Carpenter & Westley

Posté par Patrice Guerin le 15 avril 2020

Carpenter 06Chauve-souris CARPENTER & WESTLEY, dessin extrait de l’une des deux plaques ci-dessous.

Philip CARPENTER (1776-1833) commence à travailler en 1808, en tant qu’opticien à Birmingham et se spécialise dans les lunettes et les microscopes. En 1817 le physicien David BREWSTER (1781-1868)  lui demande de fabriquer le kaléidoscope qu’il vient de breveter. Cet objet devient très vite populaire et permet à CARPENTER d’ouvrir un magasin de détail à Birmingham vers 1819. Deux ans après, il invente la lanterne de projection  “Phantasmagoria” qui servira de modèle à de nombreuses autres lanternes durant cinquante ans.

Carpenter 10Lanterne de projection  “Phantasmagoria” avec éclairage type Quinquet à huile.

VOIR : Lanterne magique vernie noire

« En 1823, autre événement dans le monde lanterniste : CARPENTER publie son ouvrage “Elements of zoology”… Ce texte est destiné à expliquer une série de 56 plaques en verre fabriquées et commercialisées par CARPENTER… Les verres circulaires sont fixés sur un long cadre en bois de pin percé d’ouvertures, et ils sont retenus par un cercle de fer. »(1)

Carpenter 01  Carpenter 02  Copper-Plate Slider Mammalia N°2 et 3 (Eléments de zoologie) CARPENTER & WESTLEY. 

A la même époque la Maison CARPENTER & WESTLEY commercialise une série composée d’une trentaine de tableaux simples ou animés sur l’astronomie dont les commentaires se trouvent dans un ouvrage publié en 1849.

Carpenter 05  Traité “Compendium of Astronomy”, CARPENTER & WESTLEY 1849.

« Le processus de transfert de CARPENTER à partir de plaque de cuivre était basé sur le procédé utilisé en céramique par SADLER et GREEN à partir de 1756… Ce processus ne permettait pas une reproduction en masse complète, car il nécessitait encore beaucoup de travail de la part des peintres comme le soutient BARNES : Il pourrait être faux de supposer que le contour était simplement “coloré” à la manière des gravures imprimées à l’époque ; au lieu de cela, l’impression du squelette (contour) était complètement transformée en une peinture miniature dont la qualité variait selon les compétences de l’artiste employé, et il n’y a jamais deux images identiques. »(2)

Carpenter 03  Carpenter 04  Copper-Plate Slider (Vues astronomiques) CARPENTER & WESTLEY. Eclipse de la lune (vue animée) et diagramme du soleil par rapport à la terre.

En 1826, il exerce sa profession d’opticien à Londres, 24 Regent Street. Après sa mort en 1833, l’atelier est repris par sa sœur Mary, mariée avec William WESTLEY, l’ancien contremaître de l’entreprise. L’entreprise cessera ses activité en 1914.

Carpenter 07  Carpenter 08  Carpenter 09 Vues astronomiques animées CARPENTER & WESTLEY.

La Maison CARPENTER & WESTLEY est présente à la première Exposition Universelle de 1851 qui se déroule au Crystal Palace de Londres. Elle y présente « des lanternes phantasmagoriques avec les derniers arrangements mécaniques et optiques et des peintures d’histoire naturelle et séries de diagrammes astronomiques »(3) 

(1)  “Le grand art de la lumière et de l’ombre – archéologie du cinéma” par Laurent Mannoni, éditions Natan, 1994, page 272.

(2) “Philip Carpenter and the convergence of science and entertainment in the early-nineteenth century instrument trade” par Phillip Roberts, dans Science Museum Group Journal, 2017, cliquer ICI.

(3)  Catalogue officiel de la grande exposition de 1851, Gallica.

 

 

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Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens

Posté par Patrice Guerin le 6 mars 2020

DiableParis 01

DiableParis 02 Plaques de lanterne magique “Charivari infernal” par Lefranc janvier 1844.

Pour tout connaître des « Mœurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie privée, publique, politique, artistique, littéraire, industrielle », il faut s’adresser à Satan et lire l’ouvrage collectif qu’il a publié en 1845.

VOIR : Plaques de lanterne magique diableries LEFRANC

DiableParis 03  “Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens”, première édition de 1845 en 1 tome.

“Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens” est un livre édité pour la première fois par HETZEL en 1845. Il a été doublé d’un deuxième tome en 1846. Par la suite, les différentes ré-éditions mentionneront 1ère et 2e partie en début d’ouvrage.

