Le cinématographe LUMIERE et la lanterne MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 26 mars 2014

Lumiere 01  Lumiere 02  Lumiere 03  Lumiere 04  Lumiere 05  Lumiere 06  Lumiere 07  Lumiere 08  Lumiere 09  Lumiere 10  Lumiere 11  Lumiere 12

Depuis 1895, l’invention du Cinématographe par les Frères LUMIERE a fait couler beaucoup d’encre et son centenaire a été largement célébré dans le monde entier. Nous ne referons pas ici, une énième version de cette invention. Tout est écrit dans le brevet pris conjointement par les frères LUMIERE le 13 février 1895.

Lumiere 13  Extrait du brevet n° 245 032 des frères LUMIERE datant du 13 février 1895 – Document INPI

Entre le 13 février et le 28 décembre 1895, date de la première représentation commerciale au Grand Café de Paris, les frères LUMIERE font une dizaine de projections privées pour présenter leur invention. Le succès est à chaque fois considérable : le 11 juin pour le Congrès de photographes à Lyon, le 11 juillet à la Revue générale des sciences à Paris, le 10 novembre devant l’Association belge de photographes, le 16 novembre dans l’Amphithéâtre de la Sorbonne…

Lumiere 14  Extrait du brevet n° 219 350 de Léon BOULY datant du 12 février 1892 – Document INPI

Le terme “Cinématographe” n’a pas été inventé par les frères LUMIERE, mais par Léon BOULY trois ans plus tôt. A l’époque, il existe d’autres procédés tels que le “Théâtre Optique” d’Emile REYNAUD (brevet n°194 482 du 1er décembre 1888), le “Kinetograph” d’EDISON (brevet du 24 août 1891) ou le “Phonoscope” de Georges DEMENY (brevet n° 219 830 du 3 mars 1892).

Voir : Emile REYNAUD, le Théâtre Optique et les Pantomimes lumineuses - Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique

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[ Persuadé que l’invention de ses fils doit être exploitée commercialement, Antoine LUMIERE organise une soirée dans le Salon indien du Grand Café situé 14 boulevard des Capucines à Paris. Il a loué la salle à monsieur VOLPONI, le propriétaire. Ce dernier a cédé son sous-sol pour un an et 30 frs par jour, refusant les 20% sur la recette tant il témoigne peu de confiance dans le succès de l’entreprise. Devant la porte du Salon Indien qui jouxte celle du Grand Café, un homme distribue des prospectus aux passants « Cinématographe Lumière, entrée 1 franc. » ]

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[ Le premier soir 33 personnes seulement payent leur place, juste de quoi rembourser la location de la salle (cliquer ici). Celle-ci contient une centaine de sièges. Le public, auquel se sont joint quelques invités, s’installe et la lumière s’éteint. Sur la toile blanche de l’écran apparaît la projection photographique des portes de l’usine Lumière à Lyon. L’image est fixe « C’est encore un spectacle de lanterne magique » murmure-t-on, déçu. Et tout à coup l’image s’anime… Tout bouge, c’est la vie même, d’une vérité stupéfiante ! ]

Lumiere 17  Réaction du public assistant à une charge de cuirassier

Lumiere 18  Réaction du public assistant au coucher de la parisienne

Georges MELIES, directeur du théâtre ROBERT-HOUDIN, qui fut invité par Louis LUMIERE à assister à son spectacle, raconte très bien ce qu’il a ressenti dans ce témoignage sonore : cliquer ici.

Lumiere 21  Lumiere 22  Lumiere 28  Lanterne et arc électrique BOULADE Frères à Lyon – Photos SVV Argenteuil ©*

[ Lorsque la salle est à nouveau éclairée, Antoine LUMIERE, organisateur de la soirée, recueille les applaudissements les plus mérités. Des curieux parviennent à voir le Cinématographe, caché dans une cabine en velours, à l’abri des regards. C’est Jacques DUCOM, un expert en photographie, qui est chargé de régler la lampe à arc de la lanterne, fabriquée à Paris par Alfred MOLTENI. C’est elle qui projette une lumière vive à travers la petite boîte d’ébénisterie en noyer – le Cinématographe proprement dit – dont l’intérieur semble très élaboré. ]

