Projection de la chevauchée des WALKYRIES au XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 10 novembre 2012

Projection de la chevauchée des WALKYRIES au XIXe siècle dans Images projetees walkyrie-00-150x94  Richard WAGNER composant “L’anneau du Nibelung” entre 1850 et 1860. Tableau de Lionello BALESTRIERI(1).

La Walkyrie est le deuxième des quatre drames lyriques qui constituent ”L’Anneau du Nibelung“ composés par Richard WAGNER (1813-1883) au milieu du XIXe siècle. La première de cet opéra est donnée à Munich le 26 juin 1870 et le roi LOUIS II de Bavière impose des chevaux et des écuyers de ses écuries pour figurer la chevauchée du 3e acte.

fichier mov Extrait musical

walkyrie-01-101x150 dans Projections pour Spectacles  Il faut attendre 1876 pour assister à la création de la tétralogie ”Der Ring des Nibelungen” à Bayreuth. Pour illustrer la chevauchée, le peintre Carl-Emil DOEPLER, responsable des costumes du “Ring”, propose de peindre des disques de verre à projeter au moyen d’une lanterne magique.

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Le 12 mai 1893, La Walkyrie est présentée pour la première fois en France, à l’Opéra de Paris, avec Mme Rose CARON (Sieglinde), Mlle BREVAL (2) (Brunehilde), Mme DESCHAMPS (Fricka), M. VAN DYCK (Siegmund), M. DELMAS (Wotan), M. GRESSE (Hunding) comme principaux acteurs.

walkyrie-03-150x103  Le décor du troisième acte, représentant la chevauchée des Walkyries, est d’un effet grandiose. Il concourt pour une large part à l’immense succès que remporte l’œuvre de ce grand compositeur allemand.

« Dans le 3e acte, au lieu des projections qui donnaient jusqu’alors et si médiocrement sur d’autres scènes, l’illusion de la chevauchée des Walkyries parmi les nuages, ce sont les Walkyries elles-mêmes que l’on voit s’envoler comme en rêve, emportées par de superbes chevaux dont les nuées enveloppent les silhouettes galopantes». Le Monde Illustré du 20 mai 1893.

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« Le régisseur de l’Opéra de Paris, monsieur LAPISSIDA, a fort bien réussi à nous présenter de véritables personnages animés, traversant les nuées tourmentées par la tempête. Pour y parvenir, il a mis en œuvre différents effets de lumière en arrière plan de la scène qui représente un site sauvage rempli de rochers. Les nuages sont obtenus par un moyen  déjà connu au théâtre, mais fort peu employé : ceux-ci sont peints sur des plaques de verres que l’on fait défiler dans une lanterne électrique à projection ».

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéra

« Le principe est simple et l’application facile lorsqu’il s’agit de produire un effet de courte durée ; mais ici il y avait une difficulté : c’est que le défilé de nuages devait durer environ une demi-heure et la plaque de verre était bien trop courte pour cela. On a conçus de grands disques de verre de 60 cm de diamètre, montés sur un axe, portant des nuages peints sur tout le pourtour, si bien qu’en faisant tourner le verre, on voit les nuages marcher toujours dans le même sens, aussi longtemps qu’on le désire… Pour couvrir toute la surface de la toile de fond, il y a plusieurs lanternes qui sont cachés à la vue des spectateurs par les décors qui représentent les rochers ».

walkyrie-05-300x209 Source : “La Nature” du 24 juin 1893

« L’écran de fond, en tulle peint en bleu, est très transparent. Derrière lui règne une obscurité absolue. Il masque une immense charpente appelée “praticable”, mis au point par le chef machiniste VALLENOT. Celle-ci mesure de 6 à 9 mètres de haut et occupe toute la largeur de la scène soit plus de 30 mètres de long. Sur le haut de ce praticable, formant en réalité des montagnes russes, glissent des chevaux de bois sur lesquels montent des jeunes filles, doublures des actrices, qui figurent les Walkyries. Ils sont éclairés vivement par un puissant projecteur électrique qui lance sur eux, parallèlement à la toile de fond, son faisceau lumineux. La chevauchée des Walkyries devient ainsi visible par les spectateurs à travers la toile et les nuages et paraît suspendue dans le ciel.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

walkyrie-07-104x150  walkyrie-08-300x209  walkyrie-09-118x150 1 Walkyries attendant leur tour – 2 Préparatifs de la chevauchée – 3 Machiniste endormi dans les coulisses pendant un cœur

« Huit chevaux de bois, de la taille d’un poney des Shetlands… sont montés sur des roues s’adaptant à des rails qui courent le long du plan en suivant les inégalités. Huit jeunes garçons, portant l’armure complète des Walkyries, gravissent une échelle et s’installe sur les chevaux… qui sont rassemblés sur la partie la plus basse du plan. Au lever du rideau, on tire avec des cordes et un treuil, les cavaliers jusqu’à la partie supérieure du plan, dans la position voulue pour qu’ils descendent la pente sur les rails au signal donné… en se levant et en se baissant alternativement, selon les ondulations du plancher, imitant ainsi l’allure d’un cheval au galop. En même temps, un jet électrique est dirigé d’en haut sur les figures en marche et un autre illumine latéralement le rideau de gaze. On a l’illusion parfaite de Walkyries chevauchant à travers les nuages. Ce spectacle, combiné avec la musique, l’ensemble du décor, les autres guerrières s’agitant sur le rocher, produit vraiment un effet saisissant de grandeur et de beauté. » Source : Le théâtre wagnérien in “Le Monde Moderne” juillet-décembre 1901

Cet acte se termine par un incendie, fort bien réglé par l’habile artificier RUGGIERI.  De grandes flammes courent le long des rochers ou jaillissent du sol en tous points, pendant que d’épaisses fumées, teintes en rouge par des feux de Bengale, se répandent dans l’air ».