24552-14

L’idée est qu’un petit Belzébuth nommé “Flammèche”, secrétaire particulier du diable, doit lui rendre compte de la vie à Paris dont on dit le plus grand mal aux enfers… Il se nourrira des textes des plus grands auteurs de l’époque, pour faire son “rapport de stage”. Les hommes de lettres ne pouvant rien refuser au démon, vous le savez, ils posteront leurs courriers avec diligence dans le tiroir du diable !

DiableParis 05 “Flammèche, qui avait conservé son habit noir de Paris, vida au pied de Satan une corbeille remplie des cinquante livraisons formant le volume qu’il s’était charger de composer.”

“Flammèche” appela à son aide tous les dessinateurs les plus en vogue tels que GAVARNI et BERTALL, ainsi que tous les écrivains les plus spirituels qui « déposèrent à ses pieds des milliers d’articles » tels que BALZAC “Physiologie du mariage et Petites misères de la vie conjugale”, Alfred de MUSSET “Conseils à une Parisienne et Mimi Pinson”, GEORGE SAND “Les Mères de Famille dans le beau monde”, Léon GOZLAN “Les Maîtresses à Paris” et aussi Charles NODIER, Arsène HOUSSAYE, Gérard de NERVAL et HETZEL lui-même sous le pseudonyme de P.-J. STAHL.

DiableParis 06  DiableParis 07

“Le Charivari” en fit une savoureuse présentation dans son numéro 362, du samedi 28 décembre 1844 et conclut son article de la manière suivante : « Grâce à la haute approbation de Satan, “Le Diable à Paris” est tout aussi à la mode aujourd’hui en enfer que sur terre, et l’avis unanime est que jamais on n’a vu une plus réactive et plus spirituelle lanterne magique ; d’autant plus amusante, qu’on en jouit au coin de son feu, sans l’accompagnement obligé d’un orgue de barbarie et du charabia savoyard d’un Auvergnat ! »

VOIR : Montreurs de lanterne magique - Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre

 

 

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Lanterne magique carrée en fer blanc

Posté par Patrice Guerin le 6 décembre 2019

Carré 01

Cette lanterne magique est l’une des plus anciennes fabriquées en série au cours du XIXe siècle. Ce sont probablement des artisans ferblantiers qui fabriquaient ce modèle pour le compte de divers opticiens. Elle figure dans plusieurs catalogues, malheureusement avant 1840 ceux-ci sont rarement illustrés.

Carré 1839 Belloq FB  Carré 1844 Buron  Carré 1853 Lerebourgs  Carré 1859 Chevalier  Carré 1859 Molteni  Carré 1860 Lapierre FB  Carré 1905 Deloye

De gauche à droite : 1839 Belloq (Collection FB) – 1844 Buron – 1853 Lerebourgs – 1859 Chevalier – 1859 Molteni – Vers 1860 Lapierre (Collection FB) – Et encore en 1905 Deloye

La lanterne magique carrée existe dans une dizaine de tailles différentes et possède souvent le même décor sur les trois coté : une étoile à cinq branches avec un cercle au milieu et quatre autres cercles identiques autour. Ces motifs peuvent être entourés d’un cadre.

Carré 05  Carré 06

Le système optique est très simple. Il est constitué d’une demi-loupe à l’arrière du tube objectif et d’une lentille bi-convexe sur la partie avant qui s’emboite dans la partie arrière. Ces lanternes ne possèdent pas de condensateur pour focaliser la lumière sur l’image à projeter. L’éclairage est généralement un godet rempli d’huile dans lequel trempe une mèche en coton. Certains éclairages possèdent un réflecteur à l’arrière pour renvoyer la lumière vers l’objectif.

Carré 07  Carré 08  Brevet Lapierre N°44 516 du 29 mars 1860

En 1860 la Maison Lapierre dépose un brevet pour améliorer l’aspect des pieds. « Jusqu’à présent les quatre pieds de ces lanternes magiques étaient tout ronds, sans aucune ornementation, c’étaient de petits cylindres en fer blanc, ou des cônes tronqués également en fer blanc, faits au marteau sur une bigorne ronde. J’ai pensé qu’il serait possible de les faire autrement et plus riches, et à cet effet j’ai fait établir des matrices convenablement disposées pour emboutir les pieds ornementés en cuivre, en zinc ou en fer blanc. »

Carré 09b  Carré 09a  Modèle Lapierre avec plaque “Breveté” située sur l’arrière

Fabriquée durant une centaine d’années, ce modèle subira peu d’évolutions. On peut trouver des exemplaires en cuivre, colorés et même des versions fantaisies fabriquées artisanalement.

