Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 11 avril 2013

Après que l’on eut découvert les différents “trucs” utilisés dans les spectacles de Fantasmagorie et autres tours de magie, faisant apparaitre des spectres et revenants de l’au-delà, la lanterne de projection est régulièrement utilisée sur les grandes scènes théâtrales, aussi bien en France qu’à l’étranger pour produire de nombreux effets.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSONProjection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle dans Lanternes projection Regulateur-11-300x183  Opéra “Moïse et Pharaon” en 1860. Effets lumineux sur Moïse et arc-en-ciel

Grâce au régulateur électrique inventé par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ milieu du XIXe siècle, le théâtre peut enfin réaliser des “effets spéciaux” dignes des grandes scènes parisiennes.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Dans “Faust”, le rayon lumineux qui vient dessiner sur le grand pilier de la cathédrale et le parquet de la scène les contours indécis des vitraux du chœur est issu d’une lanterne de projection. Les effets du soleil levant du “Prophète” de MEYERBEER et d’arc-en-ciel dans “Moïse et Pharaon” de ROSSINI sont dus aux mêmes moyens.

theatre-12-119x150 dans Projections pour SpectaclesSoleil levant

En 1849, l’appareil employé au troisième acte du “Prophète”, pour imiter le soleil levant, se compose d’une lampe à arc portée par un support de bois et munie d’un grand réflecteur parabolique. A l’avant est placé un écran de soie tendu sur un cadre, qui est traversé par un faisceau cylindrique de lumière, formant ainsi une tache ronde représentant le disque solaire. L’appareil tout entier, convenablement masqué par les décors, s’élève lentement derrière l’écran situé en fond de scène, de sorte que l’astre du jour semble monter progressivement au dessus de l’horizon.

theatre-13-300x190Arc-en-ciel

C’est en 1860, dans le premier acte de l’opéra “Moïse”, qu’on applique pour la première fois l’électricité pour produire un arc-en-ciel. Une lanterne équipée d’un arc électrique est placée sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel. Les rayons lumineux traversent d’abord un premier système de lentilles, qui les rend parallèles, puis un écran opaque  découpé en forme d’arc. Ils passent ensuite à travers une lentille biconvexe, qui sert à augmenter la courbure de l’image et à lui donner une extension plus considérable et traversent enfin un prisme placé de telle sorte que les couleurs apparaissent dans l’ordre naturel, c’est-à-dire le rouge en haut et le violet en bas.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

theatre-14-124x150   Eclair

Pour obtenir un éclair aussi réaliste que possible, on utilise l’arc électrique formé entre deux charbons placés à l’avant d’un miroir plan. Le charbon supérieur est fixe tandis que l’autre peut être avancé ou reculé selon les besoins. Ce dernier est fixé à une tige de fer doux pouvant pénétrer à l’intérieur d’un solénoïde qui fait partie du circuit placé derrière l’appareil. Tant que le courant ne passe pas, les charbons restent en contact sous l’action d’un ressort qui pousse celui du bas. Si l’on vient à fermer le circuit, le fer doux attiré pénètre à l’intérieur du solénoïde, le charbon mobile recule et l’arc lumineux se forme, puis s’éteint aussitôt. Le charbon inférieur revient au contact, poussé par le ressort et l’appareil est près à produire un autre éclair. L’appareil étant de faible dimensions, il peut être confié à un technicien en coulisse, voir même un figurant sur scène, qui peut l’activer sur une réplique ou un mouvement particulier. Il a fait son apparition pour la première fois, sur la scène du théâtre des Variétés, dans les “Voyages de la Vérité”.

theatre-24-141x150  « Quand Emile secoue sa tôle, Pierre souffle dans sa pipe ! » 1873

Dans certains théâtres, on obtient aussi d’excellents éclairs à l’aide d’un dispositif électrique encore plus simple. On relie les deux pôles d’une source électrique assez puissante, l’un avec une grosse lime un peu usée, l’autre avec un charbon à lumière. En frottant le charbon sur la lime, on obtient à la rupture de chaque contact, un arc électrique dont la lueur correspond à un bel éclair.

Dans les petits théâtres ne possédant pas encore la lumière électrique, on se sert d’une sorte de grande pipe dont le fourneau est rempli par une éponge imbibée d’alcool et saupoudrée de lycopode «  En allumant et en soufflant fortement par le tuyau, on produit dans la coulisse une grande flamme qui illumine la scène un court instant, comme un éclair pendant ».

theatre-22-150x120 Tonnerre  theatre-21-148x150  Vent  theatre-23-94x150 Pluie

Tous ces effets visuels sont renforcés par des effets sonores tout aussi impressionnants. Le bruit du tonnerre est provoqué par un roulement de tambour ou l’agitation d’une feuille de tôle suffisamment souple. Le vent provient d’un double cylindre en papier gris que l’on tourne plus ou moins rapidement ; quant à la pluie on utilise un grand sablier en bois rempli de copeaux de zinc et de morceaux de papier de verre !

theatre-25-128x150  Nouveau théâtre de la porte Saint-Martin à Paris, reconstruit en 1873

Dans les années 1895, monsieur TROUVE emploie au théâtre de la Porte Saint Martin, dans le “Maître d’armes”, un dispositif fort simple et ingénieux. Une petite lampe à incandescence dont le foyer très concentré possède une grande puissance lumineuse est placée à l’extrémité d’une longue tige flexible – une gaule de pêche par exemple – ; un commutateur à pied permet d’allumer ou d ‘éteindre cette lampe très facilement. Il suffit, à l’instant voulu, d’agiter la tige en zigzag, de haut en bas, pour imiter la chute de la foudre sur un lieu précis.

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Lorsque le faisceau lumineux doit suivre un personnage, comme dans “Faust”, “Hamlet”, etc. il est nécessaire d’utiliser une lanterne plus légère, en bois ou en tôle, équipée de lentilles permettant de concentrer la lumière et d’un diaphragme placé devant l’objectif afin d’augmenter ou de réduire l’importance du faisceau lumineux.

