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Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

Posté par Patrice Guerin le 24 mai 2014

AprEcole 25  APRES L’ECOLE, revue illustrée d’Enseignement Populaire – N°218 du 5 novembre 1907

«  Nous fondons cette Revue populaire comme l’on fonde une Université Populaire. Nous débutons sans ressources financières ; grâce à quelques amis nous avons seulement donné garantie à l’imprimeur du paiement de son travail et du papier. Nous considérons nos abonnés comme des associés : aussi leur rendrons-nous compte, très exactement et fort souvent, de notre situation financière ; nous leur apprendrons comment se fait et s’administre notre publication… Nous demandons un égal dévouement à tous : les administrateurs administrent gratuitement, les rédacteurs rédigent gratuitement, les abonnés doivent payer régulièrement l’abonnement-cotisation…

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

AprEcole 22  Les syndicats d’outillage permettent à des cultivateurs réunis d’acheter des instruments perfectionnés. Extrait de la planche n°193 mai 1906

Certains d’entre nous sont socialistes, d’autres sont individualistes, d’autres enfin trouvent bien inutile de se donner un qualificatif quelconque. Mais tous nous voulons la même chose : remplacer le vieux monde par un monde nouveau fondé sur la Solidarité, le Travail, la Justice… Il faut combattre le Cléricalisme, le Militarisme, le Capitalisme, en établissant la Liberté de la Pensée, la Paix des Nations, la Joie et la Dignité du Travail…

AprEcole 24  Un cortège de mineurs en grève à Montceau. Extrait de la planche N°129 novembre 1902

Mais aujourd’hui… le peuple des ouvriers et des paysans est écrasé par tout le poids du vieux monde qu’il fait vivre. Il faut donc donner à l’ouvrier et au paysan la conscience de la Vie libre, soit en allégeant leur fardeau par des réformes, soit en déchargeant leurs épaules par des actes énergiques. Déjà quelques travailleurs sont intellectuellement et moralement délivrés. Et que font-ils ? Ils travaillent à délivrer leurs camarades de classe. Ils fondent des Maisons où les forces ouvrières et paysannes s’organisent, et chaque jour grandissent les Syndicats professionnels et agricoles, les Coopératives de consommation et de production, les Mutualités, les Universités Populaires, les Associations d’anciens élèves d’Ecole primaire.

AprEcole 23  La sortie des usines : les enfants vont pieds nus, couverts de haillons. Extrait de la planche N°154 mars 1904

L’œuvre de création sera faite par tous ceux qui voient l’Injustice et veulent la Justice, qui voient la Guerre et veulent la Paix, qui voient le Travail être aujourd’hui une Peine et qui veulent en faire la douce Loi Humaine. »

Déclaration signé : Edouard C. Instituteur ; COLOMB, docteur ès sciences ; DUJARDIN, comptable ; FORT, lithographe ; Edouard FUSTER ; Marie FUSTER-BAERTSCHI, agrégée de l’enseignement secondaire des jeunes filles ; Charles GUIEYSSE, secrétaire général de la Société des Universités Populaires ; Daniel HALEVY ; Maurice KAHN . Carles MICHEL, employé de coopérative ; MOREAU, ouvrier papetier ; SOLLIER, employé de commerce.

Extraits de la courte déclaration des fondateurs. “Pages libres” supplémentaires au N°100 du 5 mars 1901 d’APRES-L’ECOLE. Les illustrations proviennent des planches paraissant en supplément de la revue APRES L’ECOLE.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - Projection éducation populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - La Société Nationale des Conférences Populaires

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Lorsque l’enseignement des Sciences devient spectacle, par MASSIOT

Posté par Patrice Guerin le 7 avril 2014

Radiguet 51

En 1907, la maison RADIGUET & MASSIOT, successeur de MOLTENI (cliquer ici), présente, dans un livre intitulé “Les Projections Scientifiques et Amusantes”, un appareil de projection « dont la forme spéciale se prête à toutes les exigences des expériences scientifiques et amusantes. »

Radiguet 52  Source : cliquer ici

« L’enseignement de la physique et de la chimie par les projections a suivi celui de la géographie et de l’histoire ; mais on s’est, jusqu’à présent, contenté de montrer les appareils et les phénomènes scientifiques, en profitant simplement de la facilité qu’offrait la lanterne de projection pour rendre visibles à tous les expériences et les réactions… Nous avons pensé qu’il y aurait avantage à intéresser, par l’attrait d’un spectacle judicieusement choisi et facilement assimilable, l’attention de nos petits spectateurs, quitte ensuite à leur donner une explication scientifique de la fiction qui les aura distraits. »

Radiguet 53  Radiguet 54  Radiguet 55  Certes, l’idée n’est pas nouvelle !

Pour instruire et amuser le Dauphin, l’abbé NOLLET (voir PORTRAITS) écrit, en 1770, un livre intitulé “L’Art des Expériences” (cliquer ici). Un peu plus tard, vers 1826, Jean Sébastien Eugène JULIA DE FONTENELLE (1780-1842) et François MALEPEYRE (1794-1877) rédigent un “Manuel de Physique Amusante” (cliquer ici) dans lequel ils imaginent un certain nombre d’expériences simples à réaliser. Puis il y eut les fameux livres de TOM TIT, pseudonyme de Arthur GOOD (1853-1928) et de Gaston TISSANDIER 1843-1899), dont tout le monde connaît les combinaisons si ingénieuses de fourchettes, de brins de paille, de bouchons et de verres !

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Afin de projeter les “Expériences Scientifiques et Amusantes” que Georges MASSIOT présente dans son livre, il met un point une nouvelle lanterne de projection de petites dimensions, montée sur un long socle en bois, dont la particularité est d’être modulable. De plus on peut y placer différents types d’éclairage suivant la source d’énergie dont on dispose : gaz, petit arc électrique ou ampoule à incandescence, etc.

