Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT

Posté par Patrice Guerin le 26 juin 2012

Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT dans Images projetees Brabant-00-150x100  Gravure de 1862/63 in “Magasin des Demoiselles”

Face à une assistance de jeunes filles mi curieuses, mi apeurées, le sage TROPHONIUS* habillé en magicien, présente l’édifiante légende de Geneviève de BRABANT.

Brabant-01-150x40 dans Lanternes magiques  1 – Jeunesse de Geneviève de Brabant / 2 – Geneviève de Brabant épouse le seigneur Siffroy

Brabant-02-150x41 dans Projecteurs jouet  3 – Départ de Siffroy pour la guerre / 4 – Geneviève reçoit des nouvelles de son époux

Brabant-03-150x40  5 – Golo intendant du comte se jette aux genoux de Geneviève et lui déclare son amour / 6 – Golo fait mettre en prison Geneviève qui donne le jour à un fils dans son cachot

Geneviève de BRABANT, est une héroïne légendaire du Moyen-Age qui a parfois été considérée comme une sainte. Accusée d’adultère après le départ de son mari parti en croisade contre les Sarrasins, l’intendant GOLO la confie à des domestiques pour être mise à mort dans la forêt. Emus par sa grâce et sa maternité, ceux-ci l’abandonnent avec son enfant dans ce lieu sauvage où elle survit pendant de nombreuses années grâce au lait d’une biche qui les prit sous sa protection. De nombreuses années plus tard lors d’une chasse, son mari SIFFROY les retrouve blottis au fond d’une grotte. Reconnaissant le caractère miraculeux de cette rencontre, il rentre triomphalement à la cour et fait exécuter le coupable. Epuisée par des années de privation, la princesse meurt peu de temps après.

Brabant-04-150x40  7 – Le comte Siffroy est poursuivi par des remords / 8 – Les serviteurs chargés par Golo de faire mourir Geneviève et son enfant lui laissent la vie

Brabant-05-150x41  9 – Geneviève apprivoise une biche qui sert de nourrice à son enfant / 10 – Siffroy en poursuivant une biche retrouve Geneviève au fond d’une grotte et reconnaît son innocence

Brabant-06-150x40  11 – Siffroy ramène Geneviève dans son palais / 12 – Mort de Geneviève, Siffroy est dans une grande douleur

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* Issu de la mythologie grecque, TROPHONIOS est connu comme étant le fils d’Erginos, roi d’Orchomène, ou d’Apollon lui-même. Selon la légende il aurait fait des constructions dans le domaine de la magie, des chambres closes et secrètes, intermédiaires entre l’ici et l’au-delà. Aidé de son frère AGAMEDE, il serait aussi l’architecte du temple d’Apollon à Delphes, Héros selon les uns, brigand selon les autres, son nom est associé à la richesse, à la fécondité exceptionnelle et à la survie. Il eut droit à un oracle en Béotie. Les consultants se purifiaient dans les eaux de la rivière Hercyné et sacrifiaient au génie de Trophonios. Ils sortaient de l’épreuve tellement terrifié qu’on en a tiré l’expression : « avoir consulté l’oracle de Trophonios » pour désigner quelqu’un à l’air sombre. Selon monsieur DE FONTENELLE (1657-1757) « Combien toutes ces ablutions et ces expiations, et ces voyages nocturnes, et ces passages dans des cavernes obscures, remplissaient-elles l’esprit de superstition, de frayeur et de crainte ? »

Voir : La lanterne magique ou le spectacle amusant

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Les projections lumineuses dans les églises

Posté par Patrice Guerin le 5 juin 2012

Les projections lumineuses dans les églises dans Lanternes magiques Eglise-01-150x131

Dans de nombreuses paroisses, les projections servent tout d’abord au catéchisme de Première Communion. Par la suite certaines prêtres les utilisent dans les églises afin d’illustrer la prêche durant le Carème « pour faire aimer les vérités de la religion, et cela vaut mieux que les contes de fées d’autrefois qui laissaient de si fortes et sottes impressions ».