Source : La Nature N°1047 du 24 juin 1893

A la fin du XIXe siècle la puissance d’éclairage des lanternes de projection permet d’utiliser les projections lumineuses dans d’autres spectacles.

Voir : Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE

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(1) Lionello BALESTRIERI (1872-1958) est un peintre italien qui s’installa à Paris en 1894. Il est principalement connu pour ses œuvres illustrant les grands musiciens tels que BEETHOVEN, GOUNOD, VERDI ou WAGNER.

(2) Lucienne BREVAL (1869-1935) débute à l’Opéra de Paris en 1892. L’année suivante, sous la direction d’Édouard COLONNE, elle incarne Brunehilde, l’un de ses meilleurs rôles, dans la Walkyrie de WAGNER à l’Opéra de Paris. Henri de CURZON écrit à l’époque : « Son jeune talent s’épanouit [...] avec une flamme audacieuse, une passion, une harmonie de visage et de gestes qui sont vraiment de toute beauté ».

 

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Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Posté par Patrice Guerin le 24 septembre 2012

Dans son catalogue de 1910, MAZO annonce que « Les ombres artistiques MAZO rappellent les ombres si universellement connues du célèbre cabaret montmartois “Le Chat Noir” ».

Voir : Cabaret du Chat Noir (à venir)

«  L’avenir le plus brillant est réservé aux projections d’ombres, qui sont infiniment plus artistiques que le cinématographe. Elles résultent de l’intime collaboration de la poésie, de la musique et de la peinture ». Jusqu’au début du XXe siècle les spectacles d’ombres sont très répandus, aussi bien dans les salles de spectacle que chez les particuliers, sans oublier diverses institutions, organismes ou écoles.

Voir : Pièce d’ombres La Marche à l’Etoile - Les récréations lumineuses dans les GRANDES ECOLES au XIXe siècle

 

Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi dans Images projetees Ombres-01-300x165  Représentation d’une pièce d’ombres dans le grand salon d’une demeure bourgeoise.

Ce spectacle est présenté par des amateurs avec des moyens hétéroclites, mais assez complets, devant une assemblée d’une vingtaine de spectateurs composée à parts égales d’enfants  et d’adultes. L’écran peut aussi être placé dans l’embrasure d’une porte ouvrant sur deux pièces contigües dont l’une sert de “cabine de projection” tandis que l’autre devient “salle de spectacle” le temps de la représentation.

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Les deux lanternes de projection sont dissemblables ; peut-être l’une d’elles est empruntée ou louée. La lanterne du haut permet d’utiliser simultanément des plaques horizontales et verticales. Elles reposent sur un support réglable adapté à la projection. Il permet de décaler les lanternes afin de ne pas gêner la manipulation des plaques.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection - Projection de phénomènes météorologiques

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L’écran est composé d’un bâti démontable, joliment décoré d’étoffes décoratives qui lui donnent l’aspect d’un petit théâtre. Sur le fronton est inscrit le type de spectacle “Ombres Lumineuses” ainsi que le nom de MAZO, ce qui laisse supposer que l’ensemble a pu être loué ou acheté chez ce fabricant “d’appareils, d’accessoires et de vues pour la projection”.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO - Les collections de vues pour projection MAZO

 

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Le présentateur et son accompagnatrice au piano possèdent chacun une petite lampe de conférencier permettant de voir dans l’obscurité leurs texte et partition.

Voir : Lampe “Eclipse” pour conférencier - SIGNAL LAMP pour conférencier

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Enfin la pièce d’ombres représentée est “L’Aigle” qui est décrite dans le catalogue MAZO de 1910. « Grande épopée en douze tableaux, poème et musique de G. FRAGEROLLE, dessins de E. COURBOIN. 1° La grotte d’Ajaccio ; 2° Le siège de Toulon ; 3° Les pyramides ; 4° Passage du saint-Bernard ; 5° Le sacre ; 6° La Grande Armée ; 7° Moscou ; 7°b La ville en flammes ; 8° La retraite de Russie ; 9° Calles, Grenoble ; 10° Le dernier Carré ; 11° Le Bellérophon ; 11°b La terre de France ; 12° Saint-Hélène.
Prix du matériel comportant 22 décors et 11 grands défilés militaires : 180 frs.
Cette pièce a trait aux faits importants de l’épopée napoléonienne. Elle se compose uniquement de chants et dure 28 minutes. Ce sujet a eu 150 représentations consécutives au Logis de la Lune Rousse, à Paris. »

De nombreuses autres “Pièces à grand spectacle, défilés, vues, transformations et apparitions” existaient à l’époque.

Voir : Ombres chinoises et silhouettes - Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

 

 

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L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

Posté par Patrice Guerin le 30 juillet 2012

L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras dans Images projetees Regulateur-15-105x300  Le régulateur à arc électrique, inventé par Léon FOUCAULT en 1849, et fabriqué par Jules DUBOSCQ pendant près de cinquante ans, est le précurseur de la plupart des systèmes d’éclairage utilisés pour produire des “effets spéciaux” au théâtre et à l’opéra pendant une centaine d’années.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Regulateur-13-101x150 dans Projections pour Spectacles Planche de physique sur les lampes à arc

Cet appareil, considéré comme le meilleur de son époque, a eu de nombreux concurrents, comme celui de monsieur SERRIN – le grand rival de DUBOSCQ -, ou encore ceux de messieurs SIEMENS (assez employé en Allemagne et en Angleterre), BRUSH, BÜRGIN, CARRE, CROMPTON, GAIFFE, GÜLCHER, DE MERSANNE, RAPIEFF, WESTON, etc.