Radiguet 57  Radiguet 58  Expérience d’électrolyse avec cuve à eau et pile de Grenet

Toute la partie avant s’enlève facilement en la coulissant sur le côté et le condensateur peut être dissocié de l’objectif en retirant quatre vis. On peut ainsi placer très facilement divers accessoires tels que châssis spéciaux, cuves à eau, support horizontal, etc. entre la lanterne et le système optique afin de réaliser les expériences décrites dans le livre. Dans les années 30 la Maison MASSIOT fabriquera un banc optique beaucoup plus important et complet.

Voir : Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

Radiguet 59   Radiguet 60

La lanterne présentée dans cet article est un modèle simplifié, adapté à la projection des clichés 4×4 provenant du Vérascope RICHARD. Elle est identique, pour sa partie optique, à la lanterne cylindrique RADIGUET & MASSIOT fabriquée à la même époque.

Voir : Projecteur de petit format RADIGUET et MASSIOT

Cette petite lanterne de projection peut être rapprochée de celle fabriquée vingt cinq ans plus tard par la Maison MAZO, à la différence près que cette dernière est adaptée à la projection du film souple 35mm.

Voir : Les projecteurs Filmoscope de MAZO

 

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La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 27 février 2014

A la suite de la conférence organisée par le ministère de l’Instruction Publique à la Sorbonne, le 30 mars 1880, G. SERRURIER et H. JARDIN fondent au Havre, le 21 décembre 1880, la “Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses” dite “Société d’initiative pour la propagation de l’Enseignement scientifique par l’Aspect”.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Le Havre 01

Directeur en 1870 de la première école laïque ouverte au Havre, SERRURIER se fait remarquer en y créant un musée scolaire, une caisse d’épargne et une bibliothèque pédagogique. Ouvert au progrès scientifique, il est fasciné par les projections lumineuses qui illustrent une conférence de MEUNIER (voir PORTRAITS) au théâtre du Havre. Avec l’appui des autorités, entre autres de Louis LIARD, recteur de l’académie de Caen, mais aussi et surtout des notables républicains telles que le maire du Havre Jules SIEGFRIED (1837-1922) il peut concrétiser son projet. C’est un proche du maire, Henri JARDIN, ancien conseiller municipal, qui prend la présidence de la Société d’Enseignement, SERRURIER se contentant de la vice-présidence.

Le Havre 02  Cercle Franklin – Le Havre

Deux sortes de conférences sont organisées, les unes pour les scolaires, les autres pour les adultes. Soucieux de participer à l’instruction des enfants, les républicains membres du comité directeur de la Société donnent de leur personne, dissertant sur la cosmographie, la zoologie, l’hygiène, les sciences naturelles ou les voyages. Mais les conférences ne sont pas toujours à la portée des enfants et la bonne volonté ne peut suppléer à un minimum de savoir-faire pédagogique. Au bout d’un an, on fait appel à des instituteurs adjoints et, plutôt que de regrouper les enfants dans la salle du Cercle Franklin ou la salle Sainte-Cécile, on introduit les projections dans les écoles elles-mêmes.

Voir : L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

Catalogue de collections de vues prtŽes gratuitement aux Žcoles

Les moyens d’action de cette association sont d’une part la publication d’un bulletin, de mémoires divers et, au besoin, d’une feuille périodique et, d’autre part, les prêts gratuits de collections de vues sur verre appartenant à la Société pour des conférences scolaires et publiques. Dans certains cas, elle peut mettre à disposition des appareils et accessoires et participe à des expositions, prix et récompenses, etc. « L’achat des appareils, la confection des vues et les frais de conférences ont occasionné une dépense de 90 000 frs » au dire de monsieur JARDIN en 1894.

Catalogue de collections de vues prtŽes gratuitement aux Žcoles

Cette Société d’enseignement reçoit une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1889, dans le cadre de l’Instruction Elémentaire. Elle est reconnue d’utilité publique par décret du 14 décembre 1892, et publie un catalogue de ses collections de vues en 1894. « Notre société d’Enseignement existant depuis 1880, on trouvera peut-être étonnant que nous ayons attendu jusqu’à ce jour pour dresser ce catalogue des vues qu’elle met gratuitement à la disposition des écoles et des sociétés d’instruction. C’est a dessein que nous avons retardé ce travail, ne voulant pas l’entreprendre sans avoir acquis, par un long usage des photographies sur verre, une connaissance suffisante qui nous permit de lui donner un caractère essentiellement pratique ». Il fallut aussi que les fabricants d’appareils tels que MOLTENI et LAVERNE créent des appareils satisfaisant pour l’enseignement et rassemblent des collections de vues suffisamment complètes et variées.

Catalogue de collections de vues prtŽes gratuitement aux Žcoles

Voir : Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

La collection de vues est composée d’un stock approchant les 10 000 photographies sur verre lors de l’édition du catalogue. « La moyenne des prêts qui était de 218 en 1883, de 595 en 1891 et de 900 en 1893 a été, du 1er octobre 1894 au 1er avril 1895 de 2 134, soit une moyenne de 356 prêts par mois pour des séries moyennes de 25 vues et une durée moyenne de quinze jours par prêt. Celles-ci ont servi, dans les conférences publiques à instruire et à moraliser les populations et, dans les écoles, à réviser de nombreuses leçons sur l’histoire et la géographie, ainsi qu’à procurer aux élèves des connaissances élémentaires sur les sciences et principalement l’histoire naturelle, la physique et la chimie ». Il est même précisé que « l’attrait des conférences est augmenté par l’emploi de vues colorisées et de tableaux mécanisés pour le démonstration de phénomènes naturels tels que arc-en-ciel, marche des comètes, éruption d’un volcan, etc. ».

