel elles nous furent confiées par leurs auteurs. 

Colbert 07 Catalogue N°104 “Vues de voyages et explorations en Projections Lumineuses” 84 pages.

C’est pourquoi nous avons classé nos vues et explorations, quelles qu’elles soient, tout à fait en dehors des 6 grandes classes. Ces vues font l’objet du Catalogue N°104 “Vues de voyages et Explorations”, classé dans l’ordre suivant : première partie “Vues de France par départements classés suivant l’ordre alphabétique Colonies françaises“ et deuxième partie “Vues d’Europe par nations classées suivant l’ordre alphabétique Afrique, Asie, Amérique, Océanie”. »

Colbert 08  Une petite partie des boîtes contenant les vues du fonds Colbert.

En mai 2013 un ensemble de près de 2 000 photographies positives sur plaques de verre, contenues dans une soixantaine de boîtes, a été découverte. Ces vues étaient conservées dans les locaux de l’ancienne École primaire supérieure Colbert. Constitué à partir de vues reproduites en série et vendues en grande partie entre les années 1880 et 1910 par les célèbres maisons d’édition Molteni, Radiguet & Massiot et Mazo, ce fonds forme un ensemble de première importance, par la quantité des images éducatives qui le composent comme par les thématiques et sujets représentés.

Pour en savoir plus CLIQUER ICI

Colbert 09  Photographies du fonds Colbert CLIQUER ICI

Ces vues couvrent l’espace national, l’Europe et certains de ses prolongements dans le reste du monde. Il donne à voir une représentation française du monde de la Belle Époque et constitue un fonds inédit d’une rare richesse. Le LabEx EHNE a numérisé l’intégralité du fonds pour pouvoir le proposer en libre accès.

Pour voir ces vues CLIQUER ICI 

Colbert 10  8 juin 2018, journée d’étude à la mairie du Xe Paris.

À l’occasion des 150 ans du lycée Colbert, le LabEx EHNE, le programme SPEscies et la mairie du 10arrondissement de Paris s’associent pour proposer une journée d’étude, le 8 juin 2018, consacrée au rôle et à l’intérêt rétrospectif des projections lumineuses et des plaques photographiques destinées à l’instruction.

Pour en savoir plus CLIQUER ICI

Colbert 11  Une projection contemporaine de plaques anciennes.

A propos de “L’enseignement par les yeux”, voir ce site (en anglais) initié par l’Université d’Utrecht : “A Million Pictures” Magic Lantern Slide Heritage as Artefacts in the Common European History of Learning : CLIQUER ICI

 

 

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Le cône de lumière projetée

Posté par Patrice Guerin le 3 mai 2018

L’art de la projection a une histoire. Elle commence avec la lanterne magique et parcourt les dispositifs plus sophistiqués inventés par la suite, cinéma ou projection vidéo.

Cone 01  Projection d’une horloge. “Oculus Artificialis Teledioptricus Sive Telescopium…” par Johannes Zahn 1685.

La projection véhicule des images, et le projecteur n’y est qu’un moyen au service d’autre chose : l’image projetée.

Cone 02  Représentation de fantasmagorie au début du XIXe siècle d’après Moreau – Paru dans “Le Magasin Pitoresque” de 1869.

Une telle histoire de la projection laisse de côté le fait que, au-delà de son existence transitive, le projecteur a acquis une existence intransitive, une existence qui s’est imposée dans les deux dernières décennies du dix-neuvième siècle, et dont la manifestation a été peu commentée jusque là.

Cone 03  Bon point fin du XIXe siècle.

L’histoire de toute une iconographie du spectacle du projecteur en tant que tel reste à faire. Cette représentation du projecteur, en tant que spectacle sui generis, est celle de trois termes indissociés – à savoir une source, un cône de lumière et une cible. (Tandis que, si le projecteur est considéré comme seul moyen, on s’intéresse, de façon distincte, d’une part à l’objet ou à la scène éclairée, et d’autre part à la technique.)

Cone 04  Couverture de la revue “Mon Ciné” 1923.

Une image type s’est ainsi formée, reprenant de gravure en gravure, ou photos retouchées, un cône de lumière matérialisé par le dessin d’une surface plus claire, voire blanche.

