Lanterne de projection double STEREOPTICON

Posté par Patrice Guerin le 30 octobre 2018

Stereopticon 01  Catalogue James W. Queen & C° Philadelphie 1869

Le terme “STEREOPTICON” est d’origine anglo-saxonne et figure sur la couverture de nombreux catalogues américains à partir du milieu des années 1860. Il est généralement accompagné du sous-titre “Dissolving view apparatus” (appareil pour vues fondantes ou pour fondu enchainé dirions-nous aujourd’hui). « Vous avez entendu parler de “STEREOPTICON”, de “STEREOSCOPTICON”, de “PANTOSCOPTICON” et de “SCIOPTICON” ou de la “LICORNE D’ÉCRITURE”, comme le disent les billets de cirque, mais cet enrichissement de la langue provenant de sources grecques est étrange. Ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle lanterne magique adaptée à la projection de photographies sur verre et autres photos à grande échelle. En général, tous les “…OPTICONS” sont des lanternes magiques. » Source “The Pennsylvania School Journal” décembre 1873, page 213.

Stereopticon 02  “Panorama Stereopticon” James W. Queen & C° Philadelphie 1888.

Un STEREOPTICON est une sorte de Lanterne Magique double permettant de projeter en continu (sans séquence noire entre les images) une suite de vues positives sur verre. Il existe deux types d’appareils :

Stereopticon 03  d’une part ceux constitués de deux projecteurs placés l’un à coté de l’autre ;

Stereopticon 04  d’autre part, ceux formés par deux appareils placés l’un au dessus de l’autre.

Par la suite les appareils superposés ne feront plus qu’un seul projecteur à deux objectifs, appelés par les anglais “Biunial”.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Lanterne magique vernie noir

Stereopticon 05  Dispositif de fondu à l’avant d’une lanterne double verticale.

A l’avant de chaque objectif se trouve un volet mobile permettant de “fermer” le flux lumineux d’un objectif tout en “ouvrant” l’autre flux lumineux de telle manière que la quantité de lumière soit constante sur l’écran.

Stereopticon 06aStereopticon 06b  Eclairage oxy-calcique.

Pour assurer des spectacles dans de grandes salles, la lumière était fourni par des chalumeaux “Oxhy-Calcique” placés dans chaque lanterne. Ceux-ci étaient alimenté par du gaz Oxygène qu’il fallait préparer avant chaque projection car il n’existait pas de fournisseur à l’époque.

Voir : La lumière DRUMMOND et les chalumeaux oxhydriques

Stereopticon 07  Salle de conférence aux Etats-Unis vers 1880.

Ces dispositifs de projection remontent au milieu du XIXe siècle lorsque certains conférenciers (lecturers en anglais) souhaitaient illustrer leurs propos d’une suite continue d’images. « La lanterne magique, qui servait autrefois à amuser les enfants avec la projection de misérables caricatures et figures grotesques, a maintenant pris un caractère différent grâce aux “Images photographiques nouvelles et supérieures” préparées pour cet instrument ; ces vues sont faites avec netteté, fidélité et effet artistique, représentations inaccessibles à celles qui existaient auparavant. »*

Stereopticon 08  Vue positive stéréo des chutes du Niagara par les frères LANGENHEIM. Source Wikimedia Commons.

Les photographes Américains, d’origine allemande, William et Frederick LANGENHEIM développèrent le procédé des “Diapositives Stereopticon” – images positives sur verre – vers 1849/50. Installés à Philadelphie, ils font une brillante démonstration de projection de ces images lors de la première Exposition Universelle qui se déroule à Londres en 1851. Cet événement apporte une audience internationale à leur travail et contribue à l’utilisation des vues transparentes sur verre pour la projection.

Stereopticon 09Catalogue “Optical Lanterns, Stereopticons, Photographic Transparencies and Colored Views” par James W. Queen & C° Philadelphie 1888.

Des catalogues de vues photographiques sur verre souvent « colorées à la main » sont édités et présentent plusieurs milliers de sujets que l’on peut acheter individuellement ou sous forme de “Lecture Sets”, sorte de conférence prête à l’emploi avec sélection de vues et texte d’accompagnement. Le catalogue de James W. Queen & C° à Philadelphie, datant de 1888 (52e édition) contient plus d’une centaine de pages consacrées aux vues de projection. « Pour donner une conférence de deux heures, une quarantaine de photos est le plus petit nombre qui puisse être utilisé ; avec un plus grand nombre, il sera moins difficile de divertir le public. »*

Stereopticon 10  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne par Alfred MOLTENI en 1880.