La plupart de ces dispositifs et appareils ont été inventés et mis au point par la maison DUBOSCQ.
Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Source de l’article : “L’électricité au théâtre” par Julien LEFEVRE – Paris A. GRELOT éditeur de l’Encyclopédie Electrique – Vers 1894

 

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Pieds et supports pour lanterne de projection

Posté par Patrice Guerin le 12 mars 2013

Pieds et supports pour lanterne de projection dans Lanternes projection support-01-150x105

Pour être bien placée et éviter toute déformation de l’image sur l’écran, la lanterne de projection doit être surélevée de manière à ce que l’axe du faisceau lumineux soit perpendiculaire au centre de l’écran. « Trop souvent on se contente de poser la lanterne sur une table quelconque, en la haussant au besoin avec des cales de bois ou des livres. C’est là une très mauvaise méthode, car la lanterne peut bouger lors de son utilisation, voir même tomber ce qui risque de provoquer d’importants dégâts si l’on utilise un éclairage à flamme vive ».

support-03-300x204 dans Lanternes projection  support-02-150x78  Publicité Butcher & Son – 1898

Dans la littérature ancienne on trouve peu de descriptions de cet accessoire et les catalogues de fabricants ne proposent que quelques modèles souvent issus de la photographie. « Nous réprouvons absolument l’emploi des trépieds photographiques, quelque solides qu’ils soient, par ce que le plus léger choc peut suffire à faire basculer l’ensemble, lourdement chargé sur le dessus ».

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A l’époque, le meilleur support est constitué par un fort pied d’atelier en bois à simple ou double crémaillère. Grâce à ses différents réglages, il est possible d’adapter la hauteur et l’inclinaison du plateau quelque soit le poids du projecteur.

support-05-93x150  support-06-102x150Livre et journal représentant le pied de studio en couverture.

Entre 1900 et 1910 la maison Mazo présente deux modèles de ce type. Un  premier modèle en hêtre noirci avec un montant central équipé d’une crémaillère incrustée et un second modèle à double montants à crémaillères, possédant une manivelle de réglage pour la hauteur et un volant permettant l’inclinaison de la planche supérieure.

support-07-91x150  support-08-92x150  support-09-95x150  support-10-99x150  Catalogues Mazo et Bonne Presse – 1905 / 1910

Certains fabricants proposent des ensembles “assortis” comprenant la lanterne et un solide table de projection pouvant être en bois ou en métal.

Voir : Les tables de projection

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Il existe d’autres supports moins encombrant pouvant être posés sur une table et permettant d’orienter facilement l’appareil ou offrant la possibilité d’installer deux lanternes pour vues fondantes.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

support-19-150x148  La caisse de transport de l’appareil peut faire un bon support.

Voir : Le KODIOPTICON, première lanterne de projection Kodak

support-15-150x139  Support en bois, moins encombrant qu’un pied, permettant de régler l’inclinaison de la lanterne.

support-16-150x85  Table à inclinaison  et socle centreur.

Enfin n’oublions pas qu’au XVIIIe siècle ROBERTSON avait fabriqué un support composé de 4 pieds munis de roulettes pour placer et même déplacer son fameux Fantascope ” : « au bas de l’appareil sont appliqués de chaque coté deux coulisseaux en buis ayant la forme D (fig. 2) de 2 pouces de long qui servent à reposer l’appareil et à le faire couler silencieusement sur deux règles de cuivre qui ont 12  pieds de longueur ».

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Voir : Description et fonctionnement du Fantascope

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Les tables de projection

Posté par Patrice Guerin le 11 mars 2013

Les tables de projection dans Lanternes projection support-31-106x150  support-32-79x150 dans Lanternes projectionJules Richard vers 1910 – Collection G.V.

Dans les années 1910, plusieurs fabricants proposent des tables de projection en bois ou en métal construites spécialement pour supporter les grosses lanternes qui se généralisent à l’époque avec leurs différents systèmes d ‘éclairage. « Lors de l’achat d’un appareil de projection, on attache souvent une importance considérable à la qualité de ses optiques, à la perfection de son système d’éclairage, à la finition de l’ébénisterie ou de la tôlerie et l’on néglige généralement l’installation même de cet appareil, le posant sur un simple guéridon manquant de rigidité et utilisant un drap quelconque, souvent plissé, en guise d’écran. » Avant cela on employait généralement des pieds provenant de la photographie, plus ou moins bien adaptés à la projection.

Voir : Pieds et supports pour lanterne de projection

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La qualité d’une table de projection dépend tout d’abord du poids du matériel à supporter. Plus celui-ci est lourd plus la table doit être solide et rigide.  Elle dépend aussi du type et de la distance de projection. En effet il n’est pas nécessaire d’utiliser le même support pour une séance familiale ou pour une projection devant un nombreux public. Ces principales qualités sont les suivantes.

support-22-110x150Ica vers 1910

Voir : Lanterne universelle ICA Dresden

La table doit être parfaitement rigide, pour éviter toute trépidation lors de la manipulation des châssis. En effet chacune d’elle se trouve considérablement amplifiée par la distance de projection sur l’écran et produit un effet déplorable à chaque changement de vue.

support-23-150x111  support-24-110x150  Pathé vers 1910

Voir : Charles PATHE et les lanternes de projection

La table doit posséder une hauteur suffisante pour ne pas devoir incliner trop l’appareil, ce qui provoque des déformations importantes de l‘image surtout lors de projections à courte distance.

support-25-150x135  support-26-150x137  support-27-106x150  Ica vers 1915

Voir : Lanterne universelle ICA Dresden

La table doit être solidement construite et ajustée, avec un plateau supérieur suffisamment grand pour placer les agrandisseurs de projection dont le soufflet peut être déployé au maximum. De plus il est souhaitable qu’elle soit équipée d’étagères, voir même de tiroirs, permettant de ranger les différents accessoires et le petit outillage nécessaire à l’entretien de l’appareil. Elle peut aussi offrir la possibilité de supporter les bouteilles de gaz et autres sources d’énergie.

support-28-95x150  support-29-99x150  Radiguet & Massiot vers 1910

Voir : Lanternes de projection scientifique MOLTENI

La table de projection peut être pliante lors que le projectionniste est amené à se déplacer souvent avec son matériel. Cependant celle-ci doit être tout aussi solide et rigide qu’une table fixe pour éviter les problèmes évoqués précédemment.

support-30-99x150  Projecteur double pour cinéma et vues fixes

Bien sur ces tables de projection peuvent être utilisées pour la projection fixe comme pour la projection cinématographique, voir même pour les deux.