Le Havre 06  Le Havre 07  Boite d’expédition de vues (ancienne boîte de la Cie Française des Chocolats et des Thés à Paris), adressée à monsieur Perri… instituteur à Rotisses en gare à st Laurent – 25 février 1897

Les prêts gratuits des collections de vues se sont étendus bien au delà de la ville du Havre et du département de Seine-Maritime. En 1888, la Société fournit 22 départements, 33 en 1891, 62 en 1892 et 80 en 1894 « allant jusqu’en Belgique, en Suisse, en Algérie et même en Amérique… A la Nouvelle-Orléans, un ami des écoles, monsieur MILTON-C. RANDALL, a sollicité auprès de la Société Havraise de l’Enseignement par l’aspect l’envoi de trois appareils. » Cette croissance est devenue tellement importante que cette Société, ainsi que la Ligue française de l’Enseignement et la Société Nationale des Conférences Populaires ont été débordées par les demandes de prêt.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

 

« Avec des appareils et des vues d’une exécution irréprochable, à bon marché et faciles à se procurer, les Sociétés se multiplieront et diminueront la tâche de leurs ainées ; les écoles les plus humbles, grâce aux nombreux bienfaiteurs de l’instruction populaire, suivront elles-mêmes le mouvement et l’enseignement par les projections lumineuses, nous l’espérons, sera assuré pour toujours » déclaration signée par G. SERRURIER, vice-président fondateur de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses.

SOURCES :
- Catalogue de la Société d’Enseignement par les projections lumineuses, c/° Gallica
- “Les républicains du Havre au XIXe siècle”, par Pierre Ardaillou – Publication des Universités de Rouen et du Havre 1999.

 

 

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L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

Posté par Patrice Guerin le 24 février 2014

Le texte ci-dessous, paru en 1904, annonce l’arrivée des Conférences Illustrées dans les écoles et les collèges, en concluant que c’est « une vérité durable ». Où en est-t-on un siècle plus tard, à l’ère du numérique et de l’image omni-présente ?

Leblanc 01   Le Journal du Dimanche 31 janvier 1904 – Source : Gallica

Ceux que naguère – il y a déjà dix ans – l’on appelait des « montreurs de lanternes magiques » triomphent à l’heure actuelle. Dans les faubourgs des villes, aux villages, aux hameaux, aux cours du soir, aux patronages, aux associations, dans toute cette France post-scolaire qui de jour en jour élargit son action, la “lanterne magique”, la “pièce curieuse” a conquis droit d’entrée, champ de rayonnement. « Dans les écoles nombreuses, il y a économie de temps à réunir, pour la même leçon, les élèves des classes d’un même cours. Dans les écoles qui ne contiennent qu’une classe par cours, ou dans les écoles à un seul maître, les leçons de révision peuvent s’adresser en même temps aux élèves de différents cours. Pour les adultes, nous conseillons une causerie illustrée par semaine. Dans les campagnes elles se font généralement le dimanche. » G. SERRURIER, vice-président fondateur de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses du Havre.

Voir : La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Leblanc 07  Salle de projection de la Ligue Patriotique contre l’alcoolisme « Ta Parole est Lumière”

C’est à la clarté des vues projetées sur l’écran que le savoir s’affirme, que les préjugés s’enfuient. La conférence illustrée renseigne les auditoires populaires sur les inventions, les explorations. Elle est l’histoire, la géographie vue, parlée. Elle complète le journal, le commente, le développe. Elle remplace la veillée où jadis on contait des légendes, sous le manteau des antiques cheminées. Elle est une manière de théâtre où l’on joue des revues d’actualité toujours rafraichie et renouvelée…

Leblanc 03  Les Projections Lumineuses – René LEBLANC 1904

Dans son livre intitulé “Les projections Lumineuses”, monsieur René LEBLANC (voir PORTRAITS), inspecteur général de l’Instruction Publique, donne des détails intéressants sur la diffusion des conférences illustrées : « On resterait sans doute en dessous de la vérité en évaluant à dix mille le nombre des appareils acquis en France, depuis 1890, par les communes, les sociétés d’enseignement, les instituteurs, et, en général, les bienfaiteurs des œuvres post-scolaires. En ces dix dernières années (1894-1903), la Ligue française de l’Enseignement, à elle seule, a fourni plus de trois mille lanternes pour projections à ses adhérents. »

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Leblanc 04

Monsieur René LEBLANC prévoit l’introduction des la “lanterne magique” dans l’école du jour, où elle deviendra l’auxiliaire de la démonstration orale. Et, au moment ou il lance cette idée, il se trouve qu’un professeur qui enseigne l’histoire au lycée Hoche à Versailles, monsieur Paul DESPIQUES, déclare dans un article de la “Revue Universitaire” que l’enseignement par l’aspect s’impose dans les établissements secondaires.

Après avoir parlé des images murales, des albums, dont il souligne l’utilité, monsieur DESPIQUES démontre qu’il faut que l‘élève ne se contente pas de voir, mais apprenne à regarder : « L’image, dit-il, doit être vue en commun par la maitre et les élèves, elle doit servir comme un texte précis à l’enseignement, comme un grand livre ouvert aux yeux de tous, et, à mon avis, le feuillet de ce grand livre est la projection lumineuse.

Elle est d’un usage très répandu dans les œuvres post-scolaires où elle fait merveille. Les maitres de l’enseignement populaire ont compris, en effet,  qu’en allant au peuple, ils s’adressaient à des grands enfants et qu’il fallait à leur usage, en de si coutres réunions, des méthodes vives et agissantes, parlant le plus souvent à côté de la lanterne à projections. Le village s’est cotisé pour l’achat de l’appareil… Je voudrais cette lanterne à projections installée au lysée. »