Les conférences avec projections vont se développer dans toute l’Europe jusqu’au début du XXe siècle et la France ne sera pas en reste dans ce domaine. Dès 1860 Alfred MOLTENI va être le projectionniste « zélé » de nombreux conférenciers.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

* Catalogue “Magic Lanterns, Stereoscopticons, and Dissolving view apparatus” de James W. Queen & C° Philadelphie 1869.

 

 

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La Lanterne Magique d’Amour

Posté par Patrice Guerin le 22 septembre 2018

Schall 4  Détail de la gravure

Cette belle estampe du XVIIIe siècle, intitulée “La Lanterne Magique d’Amour”, a été gravée par Pierre Michel ALIX (1762-1817), d’après un tableau de Jean Frédéric SCHALL (1752-1825).

Schall 2  “La Lanterne Magique d’Amour” 1805, monté dans un cadre d’époque.

En plus du titre de la gravure, il est écrit « Déposé à la Bibliothèque Impériale. A Paris, chez Noël Frères rue des Prêtres Saint Germain l’Auxerois N°22, à la colonne de Rosback et rue St Jacques N°16, au Pont des Arts. »

Schall 3  “Le Télégraphe d’Amour”1805, source : Musée de la Poste.

“La Lanterne Magique d’Amour” et “Le Télégraphe d’Amour”sont deux “pendants” gravés d’après SCHALL, déposés le 16 juillet 1805. Source : Bibliothèque Nationale, département des Estampes. Inventaire du fonds français. Graveurs du XVIIIe siècle par Marcel Roux. Paris Bibliothèque Nationale 1931.

Voir : Montreurs de lanterne magique

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Dès 1776, SCHALL peint des sujets galants à la manière de FRAGONARD.« Témoin, dans un genre parfois scabreux, de la douceur de vivre de l’Ancien Régime finissant, mémorialiste des mœurs légères, dans un décor tout à la fois réaliste et imaginaire, il devient un maitre mineur dans le genre de FRAGONARD et de WATTEAU ».  Sous prétexte de mythologie, il excelle dans les sujets licencieux représentant des femmes nues dans des paysages bucoliques qui remportent un énorme succès à l’époque. La plupart de ses œuvres sont immédiatement gravées, souvent en couleurs.

 

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Lanterne magique vernie noir

Posté par Patrice Guerin le 18 juillet 2015

LMnoir 01 1  Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections 2  LMnoir 03 3  LMnoir 04 4

Présentée dans le catalogue MOLTENI de 1880 (3), cette lanterne apparaît dans divers ouvrages anglais dès les années 1860. Dans le livre “The Magic Lantern, how to buy, and how to use it” publié à Londres en 1866 (1), on peut lire cette citation de sir David BREWSTER (1781-1868) : « La lanterne magique, qui pendant longtemps a été utilisée seulement comme un instrument pour amuser les enfants et étonner les ignorants, a été récemment améliorée afin d’être utilisée… dans presque toutes les branches de l’enseignement scientifique où il est souhaitable de donner une représentation précise et agrandie de phénomènes devant un large public. » Dans son livre “L’Art des Projections” de 1872 (2), l’abbé MOIGNO présente cette lanterne de la manière suivante : « Modèle anglais que l’on trouve toute faite chez les opticiens et les marchands de jouets… On peut les commander au fabricant en lui donnant simplement le diamètre du condensateur et de l’objectif. » Quant au livre de la Maison NEWTON publié vers 1880 (4), on y voit cette lanterne équipée d’une lampe à huile semblable à celle présentée à la fin de cet article.

LMnoir 12  Page extraite du livre “The Magic Lantern Manuel” de W.J. Chadwick – 1878

Deux médailles et des diplômes de “Grand Prix” ont été attribués à Thomas J. MIDDLETON (1817-1889), lors des Expositions Universelles de Philadelphie en 1876 et de Paris en 1878. La maison T.J. MIDDELTON est située à Londres, tout d’abord (1875 à 1878) au 38 Little Queen Street, High Holborn, puis (1878 à 1882) au 235 High Holborn W.C. Elle est fournisseur de la “Royal Polytechnic Institution”. La publicité ci-dessus précise que les lanternes MIDDLETON sont utilisées en Amérique, en Chine, en Inde, au Japon, en Afrique, en Australie, etc… C’est à dire dans tous l’Empire britannique ! Certains attribuent ces lanternes – du moins les plus grosses – à “Carpenter & Westley 24 Regent Street, London”.

