Colorisation des projections lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 28 octobre 2014

Tant que la photographie resta en noir et blanc, on chercha à agrémenter les projections lumineuses en colorant les vues, comme on le fit plus tard pour le cinéma. Pour cela il exista deux principales possibilités, soit en peignant manuellement les vues, soit en utilisant des filtres colorés lors de la projection.

Voir : Colorisation des plaques de verre

PlaqueCouleur 21  PlaqueCouleur 22

Un moyen pratique de colorer artificiellement les vues projetées consistait à placer devant l’objectif un teinteur à volets. Les anglais, très friand de ce procédé, l’appelait “tinter”. Cet accessoire se fixe sur le pare-soleil de l’objectif. Il est équipé de volets articulés « qui s’ouvrent et se ferment comme les feuillets d’un livre » sur lesquels on peut placer des feuilles de gélatine colorée. Logiquement on place le bleu en haut pour le ciel et le vert en bas pour la nature par exemple. On peut aussi utiliser des verres colorés, mais si l’on incline à demi le volet pour obtenir un dégradé, le verre a tendance à refléter une partie de la lumière.

PlaqueCouleur 25  PlaqueCouleur 24

Il existe aussi un accessoire composé d’un disque rotatif et d’une bague de fixation. Il se placer à l’avant de n’importe quelle lanterne à l’aide d’une bague munie d’une vis de serrage, qui se fixe à l’avant de l’objectif. Ce disque permet de disposer facilement de quatre couleurs (bleu, vert, rouge, jaune, plus une ouverture sans couleur). Mais chaque couleur couvre l’ensemble de l’image.

PlaqueCouleur 26  Ce système sera utilisé pendant des décennies dans le théâtre pour colorer certains éléments ou acteurs figurant sur scène.

Voir : Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE

PlaqueCouleur 23

Enfin on pouvait placer, dans une fente située à l’avant de l’objectif, des verres de différentes couleurs. Ils étaient parfois contenus dans un petit étui en cuir. « Dans certains appareils, le parasoleil de l’objectif est muni d’une fente formant pochette dans laquelle on glisse des morceaux de verre ou de gélatine colorée… La seule chose que nous reprochons à la gélatine, c’est d’être un peu foncée comme teintes, surtout pour les paysages. » “La projection au XXe siècle” par Alber, Editions Mazo fin XIXe siècle.

 

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Ghosts Geister & Fantômes in the theater

Posté par Patrice Guerin le 6 octobre 2014

« Un fantôme est une image floue, lumineuse, brumeuse et inconsistante, qui paraît flotter au-dessus du sol. Cette apparition est interprétée comme une vision ou une illusion de la manifestation surnaturelle d’une personne décédée. »

Fantome 01Plaque de fantasmagorie – Collection Cinémathèque Française

Depuis longtemps, certains hommes ont cherché à s’approprier ce phénomène, pour obtenir du pouvoir et influencer les foules.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité

Lorsque la lanterne magique fut suffisamment pratique à utiliser et posséda un éclairage assez puissant, de nombreux illusionnistes, tant en Grande-Bretagne, en France, au Japon et dans d’autres pays, montèrent des spectacles de fantômes plus ou moins réalistes.

Voir : Projection de spectres vivants et de fantômes au théâtre

Fantome 2  Affiche de 1885 – Source Royal Polytechnic Instition

Parmi les organismes qui présentèrent des spectacles en Angleterre, la Royal Polytechnic Instition, fondée en avril 1838, fut l’une des premières à utiliser les projections lors de conférences illustrées, de séances d’enseignement populaire ou de spectacles récréatifs. A partir de 1854, son nouveau directeur, John Henry PEPPER (1821-1900) développe l’utilisation de projections lumineuses dans toutes les activités de la Royal Polytechnic Institution. Excellent vulgarisateur, passionné par l’optique, il embauche les meilleurs peintres et lanternistes de l’époque. C’est lui qui présente des spectacles de “spectres vivants” sur la scène du grand théâtre. La Cinémathèque de Paris possède une magnifique collection de plaques de verre peintes à la main provenant de cette institution.