Regulateur-14-300x95 dans Sources lumineuses  NB Les schémas de ces différents régulateurs ne sont pas tous à la même échelle

« Les effets les plus remarquables de lumière électrique qu’on ait produits au théâtre ont été combinés par monsieur Jules DUBOSCQ. Il a organisé pour cela, au nouvel Opéra (construit de 1861 à 1875), toute une salle où sont disposés les piles et autres engins nécessaires. Sans nous arrêter à l’effet du soleil levant du “Prophète” que tout le monde a admiré dans l’original créé en 1849 et qui n’était que le résultat d’un mouvement ascensionnel donné au régulateur… Sans parler encore de l’application de l’arc voltaïque à la projection d’une vive lumière sur certains points de la scène… Nous pouvons dire que les rayons intenses de la lumière électrique ont servi à reproduire sur la scène certains phénomènes physiques sous leur aspect tout à fait naturel , tels que les arcs-en-ciel, les éclairs, les clairs de lune, etc… ainsi que les apparitions fantasmagoriques qui impressionnent tant le public ». Source : L’éclairage électrique, par le comte Théodore Du Moncel – Librairie Hachette et Cie Paris 1880.

Voir : Projection de la chevauchée des WALKYRIES

Regulateur-11-300x183  Apparition de l’arc-en-ciel dans le 1er acte de Moïse et Pharaon ou le Passage de la mer Rouge en 1860 – Opéra en 4 actes de Gioachino ROSSINI (1792-1868), livret d’Étienne de JOUY, créé le 26 mars 1827 à l’Opéra de Paris.

« L’appareil électrique dont l’arc est alimenté par une pile de 100 éléments de Bunsen » dit monsieur SAINT-EDME* « est placé sur un échafaudage de hauteur convenable à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel sur lequel l’arc-en-ciel doit apparaître. Les premières lentilles de l’appareil donnent un faisceau parallèle qui passe ensuite par un écran découpé en forme d’arc. Ce faisceau est reçu par une lentille biconvexe à très court foyer, dont le double rôle est d’augmenter la courbure de l’image et de lui donner une extension plus considérable. C’est au sortir de cette dernière lentille que les rayons lumineux traversent le prisme qui doit les décomposer et par suite engendrer l’arc-en-ciel. »

Regulateur-12-150x132  Lanterne Duboscq équipée d’accessoires semblables à ceux utilisés pour créer un arc-en-ciel

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

Si l’on veut envoyer la lumière électrique sur de très larges surfaces, telles qu’un pan de mur ou un jardin, on peut supprimer la lanterne et placer simplement la lampe à arc sur un support articulé à l’arrière duquel se trouve un miroir argenté en verre de 30 cm de diamètre qui peut coulisser sur un support vertical.

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Dans ses catalogues de 1864 et 1877 Jules DUBOSCQ présente les diverses applications de la lumière électrique et plus particulièrement celles menées à l’Opéra. Il conclut ainsi son chapitre consacré la lumière électrique « Depuis lors, il est rare qu’un ballet ou un opéra, exigeant une mise en scène importante, ait été montré sans l’intervention d’un effet quelconque de lumière électrique. Les théâtres impériaux et ceux de premier ordre rebondirent sous l’impulsion partie de l’Opéra et l’arc voltaïque passa définitivement dans les coutumes scéniques ». Parmi les nombreux spectacles de l’Opéra, des décors lumineux ont été utilisés dans le ballet « Sylvia » de Léo DELIBES, créé en 1876,  l’opéra  « Esclarmonde » de MASSENET, créé en 1889 et « La Walkyrie », de WAGNER créé en 1893.

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéraLes EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

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* SAINT-EDME est le pseudonyme de E.Th. BOURG qui travailla à l’époque pour plusieurs journaux et plus particulièrement aux “Tablettes Universelles”.

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Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT

Posté par Patrice Guerin le 26 juin 2012

Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT dans Images projetees Brabant-00-150x100  Gravure de 1862/63 in “Magasin des Demoiselles”

Face à une assistance de jeunes filles mi curieuses, mi apeurées, le sage TROPHONIUS* habillé en magicien, présente l’édifiante légende de Geneviève de BRABANT.

Brabant-01-150x40 dans Lanternes magiques  1 – Jeunesse de Geneviève de Brabant / 2 – Geneviève de Brabant épouse le seigneur Siffroy

Brabant-02-150x41 dans Projecteurs jouet  3 – Départ de Siffroy pour la guerre / 4 – Geneviève reçoit des nouvelles de son époux

Brabant-03-150x40  5 – Golo intendant du comte se jette aux genoux de Geneviève et lui déclare son amour / 6 – Golo fait mettre en prison Geneviève qui donne le jour à un fils dans son cachot

Geneviève de BRABANT, est une héroïne légendaire du Moyen-Age qui a parfois été considérée comme une sainte. Accusée d’adultère après le départ de son mari parti en croisade contre les Sarrasins, l’intendant GOLO la confie à des domestiques pour être mise à mort dans la forêt. Emus par sa grâce et sa maternité, ceux-ci l’abandonnent avec son enfant dans ce lieu sauvage où elle survit pendant de nombreuses années grâce au lait d’une biche qui les prit sous sa protection. De nombreuses années plus tard lors d’une chasse, son mari SIFFROY les retrouve blottis au fond d’une grotte. Reconnaissant le caractère miraculeux de cette rencontre, il rentre triomphalement à la cour et fait exécuter le coupable. Epuisée par des années de privation, la princesse meurt peu de temps après.