LMnoir 05

Suivant la taille de la lanterne, mesurée par le diamètre de la lentille interne (condensateur) celle-ci est considérée comme un jouet (N° 1 à 6 avec lentille de 34 à 90mm) ou comme un appareil de fantasmagorie (N°7 à 10 avec lentille de 75 à 115mm). Les grands modèles peuvent aussi être fabriqués en acajou verni, doublé intérieurement en fer blanc. En ce qui concerne les petits modèles, il est précisé que « la N° 3 est la première taille des petites lanternes qui admet l’utilisation de petites chromatropes, de tableaux comiques animés, de plaques à levier, et de petites vues photographiques ».

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections  Modèle en acajou vernis

L’abbé MOIGNO, quant à lui, les classe en trois catégories : 1° celles des enfants, 2° les lanternes pour fantasmagorie, 3° les lanternes fantasmagoriques avec corps en acajou doublées de fer. « On peut dire en général des premières – les lanternes-joujou – qu’elles atteignent admirablement bien leur but ; et l’étonnant c’est qu’on puisse les donner à si bas prix. Pour avoir une bonne lanterne de seconde classe, avec les tableaux, il faut payer de 125 à 250 francs et les commander à un bon opticien. Celle de la troisième classe se paie beaucoup plus cher, de 5 à 760 francs, et elle exige encore plus d’habileté ; il ne faut l’acheter qu’à bon enseigne, d’autant plus qu’elle constitue un appareil de démonstration presque journalier. Elle donne avec une lampe à huile, des projections de 4 mètres de diamètre ; avec une lampe oxhydrique, des projections de 7 à 10 mètres. »

LMnoir 07  Photo de presse ancienne “Culver Pictures Inc.” New-York – sans date

Elle se caractérise par un corps en fer blanc verni noir équipé d’une porte latérale et d’une poignée à l’arrière. Cette lanterne est surmontée d’une cheminée conique en forme d’escalier composée de trois éléments. A l’avant se trouve un passe-vues de dimension variable en fonction de la taille de la lanterne sur lequel est fixé un support conique noir dans lequel coulisse un objectif en cuivre. Les plus gros modèles peuvent être équipés d’un objectif à crémaillère.

LMnoir 08  Cette gravure représente une de ces lanternes fonctionnant à la lumière oxhydrique. Elle est montée sur un « piédestal muni de roues rendues silencieuses par une garniture en lisière ou en caoutchouc ».

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La lanterne jouet peut être livrée en coffret avec un certain nombre de plaques de projection sur verre aux dimensions adaptées à la taille du passe-vues. Comme beaucoup de lanternes magiques jouet, elle est équipée d’une petite lampe à pétrole avec sa cheminée en verre et un réflecteur amovible.

LMnoir 11   LMnoir 10

Cette lanterne de fantasmagorie en fer blanc correspond au plus gros modèle (N°9). Elle est équipée de poignées latérales placées sur le haut du corps, qui remplacent la poignée arrière. Le système d’éclairage est interchangeable. Celle-ci est équipée d’un double éclairage soit avec une bougie, soit avec une lampe à huile type Quinquet ; l’abbé MOIGNO précise « …avec lampe à huile, lampe oxycalcique ou lumière oxhydrique ». Le système optique se compose d’un condensateur à double lentille de 115mm de diamètre et d’un objectif achromatique à crémaillère. La gravure en situation montre son utilisation avec un chalumeau oxhydrique (sac de gaz sous la table de projection).

Voir : Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

LMnoir 13  LMnoir 14A gauche catalogue Stanley de 1876 – Cinémathèque Française

Il existe même un modèle à deux lanternes côte à côte appelé “polyorama” destiné à projeter des spectacles sans “trous noirs” entre les vues. Pour cela elle est équipée de volets dentés situés devant les objectifs. Une petite manivelle située à l’arrière permet de monter ou descendre ces volets ce qui dégage un objectif tandis que l’autre est masque progressivement.

NB Remarque sur la présentation de ces lanternes. Certaines vues anciennes les montrent avec cheminées tournées vers l’avant et d’autres vers l’arrière. La base de celle-ci étant cylindrique, elle peut être placée dans un sens ou dans l’autre sans que cela nuise à son fonctionnement.

Voir : Lanterne magique classique - Lanternes magiques jouet - Lanterne magique perfectionnée - La lanterne magique GLORIA

 

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Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

Posté par Patrice Guerin le 16 septembre 2014

Lefevre 01  Brevet du LAMPADORAMA LEFEVRE N° 115 429 – Source Archives INPI

Le 9 novembre 1876, l’ingénieur Henri Alexandre LEFEVRE, demeurant au n°110 de l’avenue de Villiers à Paris, dépose un brevet de quinze ans pour une lanterne magique à double effet dénommée “LAMPADORAMA ou LAMPASCOPE BI-LAMPADAIRE servant de chambre noire et de lanterne magique”.