Pour en savoir plus : cliquer ici

Fantome 3

En France, dès la fin du XVIIIe siècle, les spectacles de fantasmagorie de ROBERTSON marquèrent les esprits avant que ce type de représentations ne soit repris, au milieu du XIXe siècle, par quelques magiciens avides de spectaculaire. Puis les théâtres utilisèrent ce procédé pour satisfaire aux demandes d’auteurs ou de metteurs en scène curieux de ces “effets spéciaux” susceptibles de valoriser leurs spectacles.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Fantome 4  Fantome 6Livre japonais sur la magie – Vers 1880

Dans ce petit livre japonais, une page est consacrée à la projection de fantômes sur scène.  1 Le sujet à traiter nécessite quelques préparatifs. 2 Vous aurez besoin d’une feuille de verre à travers laquelle on peut voir clairement. 3 Le public ne doit pas être en mesure de voir la feuille de verre. 4 Le public doit être assis derrière la feuille de verre. 5 Utiliser une lanterne magique pour projeter une image de fantôme sur la feuille de verre.

 

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Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

Posté par Patrice Guerin le 21 août 2014

Polytechnique 01  Dans la cour de l’Ecole, l’élève GLASSER, major de la deuxième division, souhaite la bienvenue à monsieur CARNOT, Président de la République.

« L’Ecole Polytechnique, et, avec elle, Paris et la France, vient de célébrer brillamment durant trois jours le centième anniversaire de sa fondation. » Sur l’initiative de Lazare CARNOT (1753-1823), la création de l’Ecole fut demandée à la Convention le 21 ventôse de l’an II. En ouverture de cette commémoration, une cérémonie s’est déroulée dans la cour de l’Ecole, au cours de laquelle le Président de la République Sadi CARNOT (1837-1894), petit fils du fondateur de l’Ecole et ancien élève lui-même, recevait ses camarades venus lui offrir le livre d’or de l’Ecole « C’est une chance pour les pipos, car cela a augmenté l’éclat des fêtes qui sont données ». Quelques semaines plus tard il sera assassiné alors qu’il sortait d’un banquet organisé à la Chambre de commerce à l’occasion de l’Exposition Universelle.

Polytechnique 02  Le grand amphithéâtre de physique

Après les cérémonies officielles du jeudi 17 mai 1894, la seconde journée fut plus intime et conviviale. « Dans le grand amphithéâtre de physique, neuf cents antiques sont entassés pour assister aux Ombres, spectacle traditionnel donné chaque année à l’Ecole avant l’examen de février. En attendant la séance, ils font un assourdissant tapage en chantant les vieux refrains. A deux heures et demie, le général ANDRE accompagnant LECOQ-PACHA, un antique en grand uniforme de général de division de l’armée turque, fait sont entrée et la séance commence. Après un compliment de bienvenue dit en fort jolis vers par un conscrit, monsieur PAQUET, qui suivra peut-être la route tracée par Armand SILVESTRE, les pitaines puis les professeurs défilent sur la toile en débitant un petit boniment ou en chantant quelque couplet dans lequel ils se blaguent eux-mêmes. A six heures tout est fini et les élèves actuels sont remerciés de leurs concours qu’ils n’avaient pas ménagé ; tout ayant, dans cette journée, été combiné, agencé, dessiné, projeté, récité, joué ou chanté par eux.  »

Voir : Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

Polytechnique 03  Polytechnique 04  Polytechnique 05  Polytechnique 06  Programme du Centenaire – Collection Archives de Polytechnique

Pour la troisième journée, plus de six mille personnes sont invitées au gala du Trocadéro. « Lumière, fleurs, musique, poésie, spectacle, toilettes et uniformes, bal et cotillon, tout cela était si varié, si achevé, si parfait, que, de neuf heures du soir à cinq heures du matin, on eût vécu comme dans un rêve, si d’assez violents courants d’air n’avaient rappelé trop fréquemment les spectateurs à une cruelle réalité. »