Brabant-04-150x40  7 – Le comte Siffroy est poursuivi par des remords / 8 – Les serviteurs chargés par Golo de faire mourir Geneviève et son enfant lui laissent la vie

Brabant-05-150x41  9 – Geneviève apprivoise une biche qui sert de nourrice à son enfant / 10 – Siffroy en poursuivant une biche retrouve Geneviève au fond d’une grotte et reconnaît son innocence

Brabant-06-150x40  11 – Siffroy ramène Geneviève dans son palais / 12 – Mort de Geneviève, Siffroy est dans une grande douleur

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* Issu de la mythologie grecque, TROPHONIOS est connu comme étant le fils d’Erginos, roi d’Orchomène, ou d’Apollon lui-même. Selon la légende il aurait fait des constructions dans le domaine de la magie, des chambres closes et secrètes, intermédiaires entre l’ici et l’au-delà. Aidé de son frère AGAMEDE, il serait aussi l’architecte du temple d’Apollon à Delphes, Héros selon les uns, brigand selon les autres, son nom est associé à la richesse, à la fécondité exceptionnelle et à la survie. Il eut droit à un oracle en Béotie. Les consultants se purifiaient dans les eaux de la rivière Hercyné et sacrifiaient au génie de Trophonios. Ils sortaient de l’épreuve tellement terrifié qu’on en a tiré l’expression : « avoir consulté l’oracle de Trophonios » pour désigner quelqu’un à l’air sombre. Selon monsieur DE FONTENELLE (1657-1757) « Combien toutes ces ablutions et ces expiations, et ces voyages nocturnes, et ces passages dans des cavernes obscures, remplissaient-elles l’esprit de superstition, de frayeur et de crainte ? »

Voir : La lanterne magique ou le spectacle amusant

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Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre

Posté par Patrice Guerin le 4 avril 2012

Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre dans Images projetees GrandPierre-01-150x124  Vue provenant de la conférence illustrée n° 252 – Après l’Ecole février 1909

« Le capitaine Grandpierre n’avait que trente-cinq ans lorsqu’une blessure reçue devant Sébastopol le força de renoncer au service. Mais une douce consolation lui était réservée, il devait épouser à la fin de la guerre, Hélène Lebrun, une jeune fille, bonne, aimable et bien élevée qui lui avait inspiré autant d’estime que d’affection…

Le jeune ménage vivait largement et faisait des économies, même après la naissance d’un joli bébé, dont monsieur Grandpierre se promit de faire un maréchal de France ou tout au moins un colonel. Une petite sœur naquit l’année suivante, puis une autre, et celle-ci fut suivie de deux gros garçons… Monsieur Grandpierre, absorbé dans une lecture intéressante, ne faisait attention ni à la mauvaise humeur d’Alfred, le petit dernier, ni aux joyeux propos qui, de temps à autre, rompaient la monotonie du jeu choisi par ses autres enfants.

GrandPierre-02-99x150 dans Lanternes magiques  GrandPierre-03-105x150 dans Projecteurs jouet

La porte s’ouvrit doucement, et un inconnu s’arrêta sur le seuil. Sa haute taille, ses yeux brillants, ses dents blanches dont un teint de mulâtre faisait ressortir l’éclat, son costume de velours noir constellé de broderies et son chapeau pointu, orné de rubans aux vives couleurs, annonçaient une profession bizarre et une origine étrangère ; toutefois son visage disparaissait presque entièrement sous d’épais favoris et une longue barbe noire.

chromoenfants08.vignette  Voir : Chromos lanterne magique enfants

Berthe et Anna eurent un petit mouvement de frayeur, mais Louis et Henri battirent des mains, avant même que le nouveau venu eût prononcé, d’une voix vibrante, ces mots qu’ils attendaient :

- « Lanterne magique ! Pièce curieuse ! Demandez, mesdames et messieurs. Voici la lanterne magique du signor Verdini.
- « Oh ! Papa, papa, fais-nous voir la lanterne magique » dirent à la fois les deux fillettes.
- « Il y a si longtemps que tu nous as promis de nous donner ce plaisir quand l’occasion s’en présenterait » poursuivit Louis, l’ainé des enfants.
- « Entrez, signor Verdini, et placez ici votre merveilleux instrument » dit monsieur Grandpierre.
- « C’est justement ce qu’il me faut, si vous me permettez d’ouvrir la pièce contiguë. Je me tiendrai sur le seuil et je ferai défiler mes tableaux sur le rideau que je vais placer en face. »

soleil-lune-300x79 Plaque peinte à la main – XIXe

« Attention, mesdames et messieurs » dit le signor Verdini « Voici d’abord monsieur le Soleil qui sort de son lit de nuages et qui s’avance majestueusement… Il est suivi de madame la Lune au pâle visage qui éclaire les nuits d’une lumière douce et paisible… » Les enfants battirent des mains. De jeunes paysannes couronnées de fleurs et portant des guirlandes formaient une ronde sur l’écran à laquelle les sons d’un orgue de Barbarie servaient d’accompagnement… Les personnages, d’abord très distincts, grandirent en s’effaçant graduellement et firent place à une scène différente…

- « Si vous le permettez, mesdames et messieurs » reprit l’italien, dès que l’orgue eut cessé de faire entendre ses airs les plus joyeux « nous terminerons cette première partie de la représentation en vous faisant voir les principales villes de l’Europe avec les costumes de leurs habitants. »

GrandPierre-04-150x40  Plaque peinte à la main – XIXe

Voir : Montreurs de lanterne magique

GrandPierre-05b-123x150Lanterne de colporteur. Collection F.B.