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Lanterne d’agrandissement CANTILEVER

Posté par Patrice Guerin le 4 mars 2013

Lanterne d’agrandissement CANTILEVER dans Lanternes projection cantilever-01-150x97

William HUME est un fabricant d’instruments scientifiques situé au n° 1 rue Lothian à Edimbourg en Ecosse. « Monsieur HUME appartenait à la vieille école des expérimentateurs, faisant des expériences pratiques dans plusieurs domaines scientifiques dont la photographie ». C’est ainsi que l’une de ses premières réalisations consista à  éclairer un théâtre avec des lumières électriques alimentées à partir d’un grand nombre de batteries Bunsen.

cantilever-02-81x150 dans Lanternes projection  cantilever-03-82x150  Dans les années 1890, il fait régulièrement de la publicité dans “Transactions of Edinburgh Photographic Society”, bulletin publié depuis 1880. C’est ainsi qu’en novembre et décembre 1890, il annonce son appareil d’agrandissement Cantilever, puis, de janvier à mai 1891, un agrandisseur un peu moins cher dénommé “Nimrod”. « L’amateur qui possède une lanterne pour projections bien construite, pourvue de condensateur et d’objectifs convenables, peut faire des agrandissements sans qu’il lui soit nécessaire d’ajouter quoi que ce soit à son instrument ».

cantilever-04-150x99  cantilever-05-97x150Catalogue Kodak 1894 – Collection G.V.

Dans le catalogue français Kodak, datant de janvier 1894, on trouve différents modèles de la lanterne Cantilever distribués en France par “The Eastman Photographic Materials C° Ltd”, la filiale anglaise de Kodak.

cantilever-06-150x150    cantilever-07-150x150  cantilever-19-123x150Collection G.V.

Appareil d’agrandissement Cantilever adapté pour des applications photographiques, mais aussi pour les dessinateurs et les ingénieurs. Prix pour ce modèle avec condensateur de 21cm : 325 frs.

cantilever-08-300x169  Lanterne Cantilever équipée d’une chambre 9x12cm pour faire des clichés de projection en réduction.

cantilever-09-137x150  Appareil adapté pour les projections scientifiques. Après avoir retiré le soufflet, il est possible de placer, entre le condensateur et l’objectif, différents accessoires de physique ou de chimie : « cet appareil peut démontrer les sections complètes, médicales et chirurgicales du cerveau et des poumons ! »

cantilever-10-150x118  Modèle “Indien” construit pour les climats tropicaux afin d’éviter les méfaits des insectes et de l’humidité. Cette lanterne peut être équipée de condensateurs de 14cm, 21cm, 23cm ou 25,5cm.

cantilever-11-150x92  cantilever-12-150x119Autres modèles de la lanterne Cantilever équipés pour la lumière oxhydrique. Sur la seconde vue, le chalumeau est alimenté par du gaz de ville (source murale) mélangé à de l’oxygène. « Convient parfaitement pour les travaux importants et commerciaux, afin d’obtenir des agrandissements aux tons chauds ou sépia avec des émulsions au chlorure d’argent ».

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Equipée d’un condensateur de 33cm ou de 41cm, la lanterne Cantilever permet d’effectuer des tirages de très grandes dimensions « sur commande seulement ».

cantilever-14-123x150    cantilever-15-150x132  Version simplifiée de la lanterne Cantilever sans soufflet, équipée d’un condensateur de 10cm. Prix en 1894 : 150 frs pour un modèle complet.  En 1896, l’appareil est de nouveau présenté dans une annonce publicitaire. Il est décrit comme pouvant fonctionner au pétrole, au gaz, avec un chalumeau oxhydrique ainsi qu’à l’électricité.

cantilever-16-150x108  cantilever-17-150x70  Vers 1900, William HUME annonce « La plus soignée et la meilleure série d’agrandisseurs présents sur le marché, avec trente tailles et modèles de Cantilever. Toutes les photos faites avec de bons appareils de prise de vues devraient être agrandies avec le Cantilever de Hume. Il fait également des diapositives très fines par réduction ».

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Contrairement à de nombreuses lanternes qui pouvaient être équipées de différentes sources d’éclairage (pétrole, gaz, électricité), les premières lanternes Cantilever étaient construite autour d’un système d’éclairage unique. La lampe à pétrole à 2 mèches était fixée sur un socle en bois recevant aussi le condensateur qui pouvait être de différents diamètres. Au dessus d’elle se fixait la chambre de combustion et la cheminée, tandis qu’à l’avant se plaçaient le soufflet d’agrandissement et l’objectif. « Le projecteur Cantilever est extrêmement bien conçu et de fabrication très soignée. Il a obtenu un succès commercial considérable tant en Grande-Bretagne qu’à l’étranger ».

 

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Histoire de KODAK : 2 – Les principaux projecteurs de diapositives

Posté par Patrice Guerin le 3 février 2013

Histoire de KODAK : 2 – Les principaux projecteurs de diapositives dans Lanternes projection kodak-20-150x115Eastman Lantern Slide Plates

L’entreprise KODAK a déjà trente ans et une notoriété mondiale dans la vente de pellicules et d’appareils photographiques lorsqu’elle commercialise sa première lanterne de projection.