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Il est possible d’utiliser n’importe quelle lanterne de projection, mais il faut qu’elle possède un système d’éclairage suffisamment puissant pour permettre une image lumineuse et assez grande sur l’écran de la salle. Il faut alors prendre des précautions pour éviter l’inflammation de la pellicule en celluloïd, matière extrêmement inflammable. « Pour remédier à cet inconvénient, on interpose souvent entre le condensateur et la pellicule une cuve contenant une solution d’alun qui absorbe la chaleur de la source lumineuse. Messieurs LUMIERE ont imaginé de supprimer cette cuve et de remplacer le condensateur formé de lentilles de verre par un ballon rempli d’eau. De préférence distillée ou additionnée de quelques gouttes d’acide acétique… Après trente ou quarante minutes de fonctionnement, l’eau contenue dans le ballon entre en ébullition, ce qui n’offre aucun inconvénient. Pour éviter les projections de l’eau en ébullition, il suffit d’y plonger un petit morceau de coke suspendu à l’extrémité d’un fil métallique. »

Lumiere 24  Lumiere 25  Lumiere 23  La caméra LUMIERE sert à la fois pour les prises de vues et la projection – Photos SVV Argenteuil ©*

[ Charles MOISSON, qui a fabriqué au début de 1895 le premier prototype de caméra, d’après le brevet du 13 février, est chargé de tourner la manivelle. L’exemplaire qui a servi pour la première représentation publique est sorti des ateliers de Jules CARPENTIER. Il est disposé sur une sorte de chevalet. La pellicule tombe directement dans un sac placé au dessous. Elle est rembobinée par un petit dévidoir à manivelle dû aussi à l’imagination de Louis LUMIERE.  Enfin au mur se trouver accroché le tableau électrique qui permet de surveiller l’intensité des charbons incandescents de la lampe à arc. ]

Lumiere 26 « Cet ensemble tout neuf, qui donne de si beaux résultats, excite la convoitise ! » Photo SVV Argenteuil ©*

[ L’un des invités, le célèbre illusionniste Georges MELIES, propriétaire du théâtre ROBERT-HOUDIN, demande à Antoine LUMIERE le prix de son appareil. La réponse est nette : « L’invention n’est pas à vendre. Pour vous, elle serait la ruine. Elle peut être exploitée quelque temps comme une curiosité scientifique ; en dehors de cela elle n’a aucun avenir. » Georges MELIES et d’autres invités n’en sont pas persuadés. Ils se demandent déjà comment ils pourront faire de la photographie animée sans les LUMIERE. ]

NB : Les passages entre crochets […] sont extraits de l’ouvrage “Chronique du Cinéma” paru aux Editions Chronique en 2002 – Cliquer ici.

Layout 1

* Le cinématographe LUMIERE présenté dans cet article fait parti de la collection du Dr Paul GENARD “Les Lumière” qui a été vendue le samedi 5 avril 2014 par Marie-Laure THIOLLET à la Maison de Vente d’Argenteuil (95) contact : 01 34 23 00 00. Expert Christophe GOEURY tél : 01 42 54 16 83.

 

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La lanterne “COSMOPOLITE” de H. Roussel

Posté par Patrice Guerin le 13 février 2014

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Cette originale lanterne de projections et d’agrandissements, dénommée “Cosmopolite” est présentée dans le magazine “La Photographie française” de juin 1902. Elle est fabriquée par H. ROUSSEL, opticien-fabricant situé 3 boulevard Richard-Lenoir à Paris XIe. Il était auparavant 10 rue Villehardouin à Paris IIIe. Des démonstrations sont faites à cette adresse, près de la Bastille, tous les soirs de 17 à 19h.

Roussel 02  Publicité de juin 1902

La lanterne ROUSSEL est particulièrement conçue pour fonctionner avec un système d’éclairage au gaz avec manchon Auer. La publicité annonce un éclairage « à haute puissance lumineuse, pouvoir éclairant 180 à 200 bougies par lampe à incandescence. Système DENAYROUZE. Pas de fumée – Pas d’odeur – Aucun danger ».