Lefevre 02  Source Archives INPI

« L’appareil se compose d’une boîte opaque dont les faces inférieures et supérieures sont percées d’orifices qui permettent de le poser sur deux lampes quelconques dont les porte-globes sont à la même hauteur. A l’intérieur de la boîte, un système de réflecteurs renvoie la lumière des deux lampes sur la paroi postérieure de l’appareil où l’on peut placer les objets ou images opaques qui se trouvent ainsi fortement éclairés. La paroi antérieure porte, en face de l’objet éclairé, un système de lentilles convergentes projetant sur un écran extérieur l’image plus ou moins agrandie de l’objet éclairé. Le même appareil se transforme en lanterne magique ou en lampascope de la façon suivante : l’objet opaque est remplacé par un système de miroirs réflecteurs qui renvoient la lumière vers l’orifice de la paroi antérieure devant lequel se trouve une rainure permettant de placer les images transparentes. »

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Henri LEFEVRE précise aussi les différents usages de son BILAMPADAIRE et annonce, vingt ans à l’avance, l’avènement du cinématographe “Images à mouvements”. « Au moyen de cet appareil et de ses deux transformations, les images noires ou coloriées, opaques ou transparentes, les effets du Phénakistiscope et du Kaléïdoscope, les images à mouvements, sont projetées plus ou moins agrandies sur l’écran extérieur. Le soussigné se réserve l’adaptation industrielle à cet appareil des images noires ou coloriées par les procédés d’impression ordinaire ou par la photographie, sur gélatine transparente, sur mica et en général sur toute matière organique ou minérale moins lourde, moins fragile et plus facile à travailler que le verre. Il se réserve également la possibilité de faire mouvoir les images à mouvement à la main ou au moyen de l’électricité ou par la compression de l’air. »

Lefevre 04  Certificat d’addition du LAMPADORAMA LEFEVRE – Source Archives INPI

Dans le certificat d’addition du 7 novembre 1877 Henri LEFEVRE ajoute : « J’adopte de préférence deux dispositions qui ne différencient principalement  que par la nature des matériaux employés et par leur forme extérieur. L’un des modèles est l’appareil ordinaire généralement en carton ; le second modèle, plus riche et de construction plus solide, est de préférence en métal. »

Lefevre 05  Collection F.B.

Ces appareils peuvent être de formes hexagonales ou elliptiques, allant du modèle le plus simple en carton, aux appareils les plus luxueux telle que celui en tôle aux décors peints à la main ou le modèle “Riche” avec réflecteurs plaqués argent.

Lefevre 06  Le XIXe siècle – Décembre 1877 – Source Gallica

Dans les mois qui suivent, plusieurs journaux signalent cette invention ou publient une annonce présentant l’appareil commercialisé par Ch. DELAGRAVE, 58 rue des Ecoles à Paris. L’un des textes les plus savoureux provient du journal “Le Tintamarre”, hebdomadaire satirique et financier, du 29 décembre 1878 : « Ah ! si feu QUINQUET avait pu se douter que les lampes dont il donnait la première idée seraient perfectionnées à tel point qu’elles serviraient un jour à aider au renversement de la lanterne magique, nul doute qu’il n’ait au moins voulu emporter dans sa tombe un LAMPADORAMA pour charmer ses loisirs dans l’éternité. Avec le LAMPADORAMA, plus de frais de verres, si lourds et si coûteux dans la lanterne magique ; la première image venue mise à l’envers dans l’appareil, enclavé sur deux lampes, et le dessin se projette, grandi une quinzaine de fois, en face de l’appareil, avec tous ses tons, toutes ses couleurs et tous les reliefs qu’il peut comporter. L’Empire, mis à l’envers dans un LAMPADORAMA, se détacherait certainement avec toutes les couleurs qu’il nous a fait avaler pendant dix-huit ans, et la conscience de BAZAINE formerait assurément la plus belle tache noire qu’il soit possible d’imaginer. Enfin, grâce au LAMPADORAMA, plus de femmes méchantes et surtout plus de belles-mères acariâtres ; la crainte de voir leur photographie projetée inopinément va les rendre aussi aimables que la République rêvée par monsieur THIERS. » Denis PEPIN

Lefevre 07  Le Figaro du 22 juin 1878 – Source Gallica

A l’Exposition Universelle de 1878, l’appareil de monsieur DELAGRAVE intéresse le public, pourtant indifférent aux choses scolaires « il présenta un système nouveau et sérieux de lanterne magique, le LAMPADORAMA, qui permet la projection des images opaques, des photographies par exemple, et même des objets en relief, des vases, des œuvres d’art avec toutes leurs couleurs et leurs dorures ».

