Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

Posté par Patrice Guerin le 17 mai 2013

Les recherches de l’américain Frédéric Eugène IVES (voir PORTRAITS), dont celles appliquées à la réalisations d’appareils trichromes, joua un rôle déterminant dans l’histoire de la photographie en couleurs.

Voir : La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES dans Images projetees kromskop-01-150x95  kromskop-02-150x95 dans Projections scientifiques  kromskop-03-150x95  Collection G.V.

Le 18 décembre 1894, F.E. IVES dépose un brevet aux Etats-Unis  pour un “Photochromoscope and Photochromoscope Camera”, suivi et complété, le 6 août 1895 par un brevet anglais. Ces brevets font suite à une première série de brevets déposés en 1890 et 1892 aux USA et en Grande-Bretagne décrivant le principe de la photographie trichrome et des Chromograms.

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Frederic IVES  présente ainsi son invention « Le Kromskop est un instrument optique qui accomplit pour la lumière et la couleur ce que le phonographe accomplit pour le son et la Kinetoscope pour le cinéma. »

kromskop-05-300x209  La Nature 1895 – Collection G.V.

Le Kromskop est la première visionneuse stéréoscopique couleur pour vues photographiques en couleurs réellement efficace. Il se compose d’une boîte en forme d’escalier (2), portant sur la face avant deux oculaires. Elle repose sur un socle articulé qui permet d’orienter convenablement la visionneuse (3) par rapport à la lumière et à l’observateur. A l’arrière, un miroir M inclinable permet d’envoyer la lumière dans la fenêtre verticale V. Si nécessaire, un verre dépoli D peut se placer sur le dessus pour adoucir la lumière et la rendre plus uniforme. En effet, s’il y a trop de lumière sur l’une des trois vues, cela crée une couleur dominante qui modifie la coloration globale.

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Le Chromogram est une bande articulée composée de trois positifs noir et blanc montés dans des caches en cartons reliés entre-eux par des bandes de tissus. En visualisant chaque plaque à travers un filtre de couleur appropriée, puis en les fusionnant, on obtient une photographie avec ses couleurs d’origine. Pour cela, il suffit d’introduire la première vue dans les rainures verticales disposées à l’arrière de l’appareil et de laisser les autres plaques reposer à leur place respective pour observer l’image en couleurs.

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Sur la partie arrière du Kromskop, se trouve un verre de couleur verte. Sur la partie supérieure de la boîte, sont situés un verre bleu au centre et un verre rouge sur la partie haute de l’appareil. A l’intérieur de la boîte, entre les oculaires et le verre situé directement en face, se trouvent deux glaces inclinées à 45°. Elles sont transparents, l’une à l’avant est colorée en bleu (cyan), l’autre à l’arrière est colorée en vert.

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Lorsque l’on se place à l’avant de l’appareil, l’œil voit directement la première image au travers d’un filtre vert puis des miroirs sans teint vert et cyan ; il voit superposée la seconde image à travers le filtre bleu et réfléchie par le miroir vert ; et enfin il voit aussi la troisième image à travers le filtre rouge et réfléchie par le miroir cyan ; le tout se mélangeant pour donner une image aux couleurs parfaitement équilibrées. Les principaux problèmes consistent d’une part à superposer parfaitement les trois images pour obtenir une photographie couleur satisfaisante et d’autre part à disposer d’une source de lumière suffisamment puissance pour compenser la densité des filtres colorés.

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« Cet appareil trouve sa place dans les familles aussi bien que dans les laboratoires de physique, car, à côté de l’intérêt d’observer des images en couleurs, il permet de démontrer facilement le principe exposé par M. DUCOS DU HAURON quelques années auparavant. » Toutefois, le Kromskop et ses Chromograms mettent “trop de technologie” entre le spectateur et l’objet. IVES reconnaît d’ailleurs que «ce n’est pas le genre de photographies couleurs que le monde recherche… car elle ne génère pas d’images en couleur fixes qui peuvent être encadrées et accrochées sur le mur.»

En France, le Kromskop est commercialisé par la société Clément & Gilmer.
Voir : Le KROMSKOPE commercialisé par Clément & Gilmer

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Il existe une version monoculaire de cette visionneuse dénommée “Junior Kromskop”, construite sur le même principe que ce Kromskop.

kromskop-16-150x132Collection E.L.

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NOSTRADAMUS et les miroirs magiques

Posté par Patrice Guerin le 9 mai 2013

« Il est remarquable de voir qu’aux siècles passés, la science n’était point étudiée et pratiquée comme à notre époque. Les hommes de mérite qui étudiaient la nature et qui faisaient des découvertes, au lieu de publier leurs procédés et leurs résultats, se plaisaient à les dissimuler sous des formules énigmatiques et obscures que les  adeptes s’efforçaient souvent en vain de dévoiler. » Gaston TISSANDIER, in “La Nature” 1887.

NOSTRADAMUS et les miroirs magiques dans Images projetees nostradamus-01-300x71

La renommée de NOSTRADAMUS (1503-1566) est telle qu’il rencontre la reine Catherine de MEDICIS (1519-1589) à plusieurs reprises. Celle-ci l’appelle à la cour en 1555 pour avoir des précisions sur son dernier “Almanach”, dans lequel NOSTRADAMUS met le roi en garde contre des dangers qu’il disait ne pas oser indiquer par écrit.

nostradamus-02b-300x219 dans Projections pour Spectacles  Gravure de 1710. On y voit NOSTRADAMUS dessiner des cercles et des signes symboliques devant Catherine DE MEDICIS qui découvre dans un miroir magique la succession de ceux qui devaient régner en France.