Carré 10  Carré 11  Carré 12  Carré 13  Carré 14

 

A VOIR : La Lanterne Magique de Georges Mélies - La manufacture d’instruments d’optique BURON - FLORIAN “le Singe qui montre la Lanterne Magique” - Le Singe Montrant la Lanterne Magique - 

 

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Le Singe Montrant la Lanterne Magique

Posté par Patrice Guerin le 23 décembre 2018

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Clip du Singe Larifla © Compagnie XIXe & Diaprojection

La fable “Le Singe qui Montre la Lanterne Magique”, écrite par Florian à la fin du XVIIIe siècle, est une satire politique exploitée à de très nombreuses reprises et aujourd’hui encore d’actualité : « Ceci s’adresse à vous, ténébreux beaux esprits, dont le public, hélas, ne comprend guère les écrits ! »

Voir : FLORIAN “le Singe qui montre la Lanterne Magique”

Partition Singe R°  Partition Singe V°

Vers 1830/40, une partition musicale “arrangée” est publiée par la Maison Eyssautier, 31 passage Bourg-l’Abbé à Paris. Les paroles sont de Alexis Dalès (1813-1893) et la musique, sur l’air de Larifla, est adaptée par Joseph Vimeux (1803-1847).

Partition singe generique

La Compagnie XIXe et Diaprojection ont le plaisir de vous offrir aujourd’hui une interprétation originale et moderne de cette fable intemporelle.

 Voir : Livres des fables de FLORIAN - Les images d’EPINAL et la lanterne magique - Lanterne magique carrée en fer blanc

 

 

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La Lanterne Magique de Georges Mélies

Posté par Patrice Guerin le 26 novembre 2018

Ce film de 1903 montre Polichinelle et Pierrot construisant une lanterne magique géante avec laquelle ils font des projections… Projections hélas “cinématographiques”.

Lanterne Melies

Pour voir le film CLIQUER ICI

L’image projetée par la lanterne s’éteint et six danseuses sortent de cette lanterne, accompagnées de Colombine, pour danser le “French CanCan”. Un peu plus tard deux groupes de danseuses classiques continuent le spectacle, mais Polichinelle et Pierrot se disputent une danseuse de French-Cancan venue troubler la fête. Bien entendu les gendarmes interviennent et tout se termine par une ronde autour de la lanterne magique.

Polichinel 3 Plaque extraite de “Histoire de Polichinel” vers 1880.

Polichinel(le) et Pierrot sont des personnages issus de la Comedia Del Arte, devenus héros de la littérature enfantine que l’on retrouve sur de nombreuses plaques de lanterne magique, mais ils sont très rarement représentés dans un même sujet.

VOIR : Lanterne magique carrée en fer blanc

 

 

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Lanterne de projection double STEREOPTICON

Posté par Patrice Guerin le 30 octobre 2018

Stereopticon 01  Catalogue James W. Queen & C° Philadelphie 1869

Le terme “STEREOPTICON” est d’origine anglo-saxonne et figure sur la couverture de nombreux catalogues américains à partir du milieu des années 1860. Il est généralement accompagné du sous-titre “Dissolving view apparatus” (appareil pour vues fondantes ou pour fondu enchainé dirions-nous aujourd’hui). « Vous avez entendu parler de “STEREOPTICON”, de “STEREOSCOPTICON”, de “PANTOSCOPTICON” et de “SCIOPTICON” ou de la “LICORNE D’ÉCRITURE”, comme le disent les billets de cirque, mais cet enrichissement de la langue provenant de sources grecques est étrange. Ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle lanterne magique adaptée à la projection de photographies sur verre et autres photos à grande échelle. En général, tous les “…OPTICONS” sont des lanternes magiques. » Source “The Pennsylvania School Journal” décembre 1873, page 213.

Stereopticon 02  “Panorama Stereopticon” James W. Queen & C° Philadelphie 1888.

Un STEREOPTICON est une sorte de Lanterne Magique double permettant de projeter en continu (sans séquence noire entre les images) une suite de vues positives sur verre. Il existe deux types d’appareils :

Stereopticon 03  d’une part ceux constitués de deux projecteurs placés l’un à coté de l’autre ;

Stereopticon 04  d’autre part, ceux formés par deux appareils placés l’un au dessus de l’autre.