Lefevre 08

Cette notice publicitaire du MEGASCOPE LEFEVRE ou LAMPADORAMA, dont le distributeur est la Maison des Inventions Nouvelles, 66 rue Basse-du-Rempart à Paris IXe,  indique que « c’est un auxiliaire précieux pour les peintres, dessinateurs, graveurs, décorateurs, architectes, etc. car il permet d’agrandir les croquis, esquisses ou photographies, mais aussi les médailles, camées et même les insectes afin d’éviter aux artistes la plus grande partie d’un travail purement mécanique (le copiage) qui n’est qu’un accessoire d’une œuvre d’art. »

Lefevre 09

C’est aussi un jouet très amusant qui remplace la « vieille lanterne magique avec ses verres peints qui étaient toujours si grossièrement faits ». Il permet de projeter tous les dessins imprimés, les chromos et autres gravures de grande qualité et de grande finesse et même « des images grotesques ou des sujets à mouvements faits avec quelques coups de crayon ou de pinceau, avec du fil et des morceaux de carton ».

Lefevre 10  Dans son livre “Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection” Alfred MOLTENI indique qu’il a construit pour monsieur LEFEVRE un appareil que ce dernier a fait breveter sous le nom de BILAMPADAIRE. Ce mégascope se pose sur deux lampes à huile, tout comme les lampascopes classiques. « Il sert dans les séances de famille, pour projeter les photographies sur papier ou les chromolithographies qui rencontrent se rencontrent en si grande quantité. »

Lefevre 14  La devise de Henri LEFEVRE, inscrite au centre de cette étiquette est “En forgeant se fait le Fèvre” !

Ce modèle possède certaines caractéristiques propres aux appareils MOLTENI, telles que les filets dorés qui habillent toutes les faces de l’appareil.

Lefevre 16  Lefevre 13  Lefevre 15

Ce mégascope a la particularité de projeter aussi bien des corps opaques que des vues transparentes sur verre, et cela « sans déplacer les lampes ». Il suffit de mettre, à l’emplacement de l’image opaque, un support sur lequel sont placés deux petits miroirs orientés de telle manière qu’ils renvoient parfaitement la lumière de chaque lampe vers l’objectif « selon la dimension qu’on cherche à obtenir, on allonge ou on raccourcit le tuyau de la lunette (objectif) jusqu’à ce que l’image soit parfaitement nette ».

Lefevre 11  Gravure provenant du livre “Au hasard du chemin” par M & Mme Satanislas MEUNIER – J. Rothschild éditeur à Paris 13 rue des Saint-Pères. Vers 1886

Le MEGASCOPE LEFEVRE peut être utilisé aussi bien sur deux lampes à huile ou à pétrole ordinaires, voir même sur deux lampes à gaz, à condition qu’elles soient de hauteur identique. Il existerait même un « grand MEGASCOPE LEFEVRE pour projections scéniques avec tous les accessoires nécessaires à la lumière oxhydrique ou électrique (sur commande) ». Comme la plupart des lampascopes qui sont simplement posés sur une lampe d’éclairage, celui-ci à tendance à basculer vers l’avant à cause du poids de l’objectif ; il convient donc d’ajouter une masse de 500g environ dans l’appareil, à l’arrière, pour l’équilibrer.

Voir : Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

 

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La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK – E.P.

Posté par Patrice Guerin le 23 septembre 2013

La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK - E.P. dans Lanternes magiques gloria-01-101x150  gloria-02-150x150 dans Lanternes magiques Lanterne GLORIA de Ernst PLANK. Voir : Lanternes magiques Ernst PLANK

La lanterne magique GLORIA, construite par Ernst PLANK dans les années 1900, est un modèle beaucoup plus perfectionné que toutes celles fabriquées à l’époque. Elle est à mi-chemin entre les petites lanternes magiques jouets et les lanternes de projection utilisées dans les familles ou les écoles.

Voir : Lanternes magiques jouet - Lanternes de projection et d’agrandissement

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Le corps de la lanterne est fabriqué en tôle russe assez épaisse et repose sur quatre pieds dorés en forme de pattes de lion. Il possède deux portes, l’une à l’arrière pour introduire la lampe et l’autre latérale pour effectuer les réglages. Cette dernière possède un petit verrou et supporte la plaque d’indentification GLORIA. E.P.