Catherine DE MEDICIS fait aussi venir NOSTRADAMUS à Blois pour qu’il lui prédise l’avenir et lui “tire ses horoscopes”.  Il parait que la Reine aurait vu dans un miroir magique « d’abord Henri IV, ensuite Louis XIII, puis Louis XIV et enfin une troupe de jésuites qui devaient abolir la monarchie et gouverner eux-mêmes. »

nostradamus-03-150x117  Explication du miroir magique de NOSTRADAMUS donnée par ROBERTSON

A la fin du XVIIIe siècle, ROBERTSON (voir PORTRAITS) explique le procédé employé par NOSTRADAMUS : « L’image à représenter est figurée par un personnage placé dans une pièce A, voisine de celle où s’opère le prodige. L’image de ce comparse est réfléchie dans un miroir caché dans le dais B vers un troisième miroir C où l’on voit la représentation de la scène. Avec de bonnes conditions d’éclairage, l’illusion est absolument parfaite et les personnages déguisés à convenance peuvent se succéder dans la pièce A. »

nostradamus-05-150x115  NOSTRADAMUS “Astrologve dv Roy” reproduction d’un bois du XVIe siècle

Lors de la grande tournée du royaume de 1564 à 1566 qui mène la Cour à Salon-de-Provence, ville dans laquelle habite l’apothicaire NOSTRADAMUS. Charles IX, âgé de 14 ans, assure NOSTRADAMUS de son estime particulière et lui exprime le plaisir qu’il aurait s’il l’accompagnait jusqu’au Château. Catherine de MEDICIS profite de la présence de NOSTRADAMUS pour l’interroger sur la destinée de son plus jeune fils, Alexandre, duc d’Anjou.

nostradamus-04-300x212  Peut-on attribuer à la légende de NOSTRADAMUS cette autre consultation où l’on voit Catherine de MEDICIS interroger le prophète sur l’avenir de la royauté ? Celui-ci dévoile à la reine, dans un miroir magique, le trône de France occupé par Henri IV.

Pour en savoir plus sur NOSTRADAMUS, cliquer ici.

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Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

Posté par Patrice Guerin le 6 mai 2013

“La couleur c’est la vie !”, même le regretté Claude DUNETON, auteur d’une anthologie d’expressions populaires, ne donne pas l’origine de cette formule qui sonne comme une réclame pour des pots de peinture. Elle convient parfaitement à la photographie, autre “reflet” de la vie.

LA PHOTOGRAPHIE

Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS dans Images projetees couleur-02-150x98

Depuis l’invention de la photographie dans la première moitié du XIXe siècle, par Nicéphore NIEPCE (1765-1833) et Louis DAGUERRE (1787-1851) en France ainsi que par Henry Fox TALBOT (1800-1877) en Grande-Bretagne, le génie humain n’a eu de cesse d’en améliorer le réalisme par la couleur, le relief et autres procédés pour la rendre “plus vrai que nature”.

Voir : http://www.niepce-daguerre.com/

couleur-03-150x109 dans Images projetees  Photographie couleur de la ville d’Agen réalisée par DUCOS DU HAURON en 1872

En France, le principe de la photographique en couleur est décrit dans un brevet déposé le 23 novembre 1868 par Louis DUCOS DU HAURON (1837-1920). Il est considéré comme étant l’inventeur du procédé trichrome, même si Charles CROS (1842-1888) dépose quelques mois avant lui, en 1867, un pli cacheté à l’Académie des Sciences. Le procédé de DUCOS DU HAURON consiste « 1° A créer trois négatifs avec l’interposition d’un écran orangé pour l’un, d’un écran vert pour le deuxième, d’un écran violet pour le troisième ; 2° à tirer et superposer sur un même fond blanc trois positifs monochromes de ces trois négatifs, savoir : un positif bleu d’après le négatif de l’écran orangé, un positif rouge d’après le négatif de l’écran vert, un positif jaune d’après l’écran violet ». Cette communication fit peu de bruit à l’époque et fut même rejetée par certains spécialistes de la photographie à cause des « difficultés pratiques du procédé ».

couleur-04-111x150  Collection musée Nicéphore Niépce – Chalon sur Saône

En 1874, il fait breveter le “Mélanochromoscope”, un appareil équipé d’un seul objectif et de miroirs semi-transparents, permettant d’exposer simultanément à travers trois filtres, bleu, vert et rouge, trois plaques noires & blanches différentes, de format 35x35mm. Pour visionner ces photographies en couleur on se sert du même appareil qui permet de superposer visuellement trois positifs obtenus à partir de ces négatifs et mis en couleurs dans leur teinte respective par les verres colorés de l’appareil.

DUCOS DU HAURON  travailla aussi sur l’impression des couleurs, les images stéréoscopiques et même les anaglyphes. Malheureusement il ne rencontra jamais le succès et mourut dans la misère.

LA COULEUR

couleur-08-300x153  L’œil humain comporte trois types de récepteurs (cônes) correspondant à trois longueurs d’ondes différentes donnant chacune la sensation de rouge, de vert et de bleu.