A l’entrée de la galerie circulaire, chaque dame reçoit un programme dessiné en couleur par la femme d’un antique, madame de TAVERNIER, qui a été très heureusement inspirée. « Au-dessus des vieux bâtiments de l’Ecole, une Gloire ailée, unissant dans sa main droite le drapeau de la France et celui de l’Ecole sur lequel on lit “Pour la Patrie, les sciences, la gloire”. Au premier plan, un polytechnicien dans son costume de 1794, bien amusant ma foi, serre la main à un élève de 1894. Près d’eux, la célèbre poule aux œufs d’or. Dans le lointain, le Trocadéro aux fenêtres lumineuses. Au verso, le plan du palais ; l’indication des quatre vestiaires, de la salle à manger où on soupera, de la petite salle de bal où on ne s’amusera pas moins que dans la grande, des quatre buffets, etc. »

Polytechnique 07  Le bal qui suivra la projection

« Comment décrire la grande salle, celle où va avoir lieu le spectacle, en attendant le bal ? Du plafond pendent, au milieu des lustres et des candélabres, treize couronnes de fleurs. Des guirlandes multicolores ornent les galeries. » Les milliers de spectateurs, parmi lesquels de nombreuses très jolies femmes, sont prêts à applaudir chaque tableau de l’Epopée.

Après l’ouverture de “Callirhoé”, on passe à l’exécution d’une cantate spécialement écrite par Armand SILVESTRE, le délicieux poète dont l’Ecole s’honore. « Puis soudain la salle s’obscurcit. Un immense cadre, ayant sept mètres de long sur sept mètres de large, est seul éclairé. Des compositions de messieurs CLARIS, GUERRIER, HELBRONNER, etc. mises sur verre et agencées par monsieur CARPENTIER, l’ingénieur modeste et si fécond dont le renom est universel, vont retracer une partie de l’histoire de l’Ecole, si longue qu’il a fallu l’abréger. La projection est faite avec une grosse lanterne électrique installée sur le baldaquin recouvrant la tribune officielle, qui est savamment manipulée par monsieur MOLTENI. Les dessins de monsieur Louis BOMBLED (1862-1927) sont surtout applaudis. » L’artiste et illustrateur a représenté au trait ou en couleur, parfois avec des transformations, de nombreux tableaux dont voici quelques exemples.

Polytechnique 11  Polytechnique 12  Polytechnique 18  La revue de l’Ecole

Polytechnique 14  BONAPARTE à Toulon

Polytechnique 15  LA MORICIERE à Constantine

Polytechnique 16  Le passage du Danube

Polytechnique 17  CARNOT à Wattignies

Polytechnique 20  L’émouvante retraite de Russie que la neige peu à peu recouvre de ses flocons

Polytechnique 19  CAVAIGNAC en Algérie

Sans oublier PONCELET refaisant la géométrie, BECQUEREL, ALPHAND et BELGRAND les artisans de la beauté et de la commodité de Paris, COURBET en Extrême-Orient, le colonel BONNIER au Soudan, Tombouctou, etc. La plupart des dessins sont articulés et la manœuvre se fait si simplement qu’on se croirait parfois au théâtre. « A maintes reprises, c’est le Président de la République qui donne le signal des applaudissements, madame CARNOT à sa gauche. Il est placé au milieu de ses ministres et de leurs familles, dans une immense loge surmontée d’un dais. »

Sources : Le Figaro du dimanche 20 mai 1894, L’Univers illustré du 20 mai 1894 et Le Petit Journal du 28 mai 1894.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

 

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Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

Posté par Patrice Guerin le 24 mai 2014

AprEcole 25  APRES L’ECOLE, revue illustrée d’Enseignement Populaire – N°218 du 5 novembre 1907