Texte extrait d’un article de Christian Besson in  Alliage, n°75, Nice, 2015 : http://www.besson.biz/projecteur/

Diverses représentations du “Cône de lumière” dans la projection qui son aussi visibles dans l’album “Illustrations et Gravures” (à droite) : Lanterne magique chromos à système - Chromo lanterne magique André HELLE - Chromos lanterne magique enfants - Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON - Le siège de Paris en 1870 - Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama - Lanternes de projection et d’agrandissement - Lanterne magique et projections familiales – Toverlantaarn - Chromos fantaisies lanterne magique - Athanasius KIRCHER et la lanterne magique - Emile REYNAUD, le Théâtre Optique et les Pantomimes lumineuses - Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER - ”LE VIEUX STYLE” n°31 extrait de la collection ”LE BON GENRE” - Publicité par les projections lumineuses - Ombres chinoises et silhouettes - Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE - Les projections lumineuses dans les églises - Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Best Wishes and Greetings with magic lantern - Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE - Microscopes solaires de projection - Les projecteurs publicitaires en carton des années 50 - Vues fondantes – Dissolving views - Plaques animées et plaques à système pour projection - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE - Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques - Les prismes et l’étude de la lumière - Les projections à l’école

 

 

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Séance de Lanterne Magique au musée Guimet

Posté par Patrice Guerin le 31 janvier 2018

Guimet 1  ”Voyages Imagés“ au Musée Guimet

Dans le cadre de l’exposition ”Enquêtes Vagabondes” au musée Guimet à Paris, une séance de lanterne magique « comme à la fin du XIXe siècle » est organisée pour la première fois au MNAAG le samedi 03 février 2018 à 19h.

Voir : http://www.guimet.fr/event/exotiques/

Guimet 2  Patrice Guérin aux commandes de sa lanterne

Ce spectacle programmé par Véronique Prost et Théo Esparon du Musée Guimet se déroule avec le concours de Patrice Guérin (diaprojection), Philippe Pennanguer (musicien), Bruno Carrez (Cinémathèque Robert-Lynen de la Ville de Paris), Anne Quillien (musée national de l’éducation de Rouen).

Voir : Vues fondantes – Dissolving views

Guimet 3Lanterne double J. PLACE   —> MAKER <—   BIRMINGHAM. Vers 1880.

A partir des années 1850, des lanternes doubles (Biunial) ou triples (Triunial) ont été très utilisées en Angleterre puis en France pour effectuer de véritables spectacles publics à une époque ou le cinématographe n’existait pas encore.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Petit spectacle de lanterne magique

Guimet 4  Pour cette projection, la lanterne est équipée d’un éclairage LED

L’éclairage LED CS331 de Celsun a été spécialement conçu pour être utilisé dans les lanternes magiques de divers types. Il utilise un appareil LED de 100 watts capable de produire 9 000-10 000 lumens soit l’équivalent d’une ampoule à filament de 500 à 750 watts.

Guimet 5  Eclairage LED – CELSUN

Cet éclairage donne assez de lumière pour projeter de loin sur de grands écrans. Contrairement aux lampes à quartz halogène ou aux lampes de projection, elles ne produisent presque aucune chaleur infrarouge directe qui peut détériorer les vues.

http://www.celsun.com/Magic_Lantern.html

Bonsoir2Guimet 11  Final : Patrice Guérin, Aurélie Champ, Bruno Carrez, Philippe Pennanguer.

Voir : Plaques animées MOLTENI

 

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Pièce d’ombres “Tournai”

Posté par Patrice Guerin le 11 novembre 2017

Tournai 01  Programme du spectacle donné le 30 octobre 1898

Le 30 octobre 1898 un spectacle était donné à la Halle aux Draps de Tournai, en Belgique. Après une première partie composée de différentes fantaisies lyriques la deuxième partie du spectacle était constituée de deux pièces lyriques d’ombres.

Tournai 02  Pièce d’ombres “La Marche à l’Etoile”

La première pièce était la fameuse “Marche à l’Etoile” donnée initialement au “Chat Noir” à Paris puis éditée par la Maison Mazo. Il s’agit d’un mystère en 12 tableaux sur une musique de Georges Fragerolles.

Voir : Pièce d’ombres La Marche à l’Etoile

Tournai 03  Pièce d’ombres “Tournai”

La seconde pièce était une création originale intitulée tout simplement “Tournai”, épopée lyrique sur une musique de Louis Rosoor et des tableaux de Charles Allard. Elle est composée de 22 tableaux retraçant l’histoire de la ville de Tournai depuis les premiers Nerviens jusqu’à la création de la Belgique en 1830.