Voir : Histoire de KODAK : 1 – Les débuts

kodak-21-106x150 dans Projecteurs petit format  kodak-22-103x150  1913 – Commercialisation de la première lanterne de projection KODAK

KODAK présente dans son catalogue de 1914 sa première lanterne d’agrandissement, identifiée ainsi “Kodioption manufactured by Eastman Kodak C° Rochester N.Y.” Celle-ci provient cependant de l’entreprise  BAUSCH & LOMB C°, située elle aussi à Rochester.

Voir : Le KODIOPTICON, première lanterne de projection Kodak

kodak-23a-106x150  1923 : Apparition du cinéma amateur 16mm

Poursuivant son implantation dans le cinéma, KODAK commercialise le film inversible 16 mm sur un support d’acétate de cellulose sans danger, associé à la première caméra 16 mm CINE-KODAK et du projecteur KODASCOPE.

kodak-24a-105x150  kodak-24b-105x150  1927 : En France, fusion de KODAK et de PATHE

KODAK compte plus de 20 000 employés à travers le monde. En France, les sociétés KODAK et PATHE se regroupent pour donner naissance à la marque KODAK-PATHE. Deux ans plus tard, cette société commercialise sa première pellicule conçue pour la réalisation de films sonores.

kodak-25-150x60  1934 : création de KODAK A.G. en Allemagne

Cette nouvelle société présente son premier appareil photo 35mm de précision sous le nom de KODAK RETINA ainsi qu’un projecteur de diapositives au corps circulaire RETINA PROJEKTOR.

Voir : Les projecteurs KODAK : RETINA et KODASLIDE model A

kodak-26-150x96  1935 : KODAK invente la pellicule couleur Kodachrome

A l’origine, ce film est proposé au format 16 mm pour la réalisation cinématographique. Le format 35 mm pour diapositives suivra en 1936. Ce film avait une sensibilité de 10 ASA et son développement chez KODAK nécessitait 18 opérations successives pour une durée de 26 minutes. Les principes fondamentaux du Kodachrome dureront jusque dans les années 1970.

En 1939 la firme crée le service READY-MOUNT pour le Kodachrome 35 mm. Ces montures en carton permettent de projeter les diapositives dès leur retour d’un laboratoire de traitement KODAK.

kodak-27-103x150  1937 : KODAK commercialise le projecteur de diapositives KODASLIDE.

Il s’agit d’un modèle au corps carré, dans lequel les diapositives sont chargées une à une par le dessus.

Voir : Les projecteurs KODAK : RETINA et KODASLIDE model A

1946 : KODAK commercialise le film EKTACHROME.

Il s’agit du premier film couleur KODAK pouvant être traité par des laboratoires indépendants grâce à l’utilisation de nouveaux concentrés chimiques.

kodak-29-100x150  1953 : commercialisation en France du projecteur KODAK Junior.

Il s’agit du premier projecteur KODAK fabriqué et commercialisé en France. Il est accompagné d’une visionneuse Junior et sera suivi des projecteurs Senior 1 et 2.

kodak-30-150x102  1958 : premier projecteur de diapositives entièrement automatique KODAK.

Il s’agit du KODAK CAVALCADE, premier projecteur de la marque  muni d’un magasin droit de 40 vues et d’une minuterie permettant un fonctionnement automatique.

kodak-31-100x150  kodak-32-101x150  1961 : invention du projecteur Carousel

Il s’agit du premier KODAK CAROUSEL équipé d’un magasin circulaire pouvant contenir 80 diapositives : « Révolutionnaire ».

kodak-33-150x150  1964 : commercialisation du fameux projecteur Carousel S

Trois ans après le Carousel américain apparaît le fameux Carousel S, en fonte grise, fabriqué en Allemagne, qui est à l’origine d’une longue série de projecteurs professionnels.

A cette époque KODAK compte près de 100 000 employés.

kodak-34-150x1501980 – KODAK fête son 100e anniversaire.

Les ventes de la société dépassent la barre des dix milliards de dollars et la firme internationale est au sommet de son activité, avec un maximum de 145 300 employés en 1988.

En 1984 KODAK fait son entrée sur le marché de la vidéo avec la série de vidéos 8 mm “KODAVISION 2000”. C’est l’une des premières fois que l’entreprise est en retard par rapport à ses principaux concurrents :
-       1972 commercialisation du “VCR” par PHILIPS ;
-       1976 mise au point du format “VHS” par JVC ;
-       1981 invention du premier appareil photo numérique, le ”Mavica“ par SONY.
Les années 80 marques la fin de l’ère argentique et des projecteurs de diapositives. De plus KODAK doit faire face à une intense concurrence de la part des fabricants asiatiques, notamment de FUJI-film.

kodak-35-150x1382004 – KODAK arrête la production du projecteur Ektagraphic.

En vingt ans l’entreprise a perdu plus de 80% de son personnel. Le projecteur “Ektagraphic”, apparu en 1967, est l’évolution à destination du grand public de la série “Carousel S”. La fabrication de ces appareils se termine définitivement en 2004.

kodak-36-122x150  2012 KODAK dépose le bilan

Le 19 janvier 2012, KODAK dépose le bilan. L’entreprise et ses filiales américaines demandent à bénéficier de la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. Ce dépôt de bilan représente l’aboutissement de deux décennies de licenciements et de dégraissage qui ont transformées celui qui était jadis le premier fabricant mondial de matériel photographique, en l’ombre de lui-même.

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Le KODIOPTICON, première lanterne de projection Kodak

Posté par Patrice Guerin le 14 janvier 2013

Le KODIOPTICON, première lanterne de projection Kodak dans Lanternes projection kodiopticon-01-150x116  kodiopticon-02-104x150 dans Lanternes projection

En 1913, la firme américaine KODAK, créée en 1884 par George EASTMAN (Voir PORTRAITS), commercialise son premier projecteur de vues fixes à l’usage des amateurs, dénommé KODIOPTICON.