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La lanterne GLORIA contient une source d’éclairage perfectionnée, fort semblable à ce que l’on voit dans les lanternes de plus grandes dimensions. Celle-ci se compose d’une lampe à pétrole équipée de deux mèches plates réglables surmontée d’un coffret en métal sur lequel vient se fixer la cheminée. L’arrière est équipé d’un miroir, tandis que l’avant possède un verre anti-calorique. Le mode d’emploi mentionne aussi « Mettre le tube de verre sur le bec par en haut, placer la cheminée et monter graduellement les deux mèches à l’aide des deux molettes qui doivent se trouver près de la petite porte à droite ».

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Le système optique se compose d’un petit condensateur équipé d’une seule lentille plan-convexe, d’un passe-vues pour plaques ou chassis de 6 cm de large et d’un objectif en deux parties avec 1 lentille convexe et une lentille plan-convexe à l’avant. Il est réglable soit en le coulissant soit à l’aide d’une molette à crémaillère (sur certains modèles).

gloria-09-300x179  Cette grosse lanterne magique était souvent vendue dans un coffret contenant un certain nombre d’accessoires permettant d’effectuer des projections familiales.

Voir : Accessoires pour projections familiales - Lanterne magique vernie noir - Lanterne magique classique

 

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Les expériences d’optique de DELLA PORTA

Posté par Patrice Guerin le 28 août 2013

Les expériences d’optique de DELLA PORTA dans Brevets et inventeurs porta-1-119x150

Giambattista DELLA PORTA (voir PORTRAITS) ou Giovanni Battista DELLE PORTA (1535-1615) est un physicien, opticien, philosophe, cryptologue et alchimiste italien. Ses travaux et exposés sur les lentilles passent pour avoir fortement inspiré la fabrication de la première lunette en 1590.

porta-2-105x150 dans Lanternes magiques  Ouvrage “De Refractione optices parte” publié à Naples chez Horatius Salvianus en 1593. Le traité, qui se divise en 9 livres, étudie la réfraction des rayons lumineux quand ils traversent divers corps transparents.

Toute son œuvre témoigne de son goût pour le merveilleux. Il fut le fondateur de l’académie des Otiosi, puis de l’académie des Secrets dont le nom attira les foudres de l’Inquisition. Le pape Paul III la fit supprimer et interdit à DELLA PORTA de se mêler plus longtemps “d’arts illicites”. DELLA PORTA installa dans sa maison un riche cabinet de curiosités. Il en fit les honneurs à de nombreuses personnalités. Il contribue fortement à répandre le goût des sciences physiques et naturelles. On lui doit la découverte de la chambre noire, de nombreuses expériences d’optique.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

porta-3-291x300  Expérience de PORTA

C’est à PORTA que l’on doit l’explication du phénomène produit par un faisceau lumineux pénétrant dans une pièce obscure. « Si l’air de la chambre noir est bien pur et que nous venions à en troubler la limpidité en secouant un linge renfermant de la craie pulvérisée, cette poussière serrée fera écran et nous verrons apparaître un cône lumineux produit par l’éclairage, à l’intérieur de son contour, de toutes les pellicules de craie. »

Dans la pratique, les spectateurs se placent dans la chambre obscure et un opérateur dirige convenablement une nappe de fumée dans le cône lumineux contenant l’image qu’on a eu soin au préalable de redresser à l’aide d’un système de lentilles convenablement disposées à l’ouverture de la chambre obscure. Deux siècles plus tard, ROBERTSON utilisera cette technique pour faire apparaître des fantômes et autres revenants.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

porta-5-116x150  porta-4-300x224  Extraits d’encyclopédies anglaise et allemande – 1797

Plusieurs planches d’encyclopédies datent du XVIIIe siècle représentent ce principe de projection sur un nuage de craie ou de la fumée.

 

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Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET

Posté par Patrice Guerin le 21 août 2013

Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET dans Brevets et inventeurs nollet-11-97x150  Cabinet de physique de l’abbé NOLLET

Les “LEÇONS DE PHYSIQUE EXPERIMENTALE” sont un classique, très bien illustré, de la physique du XVIIIe siècle, l’un des ouvrages les plus célèbres de l’Abbé NOLLET (voir PORTRAITS) « de l’Académie Royale des Sciences, de la Société Royale de Londres, de l’Institut de Bologne, etc. Maître de Physique & d’Histoire Naturelle des Enfants de France, et Professeur Royal de Physique Expérimentale au Collège de Navarre. »

nollet-12b-300x249 dans Lanternes magiques

L’ouvrage est composé de six volumes format 17x10cm, édités à partir de 1745 et ré-édités une dizaine de fois en quarante ans. Il est tout d’abord publié “Chez les Frères GUERIN, rue Saint Jacques, vis-à-vis les Mathurins, à Saint Thomas d’Aquin, Paris”, puis “Chez DURAND, Neveu, Libraire rue Galande, à la Segesse, Paris.”