L’usage de la couleur dans la représentation picturale est bien antérieure à la photographie, comme en témoigne toutes les œuvres laissées par nos ancêtres depuis la préhistoire. Cependant la couleur restera longtemps quelque chose d’assez mystérieux : « Les objets envoient des gerbes de lumière contenant des faisceaux diversement colorés… Il est à remarquer que, si l’on pouvait grouper en chimie des sels qui se fixent en précipités colorés de nuances correspondantes à celles des radiations émergentes, on obtiendrait la photographie polychrome ». La Science Populaire 1881.

couleur-05-208x300  Frontispice du livre de KIRCHER “Ars Magna Lucis et Umbrae” – 1646

En 1646, Athanasius KIRCHER (Voir PORTRAITS)  publie un traité sur la lumière en relation dialectique avec l’obscurité “Ars magna Lucis et Umbrae” qui lui vaut d’avoir longtemps été considéré comme le premier à décrire une lanterne magique. Dans la préface, il décrit la lumière comme «l’authentique produit (rejeton) de la lumière et de l’ombre». La couleur est une «lumière ombrée» et «tout ce qui est visible dans le monde ne l’est que par une lumière ombreuse ou par une ombre lumineuse ».

Voir : Athanasius KIRCHER et la lanterne magique

couleur-06-150x105  Portrait montage de MAXWELL, Source cliquer ici

Le premier à étudier scientifique la couleur est le physicien anglais James Clerk MAXWELL (1831-1879), considéré comme l’un des scientifiques les plus importants du XIXe siècle. EINSTEIN lui-même décrivit ses travaux comme les « plus profonds et fructueux que la physique ait connu depuis le temps de NEWTON ». De 1855 à 1872, il publie une série de recherches concernant la perception des couleurs, pour lesquelles il reçoit la médaille Rumford en 1860.

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En 1861, lors de la séance générale de la “Royal Institution”, il expose sa théorie sur les couleurs fondamentales en projetant sur un écran trois faisceaux lumineux triangulaires provenant d’une lanterne à trois objectifs (triunial) devant lesquels sont disposées des cuves de verre contenant la première une solution rouge (sulfocyanate ferrique), la seconde une solution verte (chlorure cuivrique) et la troisième une solution bleue (sel de cuivre ammoniacal). Les trois triangles se recouvrant partiellement « on voit les couleurs pures apparaître dans les angles, tandis que le centre contient les divers mélanges de couleurs ».

S’appuyant sur les travaux de MAXWELL, le photographe anglais Thomas SUTTON (1819-1875) prend en 1861 trois photographies d’un ruban de tartan sous trois filtres de couleurs différentes puis projette  devant un public étonné la première photographie couleur trichrome.

Ces deux axiomes étant posés, voyons, dans l’article suivant, comment ils peuvent se rejoindre dans un seul et même procédé, La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME.

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La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Posté par Patrice Guerin le 4 mai 2013

La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME dans Images projetees couleur-31-300x182

Dès le XVIIIe siècle, l’art des projections lumineuses ne cesse de se développer, aussi bien devant un public épouvantés ou émerveillés (Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON) que dans les familles les plus populaires par le biais des montreurs d’images de tous poils (La lanterne magique ou le spectacle amusant). Pour rendre ces spectacles les plus réalistes possibles, on colorie à la main les images dessinées ou photographiques (Colorisation des plaques de verre) en attendant de trouver un système permettant de photographier les “vraies” couleurs de la nature.

Voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS - Projecteur trichrome artisanal

 

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Le premier à fabriquer et à commercialiser des appareils trichromes est l’américain Frédéric Eugène IVES (Voir PORTRAITS). Dès 1877 il travaille sur les moyens de prendre et de visualiser des images en couleurs. Le résultat de ses travaux lui permet de mettre au point et de fabriquer dans les années 1895/1900 différents appareils trichromes.

couleur-33-150x128   couleur-47-146x150     couleur-43-150x126 Divers appareils photos, connue sous les noms de “Heliochromoscope”“Kromskop Camera” ou « Chromographe”. Il existe aussi un accessoire pouvant se placer au dos d’une chambre photographique standard afin de faire trois prises de vues d’un même sujet à travers des filtres rouge, vert et bleu.

couleur-34-150x139  couleur-35-150x143 Une visionneuse stéréo en couleur dénommée “Kromskop“, commercialisée à partir de 1895, qui sera suivi par une version monoculaire nommée “Junior Kromskop”.

Voir : Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

couleur-36-300x175  Un projecteur trichrome dénommé “Photochromoscope”. En fait il s’agit d’un accessoire venant se placer à l’avant d’une lanterne de projection ordinaire qui permet de décomposer le faisceau lumineux en trois axes passant par des filtres rouge, vert et bleu, puis au travers de vues en noir et blanc adaptées avant de composer une image colorée sur l’écran.

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En 1898, IVES crée une société en Grande-Bretagne, “Photochromoscope Syndicate, Limited”. Il prend comme assistant Edward Raymond TURNER (1873-1903). Enthousiasmé par le principe additif des couleurs, expérimenté avec le Kromskop, TURNER quitte son emploi l’année suivante pour appliquer ce principe au cinématographie. Il construit et brevète un système de cinéma trois couleurs en 1899.

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En 1901, une polémique voit le jour entre DUCOS DU HAURON et IVES sur l’origine du procédé trichrome et les moyens mis en œuvre pour réaliser ces images. IVES écrit « qu’il y avait des défauts graves dans chacune des méthodes proposées par M. DUCOS DU HAURON ». Ce à quoi DUCOS DU HAURON répond « ces prétendus défauts ne furent que des erreurs théoriques qui n’eurent pratiquement aucune importance… ». Il faut savoir que les théoriques de DUCOS DU HAURON ont été publiées à partir de 1867, avant qu’il n’ait connaissance des travaux de MAXWELL, sur lesquels s’appuie IVES.

Voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

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A la même époque, en Allemagne, le Dr Adolph MIETHE (1862-1927) met au point un projecteur trichrome qui est construit par la maison GOERZ.

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Les appareils commercialisés par IVES auront un certain succès durant une dizaine d’années jusqu’à l’invention du système “Autochrome” par les frères LUMIERE, en 1903 et sa commercialisation à partir de 1907. La projection des autochromes « exige souvent une plus grande intensité lumineuse que pour les vues colorisées. Elle nécessite que l’on puisse la modérer suivant les cas, de façon à pouvoir conserver aux couleurs leurs valeurs brillantes ou vaporeuses ».

Voir : Les plaques AUTOCHROMES pour la photographie en couleurs

couleur-45-150x114  Projection en couleurs faite par monsieur Louis GAUMONT à l’Académie des Sciences, le 10 novembre 1919

Le procédé trichrome sera aussi utilisé  au cinéma. En 1911, la Société des établissements GAUMONT dépose un brevet pour la projection cinématographique trichrome.

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En 1932, Herbert KALMUS met au point aux Etats-Unis la caméra Technicolor trichrome.
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couleur-46-150x110 Publicité Kodak – Années 1950

Il faut attendre les années 1950 pour que la photographie couleur entre définitivement dans une majorité de familles par le biais de la fameuse diapositive Kodachrome qui est à l’origine de ces rituelles séances de projection familiales du dimanche après-midi.

 

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Projection de la chevauchée des WALKYRIES au XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 10 novembre 2012

Projection de la chevauchée des WALKYRIES au XIXe siècle dans Images projetees walkyrie-00-150x94  Richard WAGNER composant “L’anneau du Nibelung” entre 1850 et 1860. Tableau de Lionello BALESTRIERI(1).

La Walkyrie est le deuxième des quatre drames lyriques qui constituent ”L’Anneau du Nibelung“ composés par Richard WAGNER (1813-1883) au milieu du XIXe siècle. La première de cet opéra est donnée à Munich le 26 juin 1870 et le roi LOUIS II de Bavière impose des chevaux et des écuyers de ses écuries pour figurer la chevauchée du 3e acte.

fichier mov Extrait musical

walkyrie-01-101x150 dans Projections pour Spectacles  Il faut attendre 1876 pour assister à la création de la tétralogie ”Der Ring des Nibelungen” à Bayreuth. Pour illustrer la chevauchée, le peintre Carl-Emil DOEPLER, responsable des costumes du “Ring”, propose de peindre des disques de verre à projeter au moyen d’une lanterne magique.

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Le 12 mai 1893, La Walkyrie est présentée pour la première fois en France, à l’Opéra de Paris, avec Mme Rose CARON (Sieglinde), Mlle BREVAL (2) (Brunehilde), Mme DESCHAMPS (Fricka), M. VAN DYCK (Siegmund), M. DELMAS (Wotan), M. GRESSE (Hunding) comme principaux acteurs.

walkyrie-03-150x103  Le décor du troisième acte, représentant la chevauchée des Walkyries, est d’un effet grandiose. Il concourt pour une large part à l’immense succès que remporte l’œuvre de ce grand compositeur allemand.

« Dans le 3e acte, au lieu des projections qui donnaient jusqu’alors et si médiocrement sur d’autres scènes, l’illusion de la chevauchée des Walkyries parmi les nuages, ce sont les Walkyries elles-mêmes que l’on voit s’envoler comme en rêve, emportées par de superbes chevaux dont les nuées enveloppent les silhouettes galopantes». Le Monde Illustré du 20 mai 1893.

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« Le régisseur de l’Opéra de Paris, monsieur LAPISSIDA, a fort bien réussi à nous présenter de véritables personnages animés, traversant les nuées tourmentées par la tempête. Pour y parvenir, il a mis en œuvre différents effets de lumière en arrière plan de la scène qui représente un site sauvage rempli de rochers. Les nuages sont obtenus par un moyen  déjà connu au théâtre, mais fort peu employé : ceux-ci sont peints sur des plaques de verres que l’on fait défiler dans une lanterne électrique à projection ».

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéra

« Le principe est simple et l’application facile lorsqu’il s’agit de produire un effet de courte durée ; mais ici il y avait une difficulté : c’est que le défilé de nuages devait durer environ une demi-heure et la plaque de verre était bien trop courte pour cela. On a conçus de grands disques de verre de 60 cm de diamètre, montés sur un axe, portant des nuages peints sur tout le pourtour, si bien qu’en faisant tourner le verre, on voit les nuages marcher toujours dans le même sens, aussi longtemps qu’on le désire… Pour couvrir toute la surface de la toile de fond, il y a plusieurs lanternes qui sont cachés à la vue des spectateurs par les décors qui représentent les rochers ».

walkyrie-05-300x209 Source : “La Nature” du 24 juin 1893

« L’écran de fond, en tulle peint en bleu, est très transparent. Derrière lui règne une obscurité absolue. Il masque une immense charpente appelée “praticable”, mis au point par le chef machiniste VALLENOT. Celle-ci mesure de 6 à 9 mètres de haut et occupe toute la largeur de la scène soit plus de 30 mètres de long. Sur le haut de ce praticable, formant en réalité des montagnes russes, glissent des chevaux de bois sur lesquels montent des jeunes filles, doublures des actrices, qui figurent les Walkyries. Ils sont éclairés vivement par un puissant projecteur électrique qui lance sur eux, parallèlement à la toile de fond, son faisceau lumineux. La chevauchée des Walkyries devient ainsi visible par les spectateurs à travers la toile et les nuages et paraît suspendue dans le ciel.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

walkyrie-07-104x150  walkyrie-08-300x209  walkyrie-09-118x150 1 Walkyries attendant leur tour – 2 Préparatifs de la chevauchée – 3 Machiniste endormi dans les coulisses pendant un cœur