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« Avec le KODIOPTICON, vous pouvez revivre des journées immortalisées par votre appareil photo Kodak, lors de soirées à la maison durant lesquelles vos amis peuvent profiter de ces bons moments avec vous. Pas seulement un ou deux qui suivent les pages de votre album Kodak pendant que vous racontez l’histoire de ces images représentant de bons moments, mais toute une maisonnée… le plus sera le mieux ! »

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Le KODIOPTICON est essentiellement constitué d’un corps de lanterne en métal sans cheminée haute (il est exclusivement prévu pour fonctionner à l’électricité) de petites dimensions (52x10x15cm) devant lequel se trouvent deux lentilles formant condensateur. Une cuve à eau est placée entre les deux lentilles afin d’absorber la chaleur de l’éclairage

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La source lumineuse standard est une ampoule électrique ordinaire Mazda de 60w, qui permet « à une distance de 10 mètres entre le projecteur et la feuille, de projeter des images sur environ 36 cm. Une image plus grande peut être obtenue en plaçant le KODIOPTICON plus loin, mais plus on augmente la distance moins l’éclairage est puissant. »

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Le projecteur peut être équipé d’une lampe à arc électrique associée à un rhéostat «  nécessaire afin de contrôler le courant et fournir un éclairage constant ». Celle-ci permet d’obtenir à 12 mètres, une image d’environ 1 mètre. Bien qu’assez compact, cette lampe à arc (signée B & L.O.Co – 6778)  est très perfectionnée et possède différentes molettes permettant de régler la hauteur, l’inclinaison et l’avancement individuel de chaque charbon.

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La partie avant du projecteur est composée d’un passe-vues de 12,5cm de haut permettant de projeter des images standards de 7,5x10cm. A l’avant de celui-ci se trouve un soufflet d’agrandissement et un objectif à tirage hélicoïdal (sur cet appareil, il porte la mention “Eastman Kodak Compagny” ainsi que le logo “Bausch & Lomb Optical Co”).

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Le KODIOPTICON, “Manufactured by Eastman Kodak Co” a beaucoup de ressemblances avec le projecteur BALOPTICON fabriqué par Bausch & Lomb à la même époque. On peut supposer que les deux appareils ont la même origine.

Voir : le projecteur Balopticon (à venir)

kodiopticon-10-300x200  fichier pdf Instructions Kodiopticon

Voir : Pieds et supports pour lanterne de projection

Le prix du KODIOPTICON complet est de 20$ avec l’ampoule et 29$ avec l’arc, incluant une solide caisse en bois qui peut servir de support de projection. « Le KODIOPTICON est la lanterne la plus simple et la plus efficace du marché pour les divertissements à domicile. » Ce projecteur permet de nouvelles perspectives de développement pour Kodak, d’une part en lui ouvrant les portes de la projection et d’autre part en lui offrant la possibilité de vendre un nouveau produit, le film “Velox”, équivalent au papier “Velox” déjà très utilisé à l’époque. « L’amateur qui a fait des tirages sur papier “Velox”, et d’ailleurs celui qui n’en a pas fait, ne doit pas avoir peur de faire des diapositives de projection “Velox“ pour ses soirées de divertissement avec le KODIOPTICON. Le film, coupé à la bonne taille, est traité exactement de la même manière que le papier “Velox”. »

kodiopticon-12-101x150  Voir : Histoire de KODAK : 1 – Les débuts

Par la suite KODAK commercialisera de nombreux autres projecteurs de diapositives, dont le fameux “Carousel S” créé en 1964.

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Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Posté par Patrice Guerin le 12 septembre 2012

En consultant différents catalogues de la maison DUBOSCQ PELLIN, ainsi que certaines revues du XIXe siècle dont “La Nature”, on constate que la fameuse “lanterne photogénique” fabriquée par DUBOSCQ dans les années 1850, n’est pas le seul projecteur portant cette signature.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQLa maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Il existe au moins trois ou quatre autres lanternes de projection, fort différentes de celle-ci, qui auraient été fabriquées par la maison DUBOSCQ PELLIN.

 Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN dans Lanternes projection Duboscq-71-85x150  “Catalogue des appareils employés pour la photographie sur plaques, sur verre, sur papier, construits dans les ateliers de M. J. DUBOSCQ opticien” de 1862, page 23

1 – l’appareil “Agrandisseur des épreuves microscopiques” est ainsi défini : « Les épreuves obtenues à l’aide du Polyconographe sont destinées à être agrandies. La question de l’amplification des positifs à l’aide de négatifs microscopiques ne pouvait être résolue qu’à l’aide d’un appareil grossissant, n’altérant nullement les détails du négatif. L’appareil amplificateur se compose d’une lentille convergente placée au delà du centre d’un miroir concave qui concentre les rayons lumineux sur le négatif à amplifier avant de traverser un système de lentilles convergentes afin de former à distance convenable une image renversée et agrandie sur l’écran qui porte le papier positif sensibilisé. La lentille convergente de 110 mm de diamètre est renfermée dans une boîte cylindrique en laiton de 25 cm de circonférence et de 70 cm de hauteur à l’intérieur de laquelle on peu placer une source de lumière électrique ».

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

NB Ce catalogue ne présente pas d’autres lanternes de projection, on peut donc supposer que la “Lanterne Photogénique” est postérieure à cette date. Par contre à la même époque il existe une lanterne cylindrique assez similaire à ce modèle fabriquée par Newton en Grande-Bretagne.

Duboscq-72-114x150 dans Lanternes projectionLanterne Newton – Collection J-P.V.

La particularité de cette grosse lanterne est qu’elle possède trois types d’objectifs différents qui peuvent tourner autour de la lanterne centrale afin de se trouver dans l’axe de projection désiré.

Duboscq-73-104x150  Duboscq-74-104x150  Catalogue PELLIN de 1900, page 17 et page 18 – Collection G.V.