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Cat appareil est construit en tôle russe rivetée et vernie. Il a une forme particulière, en hauteur* avec cheminée pyramidale, afin de faciliter l’écoulement de l’air entre la base et le haut de la cheminée, terminée par un chapeau en cuivre étanche à la lumière. Un œilleton rouge situé de chaque côté permet d’observer la combustion. Une porte s’ouvre à l’arrière pour accéder au système d’éclairage.

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Le système optique comprend un condensateur de 150mm de diamètre, un emplacement pour introduire des vues 9×12 maximum et un objectif ROUSSEL combinaison Petzval, monté dans une monture en cuivre, avec crémaillère pour la mise au point.

Roussel 03  L’appareil présenté dans cet article est équipé d’un éclairage au gaz pouvant être relié directement au gaz de ville.

* On trouve ce même type de construction dans la lanterne “Tournesol” construite par DILLEMANN à la même époque.

Voir : Lanterne “Tournesol” de l’ingénieur DILLEMANN

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Trousse d’objectifs de projection

Posté par Patrice Guerin le 12 décembre 2013

Trousse 01

« Les foyers des objectifs les plus couramment employés en projection sont de 12,5c/m à 15c/m. Exceptionnellement, pour les personnes sujettes à de fréquents déplacements et ayant à opérer dans des salles variant de dimensions, on fait usage d’objectifs à long foyer, beaucoup plus lumineux, mais exigeant une distance plus considérable entre l’appareil et l’écran. A ces projectionnistes ambulants, nous ne sourions trop recommander les objectifs à tubes interchangeables. »

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Cette trousse de projection en bois gainé maroquin comprend un objectif à crémaillère sans lentille et une combinaison d’objectifs en tubes libres permettant d’adapter le foyer à la distance de projection et à la taille de l’image souhaitée.

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L’objectif se compose d’un support fixe se visant sur la partie avant du projecteur. Il existe plusieurs possibilités de diamètre (52mm, 67mm, 76mm). A l’intérieur du support se trouve une monture porte objectif à crémaillère actionnée par un pignon à double bouton moleté. A l’avant une couronne dévissable permet d’introduire le tube objectif.

Trousse 06

Cette trousse contient quatre tubes objectifs interchangeables de focales variables (12c/m, 15c/m, 20c/m, 25c/m). Ils sont en cuivre noirci pouvant entrer « à glissement doux » dans la monture à crémaillère. Ces quatre tubes, de longueurs et diamètres identiques, sont équipés d’une combinaison de lentilles (une à l’avant et deux à l’arrière) de grands diamètres permettant d’obtenir une image « extrêmement lumineuse et très nette sur une grande étendue ».

Trousse 07  Trousses de projection présentée dans le catalogue MAZO de 1905

Voir : Trousse d’objectifs Molteni

 

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Entretenir une lampe de projection à pétrole

Posté par Patrice Guerin le 18 novembre 2013

Pince 01   La lampe à pétrole qui se trouve à l’intérieur d’une lanterne de projection exige des soins particuliers pour fonctionner régulièrement et sans inconvénient pour l’assistance. Elle ne doit être remplie qu’au moment de s’en servir et soigneusement vidée aussitôt la projection terminée et la lampe refroidie. Sinon l’huile continue à monter par capillarité dans les mèches et finit par suinter sur la lampe. A la longue elle s’amalgame avec la poussière ambiante et finit par sécher, formant une croute qui risque de brûler lors d’une prochaine utilisation, répandant dans la salle une odeur très désagréable.

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Après avoir rempli la lampe avec de l’huile neuve, il convient de l’essuyer soigneusement puis de couper les mèches avec des ciseaux ou une pince construite à cet effet.

Pince 03  Pince 04

La pince coupe mèche est parfaitement adaptée pour obtenir une coupe franche et nette, ce qui facilite la combustion et évite tout dégagement de fumée. Il faut savoir que tout fil dépassant de la mèche produit une flamme plus haute qui risque de fumer. Les deux angles des mèches doivent aussi être coupés pour la même raison. La coupe doit être faite de manière à enlever toute partie carbonisée en laissant cependant un léger liseré noir pour faciliter l’allumage.

Pince 06

L’inscription en relief sur l’une des poignées de la pince indique que celle-ci est d’origine américaine et la citation dans le livre de FOURTIER (voir PORTRAITS) sur la projection nous apprend qu’elle est antérieure à 1892 (merci à la personne qui pourra nous fournir le brevet). Cet accessoire figure au catalogue Mazo de 1905 pour un prix de 7fr.50.