Après le spectacle, on s’entretint du merveilleux instrument, et Henri put en expliquer le mécanisme à ses sœurs.
- « La lanterne magique » leur dit-il, « renferme une lumière dont les rayons frappent vivement des figures placées sur une lame de verre. Une lentille grossissante, comme celle d’un microscope, est fixée dans un petit tube qui fait suite à la lame de verre. Cette lentille développe énormément les figures, qui viennent ainsi se projeter sur le rideau. Vous avez dû remarquer que plus ces images grandissent, moins elles sont nettes. »
- « Oui ; mais comment grandissent-elles ? » demanda Berthe. « C’est sans doute le secret du signor Verdini ? »
- « C’est un secret simple ; plus il éloigne son instrument du rideau, plus les tableaux prennent de développement ; mais comme ils deviennent confus, il les remplace par d’autres au moment où ils sont sur le point de disparaître. »

Extrait du livre “La Lanterne Magique” par Eugène ROSARY à Rouen, Mégard et C°, libraires-éditeurs – 1876.

Voir : Lanterne magique et projections familiales – ToverlantaarnLa lanterne magique ou le spectacle amusant

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Band of Hope – temperance slides

Posté par Patrice Guerin le 20 mars 2012

Au XIXe siècle, l’une des premières réponses aux problèmes de consommation excessive d’alcool en Grande-Bretagne a été la formation de “Temperance Societes”.

Band of Hope – temperance slides dans Images projetees Hope-04-150x82  North Wales Temperance Convention 1853

En novembre 1847 une réunion présidée par Ann Jane CARLILE a lieu à Leeds. Durant cette manifestation,  200 enfants signent pour la première fois un “Engagement” à ne plus boire. Ce petit groupe, nommé “Band of Hope”, se développe simultanément dans d’autres régions de Grande-Bretagne.

Hope-01-150x113 dans Images projetees Journaux de 1853  Hope-02-150x62

En 1855, la “UK Band of Hope Union” est créée avec Stephen SHIRLEY comme premier secrétaire. Son principal objectif consiste à mettre en place des activités pour les enfants afin de les aider à éviter les problèmes d’alcool. Une grande partie du succès de ce mouvement est dû à l’utilisation, novatrice pour l’époque, de techniques modernes telles que la publication de livres de chants pour les enfants, l’édition de petits livrets et dépliants et surtout l’organisation de spectacles de lanterne magique à la fois distrayants et éducatifs. Une grande partie des diapositives que l’on trouve dans les catalogues du début du XXe siècle provient des conférences “Band of Hope”.

Hope-05-98x150  Hope-06-150x99  Spectacle donné en 1889 devant près de 1500 enfants par le “Fulham Liberal Club and Institute”

En 1887, “Band of Hope” compte environ un million et demi de membres sur huit millions de jeunes en Grande-Bretagne. Ce chiffre n’est pas satisfaisant et pour le Jubilé, en 1897, on estime à près de 3,5 millions les membres enfants et adultes de “Band of Hope”. Lors de ce Jubilé du cinquantenaire, la reine Victoria devient la patronne de l’organisation et de nombreuses célébrations ont lieu.

Hope-03-116x150   hope-07-114x150  Programme d’une lecture sur l’hygiène de la nourriture et de la boisson

En France, la “Ligue française de l’Enseignement”, créée en 1866, développe aussi tout un programme d’enseignement post-scolaire à destination des enfants.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Les perturbations causées par les deux Guerres Mondiales ont provoqué la disparition de “Band of Hope” qui, comme de nombreuses organisations similaires, a eu du mal à s’adapter au monde chaotique du XXe siècle. Cependant à partir des cendres de l’ancienne organisation s’est développé en 1995 une nouvelle organisation appelée “Hope UK”.

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APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

Posté par Patrice Guerin le 29 février 2012

APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY dans Images projetees AprEcole-02-122x150 AprEcole-01-150x114 dans Projections et EnseignementRevue N°108, septembre 1901

Cette revue illustrée d’enseignement populaire est fondée en 1895 par René LEBLANC (voir PORTRAITS). Elle répond au souhait formulé par les sociétés d’enseignement populaire lors du Congrès de Havre en août 1895 « Les projections lumineuses étant utiles pour mettre à la portée de toutes les intelligences la plupart des connaissances éducatives et professionnelles qui composent le bagage de l’instruction populaire à ses divers degrés, les sociétés d’instruction et les membres de l’Université devront faire, le plus possible, appel à ce mode d’enseignement ».

Voir : Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire - La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

C’est l’une des toutes premières publications laïques à répondre à ce besoin d’enseignement post-scolaire, comme le prouve « le témoignage qui nous a officiellement été rendu par le Ministère de l’Instruction publique… » – Ministère qui précise cependant que « la conférence ne constitue qu’une distraction instructive… » – ainsi que l’avis  du Ministre de la Guerre « frappé des résultats de cette action et qui en a propagé l’extension dans l’armée ».