« Huit chevaux de bois, de la taille d’un poney des Shetlands… sont montés sur des roues s’adaptant à des rails qui courent le long du plan en suivant les inégalités. Huit jeunes garçons, portant l’armure complète des Walkyries, gravissent une échelle et s’installe sur les chevaux… qui sont rassemblés sur la partie la plus basse du plan. Au lever du rideau, on tire avec des cordes et un treuil, les cavaliers jusqu’à la partie supérieure du plan, dans la position voulue pour qu’ils descendent la pente sur les rails au signal donné… en se levant et en se baissant alternativement, selon les ondulations du plancher, imitant ainsi l’allure d’un cheval au galop. En même temps, un jet électrique est dirigé d’en haut sur les figures en marche et un autre illumine latéralement le rideau de gaze. On a l’illusion parfaite de Walkyries chevauchant à travers les nuages. Ce spectacle, combiné avec la musique, l’ensemble du décor, les autres guerrières s’agitant sur le rocher, produit vraiment un effet saisissant de grandeur et de beauté. » Source : Le théâtre wagnérien in “Le Monde Moderne” juillet-décembre 1901

Cet acte se termine par un incendie, fort bien réglé par l’habile artificier RUGGIERI.  De grandes flammes courent le long des rochers ou jaillissent du sol en tous points, pendant que d’épaisses fumées, teintes en rouge par des feux de Bengale, se répandent dans l’air ».

Source : La Nature N°1047 du 24 juin 1893

A la fin du XIXe siècle la puissance d’éclairage des lanternes de projection permet d’utiliser les projections lumineuses dans d’autres spectacles.

Voir : Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE

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(1) Lionello BALESTRIERI (1872-1958) est un peintre italien qui s’installa à Paris en 1894. Il est principalement connu pour ses œuvres illustrant les grands musiciens tels que BEETHOVEN, GOUNOD, VERDI ou WAGNER.

(2) Lucienne BREVAL (1869-1935) débute à l’Opéra de Paris en 1892. L’année suivante, sous la direction d’Édouard COLONNE, elle incarne Brunehilde, l’un de ses meilleurs rôles, dans la Walkyrie de WAGNER à l’Opéra de Paris. Henri de CURZON écrit à l’époque : « Son jeune talent s’épanouit [...] avec une flamme audacieuse, une passion, une harmonie de visage et de gestes qui sont vraiment de toute beauté ».

 

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Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Posté par Patrice Guerin le 24 septembre 2012

Dans son catalogue de 1910, MAZO annonce que « Les ombres artistiques MAZO rappellent les ombres si universellement connues du célèbre cabaret montmartois “Le Chat Noir” ».

Voir : Le cabaret du Chat Noir

«  L’avenir le plus brillant est réservé aux projections d’ombres, qui sont infiniment plus artistiques que le cinématographe. Elles résultent de l’intime collaboration de la poésie, de la musique et de la peinture ». Jusqu’au début du XXe siècle les spectacles d’ombres sont très répandus, aussi bien dans les salles de spectacle que chez les particuliers, sans oublier diverses institutions, organismes ou écoles.

Voir : Pièce d’ombres “La Marche à l’Etoile” - Pièce d’ombres “Tournai” - Les récréations lumineuses dans les GRANDES ECOLES au XIXe siècle

Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi dans Images projetees Ombres-01-300x165  Représentation d’une pièce d’ombres dans le grand salon d’une demeure bourgeoise.

Ce spectacle est présenté par des amateurs avec des moyens hétéroclites, mais assez complets, devant une assemblée d’une vingtaine de spectateurs composée à parts égales d’enfants  et d’adultes. L’écran peut aussi être placé dans l’embrasure d’une porte ouvrant sur deux pièces contigües dont l’une sert de “cabine de projection” tandis que l’autre devient “salle de spectacle” le temps de la représentation.

Ombres-02-212x300 dans Projections pour Spectacles

Les deux lanternes de projection sont dissemblables ; peut-être l’une d’elles est empruntée ou louée. La lanterne du haut permet d’utiliser simultanément des plaques horizontales et verticales. Elles reposent sur un support réglable adapté à la projection. Il permet de décaler les lanternes afin de ne pas gêner la manipulation des plaques.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection - Projection de phénomènes météorologiques

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L’écran est composé d’un bâti démontable, joliment décoré d’étoffes décoratives qui lui donnent l’aspect d’un petit théâtre. Sur le fronton est inscrit le type de spectacle “Ombres Lumineuses” ainsi que le nom de MAZO, ce qui laisse supposer que l’ensemble a pu être loué ou acheté chez ce fabricant “d’appareils, d’accessoires et de vues pour la projection”.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO - Les collections de vues pour projection MAZO

 

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Le présentateur et son accompagnatrice au piano possèdent chacun une petite lampe de conférencier permettant de voir dans l’obscurité leurs texte et partition.