Pince 05

Pour un bon fonctionnement, la lampe doit être allumée avec les mèches à demi baissées et maintenue quelques instants au grand air pour permettre à l’ensemble de s’échauffer et à l’huile non essuyée de s’évaporer. Lorsque la combustion est régulière on peut fermer la lampe et l’introduire dans la lanterne.

Source : “La pratique des projections” par H. Fourtier – Tome premier : les appareils – Publié en 1892.

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Support à réflexion horizontal MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 4 octobre 2013

« Nous inspirant des programmes actuels et de la nécessité de mettre entre les mains de l’élève des instruments robustes et simples destinés aux travaux pratiques, nous avons établi sur les données de M. Chassagny, ancien professeur de physique au lycée Janson de Sailly, inspecteur d’académie, ainsi que MM. Dufour et Lemoine, professeurs de physique au lycée Louis le Grand, une série d’instruments nouveaux de démonstration ». Catalogue Molteni N°89

Voir : Histoire de la maison MOLTENI et Cie

Support à réflexion horizontal MOLTENI dans Lanternes projection moltenireflecteur-01-150x107  moltenireflecteur-02-150x103 dans Lanternes projection  Appareils pour l’enseignement. A gauche lanterne en tôle vernie est équipée d’une classique lampe à pétrole, à droite lanterne MOLTENI équipée d’un arc électrique.

Cet accessoire,  fabriqué par la maison MOLTENI vers 1890, est placé à l’avant d’une lanterne standard. Il permet la projection d’objets transparents ou de préparations qui doivent être placés horizontalement.

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L’appareil se compose d’une boîte cubique en acajou  se plaçant à l’avant de la lanterne. Il renferme un miroir incliné à 45° qui renvoie à la verticale les rayons lumineux provenant de la lanterne. Sur le dessus de la boîte se trouve un condensateur de 106mm de diamètre qui concentre les faisceaux lumineux vers l’objectif réglable fixé sur une colonne verticale. Une première crémaillère permet d’ajuster la hauteur de l’objectif et une seconde, fixée directement sur l’objectif, est destinée à la mise au point. Une second miroir à 45°, permet de renvoyer la lumière horizontalement vers l’écran.

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Le support horizontal permet de projeter de nombreuses expériences physiques telles que les spectres magnétiques, les expériences d’ŒRSTED, diffusion, saturation, décompositions chimiques, etc.

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Cet accessoire peut être vendu seul ou avec une lanterne de projection adaptée, montée sur un socle plus long pouvant supporter différents accessoires. Dans ce cas le support à réflexion est monté sur une vis calante afin d’effectuer un réglage précis de sa position.

moltenireflecteur-09-150x115Chambre mégascopique

« Cet appareil est très utile dans les cours d’histoire naturelle pour projeter des herbiers, des pièces anatomiques ainsi que certaines expériences de chimie ». Il suffit de placer le document opaque verticalement à l’arrière de la boîte métallique. La lumière provenant de la lanterne se réfléchie sur celui-ci puis est renvoyée vers l’écran à travers l’objectif situé sur le côté. Ce type de projection nécessite cependant une puissante source lumineuse telle que celle fournie par l’arc électrique ou le chalumeau oxhydrique.

Voir : L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

moltenireflecteur-10-118x150Boîte à réflexion mixte pouvant servir pour les sujets transparents ou pour les objets opaques (en pointillés)

Cette boîte à réflexion, en acajou, réunit en un seul appareil les éléments nécessaires aux projections de corps horizontaux transparents ou opaques, « pour les établissements d’enseignement ne disposant pas d’un crédit suffisant pour acquérir un appareil universel ». A l’intérieur de la boîte se trouve une glace mobile autour d’un axe horizontal. Celle-ci est commandée par un bras qui permet de l’immobiliser dans une position déterminée suivant le type d’objet à projeter. Cet accessoire peut s’adapter aux principales lanternes fabriquées par MOLTENI.