Tournai 04 Les 22  tableaux

« Tournai ! l’œuvre nouvelle due à la collaboration de trois artistes dans leur art, MM. Allard, Desclée et Rosoor, est réellement remarquable ; c’est l’histoire de notre vieux Tournai, d’où l’habile dessinateur a tiré les principaux faits pour les exposer avec un faire prestigieux et un coup de crayon tout à fait supérieur ; ses dessins, d’une grande originalité, ont été fort admirés. M. René Desclée, ce chercheur patient et érudit, a apporté à M. Allard l’appoint de sa science photographique et a mis à sa disposition le concours de merveilleux appareils. M. Rosoor avait la charge, non moins importante, d’exposer dans cette belle langue musicale qui n’a plus de secrets pour lui, la série des faits illustrés par ses deux collaborateurs, il a complètement réussi. » Source : “Courrier de l’Escaut” du 01.11.1898.

Autre article : CLIQUER ICI

Tournai 05 Coffret contenant les 22 tableaux de “Tournai”

En septembre 2015 nous avons retrouvé l’intégralité des vues composant les pièces de “La Marche à l’Etoile” et de “Tournai” ainsi que les partitions musicales et même le programme de présentation de l’époque. Particularité de ces vues, chacune d’elle est montée dans un châssis en bois fait sur mesure avec un mécanisme pour faire coulisser le défilé d’ombres. L’ensemble n’avait pas bougé depuis plus de cent ans, entreposé dans le grenier d’une maison bourgeoise.

Tournai 06 Tableau N°15 cortège de Charles-Quint dans la cathédrale de Tournai

120 ans après la première représentation et 100 ans après le décès de Louis ROSOOR (1850-1918), “Tournai” va être joué de nouveau en 2018 dans une reconstitution intégrale : chant, piano quatre mains, chœurs et projection avec la lanterne triple ayant servie lors du premier spectacle. La seule différence étant la source lumineuse : à l’époque des chalumeaux oxhydriques, aujourd’hui de puissantes LED.

Projections le dimanche 3 juin 2018 à Châlon sur Saône et les samedi 27 et dimanche 28 octobre 2018 à Tournai. 

Voir ci-dessus rubrique “CONFERENCES”.

A voir aussi : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Le cabaret du Chat Noir

 

 

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Exposition Diapositive Slides au musée de l’Elysée

Posté par Patrice Guerin le 13 juillet 2017

Ouverture du 1er juin 2017 au 24 septembre 2017

Slides 1

Reconnu à l’échelle internationale, le Musée de l’Elysée à Lausanne est l’un des plus importants musées entièrement consacrés à la photographie. Il présente actuellement l’une des premières expositions sur l’histoire de la Diapositive« la projection photographique constitue une forme alternative de diffusion des images, suivant la tradition des lanternes magiques ». 

Slides 2  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne en 1880. Voir Les projections à l’école

Popularisée dans la seconde moitié du XIXe siècle et longtemps utilisée comme outil pédagogique ou de divertissement populaire, la Diapositive (Slide) attire d’abord les photographes amateurs. Quelques photographes reconnus ont recours à la projection jusqu’aux années 1950, mais c’est à partir des années 1960-1970 que la Diapositive se développe dans le milieu artistique, lorsque des designers, architectes ou artistes conceptuels s’en emparent.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

Slides 5

L’exposition, organisée en quatre sections thématiques – l’image de lumière, le dispositif, la séquence et la séance – présente les spécificités de la Diapositive. Elle révèle la diversité de ses pratiques et son impact sur la culture visuelle. Pas de tirages accrochés aux murs, c’est avant tout une immersion dans les projections (plus d’une vingtaine) enrichie par plusieurs types de médiums (phototypes, projecteurs, vidéos).

Slides 4

Un magnifique catalogue intitulé Slides est publié à l’occasion de cette exposition. Il présente de très nombreux documents inédits sur le sujet et plus particulièrement sur les spectacles de Diapositives, les artistes et les images des années 1960 et 1970.

Pour plus d’informations  cliquer ici

 

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Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

Posté par Patrice Guerin le 10 février 2017

Ombre Ecole 06Ombre Ecole 07L’illustration N°3131 du 28 février 1903, ombres de 1902

Les séances des Ombres sont un spectacle traditionnel de l’Ecole Polytechnique, organisées à partir de 1818 tous les ans au printemps par les élèves de l’Ecole. « Il s’agissait de projeter des ombres chinoises sur un drap blanc dans l’amphithéâtre de physique plongé dans le noir. Elles représentaient des silhouettes d’enseignants, d’encadrants ou du personnel de l’École. Chaque “Ombre” caricaturale  était accompagnée d’une chanson, d’un poème ou d’un discours souvent moqueurs ou irrévérencieux. »(1) Le Centre de Ressources Historique de l’Ecole Polytechnique conserve la collection de ces séances des Ombre des années 1893 à 1929.