En 1903, on peut assister à ces spectacles en plusieurs églises de Paris, notamment à Sainte-Elisabeth et à Sainte-Anne de la Maison-Blanche, où l’auditoire est surtout composé d’hommes, afin de leur apporter un appoint considérable à l’attrait des instructions du soir.

Eglise-02-150x102 dans Projections et Enseignement  Déposition de la Croix, de FRA-BARTOLOMEO, galerie Pitti à Florence.

Durant la messe dominicale, la toile est déroulée devant le cœur tandis que la lanterne, placée près de l’orgue, « envoie dans un faisceau lumineux des tableaux de maîtres ou des scènes qui se rapportent au sujet enseigné ». A Sainte-Elisabeth, le chanoine GERBIER  achève d’abord son sermon et montre ensuite des tableaux de 5 mètres de diamètre. A Sainte-Anne, l’abbé POULIN évoque au fur et à mesure les tableaux de 8 mètres de base, en les expliquant « des deux côtés, l’auditoire nombreux, populaire et intelligent, suit avec respect et intérêt ». A la fin du sermon, la toile s’abaisse facilement en se roulant pour que la messe puisse continuer normalement.

Source : “Le Pèlerin” n° 1369 du 29 mars 1903. Voir : Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE

Déjà aux Etats-Unis à la fin des années 1870, on pouvait voir dans certains lieux de culte des pasteurs utiliser la lanterne magique pour intéresser leur auditoire.

Eglise-03-150x111 dans Projections pour Spectacles  Priere-01-150x150 Priere-02-150x150  Priere-03-150x150  Priere-04-150x150

Au Massachusetts, la lanterne magique remplace le livre de chants « Plus près de toi mon dieu, plus près de toi… ». Mars 1879.

Cependant, en 1912, La Vatican publie un décret interdisant les projections d’images fixes ou animées dans les églises, ce qui contraint la Maison de la Bonne Presse à modifier sa stratégie de production.

Voir : Séance de lanterne magique au Vatican, devant le Pape LEON XIII

 

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Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre

Posté par Patrice Guerin le 4 avril 2012

Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre dans Images projetees GrandPierre-01-150x124  Vue provenant de la conférence illustrée n° 252 – Après l’Ecole février 1909

« Le capitaine Grandpierre n’avait que trente-cinq ans lorsqu’une blessure reçue devant Sébastopol le força de renoncer au service. Mais une douce consolation lui était réservée, il devait épouser à la fin de la guerre, Hélène Lebrun, une jeune fille, bonne, aimable et bien élevée qui lui avait inspiré autant d’estime que d’affection…

Le jeune ménage vivait largement et faisait des économies, même après la naissance d’un joli bébé, dont monsieur Grandpierre se promit de faire un maréchal de France ou tout au moins un colonel. Une petite sœur naquit l’année suivante, puis une autre, et celle-ci fut suivie de deux gros garçons… Monsieur Grandpierre, absorbé dans une lecture intéressante, ne faisait attention ni à la mauvaise humeur d’Alfred, le petit dernier, ni aux joyeux propos qui, de temps à autre, rompaient la monotonie du jeu choisi par ses autres enfants.

GrandPierre-02-99x150 dans Lanternes magiques  GrandPierre-03-105x150 dans Projecteurs jouet

La porte s’ouvrit doucement, et un inconnu s’arrêta sur le seuil. Sa haute taille, ses yeux brillants, ses dents blanches dont un teint de mulâtre faisait ressortir l’éclat, son costume de velours noir constellé de broderies et son chapeau pointu, orné de rubans aux vives couleurs, annonçaient une profession bizarre et une origine étrangère ; toutefois son visage disparaissait presque entièrement sous d’épais favoris et une longue barbe noire.

chromoenfants08.vignette  Voir : Chromos lanterne magique enfants

Berthe et Anna eurent un petit mouvement de frayeur, mais Louis et Henri battirent des mains, avant même que le nouveau venu eût prononcé, d’une voix vibrante, ces mots qu’ils attendaient :