Voir : Les lanternes de projection MOLTENI - Le Rétroprojecteur ou Overhead projector

 

 

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Lanterne d’agrandissement à chariot fixe MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 19 septembre 2013

Lanterne d’agrandissement à chariot fixe MOLTENI dans Lanternes projection moltenilabo-12-150x91  Catalogue MOLTENI N°50 – 1892 - La lanterne pouvait être fournie avec un support complémentaire et un châssis à rideau sur chevalet pour épreuves de 30x40cm. 

Cet appareil date de la fin du XIXe siècle. Il est spécialement conçu pour effectuer des agrandissements en laboratoire. Cependant il peut aussi servir à la projection à condition qu’on le munisse d’un éclairage intense tel qu’un chalumeau oxhydrique ou un arc électrique.

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La lanterne d’agrandissement se compose d’un corps de lanterne classique, en tôle forte, monté sur un chariot en noyer ciré noir mesurant 75 cm de longueur. La chambre d’agrandissement, composée du passe-vues, du soufflet en toile et de l’objectif est mobile au moyen de crémaillères montées sur le chariot fixe. A noter la cheminée de forme particulière pour une lanterne MOLTENI. Elle est réalisée avec une double chicane pour ne laisser passer aucune lumière.

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L’arrière de la lanterne est muni d’un réflecteur en glace argentée dont la courbe est appropriée au foyer du condensateur. Celui-ci est coulissant pour permettre le réglage de sa distance par rapport à la source lumineuse.

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Le condensateur double (ou triple) de 110mm est monté à barillets et contre-barillets pour être démonté complètement et rapidement. Il permet d’agrandir la totalité d’un cliché 6,5x9cm. Il existe un autre modèle à condensateur de 150mm pour cliché 9x12cm.

moltenilabo-07-59x150  moltenilabo-08-150x99  moltenilabo-09-150x100  Lampe à pétrole « SLC” The Silber Light Company London. Manufactured in Germany.

La source lumineuse est une lampe à pétrole à mèche cylindrique. Elle est tout à fait suffisante pour impressionner le papier. De plus la constance de sa lumière permet d’obtenir une grande stabilité du temps de pose.

A l’époque, cette lanterne d’agrandissement, sans objectif ni accessoire, valait 165 fr.

Voir : Histoire de la maison MOLTENI et Cie - Les lanternes de projection MOLTENI

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Lanterne “Caméléon” de MASSIOT

Posté par Patrice Guerin le 29 août 2013

Dès le début du XXe siècle, Georges MASSIOT dirige seul l’ancienne maison “Radiguet & Massiot”, qui, elle-même, succède à “Molteni” depuis octobre 1899.

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Lanterne “Caméléon” de MASSIOT dans Lanternes projection massiot-11-109x150  “L’informateur de la Photographie” – Salon de la Photographie mars 1925

Tout en continuant à fabriquer des appareils de projection et à exploiter le catalogue de diapositives “Molteni”, la société MASSIOT se spécialise progressivement dans le domaine médical, jouant un rôle de pionnier dans la radiologie. Durant la première Guerre Mondiale, elle équipe des camions d’installations radiographiques. Plus tard l’entreprise sera associée à PHILIPS France pour devenir “Massiot-Philips”.

massiot-12-300x225 dans Lanternes projection  massiot-15-150x38 Documents G.V.

En 1922, – G. MASSIOT Constructeur – commercialise un appareil de projection fonctionnant avec une ampoule électrique de forte puissance, parfaitement adapté à la projection des plaques autochromes. « Il ne suffit pas d’avoir une source lumineuse intense pour produire sur l’écran une plage uniforme et brillante. Si les rayons de courbures des lentilles ne sont pas en rapport avec le réflecteur et le foyer de l’objectif, on s’expose à une perte de lumière considérable, ou à voir naître sur l’écran des irisations désagréables. » 

massiot-20-150x110  Plaque Autochrome – Collection G.V.

Ce projecteur est baptisé “Caméléon” parce qu’il est spécialement étudié pour la projection de photographies en couleurs.

Voir : Les plaques AUTOCHROMES pour la photographie en couleurs - La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

massiot-17-150x88  massiot-18-150x90  massiot-19-150x82 Collection G.V.