(1)  Pour en savoir plus cliquer ici

Ombre Ecole 10  Séance des Ombres 1886-88 – Collection G.V.

Initialement ces séances des ombres, qui étaient présentées devant public nombreux, étaient pratiquées derrière un écran rétro éclairé. Vers 1850, la Maison DUBOSCQ-SOLEIL met au point une grosse lanterne sur colonne fonctionnant avec un arc électrique qui va permettre de projeter ces ombres sur un grand écran. Cette lanterne servait ordinairement à faire des expériences de physique en  amphithéâtre et était détournée pour l’occasion en projecteur de grande puissance pour la séance des ombres traditionnelles.

Voir : Les récréations lumineuses dans les GRANDES ECOLES au XIXe siècle

Ombre Ecole 11  Ombre Ecole 12  Séances des Ombres 1897 et 1901

Ces affiches, présentant le programme du spectacle, représentent de façon allégorique la séance de projection annuelle organisée par les élèves de première année et de deuxième année, les “jaunes” et les “rouges”*. On y voit parfaitement la lanterne de projection dont les dessin est inspirée par la fameuse lanterne DUBOSCQ.

Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Ombre Ecole 08Ombre Ecole 09L’illustration N°3131 du 28 février 1903, ombres de 1902

C’est ainsi que chaque année défilait sur l’écran les caricatures du “personnel militaire et civil de l’école”, qu’il s’agisse aussi bien du général directeur, des capitaines inspecteurs des études, et des enseignants de physique, de chimie, de mécanique, d’astronomie, d’architecture ou d’histoire et de littérature… Chacun en prenait pour son grade ! L’illustration N°3131 du 28 février 1903 présente page 141 les ombres de l’année 1902.

Voir : Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

______________________

* Les études à Polytechnique se déroulant sur deux ans, deux promotions sont présentes en même temps. Elles se distinguent par la couleur du galon du bonnet de police, rouge pour les promotions de millésime pair et jaune pour les années impaires, d’où le nom de promo rouge et promo jaune.

 

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Les récréations lumineuses dans les GRANDES ECOLES au XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 9 février 2017

Les caricatures, les séances d’ombres chinoises, les projections lumineuses et autres spectacles de lanterne magique ont été l’une des distractions traditionnelles des théâtres et des Grandes Ecoles dès le XIXe siècle.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Ombre Ecole 01  M. BECQUEREL et son préparateur – Polythechnique 1902

On projetait dans une salle ou dans un amphi des images conçues autour d’un recueil de texte, de chansons et de caricatures sur les élèves, les professeurs et les cours de l’Ecole. En voici quelques exemples.

Ombre Ecole 02  Ombre Ecole 03  Distractions à l’école Polytechnique – “La vie parisienne” 29 février 1868

Parmi la dizaine de distractions présentées sur cette planche intitulée “A l’Ecole Polytechnique”, on peut voir au centre les ombres chinoises. Dessinées, découpées et mécanisées par les élèves d’après les divers types saillants de l’école, la collection s’enrichit quotidiennement « Certains jours l’exhibition ne laisse pas que d’être très curieuse et très intéressante pour peu que le souffleur pique convenablement le laïus. »

Voir : Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

 

Ombre Ecole 05  Ombre Ecole 04  Fête d’inauguration de la nouvelle Ecole CENTRALE – “Le Monde Illustré” – 1885

Cette gravure consacrée à l’inauguration de l’Ecole Centrale représente l’escalier d’honneur, l’une des salles de bal, le buffet et la brasserie-fumoir mais aussi des expériences de lanterne magique dans un amphithéâtre avec une lanterne Duboscq.

VOIR : Lanterne de projection DUBOSCQ

 

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Pièce d’ombres “La Marche à l’Etoile”

Posté par Patrice Guerin le 5 février 2017

Ombres Etoile 1

Ce “Mystère en 10 tableaux” présente la marche des bergers, des soldats (ci-dessus), des rois mages, des pêcheurs, etc. durant un long défilé, à la poursuite d’une étoile brillante qui les mène vers la crèche afin d’y célébrer la naissance de Jésus. Le poème et la musique sont de Georges FRAGEROLLE (1855-1920) et les dessins de Henri RIVIERE (1864-1951).

Ombres Etoile 2

Le spectacle a été donné pour la première fois au théâtre du Chat Noir le 6 janvier 1890. Elle deviendra la pièce phare du théâtre et connaitra plus de 500 représentations à Paris et en tournée. En 1897, lorsque son créateur Rodolphe SALIS (1851-1897) disparaît, le théâtre ferme et tous ses bien son vendus et disséminés. Les silhouettes en zinc, de 35 à 50cm de haut, sont aujourd’hui conservées aux musées Gadane de Lyon et au musée Labenche de Brives CLIQUER ICI.