nollet-13-111x150  Abbé NOLLET

L’abbé physicien y décrit, avec une précision remarquable, de très nombreuses expériences de physique avec des détails sur le matériel expérimental. Les deux premiers volumes sont consacrés à la mécanique des corps, à la gravité et à l’hydrostatique, les troisième et quatrième présentent les propriétés de l’air, de l’eau et du feu, le cinquième est consacré à la lumière et à l’optique et le sixième à l’astronomie et l’électricité.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

nollet-14-150x86  Tome premier : 379 pages et 19 planches dépliantes plus un portrait de J.A. Nollet et une gravure de son cabinet en introduction. LEÇON I Préliminaire – LEÇON II De la porosité, compressibilité & élasticité des Corps – LEÇON III De le Mobilité des Corps – LEÇON IV Suite des Loix du Mouvement simple.

nollet-15-150x84  Tome second : 488 pages et 20 planches dépliantes. LEÇON V Sur le Mouvement composé, et sur les Forces centrales – LEÇON VI Sur la Gravité ou Pesanteur des Corps – LEÇON VII Sur l’Hydrostatique – LEÇON VIII Suite de l’Hydrostatique.

nollet-16-150x85  Tome troisième : 512 pages et 19 planches dépliantes. LEÇON IX Sur la Méchanique – LEÇON X Sur la Nature & les Propriétés de l’Air – LEÇON XI Suite des Propriétés de l’Air.

nollet-17-150x78  Tome quatrième : 535 pages et 14 planches dépliantes. LEÇON XII Sur la Nature & les Propriétés de l’Eau – LEÇON XIII De la Nature & des Propriétés du Feu – LEÇON XIV Suite des Propriétés du Feu.

nollet-18-150x87  Tome cinquième : 592 pages et 24 planches dépliantes. LEÇON XV Sur la Lumière – LEÇON XVI Sur la Lumière – LEÇON XVII Suite des Propriétés de la Lumière avec une Section IV Sur la Vision & sur les Instruments d’Optique (dont le Chambre noire, les Boîtes d’optique, les Télescopes et Microscopes, la Lanterne Magique et le Microscope solaire).

nollet-19-150x92  Tome sixième : 524 pages et 20 planches dépliantes. LEÇON XVIII Sur les Mouvements des Astres, & sur les Phénomènes qui en résultent – LEÇON XIX Sur les Propriétés de l’Aimant – LEÇON XX Sur l’Electricité, tant naturelle qu’artificielle – LEÇON XXI Sur l’Electricité, tant naturelle qu’artificielle.

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Comme souvent les 6 volumes de cet ouvrage proviennent d’éditions différentes (dans ce cas 1779 / 7e édition et 1783 / 9e édition), mais possèdent une reliure  uniforme du XVIIIe siècle. Le titre figurant au dos de chaque livre est “Physique de Nollet” et non plus “Leçons de physique” comme on le voyait sur les premières éditions.

nollet-21-89x150  Ex-libris aux armes de Salvatore PORCARI LI LESTRI

Cette série provient de la bibliothèque privée du baron Salvatore Xavier PORCARI LI DESTRI, ambassadeur et sénateur de la République italienne.

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La lanterne magique ou le spectacle amusant

Posté par Patrice Guerin le 23 février 2013

La lanterne magique ou le spectacle amusant dans Gravures et Chromos lanterne-1815-01-150x99  lanterne-1815-02-99x150 dans Lanternes magiques  Livre de 1815
“Spectacle amusant donné par un Père à ses Enfans”, tel est le sous-titre de ce petit livre traduit de l’anglais, datant de 1815. Edité à Paris à la librairie du Lys d’or chez H. Vauquelin.

lanterne-1815-03-300x232 dans Projecteurs jouet

« Mon oncle a été très content de nous cette semaine, et il nous a promis que si nous continuions de nous bien comporter, il nous montrerait la “Lanterne Magique” qu’il a été si longtemps à faire. Je me persuade que ce sera une  chose très amusante ; car, non seulement nous verrons les figures danser au mur, non seulement nous verrons un éléphant baisser et relever sa trompe ; mais il nous racontera les histoires des petits garçons et des petites filles dont il a dessiné les portraits ».