Le projecteur se compose d’une boîte à lumière de petites dimensions, d’un passe-vues va-et-vient adaptable à différents formats et d’un système optique très développé, le tout étant monté sur un petit trépied articulé. Il peut être équipé de différentes accessoires tels que des tubes allonges pour la projection à grande distance ou des châssis métalliques intermédiaires permettant de passer les formats de vues les plus courants, bien que le 9×12 soit le format privilégié des autochromes.

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massiot-13-120x150  Lampe à incandescence de 2,5 ampères sous 110 volts formé d’un bulbe de 7cm de diamètre argenté à sa partie postérieur, monté sur un culot à vis.

massiot-14-150x93  La Nature – 1er juillet 1922 – Source G.V.

Une variante de cet appareil consiste à superposer deux projecteurs identiques afin de réaliser des changements de vues par superposition sans transition apparente (en fondu-enchainé dirions-nous aujourd’hui). Un rhéostat à curseur permet d’allumer progressivement un foyer tandis que l’autre s’éteint « Les effets inattendus de ces images qui se fondent les unes sur les autres sont d’un aspect agréable et chatoyant qui s’accorde parfaitement avec le caractère artistique de ces photographies en couleurs naturelles. »

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Multiprojecteur Universel de MASSIOT

Posté par Patrice Guerin le 29 août 2013

En décembre 1922, la revue “La Nature” présente ce nouveau projecteur multi-fonctions de la Maison G. MASSIOT, dénommé « Projecteur Universel R. et M. ».

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Multiprojecteur Universel de MASSIOT dans Lanternes projection massiot-01-262x300

Il est composé d’un pied en fonte inclinable qui supporte à l’arrière une grosse lanterne de projection éclairée par une lampe à arc et à l’avant un système optique modulable permettant de procéder à différents types de projection. Pour éviter toute diffusion de lumière parasite, une plaque de tôle formant toiture soutien un rideau que l’on peut ouvrir ou fermer à convenance.

massiot-02-150x99 dans Lanternes projection

1 – Episcope pour la projection de documents opaques. L’objet est placé sur un support horizontal éclairé par un faisceau lumineux se réfléchissant sur un miroir concave. Un second miroir permet de renvoyer l’image à travers l’objectif supérieur (diamètre 55mm, f 4,2 de 500mm.).

2 – Diascope pour la projection de vues transparentes. Le passe-vues, situé dans l’axe horizontal du faisceau lumineux permet de projeter des diapositives de formats 9x12cm ou 3,5x10cm. L’objectif inférieur possède un diamètre de 61mm pour une focale de 250mm.

3 – Microscope de projection. Dans ce cas, le microscope remplace l’objectif du diascope grâce à un support revolver très simple d’utilisation. Il est conseillé d’utiliser la cuve de refroidissement montée sur un pivot, qui prend place instantanément devant le condensateur.

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4 – Cinématographe. Le bâti avant de l’appareil est prévu pour recevoir un mécanisme cinématographique « Stator » dont la substitution est très simple et rapide. Un décalage de la lanterne et du porte-lentilles avant est prévu pour compenser le décentrement de l’objectif cinéma. Juste au dessous de ce mécanisme se trouve un moteur électrique qui entraine les bobines à l’aide de galets tendeurs et courroies.

Source : “La Nature” N°2542 du 23 décembre 1922

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Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 11 avril 2013

Après que l’on eut découvert les différents “trucs” utilisés dans les spectacles de Fantasmagorie et autres tours de magie, faisant apparaitre des spectres et revenants de l’au-delà, la lanterne de projection est régulièrement utilisée sur les grandes scènes théâtrales, aussi bien en France qu’à l’étranger pour produire de nombreux effets.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSONProjection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle dans Lanternes projection Regulateur-11-300x183  Opéra “Moïse et Pharaon” en 1860. Effets lumineux sur Moïse et arc-en-ciel

Grâce au régulateur électrique inventé par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ milieu du XIXe siècle, le théâtre peut enfin réaliser des “effets spéciaux” dignes des grandes scènes parisiennes.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Dans “Faust”, le rayon lumineux qui vient dessiner sur le grand pilier de la cathédrale et le parquet de la scène les contours indécis des vitraux du chœur est issu d’une lanterne de projection. Les effets du soleil levant du “Prophète” de MEYERBEER et d’arc-en-ciel dans “Moïse et Pharaon” de ROSSINI sont dus aux mêmes moyens.