Leblanc 05  Amphithéâtre de la Sorbonne – Voir : Projection et amphithéâtres

Monsieur Paul DESPIQUES ajoute : « Je voudrais dans un coin de la classe, près de la chaire, l’écran en permanence au mur, des volets mobiles aux fenêtres pour faire la nuit en plein jour, l’appareil à côté dans une armoire ou un cabinet, toujours préparé, les collections de vues constituées comme une bibliothèque. Les séances de projections ne seraient pas des accidents trimestriels comme elles l’ont été presque partout où il y a eu des essais. Elles pourraient être mensuelles, bi-mensuelles, l’une pour l’histoire, l’autre pour la géographie. Elles feraient partie de la classe, elles seraient une révision rapide du cours, car, en dehors des heures de classe, pouvons-nous nous flatter de fixer l’attention des jeunes enfants, avides de grand air, de mouvements et de jeu ? Enfin, dernier avantage, la lanterne à projections pourrait fournir au maitre des éléments scientifiques par la représentation exacte de la vérité simple, méthodiquement exposée. »

Leblanc 06  Conférence illustrée sur Benvenuto CELLINI – Revue Après l’Ecole septembre 1901

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire - Les projections à l’école

 

Ainsi l’inspecteur général de l’enseignement primaire et le professeur de lycée sont d’accord pour proclamer les mérites de cette “lanterne magique” qui, il y a dix ans, nous valait épigrammes et quolibets. Ainsi va le train du monde, utopie d’hier, vérité d’aujourd’hui, et vérité durable.

Article signé Edouard PETIT, paru dans “Le Journal du Dimanche” du 31 janvier 1904, rubrique “Semaine Littéraire”. Source : Gallica

 

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Les projections lumineuses dans les églises

Posté par Patrice Guerin le 5 juin 2012

Les projections lumineuses dans les églises dans Lanternes magiques Eglise-01-150x131

Dans de nombreuses paroisses, les projections servent tout d’abord au catéchisme de Première Communion. Par la suite certaines prêtres les utilisent dans les églises afin d’illustrer la prêche durant le Carème « pour faire aimer les vérités de la religion, et cela vaut mieux que les contes de fées d’autrefois qui laissaient de si fortes et sottes impressions ».

En 1903, on peut assister à ces spectacles en plusieurs églises de Paris, notamment à Sainte-Elisabeth et à Sainte-Anne de la Maison-Blanche, où l’auditoire est surtout composé d’hommes, afin de leur apporter un appoint considérable à l’attrait des instructions du soir.

Eglise-02-150x102 dans Projections et Enseignement  Déposition de la Croix, de FRA-BARTOLOMEO, galerie Pitti à Florence.

Durant la messe dominicale, la toile est déroulée devant le cœur tandis que la lanterne, placée près de l’orgue, « envoie dans un faisceau lumineux des tableaux de maîtres ou des scènes qui se rapportent au sujet enseigné ». A Sainte-Elisabeth, le chanoine GERBIER  achève d’abord son sermon et montre ensuite des tableaux de 5 mètres de diamètre. A Sainte-Anne, l’abbé POULIN évoque au fur et à mesure les tableaux de 8 mètres de base, en les expliquant « des deux côtés, l’auditoire nombreux, populaire et intelligent, suit avec respect et intérêt ». A la fin du sermon, la toile s’abaisse facilement en se roulant pour que la messe puisse continuer normalement.

Source : “Le Pèlerin” n° 1369 du 29 mars 1903. Voir : Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE

Déjà aux Etats-Unis à la fin des années 1870, on pouvait voir dans certains lieux de culte des pasteurs utiliser la lanterne magique pour intéresser leur auditoire.

Eglise-03-150x111 dans Projections pour Spectacles  Priere-01-150x150 Priere-02-150x150  Priere-03-150x150  Priere-04-150x150

Au Massachusetts, la lanterne magique remplace le livre de chants « Plus près de toi mon dieu, plus près de toi… ». Mars 1879.

Cependant, en 1912, La Vatican publie un décret interdisant les projections d’images fixes ou animées dans les églises, ce qui contraint la Maison de la Bonne Presse à modifier sa stratégie de production.

Voir : Séance de lanterne magique au Vatican, devant le Pape LEON XIII

 

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Lanterne “Universel” de la Maison de la BONNE PRESSE

Posté par Patrice Guerin le 23 mai 2012

Lanterne “Universel” de la Maison de la BONNE PRESSE dans Corps Opaques BonnePresse-31-150x106  Amphithéâtre du lycée le Likès à Quimper

« Notre enseignement a cessé depuis longtemps d’être livresque pour devenir de plus en plus concret en se servant de procédés démonstratifs, en particulier de la projection qui, en géographie, joue un rôle primordial ». Un représentant des agrégés d’histoire in BSPHG 1930 p. 203 (Bulletin de la Société des Professeurs d’Histoire-Géographie). Pour cela il fallait des appareils puissants, capables de projeter différents types de documents transparents et opaques, voir même de petits objets en volume.

BonnePresse-32-150x98 dans Lanternes projection   BonnePresse-33-150x126 dans Projections et Enseignement  Collection G.V.

En septembre 1924, la Maison de la BONNE PRESSE dépose un brevet  pour « un appareil de projection universel permettant de passer instantanément, par simple rotation des lampes d’éclairage… de la projection de tous les corps opaques à la projection de diapositives doubles dites “vues fondantes” et même à la projection des anaglyphes qui donnent une si saisissante impression de relief ».

Voir : Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE

BonnePresse-34-150x141  BonnePresse-35-150x108“La Science et la Vie” N°96 – Juin 1925     BonnePresse 42 Pub 1930

L’appareil, dénommé “L’universel Bonne Presse”, fut présenté de manière détaillée dans le N°96 de “La Science et la Vie” de juin 1925. Il possède trois objectifs : celui qui est au centre permet de projeter des vues ou des corps opaques, tandis que les deux latéraux, qui sont orientables, servent à la projection de diapositives sur un seul écran, en complément, ou non, de l’objectif central. Les objectifs latéraux sont équipés d’un système à “œil de chat”, permettant la réalisation de très beaux effets de “fondus”.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

BonnePresse-36-150x102  BonnePresse-37-150x122  BonnePresse-38-150x114  BonnePresse-39-150x126  BonnePresse-40-100x150  Collection G.V.