«  Nous fondons cette Revue populaire comme l’on fonde une Université Populaire. Nous débutons sans ressources financières ; grâce à quelques amis nous avons seulement donné garantie à l’imprimeur du paiement de son travail et du papier. Nous considérons nos abonnés comme des associés : aussi leur rendrons-nous compte, très exactement et fort souvent, de notre situation financière ; nous leur apprendrons comment se fait et s’administre notre publication… Nous demandons un égal dévouement à tous : les administrateurs administrent gratuitement, les rédacteurs rédigent gratuitement, les abonnés doivent payer régulièrement l’abonnement-cotisation…

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

AprEcole 22  Les syndicats d’outillage permettent à des cultivateurs réunis d’acheter des instruments perfectionnés. Extrait de la planche n°193 mai 1906

Certains d’entre nous sont socialistes, d’autres sont individualistes, d’autres enfin trouvent bien inutile de se donner un qualificatif quelconque. Mais tous nous voulons la même chose : remplacer le vieux monde par un monde nouveau fondé sur la Solidarité, le Travail, la Justice… Il faut combattre le Cléricalisme, le Militarisme, le Capitalisme, en établissant la Liberté de la Pensée, la Paix des Nations, la Joie et la Dignité du Travail…

AprEcole 24  Un cortège de mineurs en grève à Montceau. Extrait de la planche N°129 novembre 1902

Mais aujourd’hui… le peuple des ouvriers et des paysans est écrasé par tout le poids du vieux monde qu’il fait vivre. Il faut donc donner à l’ouvrier et au paysan la conscience de la Vie libre, soit en allégeant leur fardeau par des réformes, soit en déchargeant leurs épaules par des actes énergiques. Déjà quelques travailleurs sont intellectuellement et moralement délivrés. Et que font-ils ? Ils travaillent à délivrer leurs camarades de classe. Ils fondent des Maisons où les forces ouvrières et paysannes s’organisent, et chaque jour grandissent les Syndicats professionnels et agricoles, les Coopératives de consommation et de production, les Mutualités, les Universités Populaires, les Associations d’anciens élèves d’Ecole primaire.

AprEcole 23  La sortie des usines : les enfants vont pieds nus, couverts de haillons. Extrait de la planche N°154 mars 1904

L’œuvre de création sera faite par tous ceux qui voient l’Injustice et veulent la Justice, qui voient la Guerre et veulent la Paix, qui voient le Travail être aujourd’hui une Peine et qui veulent en faire la douce Loi Humaine. »

Déclaration signé : Edouard C. Instituteur ; COLOMB, docteur ès sciences ; DUJARDIN, comptable ; FORT, lithographe ; Edouard FUSTER ; Marie FUSTER-BAERTSCHI, agrégée de l’enseignement secondaire des jeunes filles ; Charles GUIEYSSE, secrétaire général de la Société des Universités Populaires ; Daniel HALEVY ; Maurice KAHN . Carles MICHEL, employé de coopérative ; MOREAU, ouvrier papetier ; SOLLIER, employé de commerce.

Extraits de la courte déclaration des fondateurs. “Pages libres” supplémentaires au N°100 du 5 mars 1901 d’APRES-L’ECOLE. Les illustrations proviennent des planches paraissant en supplément de la revue APRES L’ECOLE.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - Projection éducation populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - La Société Nationale des Conférences Populaires

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La tentation de Saint-Antoine le Grand

Posté par Patrice Guerin le 4 mars 2014

Depuis le Moyen-Age, l’histoire de saint Antoine le Grand a inspiré de nombreuses œuvres, aussi bien religieuses que profanes, dans des domaines très variés : peintures, musiques, littérature, etc.

Antoine 01  Statue de saint Antoine et son cochon, collégiale d’Uzeste en Gironde

Cet ermite est né en Egypte vers 251. Adulte, il se serait retiré dans le désert pendant 13 ans durant lesquels il subit, tout comme le Christ, les attaques de démons prenant l’apparence de bêtes féroces ou sensuelles. Il est mort vers 356 à l’âge de 106 ans !