Dans ce catalogue de 1900, on découvre deux nouvelles lanternes en plus de la “Lanterne Photogénique”.

Duboscq-75-111x150Collection Antic-Photo

2 – La “Lanterne de M. PELLIN” qui contient un appareil électrique à charbons inclinés, dont le rapprochement se fait à la main, un bouton servant à avancer simultanément les deux charbons tandis que l’autre permet de centrer le point lumineux.

Duboscq-76-108x150

3 – La “Lanterne de M. le Dr ROUX consiste principalement en un chalumeau vertical à gaz oxhydrique formé de deux tubes concentriques. Au centre se place une petite sphère de magnésie que la flamme entoure de toutes parts et qu’elle porte à l’incandescence. Cette source lumineuse est placée au centre d’une lanterne équipée d’un miroir, d’un condensateur et d’un objectif télescopique. Cette lanterne de projection est employée à l’Institut Pasteur, à l’Ecole de Médecine de Paris, etc.

Voir : Chalumeau oxhydrique DUBOSCQ PELLIN

Duboscq-77-103x150

Enfin il est écrit dans ce catalogue « Nous construisons sur demande des lanternes pour les différents régulateurs qui se trouvent dans le commerce. Dans ce cas nous adresser un croquis coté des dimensions des régulateurs ». La lanterne ci-dessus est un modèle de théâtre, fabriqué en bois et muni d’un réflecteur argenté, destiné à éclairer vivement une partie de la scène.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Duboscq-78-150x112

Il existe aussi un catalogue spécial concernant les « Lanternes diverses pour effets scéniques au théâtre ».

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Lanterne de projection DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 26 août 2012

Lanterne de projection DUBOSCQ dans Lanternes projection Duboscq-51-76x150  Duboscq-52-65x150 dans Projections scientifiques  Duboscq-53-79x150  Duboscq-54-78x150Collection G.V.

En 1850, « la lanterne en cuivre à 4 colonnes et le régulateur électrique » sont présentés par ARAGO à l’Académie des Science. Jules DUBOSCQ (voir PORTRAITS) fabrique cette grosse lanterne de projection ainsi que le régulateur à arc mis au point par monsieur FOUCAULT (voir PORTRAITS) en 1849. Ils obtiennent la grande médaille du Conseil à l’Exposition De Londres en 1851.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Duboscq-55-85x150

« La lanterne photogénique de monsieur DUBOSCQ se compose d’une espèce de boîte de cuivre bronzé, qui enveloppe la partie supérieure du régulateur. Pour prendre moins de place, la colonne de ce dernier appareil est enfermée dans une espèce de cheminée qui termine la boîte, et le pied se trouve au-dessous, entre les quatre colonnes qui supportent la lanterne ».

Duboscq-56-150x100 Collection G.V.

« Pour que cette boîte ferme hermétiquement, de petits volets mus par des crémaillères viennent fermer le dessus et le dessous de la boîte en même temps qu’on en ferme la porte, de sorte que les coupures faites à l’instrument, pour qu’on puisse y introduire le régulateur, se trouvent bouchées. L’intérieur de cette lanterne est muni d’un miroir réflecteur et de deux tiges plongeantes sur lesquelles peuvent s’adapter deux autres miroirs pour renvoyer la lumière dans les lentilles d’un appareil particulier que l’on adapte à la lanterne pour certaines expériences, et que l’on appelle “polyorama” ».

Duboscq-57-150x58 Equipement à 2 miroirs et 2 objectifs pour polyorama

Voir : Le Polyorama de DUBOSCQ

« Enfin sur le côté de la lanterne se trouve un petit œil de bœuf muni d’un verre violet par lequel on examine la marche de la lumière électrique. Afin de régler facilement la position du point lumineux qui, dans certaines expériences délicates, a besoin d’être déterminée d’une manière tout à fait rigoureuse, le régulateur se trouve posé sur un socle qui, au moyen de deux vis de rappel, peut être déplacé dans deux directions rectangulaires comme le miroir des porte-lumières ». Source : L’éclairage électrique par le comte Théodore Du MONCEL – Librairie Hachette et Cie Paris 1880

Duboscq-58-150x102  Duboscq-59-150x105  Duboscq-63-150x131

Cette lanterne est principalement destinée à des usages scientifiques. Pour cela elle peut être équipée de différents objectifs, microscope de projections, primes, polarisateurs et autres accessoires permettant d’effectuer de nombreuses expériences lumineuses telles que celles de BARTON, de GRIMALDI, d’ARAGO, du docteur GUERARD, etc.

Duboscq-61-150x86Polariscope de projection – Collection P.T. (GB)

Voir : Polariscope de projection PELLIN

« Les expériences de projection peuvent être faites à toute distance ; seulement, elles perdent de leur éclat et de leur netteté quand les distances ne sont pas en rapport avec l’intensité lumineuse : 5 mètres représentent ordinairement la distance la plus convenable pour la lumière d’une pile de cinquante éléments ».

Duboscq-60-150x105 Cône de projection

Cet accessoire se fixe à la place de l’objectif pour projeter des épreuves photographiques transparentes. Le cône contient un système de lentilles achromatiques. « Cette lanterne, si puissante qu’elle soit, ne peut cependant pas remplacer le microscope solaire, si utile pour la projection d’objets très petits. Mais si l’on prend d’abord une photographie déjà agrandie des objets microscopiques, et si l’on projette de nouveau ces photographies à l’aide du cône de projection, on obtient sur l’écran des images semblables à celles que donnerait directement le microscope solaire ».

Duboscq-62-150x126  Microscope de projection – Collection G.V.  scientifique01.vignette

Parmi les nombreuses expériences effectuées avec cette lanterne, l’une des plus marquantes est la projection de dépêches microscopiques à l’aide d’un microscope, durant le siège de Paris.