- « Lanterne magique ! Pièce curieuse ! Demandez, mesdames et messieurs. Voici la lanterne magique du signor Verdini.
- « Oh ! Papa, papa, fais-nous voir la lanterne magique » dirent à la fois les deux fillettes.
- « Il y a si longtemps que tu nous as promis de nous donner ce plaisir quand l’occasion s’en présenterait » poursuivit Louis, l’ainé des enfants.
- « Entrez, signor Verdini, et placez ici votre merveilleux instrument » dit monsieur Grandpierre.
- « C’est justement ce qu’il me faut, si vous me permettez d’ouvrir la pièce contiguë. Je me tiendrai sur le seuil et je ferai défiler mes tableaux sur le rideau que je vais placer en face. »

soleil-lune-300x79 Plaque peinte à la main – XIXe

« Attention, mesdames et messieurs » dit le signor Verdini « Voici d’abord monsieur le Soleil qui sort de son lit de nuages et qui s’avance majestueusement… Il est suivi de madame la Lune au pâle visage qui éclaire les nuits d’une lumière douce et paisible… » Les enfants battirent des mains. De jeunes paysannes couronnées de fleurs et portant des guirlandes formaient une ronde sur l’écran à laquelle les sons d’un orgue de Barbarie servaient d’accompagnement… Les personnages, d’abord très distincts, grandirent en s’effaçant graduellement et firent place à une scène différente…

- « Si vous le permettez, mesdames et messieurs » reprit l’italien, dès que l’orgue eut cessé de faire entendre ses airs les plus joyeux « nous terminerons cette première partie de la représentation en vous faisant voir les principales villes de l’Europe avec les costumes de leurs habitants. »

GrandPierre-04-150x40  Plaque peinte à la main – XIXe

Voir : Montreurs de lanterne magique

GrandPierre-05b-123x150Lanterne de colporteur. Collection F.B.

Après le spectacle, on s’entretint du merveilleux instrument, et Henri put en expliquer le mécanisme à ses sœurs.
- « La lanterne magique » leur dit-il, « renferme une lumière dont les rayons frappent vivement des figures placées sur une lame de verre. Une lentille grossissante, comme celle d’un microscope, est fixée dans un petit tube qui fait suite à la lame de verre. Cette lentille développe énormément les figures, qui viennent ainsi se projeter sur le rideau. Vous avez dû remarquer que plus ces images grandissent, moins elles sont nettes. »
- « Oui ; mais comment grandissent-elles ? » demanda Berthe. « C’est sans doute le secret du signor Verdini ? »
- « C’est un secret simple ; plus il éloigne son instrument du rideau, plus les tableaux prennent de développement ; mais comme ils deviennent confus, il les remplace par d’autres au moment où ils sont sur le point de disparaître. »

Extrait du livre “La Lanterne Magique” par Eugène ROSARY à Rouen, Mégard et C°, libraires-éditeurs – 1876.

Voir : Lanterne magique et projections familiales – ToverlantaarnLa lanterne magique ou le spectacle amusant

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La lanterne magique dans les cabinets de physique

Posté par Patrice Guerin le 8 mars 2012

La lanterne magique dans les cabinets de physique dans Gravures et Chromos Cabinet-13c-300x199  Cabinet-14c-150x150 dans Lanternes magiques Cette gravure de 1698 qui représente “L’Académie des Sciences et des Beaux Arts” est l’œuvre la plus célèbre de Sébastien LE CLERC (voir PORTRAITS). Non content d’y installer une foule de personnages, de machines et d’instruments divers dont une lanterne magique, LE CLERC y inscrit des éléments retraçant sa propre carrière.