lanterne-1815-04-150x92  Chromo début du XXe siècle

Voir d’autres chromos : Chromos lanterne magique enfants

Le lendemain soir, monsieur Manly prépare la lanterne magique ; mistriss Manly met un écran devant le feu ; Frédéric, Caroline, Sophie et Edouard rangent des chaises d’une manière convenable, et éteignent les lumières.

lanterne-1815-05-150x94  « Ce que vous voyez est une mascarade d’enfants »

« Messieurs, mesdames, vous allez voir ce que vous allez voir… Ce que vous voyez est un bal composé de masques pour les fêtes de Noël… Il fut convenu qu’on formerait une mascarade à laquelle tous les enfans du voisinage seraient invités.  »

Le spectacle familial pour enfants est un thème récurent des projections lumineuses qui durera bien au delà du XIXe siècle avec ses fameuses lanternes magiques en tôle multicolore.  Dans les années 1950, il est encore largement exploité pour promouvoir les bandes dessinées et autres produits destinés aux enfants.

Voir les articles suivants publiés sur ce site :

 

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Best Wishes and Greetings with magic lantern

Posté par Patrice Guerin le 29 décembre 2012

Best Wishes and Greetings with magic lantern dans Lanternes magiques chromous10a-300x183  chromous10b-300x183 dans Lanternes magiques  chromous10c-300x187

Une belle série de cartes gaufrées américaines des années 1900 !

D’autres chromos avec des lanternes magiques sont à voir ci dessous :
Chromos fantaisies lanterne magique
Chromos lanterne magique enfants
Chromos lanterne magique série Pierrot, Colombine et Arlequin

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La manufacture d’instruments d’optique BURON

Posté par Patrice Guerin le 19 novembre 2012

La manufacture d’instruments d’optique BURON dans Lanternes magiques buron-01-150x77

En 1788, BURON père fonde la “Manufacture d’instruments d’optique et de mathématiques” située au 10 rue des trois Pavillons à Paris (actuelle rue Elzévir dans le IIIe arrondissement). A partir de 1818, l’entreprise est dirigée par BURON fils qui obtient de nombreuses récompenses aux expositions publiques des produits de l’industrie française : médaille d’argent en 1834 et 1839 et médaille d’or en 1844.

buron-02-110x150 dans Lanternes magiques Source BNF-Gallica

« Les instruments établis par M. BURON sont bien exécutés. Tout se fabrique chez lui, verres et montures. Il emploie dans ses ateliers 75 à 80 personnes. Les outils y sont mus par une machine à vapeur. Plus de la moitié de ses produits s’exporte… Une très grande partie des lunettes qui se vendent comme “lunettes anglaises”, soit en France soit en dehors, sortent de la fabrique de monsieur BURON ». Extrait du rapport du jury central de l’exposition de 1839.

buron-03-150x109  Source BNF-Gallica

« Sa fabrique est devenue une véritable manufacture. Les ateliers sont divisés en plusieurs sections distinctes placées sous la direction de contre-maîtres spécialisés. L’une des sections est spécialement affectée aux travaux de l’optique proprement dite, c’est-à-dire des verres qui sont confectionnés avec des procédés d’une extrême précision. »

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Les principaux appareils fabriqués par la manufacture BURON sont : des lunettes de campagne, de marine ou astronomiques ; des microscopes ; des chambres claires et daguerréotypes ; des loupes et autres verres d’optique ; des règles, boussoles, niveaux, compas, rapporteurs, etc. Pour l’Exposition de l’Industrie française de 1944 « monsieur BURON a construit une grande Lunette qui a 8 mètres de longueur, dont l’objectif, formé d’un flint de M. GUINAND et d’un crown de M. BONTEMPS, a 36 centimètres d’ouverture efficace. »

BURON fils est ingénieur opticien, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’Honneur en 1844, membre de la société d’encouragement pour l’industrie nationale.

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Voir : Fantascope en forme de lanterne magique

Il est l’un des tous premiers à publier un catalogue illustré pour présenter les instruments construits dans ses ateliers. Son catalogue de 1844 contient pas moins de 310 gravures « Pendant le cours d’une longue carrière industrielle, j’ai bien des fois été à même de constater que la difficulté la plus réelle qu’éprouvent les relations des fabricants avec leurs commettants provient des méprises ou des erreurs auxquelles donnent lieu trop souvent la connaissance imparfaite des articles de la fabrication et l’inexactitude dans les commandes ».

SOURCE : CNAM – Conservatoire NUMérique

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