Par la suite les appareils superposés ne feront plus qu’un seul projecteur à deux objectifs, appelés par les anglais “Biunial”.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Lanterne magique vernie noir

Stereopticon 05  Dispositif de fondu à l’avant d’une lanterne double verticale.

A l’avant de chaque objectif se trouve un volet mobile permettant de “fermer” le flux lumineux d’un objectif tout en “ouvrant” l’autre flux lumineux de telle manière que la quantité de lumière soit constante sur l’écran.

Stereopticon 06aStereopticon 06b  Eclairage oxy-calcique.

Pour assurer des spectacles dans de grandes salles, la lumière était fourni par des chalumeaux “Oxhy-Calcique” placés dans chaque lanterne. Ceux-ci étaient alimenté par du gaz Oxygène qu’il fallait préparer avant chaque projection car il n’existait pas de fournisseur à l’époque.

Voir : La lumière DRUMMOND et les chalumeaux oxhydriques

Stereopticon 07  Salle de conférence aux Etats-Unis vers 1880.

Ces dispositifs de projection remontent au milieu du XIXe siècle lorsque certains conférenciers (lecturers en anglais) souhaitaient illustrer leurs propos d’une suite continue d’images. « La lanterne magique, qui servait autrefois à amuser les enfants avec la projection de misérables caricatures et figures grotesques, a maintenant pris un caractère différent grâce aux “Images photographiques nouvelles et supérieures” préparées pour cet instrument ; ces vues sont faites avec netteté, fidélité et effet artistique, représentations inaccessibles à celles qui existaient auparavant. »*

Stereopticon 08  Vue positive stéréo des chutes du Niagara par les frères LANGENHEIM. Source Wikimedia Commons.

Les photographes Américains, d’origine allemande, William et Frederick LANGENHEIM développèrent le procédé des “Diapositives Stereopticon” – images positives sur verre – vers 1849/50. Installés à Philadelphie, ils font une brillante démonstration de projection de ces images lors de la première Exposition Universelle qui se déroule à Londres en 1851. Cet événement apporte une audience internationale à leur travail et contribue à l’utilisation des vues transparentes sur verre pour la projection.

Stereopticon 09Catalogue “Optical Lanterns, Stereopticons, Photographic Transparencies and Colored Views” par James W. Queen & C° Philadelphie 1888.

Des catalogues de vues photographiques sur verre souvent « colorées à la main » sont édités et présentent plusieurs milliers de sujets que l’on peut acheter individuellement ou sous forme de “Lecture Sets”, sorte de conférence prête à l’emploi avec sélection de vues et texte d’accompagnement. Le catalogue de James W. Queen & C° à Philadelphie, datant de 1888 (52e édition) contient plus d’une centaine de pages consacrées aux vues de projection. « Pour donner une conférence de deux heures, une quarantaine de photos est le plus petit nombre qui puisse être utilisé ; avec un plus grand nombre, il sera moins difficile de divertir le public. »*

Stereopticon 10  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne par Alfred MOLTENI en 1880.

Les conférences avec projections vont se développer dans toute l’Europe jusqu’au début du XXe siècle et la France ne sera pas en reste dans ce domaine. Dès 1860 Alfred MOLTENI va être le projectionniste « zélé » de nombreux conférenciers.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

* Catalogue “Magic Lanterns, Stereoscopticons, and Dissolving view apparatus” de James W. Queen & C° Philadelphie 1869.

 

 

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La Lanterne Magique d’Amour

Posté par Patrice Guerin le 22 septembre 2018

Schall 4  Détail de la gravure

Cette belle estampe du XVIIIe siècle, intitulée “La Lanterne Magique d’Amour”, a été gravée par Pierre Michel ALIX (1762-1817), d’après un tableau de Jean Frédéric SCHALL (1752-1825).

Schall 2  “La Lanterne Magique d’Amour” 1805, monté dans un cadre d’époque.

En plus du titre de la gravure, il est écrit « Déposé à la Bibliothèque Impériale. A Paris, chez Noël Frères rue des Prêtres Saint Germain l’Auxerois N°22, à la colonne de Rosback et rue St Jacques N°16, au Pont des Arts. »

Schall 3  “Le Télégraphe d’Amour”1805, source : Musée de la Poste.

“La Lanterne Magique d’Amour” et “Le Télégraphe d’Amour”sont deux “pendants” gravés d’après SCHALL, déposés le 16 juillet 1805. Source : Bibliothèque Nationale, département des Estampes. Inventaire du fonds français. Graveurs du XVIIIe siècle par Marcel Roux. Paris Bibliothèque Nationale 1931.