theatre-12-119x150 dans Projections pour SpectaclesSoleil levant

En 1849, l’appareil employé au troisième acte du “Prophète”, pour imiter le soleil levant, se compose d’une lampe à arc portée par un support de bois et munie d’un grand réflecteur parabolique. A l’avant est placé un écran de soie tendu sur un cadre, qui est traversé par un faisceau cylindrique de lumière, formant ainsi une tache ronde représentant le disque solaire. L’appareil tout entier, convenablement masqué par les décors, s’élève lentement derrière l’écran situé en fond de scène, de sorte que l’astre du jour semble monter progressivement au dessus de l’horizon.

theatre-13-300x190Arc-en-ciel

C’est en 1860, dans le premier acte de l’opéra “Moïse”, qu’on applique pour la première fois l’électricité pour produire un arc-en-ciel. Une lanterne équipée d’un arc électrique est placée sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel. Les rayons lumineux traversent d’abord un premier système de lentilles, qui les rend parallèles, puis un écran opaque  découpé en forme d’arc. Ils passent ensuite à travers une lentille biconvexe, qui sert à augmenter la courbure de l’image et à lui donner une extension plus considérable et traversent enfin un prisme placé de telle sorte que les couleurs apparaissent dans l’ordre naturel, c’est-à-dire le rouge en haut et le violet en bas.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

theatre-14-124x150   Eclair

Pour obtenir un éclair aussi réaliste que possible, on utilise l’arc électrique formé entre deux charbons placés à l’avant d’un miroir plan. Le charbon supérieur est fixe tandis que l’autre peut être avancé ou reculé selon les besoins. Ce dernier est fixé à une tige de fer doux pouvant pénétrer à l’intérieur d’un solénoïde qui fait partie du circuit placé derrière l’appareil. Tant que le courant ne passe pas, les charbons restent en contact sous l’action d’un ressort qui pousse celui du bas. Si l’on vient à fermer le circuit, le fer doux attiré pénètre à l’intérieur du solénoïde, le charbon mobile recule et l’arc lumineux se forme, puis s’éteint aussitôt. Le charbon inférieur revient au contact, poussé par le ressort et l’appareil est près à produire un autre éclair. L’appareil étant de faible dimensions, il peut être confié à un technicien en coulisse, voir même un figurant sur scène, qui peut l’activer sur une réplique ou un mouvement particulier. Il a fait son apparition pour la première fois, sur la scène du théâtre des Variétés, dans les “Voyages de la Vérité”.

theatre-24-141x150  « Quand Emile secoue sa tôle, Pierre souffle dans sa pipe ! » 1873

Dans certains théâtres, on obtient aussi d’excellents éclairs à l’aide d’un dispositif électrique encore plus simple. On relie les deux pôles d’une source électrique assez puissante, l’un avec une grosse lime un peu usée, l’autre avec un charbon à lumière. En frottant le charbon sur la lime, on obtient à la rupture de chaque contact, un arc électrique dont la lueur correspond à un bel éclair.

Dans les petits théâtres ne possédant pas encore la lumière électrique, on se sert d’une sorte de grande pipe dont le fourneau est rempli par une éponge imbibée d’alcool et saupoudrée de lycopode «  En allumant et en soufflant fortement par le tuyau, on produit dans la coulisse une grande flamme qui illumine la scène un court instant, comme un éclair pendant ».

theatre-22-150x120 Tonnerre  theatre-21-148x150  Vent  theatre-23-94x150 Pluie

Tous ces effets visuels sont renforcés par des effets sonores tout aussi impressionnants. Le bruit du tonnerre est provoqué par un roulement de tambour ou l’agitation d’une feuille de tôle suffisamment souple. Le vent provient d’un double cylindre en papier gris que l’on tourne plus ou moins rapidement ; quant à la pluie on utilise un grand sablier en bois rempli de copeaux de zinc et de morceaux de papier de verre !

theatre-25-128x150  Nouveau théâtre de la porte Saint-Martin à Paris, reconstruit en 1873

Dans les années 1895, monsieur TROUVE emploie au théâtre de la Porte Saint Martin, dans le “Maître d’armes”, un dispositif fort simple et ingénieux. Une petite lampe à incandescence dont le foyer très concentré possède une grande puissance lumineuse est placée à l’extrémité d’une longue tige flexible – une gaule de pêche par exemple – ; un commutateur à pied permet d’allumer ou d ‘éteindre cette lampe très facilement. Il suffit, à l’instant voulu, d’agiter la tige en zigzag, de haut en bas, pour imiter la chute de la foudre sur un lieu précis.