Le scientifique italien Giambattista DELLA PORTA (voir PORTRAITS) et l’un des tout premiers à s’intéresser aux phénomènes optiques, à la “camera obscura”, aux miroirs plans, convexes et concaves et même aux phénomènes magiques et merveilleux. Il installe dans sa maison de Murano, près de Venise, un cabinet rempli de curiosités qu’il fait visiter à tous les savants venant le rencontrer.

Au XVIIe siècle, l’Europe offre aux savants des conditions propices à l’étude des sciences et des mathématiques. La recherche passe de l’ère des spéculations à celle des inventions démontrées, comme en témoigne le “Discours de la méthode” de René DESCARTES. Des Académies des Sciences se créent dans différentes capitales européennes : l’académie dei Lincei à Rome en 1603, La Royal Society à Londres vers 1645, l’académie del Cimento à Florence en 1657 et l’académie royale des sciences de Paris en 1666.

En Allemagne, le jésuite Athanasius KIRCHER (voir PORTRAITS) publie en 1646 “Ars magna lucis et umbrœ, un traité d’optique et de gnomonique dans lequel il parle de la lanterne magique.

Voir : Athanasius KIRCHER et la lanterne magique

Le français devient la langue diplomatique et s’avère un vecteur important de communication et d’échange. Les mathématiciens communiquent abondamment par lettres, confrontant leurs idées et annonçant leurs publications.

Cabinet-02-150x90 dans Projections scientifiques  Cabinet-03-150x99   Cabinet-04-150x103  Cabinet de Géométrie de Mr LE CLERC dans laquelle il s’est mis en scène à l’intérieur d’un cabinet idéal empli d’objets dont il faisait collection, en train de faire une démonstration de physique à des savants venus le visiter. La première vue est le dessin original de M. LE CLERC vers 1710-1712, conservé au British Museum. Les suivantes représentent une vue d’optique du XVIIIe siècle.

Les avancées de GALILEE (1564-1642), de DESCARTES (1596-1650) et de NEWTON (1643-1727) – pour ne citer qu’eux – font leur chemin et vont provoquer un réel bouleversement de la pensée scientifique au XVIIIe siècle. Dans les principales villes d’Europe, des personnes “de qualité” collectionnent les curiosités naturelles, acquièrent des instruments de mesure et d’observation, tentent des expériences.

Cabinet-05-124x150  Lanterne magique Louis XV – Collection F.B.

En 1742, Paris compte dix-sept cabinets d’histoire naturelle, vingt et un en 1757 et soixante et un en 1780. Le développement est le même en province. Certains de ces cabinets de curiosités possèdent de véritables laboratoires dans lesquelles des physiciens-démonstrateurs exhibent toutes les applications nouvelles de la science, notamment celles qui permettent les effets les plus magiques : le magnétisme, l’électricité, l’optique, les propriétés de l’air et les encres invisibles.

Cabinet-12-97x150  Cabinet-06-100x150  Cabinet de physique de l’abbé NOLLET

L’un des premiers et des plus célèbres cabinets de physique de cette époque est celui de l’abbé NOLLET (voir PORTRAITS). N’ayant pas de fortune personnelle pour acheter du matériel, il se constitue progressivement un cabinet de physique en construisant lui-même, avec l’aide de quelques ouvriers, le matériel dont il a besoin : « Il y a là une foule d’instruments de physique, les uns absolument nouveaux comme ses machines électriques, les autres ingénieusement appropriés à de nouvelles expériences… rehaussés de motifs floraux et de filets peints à l’or sur fond noir ». Ce cabinet sera saisi à la Révolution et transporté en 1799 au Conservatoire National des Arts et Métiers, où il est encore.

Cabinet-07-128x150  Démonstration d’électricité

Ouverts en 1738, ses cours de physique remportent un succès prodigieux. « On ne voit à sa porte que des carrosses de duchesses, de pairs, et de jolies femmes. Voilà donc la bonne philosophie qui va faire fortune à Paris. Dieu veuille que cela dure! » écrivait madame du CHATELET. L’abbé NOLLET a le talent d’intéresser des personnes de condition aux découvertes les plus récentes en électricité, en mécanique des fluides, en chronométrie.