Voir : Montreurs de lanterne magique

__________________________

Dès 1776, SCHALL peint des sujets galants à la manière de FRAGONARD.« Témoin, dans un genre parfois scabreux, de la douceur de vivre de l’Ancien Régime finissant, mémorialiste des mœurs légères, dans un décor tout à la fois réaliste et imaginaire, il devient un maitre mineur dans le genre de FRAGONARD et de WATTEAU ».  Sous prétexte de mythologie, il excelle dans les sujets licencieux représentant des femmes nues dans des paysages bucoliques qui remportent un énorme succès à l’époque. La plupart de ses œuvres sont immédiatement gravées, souvent en couleurs.

 

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Lanterne magique vernie noire

Posté par Patrice Guerin le 18 juillet 2015

LMnoir 01 1  Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections 2  LMnoir 03 3  LMnoir 04 4

Présentée dans le catalogue MOLTENI de 1880 (3), cette lanterne apparaît dans divers ouvrages anglais dès les années 1860. Dans le livre “The Magic Lantern, how to buy, and how to use it” publié à Londres en 1866 (1), on peut lire cette citation de sir David BREWSTER (1781-1868) : « La lanterne magique, qui pendant longtemps a été utilisée seulement comme un instrument pour amuser les enfants et étonner les ignorants, a été récemment améliorée afin d’être utilisée… dans presque toutes les branches de l’enseignement scientifique où il est souhaitable de donner une représentation précise et agrandie de phénomènes devant un large public. » Dans son livre “L’Art des Projections” de 1872 (2), l’abbé MOIGNO présente cette lanterne de la manière suivante : « Modèle anglais que l’on trouve toute faite chez les opticiens et les marchands de jouets… On peut les commander au fabricant en lui donnant simplement le diamètre du condensateur et de l’objectif. » Quant au livre de la Maison NEWTON publié vers 1880 (4), on y voit cette lanterne équipée d’une lampe à huile semblable à celle présentée à la fin de cet article.

VOIR : Carpenter & Westley

LMnoir 12  Page extraite du livre “The Magic Lantern Manuel” de W.J. Chadwick – 1878

Deux médailles et des diplômes de “Grand Prix” ont été attribués à Thomas J. MIDDLETON (1817-1889), lors des Expositions Universelles de Philadelphie en 1876 et de Paris en 1878. La maison T.J. MIDDELTON est située à Londres, tout d’abord (1875 à 1878) au 38 Little Queen Street, High Holborn, puis (1878 à 1882) au 235 High Holborn W.C. Elle est fournisseur de la “Royal Polytechnic Institution”. La publicité ci-dessus précise que les lanternes MIDDLETON sont utilisées en Amérique, en Chine, en Inde, au Japon, en Afrique, en Australie, etc… C’est à dire dans tous l’Empire britannique ! Certains attribuent ces lanternes – du moins les plus grosses – à “Carpenter & Westley 24 Regent Street, London”.

LMnoir 05

Suivant la taille de la lanterne, mesurée par le diamètre de la lentille interne (condensateur) celle-ci est considérée comme un jouet (N° 1 à 6 avec lentille de 34 à 90mm) ou comme un appareil de fantasmagorie (N°7 à 10 avec lentille de 75 à 115mm). Les grands modèles peuvent aussi être fabriqués en acajou verni, doublé intérieurement en fer blanc. En ce qui concerne les petits modèles, il est précisé que « la N° 3 est la première taille des petites lanternes qui admet l’utilisation de petites chromatropes, de tableaux comiques animés, de plaques à levier, et de petites vues photographiques ».

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections  Modèle en acajou vernis

L’abbé MOIGNO, quant à lui, les classe en trois catégories : 1° celles des enfants, 2° les lanternes pour fantasmagorie, 3° les lanternes fantasmagoriques avec corps en acajou doublées de fer. « On peut dire en général des premières – les lanternes-joujou – qu’elles atteignent admirablement bien leur but ; et l’étonnant c’est qu’on puisse les donner à si bas prix. Pour avoir une bonne lanterne de seconde classe, avec les tableaux, il faut payer de 125 à 250 francs et les commander à un bon opticien. Celle de la troisième classe se paie beaucoup plus cher, de 5 à 760 francs, et elle exige encore plus d’habileté ; il ne faut l’acheter qu’à bon enseigne, d’autant plus qu’elle constitue un appareil de démonstration presque journalier. Elle donne avec une lampe à huile, des projections de 4 mètres de diamètre ; avec une lampe oxhydrique, des projections de 7 à 10 mètres. »

LMnoir 07  Photo de presse ancienne “Culver Pictures Inc.” New-York – sans date

Elle se caractérise par un corps en fer blanc verni noir équipé d’une porte latérale et d’une poignée à l’arrière. Cette lanterne est surmontée d’une cheminée conique en forme d’escalier composée de trois éléments. A l’avant se trouve un passe-vues de dimension variable en fonction de la taille de la lanterne sur lequel est fixé un support conique noir dans lequel coulisse un objectif en cuivre. Les plus gros modèles peuvent être équipés d’un objectif à crémaillère.