AprEcole-03-99x150  Source : Musée National de l’Education dans “Images Lumineuses”  inventaire des collections 1995 par Annie Renonciat

De septembre 1895 à septembre 1897 la revue est éditée par “Larousse” comme en témoigne la lettrine du texte d’introduction du premier exemplaire. Quelques mois après se création “Après l’Ecole” lance un concours « ouvert à tous pour la rédaction de conférences illustrées destinées à l’enseignement des adolescents » dont le délai limite pour le remise des manuscrits est septembre 1896.

AprEcole-04-150x87N°218 novembre 1907 “La vie anglais”

En 1898, la revue est éditée par la librairie Edouard CORNELY située initialement au 35 bis rue de Fleurus à Paris. Elle entre dans sa troisième année et modifie son organisation. Le comité de rédaction se compose de René LEBLANC fondateur, inspecteur général de l’instruction Publique ; Edouard PETIT, propagandiste de l’œuvre ; Marcel DUBOIS, professeur à la faculté de Paris ; Mlle SAFFROY, inspectrice des écoles de la Seine. Le rédacteur en chef est Louis TRONCET, auteur de livres pour l’enseignement primaire.

La revue “Après l’Ecole” fait une place importante à l’instruction des jeunes filles et à l’enseignement ménager et « …s’attache à donner de l’attrait aux réunions de jeunes gens et aux fêtes du dimanche ».

AprEcole-05-118x150  AprEcole-13-110x150AprEcole-07-99x150

Chaque numéro est accompagné soit de vues pour projections lumineuses, soit de gravures tirées hors texte. Les principales rubriques sont : conférences illustrées – Lectures – Variétés – Poésies et Chansons – Comédies – Conseils pour les maîtres – Echos et informations.

AprEcole-14-150x101Septième année 1901-02, quatorzième année 1908-09 et treizième année 1907-08 avec couverture souple

18 numéros d’une trentaine de pages sont publiés chaque année « nous rappelons que l’abonnement est de 6fr à l’année et qu’il ne peut partir que du 1er octobre, quelle que soit la date à laquelle il a été souscrit ». En fin d’année scolaire, tous ces numéros sont regroupés pour former un livre relié de près de 300 pages environ (sans les vues pelliculaires). NB certaines pages des revues mensuelles n’apparaissent pas dans le livre.

AprEcole-08-130x150La librairie Edouard CORNELY semble exister de 1897 à 1913. Elle est spécialisée dans les publications historiques. CORNELY est un ardent défenseur d’une laïcité radicale « La production pédagogique de cette librairie était aussi bien connue des milieux enseignants du primaire et du secondaire se situant dans la mouvance socialiste ».

En 1901 cette librairie se situe au n°101 de la rue de Vaugirard à Paris VIe et fait valoir une médaille d’or (classe I) et une médaille de bronze (classe XIII) à l’Exposition Universelle de 1900.

AprEcole-09-150x114  AprEcole-10-150x93Conférence sur l’Intolérance avec 24 vues en couleurs

La librairie Edouard CORNELY édite des “tirés à part” de certaines conférences en regroupant l’ensemble des vues (24 ou 48) mises en couleurs et vernies, accompagnées d’un livret reprenant la totalité du texte de la conférence « prix franco, emballé dans un tube : 3 francs ».

Voir : La Révolution Française (sujet à venir)

AprEcole-12-150x117Elle publie aussi un certain nombre d’ouvrages scolaires et de conseils sur les projections lumineuses.

Vers 1907 il semble que la librairie ait rencontré certaines difficultés. Elle s’appelle dorénavant  la “Société nouvelle de librairie et d’édition Edouard CORNELY et Cie, éditeur”. Une nouvelle périodicité est mise en place pour la revue “Après l’Ecole” et six numéros sont envoyés simultanément sur trois périodes, en octobre, en décembre et fin janvier « de telle sorte que toutes les conférences puissent être faites avant la clôture des réunions du soir qui se font rares à partir du 15 mars ». Certaines conférences sont illustrées de vues photographiques, ce qui est nouveau dans le domaine des vues pelliculaires, mais existait depuis longtemps en vues sur verre.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

En 1913, Frédéric RIEDER rachète la librairie de son patron Edouard CORNELY. Après la première Guerre Mondiale il la développe en mariant éditions savantes et fiction. Au début des années vingt, il se groupe avec les librairies ALCAN et LEROUX pour former une société coopérative, les “Presses Universitaires de France” tout en gardant chacun leur indépendance. Sous la pression économique des années trente, les éditeurs fusionnent au sein des P.U.F. “Presses Universitaires de France”. Il s’agit d’un « attelage ou quadrige d’Apollon qui réunit depuis 1939 les maisons Alcan, Leroux, Rieder et les Presses universitaires de France, nées en 1921 à l’imitation de leurs homologues anglaises et américaines ».

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Projection de décors au théâtre et à l’opéra

Posté par Patrice Guerin le 3 février 2012

Dès le milieu du XIXe siècle, des lanternes de projection éclairées par des régulateurs à arc électrique sont utilisées pour créer des “effets spéciaux” dans certaines représentations à la mise en scène spectaculaire.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

Dans les années 1900 / 1930 on utilisait de grosses lanternes de projection dissimulées derrière la toile de fond de scène pour projeter des décors peints ou photographiques. Cela permettait d’éviter le matériel encombrant de certaines mises en scène et offrait la possibilité d’animer les décors grâce à l’utilisation de plusieurs lanternes de projection.