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Il publie de nombreux livres dont la série des “Leçons de Physique Expérimentale” en six volumes parmi lesquels le cinquième est consacré à la Lumière et à l’Optique. Il y explique que « La lanterne magique est un de ces instruments qu’une trop grande célébrité a presque rendu ridicule aux yeux de bien des gens. On la promène dans les crues, on divertit les enfants et le peuple, … ses effets sont curieux et surprenants, les trois quarts de ceux qui  les voient ne sont pas en état d’en comprendre les causes ».

Cabinet-10-115x150  Les effets comparés du microscope solaire et de la lanterne magique en 1775.

Voir : Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET

Le XVIIIe siècle voit aussi la publication de la fameuse Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT s’échelonne sur plus de vingt ans (1751-1772).

Cabinet-11-118x150Source : Cabinet de physique SIGAUD DE LA FOND à Bourges

Pour plus d’informations cliqer ici

En 1779, Joseph-Aignan SIGAUD DE LA FOND (1730-1810) installe un cabinet de physique à Bourges. Après avoir suivi les cours de l’abbé NOLLET, il devient démonstrateur de physique expérimentale, d’anatomie et de physiologie au collège Louis-le-Grand à Paris, avant de revenir à Bourges, sa ville natale. Il est souvent considéré comme son successeur. L’un de ses ouvrages les plus célèbres, “Description et usage d’un cabinet de sciences”, préfigure l’équipement nécessaire au sein de toute institution vouée à enseigner les sciences au plus grand nombre, comme on en trouvera au XIXe et XXe siècles.

Voir : Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

Cabinet-15-150x96 Cabinet-16-150x150  Cabinet-17-150x96  Cabinet-18-150x150  Cabinet-19-150x94  Cabinet-20-150x150  Cabinet-21-150x150  cabinet-22-150x100 cabinet-23-150x150

Dans trois des cabinets de physique présentés ci-dessus, on trouve à chaque fois une lanterne de projection Duboscq.
Voir : Les opticiens SOLEIL, DUBOSCQ et PELLIN

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Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique

Posté par Patrice Guerin le 22 septembre 2011

« Depuis quelques années, l’emploi des distributeurs automatiques a pris un développement considérable. On voit un peu partout dans les rues ou les salles d’attente de nos gares, de ces appareils, qui ont le grand avantage de ne nécessiter aucun employé et d’être dignes de la confiance la plus absolue. Ici ce sont des balances qui donnent votre poids, à côté voici des appareils qui vous électrisent ou mesurent votre force, plus loin de petites boîtes vendent à juste prix du chocolat, du nougat ou des flacons de parfums ».

Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique dans Brevets et inventeurs LanterneBorne2-150x94  En janvier 1889, Victor BONNET, Hippolyte LISSAGARAY, Armand RICHARD et Alfred RICHARD déposent un brevet concernant un “Mécanisme automatique pour la mise en scène de stéréoscopes, dioramas et lanternes magiques”. Document G.V.

« Les systèmes automatiques ayant rencontré la faveur du public, voici un nouvel appareil montrant aux passants curieux une série de dessins d’actualité en échange d’un gros sou. Ce sont les “lanternes magiques électriques” que l’on voit déjà dans divers points de Paris, au jardin des Tuileries, au Grand Hôtel et dans quelques salles de spectacle ».

LanterneBorne3-138x150 dans Gravures et Chromos  LanterneBorne4-150x135 dans Lanternes magiquesDocument G.V.

Dans le brevet, on peut lire que « la boîte ou l’enveloppe de l’appareil, en bois ou matière quelconque, peut affecter les formes et dimensions les plus variées, et être décorée ou ornementée de toute façon convenable. Intérieurement elle reçoit et supporte tout le mécanisme nécessaire au fonctionnement de l’appareil ». Le schéma ci-dessus à droite montre que les photographies, images, télégrammes  ou autres textes peuvent se placer sur des châssis qui peuvent tourner sur eux-mêmes, plutôt que d’être mis en chapelet les uns à la suite des autres.