LMnoir 08  Cette gravure représente une de ces lanternes fonctionnant à la lumière oxhydrique. Elle est montée sur un « piédestal muni de roues rendues silencieuses par une garniture en lisière ou en caoutchouc ».

LMnoir 09

La lanterne jouet peut être livrée en coffret avec un certain nombre de plaques de projection sur verre aux dimensions adaptées à la taille du passe-vues. Comme beaucoup de lanternes magiques jouet, elle est équipée d’une petite lampe à pétrole avec sa cheminée en verre et un réflecteur amovible.

LMnoir 11   LMnoir 10

Cette lanterne de fantasmagorie en fer blanc correspond au plus gros modèle (N°9). Elle est équipée de poignées latérales placées sur le haut du corps, qui remplacent la poignée arrière. Le système d’éclairage est interchangeable. Celle-ci est équipée d’un double éclairage soit avec une bougie, soit avec une lampe à huile type Quinquet ; l’abbé MOIGNO précise « …avec lampe à huile, lampe oxycalcique ou lumière oxhydrique ». Le système optique se compose d’un condensateur à double lentille de 115mm de diamètre et d’un objectif achromatique à crémaillère. La gravure en situation montre son utilisation avec un chalumeau oxhydrique (sac de gaz sous la table de projection).

Voir : Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

LMnoir 13  LMnoir 14A gauche catalogue Stanley de 1876 – Cinémathèque Française

Il existe même un modèle à deux lanternes côte à côte appelé “polyorama” destiné à projeter des spectacles sans “trous noirs” entre les vues. Pour cela elle est équipée de volets dentés situés devant les objectifs. Une petite manivelle située à l’arrière permet de monter ou descendre ces volets ce qui dégage un objectif tandis que l’autre est masque progressivement.

NB Remarque sur la présentation de ces lanternes. Certaines vues anciennes les montrent avec cheminées tournées vers l’avant et d’autres vers l’arrière. La base de celle-ci étant cylindrique, elle peut être placée dans un sens ou dans l’autre sans que cela nuise à son fonctionnement.

Voir : Lanterne magique classique - Lanternes magiques jouet - Lanterne magique perfectionnée - La lanterne magique GLORIA

 

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Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

Posté par Patrice Guerin le 16 septembre 2014

Lefevre 01  Brevet du LAMPADORAMA LEFEVRE N° 115 429 – Source Archives INPI

Le 9 novembre 1876, l’ingénieur Henri Alexandre LEFEVRE, demeurant au n°110 de l’avenue de Villiers à Paris, dépose un brevet de quinze ans pour une lanterne magique à double effet dénommée “LAMPADORAMA ou LAMPASCOPE BI-LAMPADAIRE servant de chambre noire et de lanterne magique”.

Lefevre 02  Source Archives INPI

« L’appareil se compose d’une boîte opaque dont les faces inférieures et supérieures sont percées d’orifices qui permettent de le poser sur deux lampes quelconques dont les porte-globes sont à la même hauteur. A l’intérieur de la boîte, un système de réflecteurs renvoie la lumière des deux lampes sur la paroi postérieure de l’appareil où l’on peut placer les objets ou images opaques qui se trouvent ainsi fortement éclairés. La paroi antérieure porte, en face de l’objet éclairé, un système de lentilles convergentes projetant sur un écran extérieur l’image plus ou moins agrandie de l’objet éclairé. Le même appareil se transforme en lanterne magique ou en lampascope de la façon suivante : l’objet opaque est remplacé par un système de miroirs réflecteurs qui renvoient la lumière vers l’orifice de la paroi antérieure devant lequel se trouve une rainure permettant de placer les images transparentes. »