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Lorsque le faisceau lumineux doit suivre un personnage, comme dans “Faust”, “Hamlet”, etc. il est nécessaire d’utiliser une lanterne plus légère, en bois ou en tôle, équipée de lentilles permettant de concentrer la lumière et d’un diaphragme placé devant l’objectif afin d’augmenter ou de réduire l’importance du faisceau lumineux.

La plupart de ces dispositifs et appareils ont été inventés et mis au point par la maison DUBOSCQ.
Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Source de l’article : “L’électricité au théâtre” par Julien LEFEVRE – Paris A. GRELOT éditeur de l’Encyclopédie Electrique – Vers 1894

 

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Pieds et supports pour lanterne de projection

Posté par Patrice Guerin le 12 mars 2013

Pieds et supports pour lanterne de projection dans Lanternes projection support-01-150x105

Pour être bien placée et éviter toute déformation de l’image sur l’écran, la lanterne de projection doit être surélevée de manière à ce que l’axe du faisceau lumineux soit perpendiculaire au centre de l’écran. « Trop souvent on se contente de poser la lanterne sur une table quelconque, en la haussant au besoin avec des cales de bois ou des livres. C’est là une très mauvaise méthode, car la lanterne peut bouger lors de son utilisation, voir même tomber ce qui risque de provoquer d’importants dégâts si l’on utilise un éclairage à flamme vive ».

support-03-300x204 dans Lanternes projection  support-02-150x78  Publicité Butcher & Son – 1898

Dans la littérature ancienne on trouve peu de descriptions de cet accessoire et les catalogues de fabricants ne proposent que quelques modèles souvent issus de la photographie. « Nous réprouvons absolument l’emploi des trépieds photographiques, quelque solides qu’ils soient, par ce que le plus léger choc peut suffire à faire basculer l’ensemble, lourdement chargé sur le dessus ».

support-04-102x150  support-14-111x150  support-13-95x150

A l’époque, le meilleur support est constitué par un fort pied d’atelier en bois à simple ou double crémaillère. Grâce à ses différents réglages, il est possible d’adapter la hauteur et l’inclinaison du plateau quelque soit le poids du projecteur.

support-05-93x150  support-06-102x150Livre et journal représentant le pied de studio en couverture.

Entre 1900 et 1910 la maison Mazo présente deux modèles de ce type. Un  premier modèle en hêtre noirci avec un montant central équipé d’une crémaillère incrustée et un second modèle à double montants à crémaillères, possédant une manivelle de réglage pour la hauteur et un volant permettant l’inclinaison de la planche supérieure.

support-07-91x150  support-08-92x150  support-09-95x150  support-10-99x150  Catalogues Mazo et Bonne Presse – 1905 / 1910

Certains fabricants proposent des ensembles “assortis” comprenant la lanterne et un solide table de projection pouvant être en bois ou en métal.

Voir : Les tables de projection

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Il existe d’autres supports moins encombrant pouvant être posés sur une table et permettant d’orienter facilement l’appareil ou offrant la possibilité d’installer deux lanternes pour vues fondantes.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

support-19-150x148  La caisse de transport de l’appareil peut faire un bon support.

Voir : Le KODIOPTICON, première lanterne de projection Kodak

support-15-150x139  Support en bois, moins encombrant qu’un pied, permettant de régler l’inclinaison de la lanterne.

support-16-150x85  Table à inclinaison  et socle centreur.

Enfin n’oublions pas qu’au XVIIIe siècle ROBERTSON avait fabriqué un support composé de 4 pieds munis de roulettes pour placer et même déplacer son fameux Fantascope ” : « au bas de l’appareil sont appliqués de chaque coté deux coulisseaux en buis ayant la forme D (fig. 2) de 2 pouces de long qui servent à reposer l’appareil et à le faire couler silencieusement sur deux règles de cuivre qui ont 12  pieds de longueur ».

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Voir : Description et fonctionnement du Fantascope

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