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  La forme particulière et décorative de la borne permettait de la reconnaître de loin.

« L’ensemble est haut d’environ 2m16. Une console métallique supporte une boîte carrée à pans coupés ; au centre de la face avant se trouve une lentille grossissante de 14 cm de diamètre située à la hauteur d’un enfant de dix ans. Sous cette boîte se trouve un petit cartel indiquant « mettez une pièce de 10 centimes » à côté d’une fente pour glisser la pièce. Au dessus de la lentille se trouve un soleil rayonnant flanqué de deux petits enfants assis, tenant, l’un une pièce de 10 centimes, l’autre une glace. L’électricité est fournie par neuf piles constantes placées dans le bas de l’appareil.

Chaque jour les dessins sont changés, c’est comme un journal quotidien illustré. Lorsque vous glissez les 10 centimes dans la fente, l’intérieur de l’appareil s’éclaire aussitôt et l’on entend un petit bruit de roues faisant défiler une série de 7 dessins passant de bas en haut, chacun d’eux s’arrêtant le temps nécessaire pour bien le voir. « L’autre jour, par exemple, c’était M. Hertestein sur son lit, la reproduction d’un tableau “Dans les glaces”, un autre tableau de Danforth, un portrait de M. de Vogüé, ceux de MM. de Giers et Gondinet et enfin la catastrophe de Misengrain ».

SOURCE : CNAM – Conservatoire NUMérique
Extrait de La nature, 1er semestre 1889

kinetoscopeedison.jpg A la même époque Thomas EDISON dépose, en octobre 1888, une demande de brevet pour créer un dispositif qui « donnerait aux yeux, ce que le phonographe donnait aux oreilles ». Celui-ci est complété, en mars 1889, par un autre brevet pour un système appelé “Kinétoscope” dans lequel « nous pourrons y voir une pièce jouée à l’opéra comme si nous y étions ! ». Sa rencontre avec Emile REYNAUD, lors de l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, lui permet de mettre définitivement au point son invention… une sorte de grosse visionneuse publique dans laquelle on peut voir un film animé de quelques minutes pour 25 cents.

Voir : Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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MAGIC LANTERN EXHIBITIONS in the Ladies’ Home Journal

Posté par Patrice Guerin le 29 juillet 2011

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Dans les années 1890, le magazine américain “The Ladies’s Home Journal”, créé en 1883, proposait à ses lecteurs un ensemble de lanternes magiques destiné à animer les soirées familiales. Chaque lanterne était accompagnée d’une série de 6 plaques, de tickets d’entrée et d’une fiche de lecture.

Voir : Accessoires pour projections familiales

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«  Garçons ! Voici l’occasion d’avoir beaucoup de plaisirs pendant les soirées d’hiver et la chance de gagner de l’argent de poche. Un garçon peut animer la conférence en s’aidant des fiches de lecture, comme un véritable homme de spectacle, tandis qu’un autre fait fonctionner la lanterne. »

gravure35c.jpg Lanterne magique N°1

Cette lanterne a un fort pouvoir éclairant. Elle est construite de façon entièrement nouvelle, en stricte conformité avec les lois optiques. Elle est très pratique à utiliser et possède, comme caractéristique particulière, une vis de mise au point de l’objectif. Elle possède une cheminée en métal montée sur une lampe à pétrole. Elle était donnée en prime pour toute personne ayant souscrit un abonnement de 3 ans au magazine.

gravure35d1.jpg Lanterne magique N°2

Cette lanterne magique est de loin supérieure à tout ce que nous ayons jamais vu à ce prix.Elle est équipée d’un brûleur de grande puissance, d’un condenseur poli d’origine française et d’un réflecteur en métal. Le passage des vues est réglable, de sorte que l’on peut utiliser des plaques de différentes largeurs. Elle était donnée en prime pour toute personne ayant souscrit un abonnement de 6 ans au magazine.

gravure35e2.jpg Lanterne magique N°3

Cette lanterne est fabriquée en laiton et tôle d’acier et possède une hauteur de 35 cm. Elle est entièrement réglable et possède un condensateur à doubles lentilles. Le système d’éclairage fait parti des plus perfectionné du marché. Il permet d’obtenir une flamme puissante et très brillante qui peut être facilement augmentée ou diminuée pendant le fonctionnement. Elle était donnée en prime pour toute personne ayant souscrit un abonnement de 15 ans au magazine.