Antoine 02  Cette gravure de Jacques CALLOT (1592-1635) figurait dans le cabinet de travail de FLAUBERT à Croisset – Source Gallica

Gustave FLAUBERT (1821-1880) lui consacra un poème en prose dans lequel il détailla la vie particulière de ce saint. « Sur une montagne. A l’horizon, le désert ; à droite, la cabane de Saint-Antoine, avec un banc devant sa porte ; à gauche, une petite chapelle de forme ovale. Une lampe est accrochée au-dessus d’une image de la Sainte Vierge ; par terre, devant la cabane, des corbeilles en feuilles de palmiers. Dans une crevasse de la roche, le cochon de l’ermite dort à l’ombre. Antoine est seul, assis sur le banc, occupé à faire ses paniers ; il lève la tête et regarde vaguement le soleil qui se couche… Les formes vagues du fond, à peine entrevues jusqu’à présent, commencent à se discerner dans la brume, mais telles que des ombres chinoises à travers un transparent, plates, sans relief ni couleur. Ce sont les sept Péchés Capitaux, Envie, Avarice, Luxure, Colère, Gourmandise, Paresse, Orgueil, et une huitième ombre plus petite, la Logique. A mesure que l’une d’elles s’est un peu avancée pour parler, elle rentre ensuite avec les autres, qui se tiennent toutes ensemble au fond à droite, du côté de la cabane du saint. » Extrait de la version de 1849.

Antoine 03

Au XIXe siècle l’imagerie populaire s’empare de cette légende et donne de ce saint, accompagné de son fameux cochon, des représentations très fantaisistes.

Antoine 05  Antoine 06

Antoine 07  Antoine 08

Antoine 09  Antoine 10

Sur ces plaques de lanterne magique, on découvre saint Antoine confronté à un certain nombre de monstres hideux et de diables multicolores. « L’on voyait sur un trône… Le saint craignant de pécher… Sur un sopha une diablesse en falbalas… Courez vite prenez le Patron… On vit des démons de tous les cantons… Quelques uns prirent le cochon… Ah grand Dieu, que je l’échappai belle… etc »

Antoine 04  Imagerie d’Epinal N°3027 éditions Pellerin et Cie.

Après avoir guéri la femme du roi de Navarre, possédée du démon, Saint-Antoine est rattrapé par une truie qui cherche à attirer l’attention du saint homme sur son affreux cochonnet qui est aveugle. Pris de compassion, l’ermite touche les yeux du petit cochon. Aussitôt ce dernier pousse un grognement de satisfaction et se met à gambader autour de son bienfaiteur !

Voir : Les images d’Epinal et la lanterne magique

Rivire / Henri / 1864-1951 / 0070. La Tentation de saint Antoin  Pièce d’ombres représentée pour la première fois au théâtre du Chat Noir le 28 décembre 1887 – Source BNF

Cette “féérie à grand spectacle” en 2 actes et 40 tableaux est l’œuvre de Henri RIVIERE sur une musique nouvelle et arrangée par Albert TINCHANT et Georges FRAGEROLLE. On y retrouve un certain nombre de “tentations” telles que la Gourmandise avec les halles et le vin, l’Avarice avec le jeu, le veau d’or et la bourse, l’Orgueil, la Science, la Mer, le Ciel, etc. Une grande partie du deuxième acte est consacré au “Cortège et défilé de la reine de Saba” avant de se terminer sur une procession des dieux du monde entier : les dieux scandinaves Odin avec les Walkyries suivis d’Apollon, des Muses, des dieux Egyptiens, de Vischnou avec Laskmi “assis sur le serpent Ananta”, de Buddha, des dieux Japonais, etc.

Voir : Pièce d’ombres La Marche à l’Etoile

De nombreuses autres représentations de la tentation de saint Antoine ont existées, telles que les films de Georges MELIES en 1898 cliquer ici et de Vincent LORANT-HEILBRONN en 1906.

Antoine 12   Antoine 13

Aujourd’hui le sujet est tombé dans l’oublie malgré quelques réminiscences de représentations telles que ces timbres illustrés par un tableau de Gérôme BOSCH (2012) et par un tableau de Salvador DALI (2004). Grâce à son cochon, saint Antoine le Grand est le patron des éleveurs de porcs et des charcutiers, fêté le 17 janvier !