Voir : Lampe “Eclipse” pour conférencier - SIGNAL LAMP pour conférencier

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Enfin la pièce d’ombres représentée est “L’Aigle” qui est décrite dans le catalogue MAZO de 1910. « Grande épopée en douze tableaux, poème et musique de G. FRAGEROLLE, dessins de E. COURBOIN. 1° La grotte d’Ajaccio ; 2° Le siège de Toulon ; 3° Les pyramides ; 4° Passage du saint-Bernard ; 5° Le sacre ; 6° La Grande Armée ; 7° Moscou ; 7°b La ville en flammes ; 8° La retraite de Russie ; 9° Calles, Grenoble ; 10° Le dernier Carré ; 11° Le Bellérophon ; 11°b La terre de France ; 12° Saint-Hélène.
Prix du matériel comportant 22 décors et 11 grands défilés militaires : 180 frs.
Cette pièce a trait aux faits importants de l’épopée napoléonienne. Elle se compose uniquement de chants et dure 28 minutes. Ce sujet a eu 150 représentations consécutives au Logis de la Lune Rousse, à Paris. »

De nombreuses autres “Pièces à grand spectacle, défilés, vues, transformations et apparitions” existaient à l’époque.

Voir : Ombres chinoises et silhouettes - Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

 

 

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L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

Posté par Patrice Guerin le 30 juillet 2012

L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras dans Images projetees Regulateur-15-105x300  Le régulateur à arc électrique, inventé par Léon FOUCAULT en 1849, et fabriqué par Jules DUBOSCQ pendant près de cinquante ans, est le précurseur de la plupart des systèmes d’éclairage utilisés pour produire des “effets spéciaux” au théâtre et à l’opéra pendant une centaine d’années.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Regulateur-13-101x150 dans Projections pour Spectacles Planche de physique sur les lampes à arc

Cet appareil, considéré comme le meilleur de son époque, a eu de nombreux concurrents, comme celui de monsieur SERRIN – le grand rival de DUBOSCQ -, ou encore ceux de messieurs SIEMENS (assez employé en Allemagne et en Angleterre), BRUSH, BÜRGIN, CARRE, CROMPTON, GAIFFE, GÜLCHER, DE MERSANNE, RAPIEFF, WESTON, etc.

Regulateur-14-300x95 dans Sources lumineuses  NB Les schémas de ces différents régulateurs ne sont pas tous à la même échelle

« Les effets les plus remarquables de lumière électrique qu’on ait produits au théâtre ont été combinés par monsieur Jules DUBOSCQ. Il a organisé pour cela, au nouvel Opéra (construit de 1861 à 1875), toute une salle où sont disposés les piles et autres engins nécessaires. Sans nous arrêter à l’effet du soleil levant du “Prophète” que tout le monde a admiré dans l’original créé en 1849 et qui n’était que le résultat d’un mouvement ascensionnel donné au régulateur… Sans parler encore de l’application de l’arc voltaïque à la projection d’une vive lumière sur certains points de la scène… Nous pouvons dire que les rayons intenses de la lumière électrique ont servi à reproduire sur la scène certains phénomènes physiques sous leur aspect tout à fait naturel , tels que les arcs-en-ciel, les éclairs, les clairs de lune, etc… ainsi que les apparitions fantasmagoriques qui impressionnent tant le public ». Source : L’éclairage électrique, par le comte Théodore Du Moncel – Librairie Hachette et Cie Paris 1880.

Voir : Projection de la chevauchée des WALKYRIES

Regulateur-11-300x183  Apparition de l’arc-en-ciel dans le 1er acte de Moïse et Pharaon ou le Passage de la mer Rouge en 1860 – Opéra en 4 actes de Gioachino ROSSINI (1792-1868), livret d’Étienne de JOUY, créé le 26 mars 1827 à l’Opéra de Paris.

« L’appareil électrique dont l’arc est alimenté par une pile de 100 éléments de Bunsen » dit monsieur SAINT-EDME* « est placé sur un échafaudage de hauteur convenable à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel sur lequel l’arc-en-ciel doit apparaître. Les premières lentilles de l’appareil donnent un faisceau parallèle qui passe ensuite par un écran découpé en forme d’arc. Ce faisceau est reçu par une lentille biconvexe à très court foyer, dont le double rôle est d’augmenter la courbure de l’image et de lui donner une extension plus considérable. C’est au sortir de cette dernière lentille que les rayons lumineux traversent le prisme qui doit les décomposer et par suite engendrer l’arc-en-ciel. »

Regulateur-12-150x132  Lanterne Duboscq équipée d’accessoires semblables à ceux utilisés pour créer un arc-en-ciel

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

Si l’on veut envoyer la lumière électrique sur de très larges surfaces, telles qu’un pan de mur ou un jardin, on peut supprimer la lanterne et placer simplement la lampe à arc sur un support articulé à l’arrière duquel se trouve un miroir argenté en verre de 30 cm de diamètre qui peut coulisser sur un support vertical.

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Dans ses catalogues de 1864 et 1877 Jules DUBOSCQ présente les diverses applications de la lumière électrique et plus particulièrement celles menées à l’Opéra. Il conclut ainsi son chapitre consacré la lumière électrique « Depuis lors, il est rare qu’un ballet ou un opéra, exigeant une mise en scène importante, ait été montré sans l’intervention d’un effet quelconque de lumière électrique. Les théâtres impériaux et ceux de premier ordre rebondirent sous l’impulsion partie de l’Opéra et l’arc voltaïque passa définitivement dans les coutumes scéniques ». Parmi les nombreux spectacles de l’Opéra, des décors lumineux ont été utilisés dans le ballet « Sylvia » de Léo DELIBES, créé en 1876,  l’opéra  « Esclarmonde » de MASSENET, créé en 1889 et « La Walkyrie », de WAGNER créé en 1893.

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéraLes EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

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* SAINT-EDME est le pseudonyme de E.Th. BOURG qui travailla à l’époque pour plusieurs journaux et plus particulièrement aux “Tablettes Universelles”.