La lanterne est équipée de deux grosses lampes à miroir « à incandescence  intensive (filament en atmosphère gazeuse) qui exigent une intensité de 4 ampères sous une tension de 110 volts ; ce sont donc des lampes d’environ 600 bougies (soit 400 W environ) ». Ces lampes sont montées sur des supports réglables à la fois verticalement et horizontalement. Elles peuvent être orientées vers l’avant ou vers l’arrière suivant que l’on projette des vues transparentes ou des corps opaques.

BonnePresse-41-150x137  En 1936, la Maison de la BONNE PRESSE présente à la Foire de Paris un appareil semblable avec cependant quelques différences telles que l’absence des cheminées.

Voir : Autres appareils à venir

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Microscope de projection FLATTERS et GARNETT

Posté par Patrice Guerin le 17 mars 2012

Flatters & Garnett est une entreprise anglaise qui fabriqua des préparations à projeter et du matériel  microscopique pour un usage éducatif durant la première moitié du XXe siècle.

Voir : Introduction aux projections scientifiques

Microscope de projection FLATTERS et GARNETT dans Projections et Enseignement Flatters-01-150x124  16-18 Church Road

En 1895, Abraham FLATTERS (voir PORTRAITS) crée une petite entreprise à son domicile situé au 16 Church Road à Longsight près de Manchester, dans laquelle il fabrique des préparations pour microscopes et pour lanternes de projection. Au début des années 1900, FLATTERS devient membre de la “Royal Microscopical Society” où il rencontre Charles GARNETT (voir PORTRAITS) qui fait parie de cette association depuis 1887.

Flatters-05-123x150 dans Projections scientifiques Vues pour microscope fabriquées par Flatters & Garnett Ltd à Church Rd Longsight

En 1901, FLATTERS ayant des problèmes financiers, les GARNETT père et fils s’associent à lui pour fonder une entreprise dénommée Flatters & Garnett Ltd. Le fils, John B. GARNETT, qui est pharmacien, ouvre une pharmacie (chemists shop ou Drug store), au 46 Deansgate, tandis que FLATTERS continue à commercialiser des vues pour microscopes et lanternes fabriquées à son ancien domicile de Church Road. Pendant un certain temps, tout fonctionne bien, mais les coûts de la pharmacie ne sont pas justifiés et les activités effectuées aux deux anciennes adresses sont regroupées au 32 Dover Street, à proximité de l’Université et juste en face de la Manchester High School pour filles.

Flatters-06-150x94Vues pour microscope fabriquées par Flatters & Garnett Ltd à Deansgate

En 1906, Flatters & Garnett Ltd emploie une douzaine de personnes. L’entreprise vend un grand nombre de vues pour lanternes concernant tous les aspects des sciences naturelles. Les enseignants du monde entier s’adressent de plus en plus à elle afin d’obtenir ces vues pour microscope et divers accessoires pour la collecte et la préparation d’échantillons.

Quelques temps après, un important désaccord se développe entre FLATTERS et les autres dirigeants de l’entreprise. En 1909 les GARNETTS acceptent de racheter les parts de FLATTERS qui crée, avec d’autres membres de son équipe, Flatters, Milbourne & Mckechnie, une entreprise concurrente sur Church Road. Elle fabrique et commercialise des lanternes ainsi que des diapositives de micro-préparations et des accessoires jusqu’à son échec en 1913, car « FLATTERS n’était malheureusement pas un bon “business man” ! » Il continuera cependant à fabriquer des diapositives jusqu’à son décès à l’âge de 81 ans.

Flatters-02-150x115  309 Oxford Road

Après avoir eu certaines difficultés à surmonter le départ de FLATTERS, Flatters et Garnett Ltd déménage de nouveau en 1913 pour des locaux plus vastes au 309 Oxford Road à Manchester, face à l’Université. C’est là que l’entreprise commence à fabriquer des instruments pour la microscopie, mais le première Guerre Mondiale va de nouveau retarder son développement. Durant les années 1920, Flatters & Garnett Ltd accroit son activité de façon constante. La société possède une certaine réputation « pour la fabrication d’appareils bien conçus et fiables ». Elle vend ses produits partout dans le monde.

Flatters-07-148x150  Flatters-08-150x104  Flatters-09-150x85  Collection Leitzmuseum.org

En 1927, l’entreprise agrandit ses locaux sur Oxford Road et Dover place qui se trouve à l’arrière du magasin d’Oxford road. Suite à cet agrandissement, il devient alors possible d’augmenter la gamme des produits fabriqués dans ses propres ateliers, dont le premier modèle du projecteur de micro-précision. La fabrication de cet appareil est très soignée et de grande qualité, il est totalement en cuivre sauf la base du pied qui est en fonte. Il sera produit durant plus de 20 ans avec peu de changements par rapport au modèle initial. Ce “Micro-projector” fut reconnu par de nombreux experts comme un instrument de premier plan dans sa catégorie. De très nombreux appareils ont été utilisés dans les écoles, les universités, les hôpitaux, etc. du monde entier.

Le 20 décembre 1937, un sérieux incendie survient dans les locaux de Wynnstay House, acquis en 1932. « Il a détruit complètement les laboratoires chimiques et microscopiques, mais un nombre considérable de diapositives a put être sauvé. Le département de photographie et de vues pour projection n’a été que légèrement touché et l’atelier de fabrication des microscopes et des micro-projecteurs a échappé au sinistre. Les stocks de la plupart des spécialités chimiques de l’entreprise ont été transportés au siège social, 309 Oxford Road, Manchester, qui est à deux miles des laboratoires ». La reconstruction des bâtiments n’a été achevée qu’un an à peine avant le déclanchement de la seconde Guerre Mondiale.