 

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Séance de lanterne magique au Vatican, devant le Pape LEON XIII

Posté par Patrice Guerin le 2 mars 2014

Vatican 01

En 1901, le pape LEON XIII (1810-1903) assiste à un spectacle de lanterne magique dans la grande salle du Consistoire au Vatican. En présence des cardinaux et de nombreux membres de l’aristocratie et d’ecclésiastiques distingués, le professeur Orazio MANUCCHI* (1852-1931), présente de nombreuses vues des cryptes et des plus importants monuments des catacombes romaines.

Vatican 02  Vatican 03  Vatican 04  Associazione “Amici delle Catacombe” : 1. Crypte des Papes – 2. Crypte Sainte Cécile – 3. Crypte du pape St Eusèbe.

L’archéologue, baron Rudolph KANZIER, fournit un commentaire tout au long de la projection « Il eût été facile de mêler à la description des catacombes des considérations de sentiment ou de piété. Je m’en suis abstenu. Mon but direct n’était pas d’édifier, mais d’instruire ».

Vatican 05  LEON XIII, pape de 1878 à 1903

A la fin du spectacle, Sa Sainteté remercie chaleureusement les deux hommes pour le plaisir qu’ils lui ont donné.

Source : journal anglais “THE GRAPHIC” du 21 septembre 1901

Vatican 07   Vatican 06  Vatican 08

Dans les années 50, une pochette de diapositives représentant les catacombes, a été éditée par la Commission d’Archéologie Sacrée à Rome. Ces 12 diapositives couleurs sont tirées sur film Eastmancolor Kodak. Aujourd’hui il ne reste que la couleur rouge, les deux autres (vert et bleu) ayant disparu avec le temps ; à moins qu’il s’agisse de vues en noir et blanc qui aient été colorisées en rouge pour donner l’impression de couleur… Peut-être une copie des vues qui furent présentées au Pape LEON XIII en 1901.

En avril 1907, Pie X permet à M. FERON-VRAU de donner une séance de projections dans ses appartements particuliers. Il exprime ainsi sa satisfaction : « Vous m’avez fait passer une heure délicieuse. » Source : “Guide d’action religieuse” Reims, bureau de l’Action Populaire – 1908

Voir : Les projections lumineuses dans les églises

_______________

* MANNUCHI était membre de la Commission pontificale d’Archéologie sacrée et rédacteur à la Bibliothèque du Vatican.  Il publie en 1905 “Le Catacombe Romane”.

 

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Les CHROMATROPES de projection

Posté par Patrice Guerin le 3 février 2014

Chromatrope 01

Le chromatrope porte un nom bien savant pour un petit accessoire tout simple permettant de projeter de saisissants effets lumineux. Son étymologie vient des mots grecs (khrôma) « couleur » et (tropos) « tour », ce qui lui donne l’avantage d’être compris dans de nombreuses langues. Il fait partie de la famille des vues à système.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection

Voici les “tours de couleurs”, obtenus avec différents chromatropes  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Apparu dans les années 1850, le chromatrope est constitué d’un châssis en bois équipé d’une manivelle qui fait tourner en sens inverse deux couronnes métalliques. Celles-ci supportent chacune un verre peint de motifs géométriques que l’on peut interchanger sur certains modèles. La projection de ces disques qui tournent sur eux-même en sens inverse, fait apparaître sur l’écran de fascinantes rosaces colorées en perpétuelle évolution. « Ils produisent des effets si gracieux et parfois même si étonnants, qu’ils ont conquis la faveur du public et qu’ils précèdent généralement et terminent toutes les séances récréatives. » Source : catalogue “Projections Lumineuses” 1912 Maison de la Bonne Presse.

Chromatrope 02  Modèle primitif Collection A.G.

Sur les premiers modèles, la transmission du mouvement entre la manivelle située sur l’arrière et les disques se fait à l’aide de deux petites courroies ou ficelles qui ont parfois tendance à glisser. L’une est droite tandis que l’autre est croisée pour inverser la rotation de l’une des couronnes.