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Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT

Posté par Patrice Guerin le 26 juin 2012

Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT dans Images projetees Brabant-00-150x100  Gravure de 1862/63 in “Magasin des Demoiselles”

Face à une assistance de jeunes filles mi curieuses, mi apeurées, le sage TROPHONIUS* habillé en magicien, présente l’édifiante légende de Geneviève de BRABANT.

Brabant-01-150x40 dans Lanternes magiques  1 – Jeunesse de Geneviève de Brabant / 2 – Geneviève de Brabant épouse le seigneur Siffroy

Brabant-02-150x41 dans Projecteurs jouet  3 – Départ de Siffroy pour la guerre / 4 – Geneviève reçoit des nouvelles de son époux

Brabant-03-150x40  5 – Golo intendant du comte se jette aux genoux de Geneviève et lui déclare son amour / 6 – Golo fait mettre en prison Geneviève qui donne le jour à un fils dans son cachot

Geneviève de BRABANT, est une héroïne légendaire du Moyen-Age qui a parfois été considérée comme une sainte. Accusée d’adultère après le départ de son mari parti en croisade contre les Sarrasins, l’intendant GOLO la confie à des domestiques pour être mise à mort dans la forêt. Emus par sa grâce et sa maternité, ceux-ci l’abandonnent avec son enfant dans ce lieu sauvage où elle survit pendant de nombreuses années grâce au lait d’une biche qui les prit sous sa protection. De nombreuses années plus tard lors d’une chasse, son mari SIFFROY les retrouve blottis au fond d’une grotte. Reconnaissant le caractère miraculeux de cette rencontre, il rentre triomphalement à la cour et fait exécuter le coupable. Epuisée par des années de privation, la princesse meurt peu de temps après.

Brabant-04-150x40  7 – Le comte Siffroy est poursuivi par des remords / 8 – Les serviteurs chargés par Golo de faire mourir Geneviève et son enfant lui laissent la vie

Brabant-05-150x41  9 – Geneviève apprivoise une biche qui sert de nourrice à son enfant / 10 – Siffroy en poursuivant une biche retrouve Geneviève au fond d’une grotte et reconnaît son innocence

Brabant-06-150x40  11 – Siffroy ramène Geneviève dans son palais / 12 – Mort de Geneviève, Siffroy est dans une grande douleur

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* Issu de la mythologie grecque, TROPHONIOS est connu comme étant le fils d’Erginos, roi d’Orchomène, ou d’Apollon lui-même. Selon la légende il aurait fait des constructions dans le domaine de la magie, des chambres closes et secrètes, intermédiaires entre l’ici et l’au-delà. Aidé de son frère AGAMEDE, il serait aussi l’architecte du temple d’Apollon à Delphes, Héros selon les uns, brigand selon les autres, son nom est associé à la richesse, à la fécondité exceptionnelle et à la survie. Il eut droit à un oracle en Béotie. Les consultants se purifiaient dans les eaux de la rivière Hercyné et sacrifiaient au génie de Trophonios. Ils sortaient de l’épreuve tellement terrifié qu’on en a tiré l’expression : « avoir consulté l’oracle de Trophonios » pour désigner quelqu’un à l’air sombre. Selon monsieur DE FONTENELLE (1657-1757) « Combien toutes ces ablutions et ces expiations, et ces voyages nocturnes, et ces passages dans des cavernes obscures, remplissaient-elles l’esprit de superstition, de frayeur et de crainte ? »

Voir : La lanterne magique ou le spectacle amusant

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Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre

Posté par Patrice Guerin le 4 avril 2012

Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre dans Images projetees GrandPierre-01-150x124  Vue provenant de la conférence illustrée n° 252 – Après l’Ecole février 1909

« Le capitaine Grandpierre n’avait que trente-cinq ans lorsqu’une blessure reçue devant Sébastopol le força de renoncer au service. Mais une douce consolation lui était réservée, il devait épouser à la fin de la guerre, Hélène Lebrun, une jeune fille, bonne, aimable et bien élevée qui lui avait inspiré autant d’estime que d’affection…

Le jeune ménage vivait largement et faisait des économies, même après la naissance d’un joli bébé, dont monsieur Grandpierre se promit de faire un maréchal de France ou tout au moins un colonel. Une petite sœur naquit l’année suivante, puis une autre, et celle-ci fut suivie de deux gros garçons… Monsieur Grandpierre, absorbé dans une lecture intéressante, ne faisait attention ni à la mauvaise humeur d’Alfred, le petit dernier, ni aux joyeux propos qui, de temps à autre, rompaient la monotonie du jeu choisi par ses autres enfants.

GrandPierre-02-99x150 dans Lanternes magiques  GrandPierre-03-105x150 dans Projecteurs jouet

La porte s’ouvrit doucement, et un inconnu s’arrêta sur le seuil. Sa haute taille, ses yeux brillants, ses dents blanches dont un teint de mulâtre faisait ressortir l’éclat, son costume de velours noir constellé de broderies et son chapeau pointu, orné de rubans aux vives couleurs, annonçaient une profession bizarre et une origine étrangère ; toutefois son visage disparaissait presque entièrement sous d’épais favoris et une longue barbe noire.

chromoenfants08.vignette  Voir : Chromos lanterne magique enfants

Berthe et Anna eurent un petit mouvement de frayeur, mais Louis et Henri battirent des mains, avant même que le nouveau venu eût prononcé, d’une voix vibrante, ces mots qu’ils attendaient :