Bien sûr, il était possible d’acheter une grande variété d’autres vues au prix de 40 cents les 4 vues, telles que “Little Red Riding Horse”, “Puss in Boots”, “Robinson Crusoe”, Famous Men”, Races of the Earth”, Geology”, etc, ainsi que des vues colorées et animées telles que des kaléidoscopes ou des chromatropes.

Voir : La lanterne magique ou le spectacle amusant

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Lanternes magiques Ernst PLANK

Posté par Patrice Guerin le 20 mars 2011

En 1866 Ernst PLANK fonde la “Fabrik Optischer und Mechanischer Waren”. C’est l’un des premiers constructeurs de moteurs à vapeur en réduction, qu’il commercialise sous forme de petites machines individuelles ou à l’intérieur de locomotives ou de bateaux.

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La “Fabrik” est aussi connue comme étant un important constructeur de lanternes magiques en Allemagne. Progressivement, il devient même le deuxième plus grand fabricant de lanternes magiques à Nuremberg après BING. Cette ville est un centre important de production et d’exportation de jouets en métal dans la dernière partie du XIXe siècle et jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Lanternes magiques Ernst PLANK dans Lanternes magiques plank08.vignette  Plank-09-105x150 dans Projecteurs jouet  Ces lanternes sont généralement identifiables par  les lettres “EP”. Celles-ci sont surmontées d’une roue avec deux ailes. Ce logo a été conservé durant des décennies avec de légères modifications dans le dessin des ailes.

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Comme beaucoup de jouets fabriqués en Allemagne au cours de cette période, le nom du produit qui figure sur la boîte ou dans la notice apparaît souvent dans trois ou quatre langues, car il est destiné à être vendu à travers l’Europe. Dans les années 1900 l’entreprise fabriquait environ 150 000 lanternes chaque année. Chaque modèle portait un nom tel que : Acme, Atlas, Climax, Evening Star, Globus, Gloria, Helios, Prophet, Skioptikon, Solid, Standard, Triumph, etc. 

Voir : La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK - Accessoires pour projections familiales

Ces lanternes ont été directement vendues par Ernst PLANK, mais aussi par des détaillants bien connus à Nuremberg. C’est pourquoi on trouve dans leurs catalogues des publicités pour des lanternes sur lesquelles on peut voir le sigle EP.

plank04b.jpg plank05b.jpg plank06b.jpg plank07b.jpg Collection F.B.

La société Ernst PLANK dépendant  beaucoup des exportations, elle rencontre de gros problèmes financiers lors de la crise économique mondiale de 1929. À partir de 1930, la diminution très importante des échanges internationaux est dramatique pour l’Allemagne qui est un grand pays exportateur de machines et d’objets. Au début de 1933, l’Allemagne compte six millions de chômeurs complets auxquels s’ajoutent huit millions de chômeurs partiels. Elle est achetée en 1935 par les frères Hans et Fritz SCHALLER de Nuremberg.

Voir : Projecteurs Noris

 Catalogue à consulter : CLIQUER ICI

 

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Lanterne magique Lampascope

Posté par Patrice Guerin le 18 mars 2011

Le Lampascope est une lanterne magique sans éclairage fixe qui se pose sur une lampe à huile ou à pétrole, exactement comme un globe de cristal.