Voir : Boîtes à lumière et projecteurs pour spectacle

Projection de décors au  théâtre et à l’opéra dans Images projetees Theatre-02-75x150  Theatre-01-93x150 dans Lanternes projection

« Dans les années 1920, les décors lumineux sont adoptés par les principaux théâtres de France et de l’étranger, l’Opéra de Paris, celui de Monte-Carlo, de Londres, la Scala de Milan, la Monnaie de Bruxelles, pour ne citer que les plus importants. Ils ont été utilisés dans plus de cent ouvrages divers : “La damnation de Faust”, “La Walkyrie”, “Tannhauser”, “L’Or du Rhin”, “Le Crépuscule des Dieux”, “Quo Vadis”, “Les Contes d’Hoffmann”, “Don Juan”, “Orphée”, Le Roi Lahore”, Hélène”, “Mefistofele” et plus particulièrement dans tous les opéras ou ballets où le fantastique joue un rôle, dans les scènes à apparitions, à transformations lentes ou rapides, à changements à vue, etc ». Source : La Science et la Vie N°61 de mars 1922

Theatre-04-101x150 dans Projections pour Spectacles  Pour illustrer la chevauchée des Walkyries dans le 3e acte de l’opéra “La Walkyrie” de WAGNER, différentes techniques de projections on été utilisées pendant près d’un demi-siècle, soit à Bayreuth, soit à l’Opéra de Paris, soit à Monte-Carlo, etc.

Voir : Projection de la chevauchée des WALKYRIES

Theatre-03-129x150Projecteur sextuple fabriqué dans les années 30 par les établissements Paul BAUDIN constructeur au n°53 rue Vivienne, Paris IIe. Cet appareil a été utilisé à l’Olympia « où il sert à projeter la revue navale de Spithead, avec feux d’artifices ».

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Dans les années 30, le créateur Mariano FORTUNY Y MADRAZO* (1871-1949) prenait des photos très étudiées afin de servir ensuite de décor pour des spectacles : scène d’orage pour les “Maîtres Chanteurs” de WAGNER, joué en décembre 1931 au théâtre  Royal de Rome, ou encore vues de Grenade pour les décors de “La Vie Brève” de Manuel DE FALLA présenté à la Scala de Milan.

Ces projections de décors ne sont pas sans rappeler les fameux spectacles de fantasmagorie du XVIIIe siècle.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

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* Mariano FORTUNY Y MADRAZO (1871-1949) fut l’un des artistes les plus créatifs de son temps.

Il est né en 1871 à Grenade, en Espagne. Son père, Mariano FORTUNY Y MARSAL, était un peintre et un collectionneur éclectique de tissus et tapis orientaux anciens, de céramiques et d’armoiries. Celui-ci mourut quand Mariano n’avait seulement que trois ans et sa mère, elle aussi très impliquée dans l’art, décida de déménager toute la famille à Paris où Mariano commença à peindre. En 1889, la famille  déménage pour Venise. Mariano établit son atelier laboratoire dans un magnifique palais vénitien (Palazzo Pesaro Orfei), qui plus tard s’appellera le Palazzo Fortuny, aujourd’hui le Musée Fortuny. Il meurt dans son palais vénitien en 1949 et est enterré dans le Cimetière de Verano à Rome.

Mariano FORTUNY dédia toute sa vie à l’Art : il fut un excellent créateur de vêtements et de tissus, mais il s’est aussi intéressé à de nombreuses disciplines artistiques, telles que le design d’intérieur et la scénographie, la peinture, la photographie, l’architecture et la création de lampes.

Pour plus d’informations cliquer ici

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Accessoires pour projections familiales

Posté par Patrice Guerin le 30 janvier 2012

Accessoires pour projections familiales dans Images projetees chromofamille02.vignette

Après avoir fait le bonheur d’une ou deux générations d’enfants, les petites lanternes magiques n’étaient plus à la mode à la fin du XIXe siècle. On trouvait alors dans un certain nombre de journaux anglo-saxons des annonces proposant, en plus d’une petite lanterne magique, un lot d’accessoires permettant d’organiser des spectacles à la manière des professionnels.

Voir : MAGIC LANTERN EXHIBITIONS in the Ladies’ Home Journal

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« Les jeunes gens peuvent non seulement tirer beaucoup de plaisir en donnant des spectacles de lanterne magique, mais aussi se former aux affaires auxquelles ils auront à se confronter plus tard, dans divers domaines tels que la gestion, la pose d’affiches publicitaires, la vente de billets, etc. ce qui leur donnera quelques idées rudimentaires pour faire de l’argent et les mettre sur ​​la route de la réussite professionnelle ».

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Chaque kit de projection se compose d’une lanterne de projection avec sa lampe d’éclairage, d’un certain nombre de vues colorées et de plaques mécaniques accompagnées d’un livret avec les commentaires, d’affichettes pré-imprimées pour annoncer les spectacles et de tickets d’entée cartonnés.

Plank-17b-82x150La lanterne “Gloria” présentée sur l’annonce ci-dessus est fabriquée par la fameuse usine Ernst PLANK de Nuremberg. Elle est construite dans un solide acier russe et possède un objectif réglable à crémaillère. L’éclairage est fourni par une lampe à pétrole à double mèche qui offre une lumière exceptionnellement blanche et lumineuse.

Voir : Lanternes magiques Ernst PLANK - La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK

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La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Posté par Patrice Guerin le 29 janvier 2012

La Ligue de l'Enseignement et l'Education Populaire dans Images projetees Enseignement-11-150x103  Une école de village au milieu du XIXe siècle. Tableau de Albert ANKER (1831-1910). Source : diapositive pédagogique Diastrex années 60.