Voir : Le siège de Paris en 1870Introduction aux projections scientifiques

Pendant près de 50 ans, la lanterne Duboscq et ses nombreux accessoires destinés à la projection scientifique, va se retrouver dans de très nombreuses grandes écoles et facultés, comme en témoigne cette vue représentant le grand amphithéâtre de l’Institut d’Agronomie à Paris.

Duboscq-64-150x89  Duboscq-65-150x95  A côté de la lanterne Duboscq, on voit une seconde lanterne, peut-être une Molteni et de nombreux accessoires posés sur la table dont un spectroscope à 3 lunettes.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

En consultant différents catalogues de la maison DUBOSCQ PELLIN, ainsi que certaines revues du XIXe siècle dont “La Nature”, on constate que cette fameuse “lanterne photogénique” fabriquée n’est pas le seul projecteur portant la signature DUBOSCQ PELLIN.

Voir : Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

 

 

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La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Posté par Patrice Guerin le 19 juillet 2012

La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN dans Lanternes projection Duboscq-31-97x150  Planche d’Optique provenant de l’Encyclopédie Diderot et D’Alembert publiée entre 1751 et 1772 (collection G.V.). Cette publication aida à développer l’esprit scientifique de nombreux savants.

Epoque SOLEIL 1819-1849

Duboscq-30-115x150 dans Lanternes projection  Tête de lettre de 1829. Collection G.V.

En 1819, l’ingénieur-opticien Jean-Baptiste-François SOLEIL (1798-1878) fonde la maison SOLEIL “Opticien du roi, passage Vivienne, grande galerie N°23 et sa manufacture rue des Poissonniers N°21, près de la barrière Poissonnière”. Il fabrique “toutes sortes d’instrumens d’optique et de mathématiques” dont “Chambres noires, Fantasmagorie, Lanternes magiques, etc”.

En 1825, il s’installe au 21 rue de l’Odéon à Paris VIe. L’entreprise est spécialisée dans la fabrication “d’instruments d’optique et de précision” destinés  aux plus grands savants de l’époque FRESNEL, ARAGO, FOUCAULT, BABINET, etc.

Parmi ses nombreuses inventions, on trouve l’héliostat de SILBERMANN (1843) mais aussi « un phare lenticulaire de premier ordre à éclypses, destiné pour Belle-Ile (Morbihan), d’après le système de feu monsieur A. FRESNEL » ou encore « une grande lentille annulaire, ou verre ardent, au moyen duquel on peut fondre et volatiliser sous le ballon différentes substances et même le platine » et encore « divers objets d’optique tels que baromètres, thermomètres, lunettes de campagne, lorgnettes jumelles, cassettes de mathématiques, etc ».

Duboscq-32-120x150  Il obtient de nombreuses récompenses aux expositions nationales de 1839 et 1841 et par la Société d’Encouragement en 1841 et 1847. Lors de sa succession en 1849, la maison est divisée en deux branches confiées l’une à Henri SOLEIL son fils, et l’autre à Jules DUBOSCQ, son gendre.

Duboscq-33-107x150  Henri SOLEIL “Elève et successeur de son père” est située au 21 rue de l’Odéon «  fondée en 1825 sur le même emplacement et n’ayant jamais eu de succursale ».

Comme activité, il indique “Opticien-Mécanicien pour les pièces en cuivre des phares de Fresnel” et effectue diverses réalisations dans ce domaine. En 1852, l’atelier SOLEIL est racheté par Louis SAUTTER (1825-1912) qui fabrique des lentilles de Fresnel pour les phares. Il fonde l’entreprise Sautter et Cie, puis Sautter-Lemonnier et Cie, puis Sautter-Harlé. « L’origine de l’Etablissement de MM. Sautter père et fils, Lemonnier et Cie remonte à l’année 1825, où il fut fondé par l’opticien SOLEIL, pour la construction des phares lenticulaires que venait d’inventer Augustin FRESNEL. Mais le développement de cette industrie ne commença réellement qu’à partir de 1852 où elle passa aux mains de M. Louis SAUTTER, dont le concours important et l’autorité reconnue en cette matière, contribuèrent à l’adoption de ce nouveau système d’éclairage par la plupart des nations maritimes ». Présentation faite à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889. Après 1881, Louis SAUTTER se consacre aux œuvres philanthropiques et religieuses.

Duboscq-34-129x150  Etablissements Sautter & Lemonnier 1889

Voir : Loupes, miroirs et prismes SOLEIL DUBOSCQ

Epoque DUBOSCQ 1849-1886

A partir de 1849, Jules DUBOSCQ (voir PORTRAITS) poursuit le développement de l’entreprise au 21 rue de l’Odéon “seule entrée au fond de la cour”. Il crée et construit, sous la direction des plus grands savants de l’époque : PASTEUR, JAMIN, DUPRE, FOUCAULT, BECQUEREL, etc. un grand nombre d’instruments d’optique et de précision employés dans les universités, les grandes écoles, les laboratoires scientifiques et industriels de France et de l’étranger. Durant cette période, les instruments sont marqués “Jules Duboscq”.

Duboscq-35-97x150  Publicité Jules Duboscq 1885

Parmi toutes ses inventions, il construit de nombreux appareils destinés à la projection et à de nombreuses expériences d’optique. « Il se fait en ce moment une heureuse révolution dans le mode d’enseignement public des sciences. En Angleterre et en France, on a compris l’immense avantage qu’il y a à substituer aux figures tracées sur le tableau noir des représentations agrandies des êtres, des phénomènes de la nature, obtenues par les procédés de la lanterne magique. M. Duboscq est entré le premier dans cette voie ; il a compris la nécessité absolue de substituer des images parfaites obtenues par la photographie sur verre transparent aux peintures grossières et informes seules usitées jusque dans ces derniers temps » Source : Histoire de la découverte de la photographie par G. Potonniée, publications Montel 1925.