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En 1948, l’entreprise participe pour la première fois au Salon des Industries britanniques. «  Bien que le stand soit loin d’être idéale, il a suscité un vif intérêt et a figuré sur la liste de la visite de la famille royale ». Deux ans plus tard Flatters & Garnett participe de nouveau au salon et projette sur son stand des vues microscopiques sur un écran de un mètre carré environ.

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Pour son  cinquantième anniversaire, en 1951, Flatters & Garnett emploie 66 personnes et vend un quart de sa production à l’exportation, notamment vers les pays émergents où les musées et les écoles montent des collections de vues microscopiques. Dans les années 60, l’entreprise rencontre de graves problèmes financiers et Wilfred GARNETT, devenu Directeur Général, tombe gravement malade. La société fait faillite en 1967 et Wilfred GARNETT  décède en 1988.

Pour tout connaître des microscopes de projection : Microscopes solaires de projection

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APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

Posté par Patrice Guerin le 29 février 2012

APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY dans Images projetees AprEcole-02-122x150 AprEcole-01-150x114 dans Projections et EnseignementRevue N°108, septembre 1901

Cette revue illustrée d’enseignement populaire est fondée en 1895 par René LEBLANC (voir PORTRAITS). Elle répond au souhait formulé par les sociétés d’enseignement populaire lors du Congrès de Havre en août 1895 « Les projections lumineuses étant utiles pour mettre à la portée de toutes les intelligences la plupart des connaissances éducatives et professionnelles qui composent le bagage de l’instruction populaire à ses divers degrés, les sociétés d’instruction et les membres de l’Université devront faire, le plus possible, appel à ce mode d’enseignement ».

Voir : Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire - La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

C’est l’une des toutes premières publications laïques à répondre à ce besoin d’enseignement post-scolaire, comme le prouve « le témoignage qui nous a officiellement été rendu par le Ministère de l’Instruction publique… » – Ministère qui précise cependant que « la conférence ne constitue qu’une distraction instructive… » – ainsi que l’avis  du Ministre de la Guerre « frappé des résultats de cette action et qui en a propagé l’extension dans l’armée ».

AprEcole-03-99x150  Source : Musée National de l’Education dans “Images Lumineuses”  inventaire des collections 1995 par Annie Renonciat

De septembre 1895 à septembre 1897 la revue est éditée par “Larousse” comme en témoigne la lettrine du texte d’introduction du premier exemplaire. Quelques mois après se création “Après l’Ecole” lance un concours « ouvert à tous pour la rédaction de conférences illustrées destinées à l’enseignement des adolescents » dont le délai limite pour le remise des manuscrits est septembre 1896.

AprEcole-04-150x87N°218 novembre 1907 “La vie anglais”

En 1898, la revue est éditée par la librairie Edouard CORNELY située initialement au 35 bis rue de Fleurus à Paris. Elle entre dans sa troisième année et modifie son organisation. Le comité de rédaction se compose de René LEBLANC fondateur, inspecteur général de l’instruction Publique ; Edouard PETIT, propagandiste de l’œuvre ; Marcel DUBOIS, professeur à la faculté de Paris ; Mlle SAFFROY, inspectrice des écoles de la Seine. Le rédacteur en chef est Louis TRONCET, auteur de livres pour l’enseignement primaire.

La revue “Après l’Ecole” fait une place importante à l’instruction des jeunes filles et à l’enseignement ménager et « …s’attache à donner de l’attrait aux réunions de jeunes gens et aux fêtes du dimanche ».

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Chaque numéro est accompagné soit de vues pour projections lumineuses, soit de gravures tirées hors texte. Les principales rubriques sont : conférences illustrées – Lectures – Variétés – Poésies et Chansons – Comédies – Conseils pour les maîtres – Echos et informations.

AprEcole-14-150x101Septième année 1901-02, quatorzième année 1908-09 et treizième année 1907-08 avec couverture souple

18 numéros d’une trentaine de pages sont publiés chaque année « nous rappelons que l’abonnement est de 6fr à l’année et qu’il ne peut partir que du 1er octobre, quelle que soit la date à laquelle il a été souscrit ». En fin d’année scolaire, tous ces numéros sont regroupés pour former un livre relié de près de 300 pages environ (sans les vues pelliculaires). NB certaines pages des revues mensuelles n’apparaissent pas dans le livre.

AprEcole-08-130x150La librairie Edouard CORNELY semble exister de 1897 à 1913. Elle est spécialisée dans les publications historiques. CORNELY est un ardent défenseur d’une laïcité radicale « La production pédagogique de cette librairie était aussi bien connue des milieux enseignants du primaire et du secondaire se situant dans la mouvance socialiste ».

En 1901 cette librairie se situe au n°101 de la rue de Vaugirard à Paris VIe et fait valoir une médaille d’or (classe I) et une médaille de bronze (classe XIII) à l’Exposition Universelle de 1900.

AprEcole-09-150x114  AprEcole-10-150x93Conférence sur l’Intolérance avec 24 vues en couleurs

La librairie Edouard CORNELY édite des “tirés à part” de certaines conférences en regroupant l’ensemble des vues (24 ou 48) mises en couleurs et vernies, accompagnées d’un livret reprenant la totalité du texte de la conférence « prix franco, emballé dans un tube : 3 francs ».

Voir : La Révolution Française (sujet à venir)

AprEcole-12-150x117Elle publie aussi un certain nombre d’ouvrages scolaires et de conseils sur les projections lumineuses.