Un grand mouvement d’éducation populaire, la “Ligue française de l’Enseignement”,  est créé en 1866 par Jean MACE (voir PORTRAITS) dans le but de promouvoir l’école « gratuite, obligatoire et laïque ». Avec l’arrivée de Jules FERRY (1832-1893) au ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-arts, et sous l’influence d’autres membres de la Ligue, le Parlement vote plusieurs lois scolaires fondamentales : gratuité de l’enseignement primaire le 16 juin 1881, obligation et laïcité le 28 mars 1882.

Enseignement-12-106x150 dans Projections et Enseignement  “L’instruction c’est la lumière” gravure caractéristique du mouvement d’enseignement populaire qui s’est développé durant la IIIe République. Imprimerie Leriche 1885. De chaque côté du temple de la connaissance surmonté par la locution “Fiat Lux*”, se trouvent les étendards des Associations ouvrières, Chambres syndicales, Sociétés coopératives, Sociétés de sauveteurs, Franc-maçonnerie, Ligue de l’Enseignement, etc. Source : diapositive pédagogique Diastrex années 60.

En Grande-Bretagne, un mouvement d’aide aux enfants déshérités “Band of Hope” s’est développé à partir du milieu du XIXe siècle.

Voir : Band of Hope – temperance slides

En 1886, plus du tiers des députés et des sénateurs français sont membres de la Ligue de l’Enseignement. Toutefois, les lois scolaires ne sont pas toujours appliquées.

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«  Tandis que dans les pays voisins, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, les projections sont d’un usage courant dans l’enseignement, en France elles n’ont qu’une application restreinte ; on dirait que l’Université a peur de la ridicule lanterne magique ! ». Manuel pratique de la lanterne de projection, par H. FOURTIER 1889 (voir PORTRAITS). Une trentaine d’années avant cette déclaration, l’abbé MOIGNO (voir PORTRAITS) fut l’un des premiers conférenciers à utiliser un appareil de projection.

Voir : L’abbé MOIGNO et la vulgarisation scientifiqueProjection éducation populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

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Créée initialement pour instaurer l’école publique laïque et gratuite pour tous, la Ligue s’active ensuite à développer l’éducation hors de l’école – qui prendra par la suite le nom d’œuvres post-scolaires. Jean MACE affirme en 1894 « Parce qu’on a conquis l’Ecole, est-ce bien le moment de se croiser les bras ? Entre l’Ecole et le Régiment, l’adolescent traverse une période où la Loi ne l’atteint plus ».

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Ce grand mouvement d’éducation va se développer partout en France et dans les Colonies par le biais de nombreux “Cercles” locaux, reconnus d’utilité publique. Vers le milieu des années 1870, il existe plus de 200 sociétés et associations de toutes sortes (cercles politiques, d’éducation populaire,…) affiliés à la Ligue, regroupant plus de 30 000 adhérents. Ce mouvement connait un tel succès qu’il inspirera au gouvernement la loi de 1901 sur les associations.

Voir : La Société Nationale des Conférences Populaires - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

Quelques fabricants, tels que MOLTENI ou LAVERNE, commencent à mettre au point des lanternes de projection, bien plus puissantes et pratiques que les traditionnelles lanternes magiques. Associés à divers conférenciers, monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS) participe à de très nombreuses projections à travers la France, sur les sujets les plus variés.

Voir :Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER - Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Enseignement-21-150x110  « A l’occasion du passage à Paris des directeurs et directrices d’écoles normales et des inspecteurs primaires réunis en congrès pédagogique, le ministre de l’instruction publique a décidé qu’une séance de projections photographiques appliquées à l’enseignement (géologie, botanique, minéralogie, architecture, etc.) serait donnée dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le 30 mars 1880. Cette séance, qui avait attiré une grande affluence, a offert le plus vif intérêt. Un des professeurs d’un grand établissement scientifique* a accompagné d’explications techniques les sujets scolaires qui étaient mis sous les yeux des assistants. » Source : L’Univers Illustré n°1307 du 10 avril 1880.

* Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Après la mort subite de Jean MACE, en décembre 1894, Léon BOURGEOIS (1851-1925) préside la Ligue avant de devenir Président du Conseil le 1er novembre 1895 (c’est à dire chef du gouvernement). Au congrès du Havre, qui se déroule en 1895, celui-ci confirme qu’il est nécessaire de doter le pays d’un ensemble d’institutions auxiliaires et complémentaires à l’école telles que « les cours de perfectionnement pour adultes, les bibliothèques, les cercles et les sociétés de lecture populaire, enfin les divers modes de patronage de l’enfant avant, pendant et après l’école ».

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

Enseignement-17-150x101  Fête organisée par la Ligue de l’Enseignement, en juin 1904 en l’honneur de l’enseignement primaire et présidée par Emile LOUBET, président de la République. Départ du cortège au pied du Trocadéro.

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La séparation des Eglises et de l’Etat, en 1905, oblige les catholiques à réorganiser les structures cléricales pour des motifs financiers et pastoraux. Il existe une véritable émulation entre les organisations laïques des œuvres postscolaires et parascolaires et les œuvres religieuses. Dans les années 1905-1907, l’essor rapide de la “Société Républicaine des Conférences Populaires” amène les catholiques à répliquer avec “l’œuvre Diocésaine des Conférences Populaires”.

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Dans les années 20, la Ligue se restructure. Le principe fédératif est introduit dans l’organisation. Elle prend alors le nom de « Confédération générale des œuvres laïques scolaires, postscolaires, d’éducation et de solidarité sociale ».

____________________

* Fiat Lux est une locution latine figurant au début de la Genèse. Il s’agit de la première parole divine associée à la création du monde, pouvant être traduite en français par « Que la lumière soit ».

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