Lefevre 03

Henri LEFEVRE précise aussi les différents usages de son BILAMPADAIRE et annonce, vingt ans à l’avance, l’avènement du cinématographe “Images à mouvements”. « Au moyen de cet appareil et de ses deux transformations, les images noires ou coloriées, opaques ou transparentes, les effets du Phénakistiscope et du Kaléïdoscope, les images à mouvements, sont projetées plus ou moins agrandies sur l’écran extérieur. Le soussigné se réserve l’adaptation industrielle à cet appareil des images noires ou coloriées par les procédés d’impression ordinaire ou par la photographie, sur gélatine transparente, sur mica et en général sur toute matière organique ou minérale moins lourde, moins fragile et plus facile à travailler que le verre. Il se réserve également la possibilité de faire mouvoir les images à mouvement à la main ou au moyen de l’électricité ou par la compression de l’air. »

Lefevre 04  Certificat d’addition du LAMPADORAMA LEFEVRE – Source Archives INPI

Dans le certificat d’addition du 7 novembre 1877 Henri LEFEVRE ajoute : « J’adopte de préférence deux dispositions qui ne différencient principalement  que par la nature des matériaux employés et par leur forme extérieur. L’un des modèles est l’appareil ordinaire généralement en carton ; le second modèle, plus riche et de construction plus solide, est de préférence en métal. »

Lefevre 05  Collection F.B.

Ces appareils peuvent être de formes hexagonales ou elliptiques, allant du modèle le plus simple en carton, aux appareils les plus luxueux telle que celui en tôle aux décors peints à la main ou le modèle “Riche” avec réflecteurs plaqués argent.

Lefevre 06  Le XIXe siècle – Décembre 1877 – Source Gallica

Dans les mois qui suivent, plusieurs journaux signalent cette invention ou publient une annonce présentant l’appareil commercialisé par Ch. DELAGRAVE, 58 rue des Ecoles à Paris. L’un des textes les plus savoureux provient du journal “Le Tintamarre”, hebdomadaire satirique et financier, du 29 décembre 1878 : « Ah ! si feu QUINQUET avait pu se douter que les lampes dont il donnait la première idée seraient perfectionnées à tel point qu’elles serviraient un jour à aider au renversement de la lanterne magique, nul doute qu’il n’ait au moins voulu emporter dans sa tombe un LAMPADORAMA pour charmer ses loisirs dans l’éternité. Avec le LAMPADORAMA, plus de frais de verres, si lourds et si coûteux dans la lanterne magique ; la première image venue mise à l’envers dans l’appareil, enclavé sur deux lampes, et le dessin se projette, grandi une quinzaine de fois, en face de l’appareil, avec tous ses tons, toutes ses couleurs et tous les reliefs qu’il peut comporter. L’Empire, mis à l’envers dans un LAMPADORAMA, se détacherait certainement avec toutes les couleurs qu’il nous a fait avaler pendant dix-huit ans, et la conscience de BAZAINE formerait assurément la plus belle tache noire qu’il soit possible d’imaginer. Enfin, grâce au LAMPADORAMA, plus de femmes méchantes et surtout plus de belles-mères acariâtres ; la crainte de voir leur photographie projetée inopinément va les rendre aussi aimables que la République rêvée par monsieur THIERS. » Denis PEPIN

Lefevre 07  Le Figaro du 22 juin 1878 – Source Gallica

A l’Exposition Universelle de 1878, l’appareil de monsieur DELAGRAVE intéresse le public, pourtant indifférent aux choses scolaires « il présenta un système nouveau et sérieux de lanterne magique, le LAMPADORAMA, qui permet la projection des images opaques, des photographies par exemple, et même des objets en relief, des vases, des œuvres d’art avec toutes leurs couleurs et leurs dorures ».

Lefevre 08

Cette notice publicitaire du MEGASCOPE LEFEVRE ou LAMPADORAMA, dont le distributeur est la Maison des Inventions Nouvelles, 66 rue Basse-du-Rempart à Paris IXe,  indique que « c’est un auxiliaire précieux pour les peintres, dessinateurs, graveurs, décorateurs, architectes, etc. car il permet d’agrandir les croquis, esquisses ou photographies, mais aussi les médailles, camées et même les insectes afin d’éviter aux artistes la plus grande partie d’un travail purement mécanique (le copiage) qui n’est qu’un accessoire d’une œuvre d’art. »

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C’est aussi un jouet très amusant qui remplace la « vieille lanterne magique avec ses verres peints qui étaient toujours si grossièrement faits ». Il permet de projeter tous les dessins imprimés, les chromos et autres gravures de grande qualité et de grande finesse et même « des images grotesques ou des sujets à mouvements faits avec quelques coups de crayon ou de pinceau, avec du fil et des morceaux de carton ».