Vers 1907 il semble que la librairie ait rencontré certaines difficultés. Elle s’appelle dorénavant  la “Société nouvelle de librairie et d’édition Edouard CORNELY et Cie, éditeur”. Une nouvelle périodicité est mise en place pour la revue “Après l’Ecole” et six numéros sont envoyés simultanément sur trois périodes, en octobre, en décembre et fin janvier « de telle sorte que toutes les conférences puissent être faites avant la clôture des réunions du soir qui se font rares à partir du 15 mars ». Certaines conférences sont illustrées de vues photographiques, ce qui est nouveau dans le domaine des vues pelliculaires, mais existait depuis longtemps en vues sur verre.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

En 1913, Frédéric RIEDER rachète la librairie de son patron Edouard CORNELY. Après la première Guerre Mondiale il la développe en mariant éditions savantes et fiction. Au début des années vingt, il se groupe avec les librairies ALCAN et LEROUX pour former une société coopérative, les “Presses Universitaires de France” tout en gardant chacun leur indépendance. Sous la pression économique des années trente, les éditeurs fusionnent au sein des P.U.F. “Presses Universitaires de France”. Il s’agit d’un « attelage ou quadrige d’Apollon qui réunit depuis 1939 les maisons Alcan, Leroux, Rieder et les Presses universitaires de France, nées en 1921 à l’imitation de leurs homologues anglaises et américaines ».

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La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Posté par Patrice Guerin le 29 janvier 2012

La Ligue de l'Enseignement et l'Education Populaire dans Images projetees Enseignement-11-150x103  Une école de village au milieu du XIXe siècle. Tableau de Albert ANKER (1831-1910). Source : diapositive pédagogique Diastrex années 60.

Un grand mouvement d’éducation populaire, la “Ligue française de l’Enseignement”,  est créé en 1866 par Jean MACE (voir PORTRAITS) dans le but de promouvoir l’école « gratuite, obligatoire et laïque ». Avec l’arrivée de Jules FERRY (1832-1893) au ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-arts, et sous l’influence d’autres membres de la Ligue, le Parlement vote plusieurs lois scolaires fondamentales : gratuité de l’enseignement primaire le 16 juin 1881, obligation et laïcité le 28 mars 1882.

Enseignement-12-106x150 dans Projections et Enseignement  “L’instruction c’est la lumière” gravure caractéristique du mouvement d’enseignement populaire qui s’est développé durant la IIIe République. Imprimerie Leriche 1885. De chaque côté du temple de la connaissance surmonté par la locution “Fiat Lux*”, se trouvent les étendards des Associations ouvrières, Chambres syndicales, Sociétés coopératives, Sociétés de sauveteurs, Franc-maçonnerie, Ligue de l’Enseignement, etc. Source : diapositive pédagogique Diastrex années 60.

En Grande-Bretagne, un mouvement d’aide aux enfants déshérités “Band of Hope” s’est développé à partir du milieu du XIXe siècle.

Voir : Band of Hope – temperance slides

En 1886, plus du tiers des députés et des sénateurs français sont membres de la Ligue de l’Enseignement. Toutefois, les lois scolaires ne sont pas toujours appliquées.

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«  Tandis que dans les pays voisins, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, les projections sont d’un usage courant dans l’enseignement, en France elles n’ont qu’une application restreinte ; on dirait que l’Université a peur de la ridicule lanterne magique ! ». Manuel pratique de la lanterne de projection, par H. FOURTIER 1889 (voir PORTRAITS). Une trentaine d’années avant cette déclaration, l’abbé MOIGNO (voir PORTRAITS) fut l’un des premiers conférenciers à utiliser un appareil de projection.

Voir : L’abbé MOIGNO et la vulgarisation scientifiqueProjection éducation populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

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Créée initialement pour instaurer l’école publique laïque et gratuite pour tous, la Ligue s’active ensuite à développer l’éducation hors de l’école – qui prendra par la suite le nom d’œuvres post-scolaires. Jean MACE affirme en 1894 « Parce qu’on a conquis l’Ecole, est-ce bien le moment de se croiser les bras ? Entre l’Ecole et le Régiment, l’adolescent traverse une période où la Loi ne l’atteint plus ».

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Ce grand mouvement d’éducation va se développer partout en France et dans les Colonies par le biais de nombreux “Cercles” locaux, reconnus d’utilité publique. Vers le milieu des années 1870, il existe plus de 200 sociétés et associations de toutes sortes (cercles politiques, d’éducation populaire,…) affiliés à la Ligue, regroupant plus de 30 000 adhérents. Ce mouvement connait un tel succès qu’il inspirera au gouvernement la loi de 1901 sur les associations.

Voir : La Société Nationale des Conférences Populaires - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

Quelques fabricants, tels que MOLTENI ou LAVERNE, commencent à mettre au point des lanternes de projection, bien plus puissantes et pratiques que les traditionnelles lanternes magiques. Associés à divers conférenciers, monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS) participe à de très nombreuses projections à travers la France, sur les sujets les plus variés.

Voir :Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER - Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Enseignement-21-150x110  « A l’occasion du passage à Paris des directeurs et directrices d’écoles normales et des inspecteurs primaires réunis en congrès pédagogique, le ministre de l’instruction publique a décidé qu’une séance de projections photographiques appliquées à l’enseignement (géologie, botanique, minéralogie, architecture, etc.) serait donnée dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le 30 mars 1880. Cette séance, qui avait attiré une grande affluence, a offert le plus vif intérêt. Un des professeurs d’un grand établissement scientifique* a accompagné d’explications techniques les sujets scolaires qui étaient mis sous les yeux des assistants. » Source : L’Univers Illustré n°1307 du 10 avril 1880.

* Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Après la mort subite de Jean MACE, en décembre 1894, Léon BOURGEOIS (1851-1925) préside la Ligue avant de devenir Président du Conseil le 1er novembre 1895 (c’est à dire chef du gouvernement). Au congrès du Havre, qui se déroule en 1895, celui-ci confirme qu’il est nécessaire de doter le pays d’un ensemble d’institutions auxiliaires et complémentaires à l’école telles que « les cours de perfectionnement pour adultes, les bibliothèques, les cercles et les sociétés de lecture populaire, enfin les divers modes de patronage de l’enfant avant, pendant et après l’école ».

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

Enseignement-17-150x101  Fête organisée par la Ligue de l’Enseignement, en juin 1904 en l’honneur de l’enseignement primaire et présidée par Emile LOUBET, président de la République. Départ du cortège au pied du Trocadéro.