Chromatrope 03

Il existe différents types de chromatropes, allant de petits modèles pour lanterne magique jusqu’à des modèles de plus grand format adaptés aux lanternes de projection de la fin du XIXe siècle.

Chromatrope 04  Catalogue Lerebourg 1853  Chromatrope 05  Catalogue Maison de la Bonne Presse 1912

On pouvait acheter un chromatrope simple qui ne produisait à l’écran qu’un seul effet lumineux, mais il était possible de se procurer un coffret de luxe garni d’un châssis et de plusieurs disques de verre (12 dans le coffret ci-dessous) qui pouvaient être assemblés par paires semblables, donnant ainsi lieu à des effets très variés (voir vidéo ci-dessus).

Chromatrope 06   Chromatrope 07

L’assemblage de deux disques différents est possible mais ne donne pas d’effet particulier. C’est la géométrie semblable et inversée de deux disques qui provoque des animations extraordinaires. Au début du XXe siècle, il est possible d’acheter des planches de décalcomanies représentant six paires de dessins variés ainsi que des verres blancs découpés en rond pour réaliser à moindre coût des chromatropes.

Chromatrope 08  Cette belle carte animée montre trois jeunes enfants jouant avec une lanterne magique posée sur un guéridon. La carte est découpée d’encoches qui laissent apparaître un second motif imprimé sur une roue circulaire dépassant sur le pourtour afin de la faire tourner. Il s’agit bien du principe du chromatrope, cependant l’effet visuel n’est pas à la hauteur de celui produit par la projection.

Voir : Les collections de vues pour projection MAZO

 

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Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

Posté par Patrice Guerin le 7 janvier 2014

Visionneuse 01  Visionneuse “Le Vérant” munie d’une lentille de 11cm ou 15cm pour regarder les photographies sur papier

Depuis l’antiquité, l’homme s’est servi d’une loupe pour améliorer la vision de petits objets ou de certains détails invisibles à l’œil nu. Il s’agit de l’instrument d’optique le plus simple qu’il soit, composé essentiellement d’une lentille convexe en verre de plus ou moins grand diamètre. Cette lentille – ou ces lentilles lorsqu’il s’agit d’une visionneuse stéréo – est habillée de différentes manières pour en faire un accessoire pratique allant de petits systèmes pliants à de véritables meubles extrêmement décoratifs.

Voir : Cartes de visite photographique - Cartoscope Panoptic - Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique - CHROMORAMA

Visionneuse 02

Cette visionneuse  pliante de table, appelée monocle car elle ne possède qu’une seule loupe de 97mm de diamètre, permet d’agrandir une image afin de l’observer dans tous ses détails. On disait à l’époque que « les monocles permettent de voir fortement grossies et avec relief les vues ordinaires » l’effet “relief” n’étant qu’une impression due au grossissement de la lentille. Plus celle-ci était d’un grand diamètre plus l’observation était confortable en permettant de regarder avec les deux yeux. En Grande-Bretagne on l’appelle souvent Magnascope.

Visionneuse 03  Visionneuse 04  Visionneuse 05

Ce modèle permet d’observer aussi facilement des vues opaques, de type carte postale, que des vues transparents, comme des plaques de lanterne magique, en les insérant tout simplement dans l’une des deux rainures situées à l’arrière.

La visionneuse deviendra de plus en plus nécessaire lorsque la taille des images à observer se réduira. L’apparition du format 24x36mm dans les années 1920 et son développement après la seconde Guerre Mondiale  propulsera sur le marché une multitude de petites visionneuses plus originales les unes que les autres.