Duboscq-36-150x111  duboscq04.vignette  duboscq05.vignette

Il construit le régulateur électro-magnétique et l’héliostat de Léon FOUCAULT, ainsi que diverses lampes électrique et lanternes de projection.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQEclairages DUBOSCQ PELLINLanterne de projection DUBOSCQ

A partir des années 1850, ses appareils d’éclairage et de projection sont utilisés dans les théâtres pour éclairer tout ou partie de la scène et pour réaliser de surprenants effets spéciaux.

Voir : Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

En 1870, durant le siège de Paris, ses appareils rendent de nombreux services aux assiégés.

Voir : Le siège de Paris en 1870

Au début du XXe siècle les lanternes de projection scientifique Jules DUBOSCQ sont encore présentent dans les cabinets de physique de très nombreuses écoles.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

Duboscq-37-98x150 Publicité Pellin 1900

Epoque PELLIN 1886-1940

François Philibert PELLIN (voir PORTRAITS) entre chez Jules DUBOSCQ vers la fin des années 1870 et prend le contrôle de la Maison en 1886 lors du décès de son propriétaire. Il maintient la tradition de qualité pour de nombreux instruments comme ceux fabriqués pour FERY ou LE CHATELIER. En plus du magasin situé au 21 rue de l’Odéon à Paris VIe, il possède aussi des ateliers non loin de là, au 30 rue Monsieur Le Prince à Paris VIe.

Duboscq-38-150x119  Publicité Pellin 1906

Les sommaires de ses catalogues indiquent les très nombreuses spécialités de la Maison : Sources lumineuses – Appareils de projection – Photométrie – Interférences, Diffraction –Polarisation, double Réfraction – Réflexion, Réfraction, Vision – Spectroscopie – Appareils de Mesure – Polarimétrie, Saccharimétrie, Colorimétrie – Acoustique en Projection – Météorologie.

Voir : Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLINChalumeau oxhydrique DUBOSCQ PELLIN

Duboscq-39-114x150  Source BNF

Comme ses prédécesseurs, François Philibert PELLIN obtient de nombreuses récompenses, comme il le mentionne dans un courrier de 1912 : 4 médailles d’or dont Paris en 1889 ; diplômes d’honneur Anvers 1894, Amsterdam 1896 ; Grand Prix Paris 1900, Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1907, Londres 1908 ; Hors concours membre du jury Bruxelles 1897 et 1910 (vice-président) ; membre du jury de classe Milan 1911.

Son fils Félix (Marie Philibert) PELLIN (1877-1940) entre dans l’entreprise en 1900. Il est nommé directeur technique en 1901 et directeur général en 1903. Associé à son père en 1912, il poursuit l’activité de l’entreprise jusqu’en 1940, date à laquelle la Maison “Soleil-Duboscq-Pellin” fusionne avec la Maison Deleuil, fondée par Louis-Joseph DELEUIL en 1820.

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A la suite de ses prédécesseurs il obtient des grands prix à Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1906, Turin 1923, Gand 1925, Grenoble 1926, Madrid 1927, Athènes 1928, Liège 1930. Il est aussi hors concours et membre du jury à Londres 1908, Bruxelles 1910, Turin 1911, Gand 1913, Strasbourg 1919, Monaco 1921, Rio de Janeiro 1922, Strasbourg 1924, Arts Décoratifs 1925, Coloniale Paris 1931, etc.

Dans les années 30, les ateliers, magasins et bureaux sont situés au 59 avenue Jean Jaurès à Arcueil. Lors de l’Exposition Internationale de Liège en 1930, on peut lire « Anciens établissements Ph. et F. PELLIN, Félix PELLIN, ingénieur, successeur, 5 avenue d’Orléans Paris – Constructeur d’instruments d’optique et de précision pour les sciences et l’industrie ».

__________________

Chronologie des différentes appellations de la branche Duboscq :

Maison SOLEIL (1819 – 1849)
DUBOSCQ et SOLEIL (1849 – 1878)
J. et A. DUBOSCQ (1879 – 1880)
J. DUBOSCQ (1880- 1883)
Maison Jules DUBOSCQ et Ph. PELLIN (1883 – 1886)
Ph. PELLIN (1886 – 1900)
Etablissements PH. et F .PELLIN (1900 – 1911)

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Appareil de projection “Gros Modèle” MAZO

Posté par Patrice Guerin le 7 juillet 2012

Appareil de projection “Gros Modèle” MAZO dans Lanternes projection Mazo-grosse-01-97x150

Cette lanterne de projection “Gros modèle”  est présente dans les catalogues MAZO dès le début du XXe siècle. Elle est destinée aux professionnels « Spéciale pour les projections par transparence, elle peut aussi servir pour celles par réflexion ».

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO

Mazo-grosse-02-127x150 dans Lanternes projection  Mazo-grosse-03-111x150Collection G.V.

Son corps en tôle russe pleine est monté sur un support en acajou verni et possède une porte en cuivre nickelé de chaque côté. Des regards munis de verres de couleur sont placés au centre de ces portes, à hauteur de la lumière, pour en faciliter le réglage. Elle est équipée d’un éclairage intensif soit par chalumeau oxhydrique, soit par arc électrique.

Mazo-grosse-04-114x150 Collection G.V.

Le dessus, revêtu d’une double enveloppe afin d’éviter toute déperdition de lumière, peut s’ouvrir en le basculant sur le côté et permet même l’utilisation d’un système d’éclairage à pétrole avec cheminée.

Mazo-grosse-05-150x116  Mazo-grosse-06-148x150  Mazo-grosse-07-150x123Collection G.V.

L’appareil “Gros modèle” est équipé d’un condensateur de 120mm de diamètre et d’un objectif de très grand diamètre (56mm) supporté par une monture en cuivre verni extrêmement solide.

Polyorama-09-97x150  Polyorama-08-129x150

Il existe une version double tout à fait semblable au modèle simple. Sa partie avant, entièrement en cuivre, est équipée d’un système de centrage rapide et précis qui permet de superposer parfaitement les deux images projetées.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

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