Voir : Le cabaret du Chat Noir

Ombres Etoile 3 Coffret contenant l’ensemble des plaques et le livret – Collection PG

A la fin du XIXe siècle, ce spectacle est adapté pour en faire un petit oratorio en 10 tableaux, destiné à des représentations familiales. « En présence du succès obtenu par les Ombres Chinoises présentées à Paris et dans divers endroits, nous avons résolu d’en établir une première série à l’usage des amateurs désireux de sortir un peu du domaine des projections courantes. Rappelons qu’il n’y a pas la moindre difficulté dans ce genre de projection, tous les effets étant obtenus par les tableaux eux-mêmes et une seconde lanterne… ainsi que des châssis à coulisse spécial pour les défilés. »(1)

Voir : La tentation de Saint-Antoine le Grand

Ombres Etoile 4 Publicité parue en 1904

« Tous droits d’édition, d‘exécution publique, de reproduction, de traduction et d’arrangement sont réservés… Toute personne qui aura donné une représentation avec des matériels autres que ceux de la Maison ENOCH & C° sera poursuivie conformément à la loi. » La Maison ENOCH et Cie est une société d’édition musicale créée en 1853 et installée à Paris au 27 boulevard des Italiens à partir de 1874.

Ombres Etoile 5  L’adoration

(1) Catalogue Mazo N°34 de 1905/1906, page 189.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

Pièce d’ombres “Tournai”

 

 

 

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Plaques animées MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 30 décembre 2016

Molteni plaque 3 Tableau mécanisé grosse caisse

En 1843, le catalogue de la maison MOLTENI & Cie ne consacre qu’une seule page aux lanternes magiques, sous l’intitulé “Articles pour étrennes”. En plus de la lanterne carrée en fer blanc déclinée en 9 dimensions avec ses douze bandes de vues sur verres aux tailles correspondantes, on y trouve des « fantasmagories de toutes dimensions avec grand assortiment de tableaux simples et mécaniques ». C’est la première et seule indication de “tableaux mécaniques” à l’époque.

Prix-courant de la manufacture d'instruments d'optique et de mat  Catalogue Buron page 40 – 1844

En 1844, le catalogue de la Maison BURON présente lui aussi une page illustrée consacrée aux “peintures sur verre pour la fantasmagorie”. On y voit 4 visuels (repris par MOLTENI en 1859) et surtout une “indication des sujets de quelques tableaux” dont les images représentent principalement des sujets de fantasmagorie : têtes et squelettes, sorcières, monstres, diables et même une none sanglante et une marmite infernale.

Molteni plaque 1  Catalogue Molteni page 93 – 1859

Il faut attendre le catalogue général J. MOLTENI & Cie de 1859, intitulé “Machines et Instruments de précision” pour avoir quelques précisions concernant les vues animées et surtout une première représentation visuelle… identique à la page de BURON datant de 1844 ! A cette époque, il existe des tableaux pour fantasmagorie sans mouvement, avec fond noir et cadre en bois noir et des tableaux mécanisés à un seul, voir deux, trois ou quatre mouvements, qui peuvent être réalisés avec “peintures fines” ce qui multiplie le prix par 1,25 environ. A cette époque, un “tableau à mouvement, peintures fines” peut valoir de 72 à 120 frs pièce suivant la complexité du système.

Molteni plaque 4Molteni plaque 6Tableaux mécanisés acrobate à cheval et parapluie

Ces tableaux mécanisés sont composés d’un cadre en bois noircis parfois sommairement découpé sur le pourtour, à l’intérieur duquel se trouve une vue sur verre finement peinte, avec fond noir.

Voir : Plaque animée Molteni – Vœux 2017

Molteni plaque 5  Tableau mécanisé tambour

Un mécanisme en cuivre, à tirette ou à basculement, permet d’animer la vue avec des mouvements parfois complexes comme on le voit sur la vue du joueur de tambour dont les mains portant des baquettes sont animées en sens inverse.

Molteni plaque 7Tableau animé – Slipping slide clown jonglant avec un nourrisson

Dans les années 1880, ce type de plaque aux mécanismes complexes disparaît au profis de tableaux à mouvement avec cadre en acajou généralement  composé de deux plaques de verre coulissant l’une sur l’autre. En 1866, la catalogue anglais “Magic Lantern : How to buy and how to use it“ présente déjà ce genre de plaque nommée “slipping slide”.

Voir : sujet à venir

 

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