Visionneuse 06     Visionneuse 07

Visionneuse 08     Visionneuse 09

Visionneuse 10     Visionneuse 11

Visionneuse 12     Visionneuse 13

Visionneuse 14     Visionneuse 15

Visionneuse 16     Visionneuse 17

Cette série de 12 plaques panoramiques en chromolithographie, de format 30cm x 9cm, porte le n°110 au catalogue MAZO de 1910. Elle s’intitule “Une maison bien tranquille”. On y voit “Les rafraichissements de la campagne – Une chasse sous Louis XV – La noce au village – Cavaliers exotiques – Scènes comiques nègres – Promenades des vacances – Un drame au théâtre – Arabes petite caravane – Spécimens de cavaliers – Vendredi trouve un dimanche – Les instruments de musique. »

Visionneuse 18  Extrait du catalogue MAZO 1910

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Petit spectacle de lanterne magique

Posté par Patrice Guerin le 30 décembre 2013

Image de prévisualisation YouTube

Ce montage est le reflet des spectacles de lanterne magique du XIXe siècle.

Tous les visuels utilisés proviennent d’anciennes plaques de lanterne magique présentées sur ce site.
Vues fondantes – Dissolving views
Projection de phénomènes météorologiques

 

 

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Vues fondantes – Dissolving views

Posté par Patrice Guerin le 20 décembre 2013

Fondantes 01
« Installés dans votre fauteuil,
Vous allez voir surgir de l’ombre,
Pour le plus grand charme de l’œil,
Pays, portraits et sites sans nombre. »

Que la séance soit familiale, dans un cercle restreint ou en public, il est toujours bon de commencer le spectacle par un préambule qui “met en conditions” les spectateurs. Ensuite le projectionniste peut enchainer une variété de vues simples ou animées en les projetant de manière continue et sans “trou noir” sur un seul écran. Ces projections sont généralement accompagnées d’une narration en directe, de musique et d’effets sonores, donnant ainsi lieu – suivant la dextérité du projectionniste et du narrateur – à un véritable spectacle, bien avant l’avènement du cinéma.

Voir : Petit spectacle de lanterne magique

Fondantes 2c  Fondantes 2d  Incendie du beffroi d’Arras durant la première Guerre Mondiale – Vues Maison de la Bonne Presse  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les vues fondantes ou “Dissolving views” en anglais – appelées ultérieurement fondu enchainé – sont composées d’une série de deux ou trois vues complémentaires d’un même sujet ayant des aspects différents, par exemple été / hiver ou jour / nuit et même jour / nuit / illumination. Elles sont devenues très populaires à partir des années 1870, tout d’abord en Grande-Bretagne, puis en France et dans toute l’Europe.

Fondantes 03a  Fondantes 03b  Paysage  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les vues les plus anciennes sont généralement peintes à la main et représentent des scènes complémentaires dont les composantes ne sont pas tout à fait les mêmes. Dans ce paysage d’été, par exemple, il y a des feuilles sur les arbres et divers personnages que l’on ne retrouve pas dans le paysage d’hiver. Les couleurs sont très fines et lumineuses ce qui convient parfaitement à la projection.

Fondantes 04c Fondantes 04d  Tour Eiffel – Vues Newton  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Vers les années 1880, les vues photographiques pour la projection (positifs sur verre) remplacent progressivement les vues peintes. Il s’agit généralement d’une seule photographie reproduite sur deux ou trois plaques qui sont mises en couleurs à la main avec différents aspects, jour / nuit par exemple, en y ajoutant quelques détails tels que la lune ou les rayons lumineux de la Tour Eiffel.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

Fondantes 5c  Fondantes 5d  Volcan Vésuve – Vues Newton  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Fondantes 7a  Fondantes 7b  Moulin – Henry Murphy  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Ces effets sont obtenus en utilisant une lanterne de projection équipée de deux objectifs biunial / deux en un), ou une paire de lanternes dont les images se superposent sur l’écran.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Fondantes 06  Catalogue Mazo 1905

Les fabricants de l’époque, tels que Molteni, Mazo ou la Bonne Presse en France, Newton, Mawson ou York & Son en Grande-Bretagne et d’autres encore proposent dans leurs catalogues de multiples vues fondantes accompagnées parfois des commentaires appropriés.

On trouve le même principe dans les Polyoramas et certains chromos.

Voir :  Polyorama Panoptique -  Lanterne magique chromos à système - Les collections de vues pour projection MAZO

 

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