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La séparation des Eglises et de l’Etat, en 1905, oblige les catholiques à réorganiser les structures cléricales pour des motifs financiers et pastoraux. Il existe une véritable émulation entre les organisations laïques des œuvres postscolaires et parascolaires et les œuvres religieuses. Dans les années 1905-1907, l’essor rapide de la “Société Républicaine des Conférences Populaires” amène les catholiques à répliquer avec “l’œuvre Diocésaine des Conférences Populaires”.

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Dans les années 20, la Ligue se restructure. Le principe fédératif est introduit dans l’organisation. Elle prend alors le nom de « Confédération générale des œuvres laïques scolaires, postscolaires, d’éducation et de solidarité sociale ».

____________________

* Fiat Lux est une locution latine figurant au début de la Genèse. Il s’agit de la première parole divine associée à la création du monde, pouvant être traduite en français par « Que la lumière soit ».

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La Société Nationale des Conférences Populaires

Posté par Patrice Guerin le 22 janvier 2012

La Société Nationale des Conférences Populaires dans Images projetees Conference-01-150x91

En 1890, alors qu’il a un peu plus de 30 ans, Emile Jean GUERIN-CATELAIN (voir PORTRAITS) fonde la “Société nationale des Conférences Populaires” afin de « répandre gratuitement l’enseignement primaire supérieur parmi les adultes des deux sexes, dans toutes les communes de France, d’Algérie et des Colonies… ainsi que dans les Régiments et la Marine ».

Voir : Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

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En 1895, le ministère de l’Instruction Publique met à la disposition des sociétés d’instruction populaire « les appareils de projections lumineuses et les collections de vues photographiques pouvant servir à l’enseignement dans les cours d’adultes et les conférences populaires ». L’année suivante, des collections de vues, dont il avait été fait don au ministère par deux sociétés d’enseignement, sont déposées au Musée pédagogique. La “Société nationale des Conférences Populaires” se charge d’assurer à ses frais l’expédition des vues, leur entretien et la correspondance. Celle-ci possède 50 appareils de projection qu’elle met gratuitement à la disposition des conférenciers. En 4 mois, du 1er octobre 1897 au 30 janvier 1898, la Société distribue gratuitement en France 85 618 conférences imprimées par ses soins. Les vues circulent dans toute la France en franchise postale, aller et retour, à destination des recteurs, des inspecteurs d’académie, des inspecteurs primaires, des instituteurs et institutrices publiques.

Conference-06-150x128  « Messieurs les conférenciers sont invités à projeter en début de chacune de leurs conférences une vue passe-partout en inscrivant sur la partie claire le titre du sujet du jour ».

Conference-03-150x101  Conference-04-150x101Ouvrage de 476 pages couvrant l’année scolaire 1909-1910. On y trouve l’ensemble des bulletins mensuels publiés par la Société Nationale des Conférences populaires. Les planches de vues illustrant les conférences ne sont pas incluses dans le livre.

Pour diffuser les connaissances professionnelles, cette Société crée, sous le nom de “Veillées rustiques”, des conférences  destinées à ses membres et correspondants des sections départementales. « Publiées primitivement à intervalles irréguliers et envoyées trois ou quatre fois par an, en bloc, ces conférences parurent à partir de 1906, en bulletins mensuels semblables à une véritable revue comprenant d’agréables causeries scientifiques, littéraires et récréatives accompagnées de dessins, puisque l’illustration est devenue un des modes les plus estimés de l’éducation populaire ».

conference-11-300x203  Salle du Quai du Port à Marseille – Vers 1908

Le service de projections prend un rapide essor : en 1908-1909, le chiffre des envois s’élève à 37 340. (Source : ifé – Institut français de l’Education) et la “Société nationale des conférences populaires” compte plus de 8 000 collaborateurs. De 1910 à 1920 elle édite une revue d’information intitulée “Les conférences et Lectures Populaires” envoyée à tous ses membres (Source : BNF).

conference-10-150x115  Cette enveloppe de 1906 donne de précieuses informations sur les différentes adresses de la « Société Nationale des Conférences Populaires”

Le siège social se trouve 13 place de la Bourse (Paris), le Secrétariat Général est situé 124 rue des Couronnes Paris, quant au service des Projections Lumineuses, il faut s’adresser au Musée Pédagogique de l’Etat, 41 rue Gay-Lussac, Paris. Elle précise aussi ses différentes activités : “Veillées Rustiques” – “Cours d’adultes” – Conférences régimentaires”.

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Durant l’année 1909-1910, le Conseil d’administration de la Société ouvre un concours pour la création d’une affiche destinée à annoncer les conférences, en reprenant les principaux termes figurant dans le document ci-dessus. La commission de Propagande choisira la meilleure œuvre dont l’auteur sera récompensé par une médaille de vermeil accompagnée d’un “module spécial”, le second aura une médaille d’argent et le troisième une médaille de bronze.

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Tous les ans au mois d’avril, chaque secrétaire des Sections départementales doit adresser au Secrétaire général de la Société un rapport sur la marche de sa section durant l’exercice écoulé (nombre de conférences, résultats acquis, desiderata), en y joignant un état de propositions de récompenses pour les conférenciers de la section. « La commission des récompenses s’est réunie pour étudier et arrêter la liste des candidats à proposer pour les médailles d’honneur de la “Société nationale des conférences populaires ».

Conference 12 Publicité découpée dans un journal, mais sans aucune référence

Dans les années 20, la maison Radiguet & Massiot publie cette publicité pour des « Appareils de projections spécialement construits pour la Socité Nationale des Conférences Populaires». Chaque appareil possède un nom relativement fantaisie que l’on ne retrouve pas dans les catalogues Radiguet & Massiot, de plus certains modèles semblent provenir d’autres fabricants comme le “Lucifer” très semblable à une lanterne vendue par la Maison de la Bonne Presse.

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Pour plus d’informations cliquer ici

 

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