- « Lanterne magique ! Pièce curieuse ! Demandez, mesdames et messieurs. Voici la lanterne magique du signor Verdini.
- « Oh ! Papa, papa, fais-nous voir la lanterne magique » dirent à la fois les deux fillettes.
- « Il y a si longtemps que tu nous as promis de nous donner ce plaisir quand l’occasion s’en présenterait » poursuivit Louis, l’ainé des enfants.
- « Entrez, signor Verdini, et placez ici votre merveilleux instrument » dit monsieur Grandpierre.
- « C’est justement ce qu’il me faut, si vous me permettez d’ouvrir la pièce contiguë. Je me tiendrai sur le seuil et je ferai défiler mes tableaux sur le rideau que je vais placer en face. »

soleil-lune-300x79 Plaque peinte à la main – XIXe

« Attention, mesdames et messieurs » dit le signor Verdini « Voici d’abord monsieur le Soleil qui sort de son lit de nuages et qui s’avance majestueusement… Il est suivi de madame la Lune au pâle visage qui éclaire les nuits d’une lumière douce et paisible… » Les enfants battirent des mains. De jeunes paysannes couronnées de fleurs et portant des guirlandes formaient une ronde sur l’écran à laquelle les sons d’un orgue de Barbarie servaient d’accompagnement… Les personnages, d’abord très distincts, grandirent en s’effaçant graduellement et firent place à une scène différente…

- « Si vous le permettez, mesdames et messieurs » reprit l’italien, dès que l’orgue eut cessé de faire entendre ses airs les plus joyeux « nous terminerons cette première partie de la représentation en vous faisant voir les principales villes de l’Europe avec les costumes de leurs habitants. »

GrandPierre-04-150x40  Plaque peinte à la main – XIXe

Voir : Montreurs de lanterne magique

GrandPierre-05b-123x150Lanterne de colporteur. Collection F.B.

Après le spectacle, on s’entretint du merveilleux instrument, et Henri put en expliquer le mécanisme à ses sœurs.
- « La lanterne magique » leur dit-il, « renferme une lumière dont les rayons frappent vivement des figures placées sur une lame de verre. Une lentille grossissante, comme celle d’un microscope, est fixée dans un petit tube qui fait suite à la lame de verre. Cette lentille développe énormément les figures, qui viennent ainsi se projeter sur le rideau. Vous avez dû remarquer que plus ces images grandissent, moins elles sont nettes. »
- « Oui ; mais comment grandissent-elles ? » demanda Berthe. « C’est sans doute le secret du signor Verdini ? »
- « C’est un secret simple ; plus il éloigne son instrument du rideau, plus les tableaux prennent de développement ; mais comme ils deviennent confus, il les remplace par d’autres au moment où ils sont sur le point de disparaître. »

Extrait du livre “La Lanterne Magique” par Eugène ROSARY à Rouen, Mégard et C°, libraires-éditeurs – 1876.

Voir : Lanterne magique et projections familiales – ToverlantaarnLa lanterne magique ou le spectacle amusant

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Band of Hope – temperance slides

Posté par Patrice Guerin le 20 mars 2012

Au XIXe siècle, l’une des premières réponses aux problèmes de consommation excessive d’alcool en Grande-Bretagne a été la formation de “Temperance Societes”.

Band of Hope – temperance slides dans Images projetees Hope-04-150x82  North Wales Temperance Convention 1853

En novembre 1847 une réunion présidée par Ann Jane CARLILE a lieu à Leeds. Durant cette manifestation,  200 enfants signent pour la première fois un “Engagement” à ne plus boire. Ce petit groupe, nommé “Band of Hope”, se développe simultanément dans d’autres régions de Grande-Bretagne.

Hope-01-150x113 dans Images projetees Journaux de 1853  Hope-02-150x62

En 1855, la “UK Band of Hope Union” est créée avec Stephen SHIRLEY comme premier secrétaire. Son principal objectif consiste à mettre en place des activités pour les enfants afin de les aider à éviter les problèmes d’alcool. Une grande partie du succès de ce mouvement est dû à l’utilisation, novatrice pour l’époque, de techniques modernes telles que la publication de livres de chants pour les enfants, l’édition de petits livrets et dépliants et surtout l’organisation de spectacles de lanterne magique à la fois distrayants et éducatifs. Une grande partie des diapositives que l’on trouve dans les catalogues du début du XXe siècle provient des conférences “Band of Hope”.

Hope-05-98x150  Hope-06-150x99  Spectacle donné en 1889 devant près de 1500 enfants par le “Fulham Liberal Club and Institute”

En 1887, “Band of Hope” compte environ un million et demi de membres sur huit millions de jeunes en Grande-Bretagne. Ce chiffre n’est pas satisfaisant et pour le Jubilé, en 1897, on estime à près de 3,5 millions les membres enfants et adultes de “Band of Hope”. Lors de ce Jubilé du cinquantenaire, la reine Victoria devient la patronne de l’organisation et de nombreuses célébrations ont lieu.

Hope-03-116x150   hope-07-114x150  Programme d’une lecture sur l’hygiène de la nourriture et de la boisson

En France, la “Ligue française de l’Enseignement”, créée en 1866, développe aussi tout un programme d’enseignement post-scolaire à destination des enfants.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Les perturbations causées par les deux Guerres Mondiales ont provoqué la disparition de “Band of Hope” qui, comme de nombreuses organisations similaires, a eu du mal à s’adapter au monde chaotique du XXe siècle. Cependant à partir des cendres de l’ancienne organisation s’est développé en 1995 une nouvelle organisation appelée “Hope UK”.

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