Lefevre 10  Dans son livre “Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection” Alfred MOLTENI indique qu’il a construit pour monsieur LEFEVRE un appareil que ce dernier a fait breveter sous le nom de BILAMPADAIRE. Ce mégascope se pose sur deux lampes à huile, tout comme les lampascopes classiques. « Il sert dans les séances de famille, pour projeter les photographies sur papier ou les chromolithographies qui rencontrent se rencontrent en si grande quantité. »

Lefevre 14  La devise de Henri LEFEVRE, inscrite au centre de cette étiquette est “En forgeant se fait le Fèvre” !

Ce modèle possède certaines caractéristiques propres aux appareils MOLTENI, telles que les filets dorés qui habillent toutes les faces de l’appareil.

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Ce mégascope a la particularité de projeter aussi bien des corps opaques que des vues transparentes sur verre, et cela « sans déplacer les lampes ». Il suffit de mettre, à l’emplacement de l’image opaque, un support sur lequel sont placés deux petits miroirs orientés de telle manière qu’ils renvoient parfaitement la lumière de chaque lampe vers l’objectif « selon la dimension qu’on cherche à obtenir, on allonge ou on raccourcit le tuyau de la lunette (objectif) jusqu’à ce que l’image soit parfaitement nette ».

Lefevre 11  Gravure provenant du livre “Au hasard du chemin” par M & Mme Satanislas MEUNIER – J. Rothschild éditeur à Paris 13 rue des Saint-Pères. Vers 1886

Le MEGASCOPE LEFEVRE peut être utilisé aussi bien sur deux lampes à huile ou à pétrole ordinaires, voir même sur deux lampes à gaz, à condition qu’elles soient de hauteur identique. Il existerait même un « grand MEGASCOPE LEFEVRE pour projections scéniques avec tous les accessoires nécessaires à la lumière oxhydrique ou électrique (sur commande) ». Comme la plupart des lampascopes qui sont simplement posés sur une lampe d’éclairage, celui-ci à tendance à basculer vers l’avant à cause du poids de l’objectif ; il convient donc d’ajouter une masse de 500g environ dans l’appareil, à l’arrière, pour l’équilibrer.

Voir : Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

 

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La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK – E.P.

Posté par Patrice Guerin le 23 septembre 2013

La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK - E.P. dans Lanternes magiques gloria-01-101x150  gloria-02-150x150 dans Lanternes magiques Lanterne GLORIA de Ernst PLANK. Voir : Lanternes magiques Ernst PLANK

La lanterne magique GLORIA, construite par Ernst PLANK dans les années 1900, est un modèle beaucoup plus perfectionné que toutes celles fabriquées à l’époque. Elle est à mi-chemin entre les petites lanternes magiques jouets et les lanternes de projection utilisées dans les familles ou les écoles.

Voir : Lanternes magiques jouet - Lanternes de projection et d’agrandissement

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Le corps de la lanterne est fabriqué en tôle russe assez épaisse et repose sur quatre pieds dorés en forme de pattes de lion. Il possède deux portes, l’une à l’arrière pour introduire la lampe et l’autre latérale pour effectuer les réglages. Cette dernière possède un petit verrou et supporte la plaque d’indentification GLORIA. E.P.

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La lanterne GLORIA contient une source d’éclairage perfectionnée, fort semblable à ce que l’on voit dans les lanternes de plus grandes dimensions. Celle-ci se compose d’une lampe à pétrole équipée de deux mèches plates réglables surmontée d’un coffret en métal sur lequel vient se fixer la cheminée. L’arrière est équipé d’un miroir, tandis que l’avant possède un verre anti-calorique. Le mode d’emploi mentionne aussi « Mettre le tube de verre sur le bec par en haut, placer la cheminée et monter graduellement les deux mèches à l’aide des deux molettes qui doivent se trouver près de la petite porte à droite ».

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Le système optique se compose d’un petit condensateur équipé d’une seule lentille plan-convexe, d’un passe-vues pour plaques ou chassis de 6 cm de large et d’un objectif en deux parties avec 1 lentille convexe et une lentille plan-convexe à l’avant. Il est réglable soit en le coulissant soit à l’aide d’une molette à crémaillère (sur certains modèles).

gloria-09-300x179  Cette grosse lanterne magique était souvent vendue dans un coffret contenant un certain nombre d’accessoires permettant d’effectuer des projections familiales.

Voir : Accessoires pour projections familiales - Lanterne magique vernie noir - Lanterne magique classique

 

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