Voir : Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

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Pour ajuster le foyer lumineux avec l’axe optique on peut ajouter quelques rondelles en carton pour rehausser le lampascope. Ce système d’éclairage permet d’obtenir une lumière beaucoup plus puissante qu’avec les lanternes magiques ordinaires équipées de petites lampes peu lumineuses.

Voir ci-dessous et : Lanternes magiques jouet

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De plus, la projection avec un lampascope ne nécessite aucun préparatif puisqu’il se pose directement sur les lampes à pétrole de tous modèles et de toutes formes utilisées par les familles pour s’éclairer quotidiennement. Il faut savoir que dans les années 1850-80 il n’y avait aucun réseau électrique et la seule possibilité pour avoir de l’électricité consistait à disposer de piles encombrantes et onéreuses.

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Dans un numéro du “Journal Amusant” datant de 1862 (image ci-dessus à gauche) on peut lire cette annonce : « L’inventeur s’est engagé à adresser un Lampascope avec douze verres à toute personne abonnée au “Journal Amusant” qui enverra un bon de poste de 15 francs au lieu de 20 francs dans le commerce. L’appareil et les verres seront envoyés bien emballés, dans une caisse en bois et l’expédition sera faite port affranchi ».

Dans le même style d’appareil, le Lampadorama permet de projeter des vues opaques (cartes postales entre autres). Il possède souvent deux emplacements pour lampes à pétrole afin d’obtenir un éclairage plus puissant nécessaire à l’absorption de la lumière par le document opaque.

Voir : Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama

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Athanasius KIRCHER et la lanterne magique

Posté par Patrice Guerin le 16 janvier 2011

Athanasius KIRCHER et la lanterne magique dans Brevets et inventeurs kircher-01-150x98

Beaucoup considèrent qu’Athanasius KIRCHER (voir PORTRAITS) est le premier à avoir décrit la lanterne magique dans un traité sur la lumière intitulé “Ars magna lucis et umbræ”.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

kircher02 dans Lanternes magiques  Lanterne close, lampe à réflecteur, objectif convergent, peinture sur verre, tout est minutieusement indiqué dans son ouvrage.

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Ce dessin ne représente pas vraiment une lanterne magique mais plutôt un moyen d’accroître la lumière dans une lanterne. Voici ce qu’il en disait à l’époque : « Construisez une lanterne d’une forme cylindrique, telle qu’elle est représentée ici. Placez à sa base un miroir concave ayant autant que possible une forme parabolique. Au foyer de ce miroir, fixez la flamme d’une chandelle et vous obtiendrez ce qui est nécessaire, pour que cette lanterne brille avec un éclat extraordinaire… Si les côtés inférieurs du cylindre sont garnis avec de l’étain poli en forme d’ellipse, ils augmenteront la lumière. Le figure ci-dessus démontre suffisamment l’invention : AB représente le miroir concave, F la flamme, E la poignée latérale et D l’ouverture (ou fenêtre)  ».

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Lanterne magique perfectionnée

Posté par Patrice Guerin le 25 décembre 2010

Cette lanterne magique, apparue dans les année 1880, est intéressante car elle représente un modèle intermédiaire entre les lanternes magiques enfantines et les lanternes de projection dont elle possède tous les équipements.

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Cette lanterne de taille moyenne est équipée d’une lampe à pétrole à une ou plusieurs mèches montée sur un réservoir formant la base de l’appareil, lui-même fixé sur un socle en acajou. Le corps de la lanterne est articulé avec une charnière de façon à accéder aux mèches. Un condensateur double de 75mm de diamètre est enchâssé dans une plaque de métal fixée en avant du réservoir. Cette plaque supporte la glissière pour les vues et le cône de l’objectif. Celui-ci comprend une lentille simple achromatique montée dans un tube qui coulisse dans le cône pour obtenir la mise au point.

A l’époque, il était indiqué que cette lanterne pouvait donner un disque de 1m50 de diamètre avec un grossissement de 400.

Voir : Lanterne magique vernie noir - La lanterne magique GLORIA - Lanterne magique classique

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