Entretenir une lampe de projection à pétrole

Posté par Patrice Guerin le 18 novembre 2013

Pince 01   La lampe à pétrole qui se trouve à l’intérieur d’une lanterne de projection exige des soins particuliers pour fonctionner régulièrement et sans inconvénient pour l’assistance. Elle ne doit être remplie qu’au moment de s’en servir et soigneusement vidée aussitôt la projection terminée et la lampe refroidie. Sinon l’huile continue à monter par capillarité dans les mèches et finit par suinter sur la lampe. A la longue elle s’amalgame avec la poussière ambiante et finit par sécher, formant une croute qui risque de brûler lors d’une prochaine utilisation, répandant dans la salle une odeur très désagréable.

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Après avoir rempli la lampe avec de l’huile neuve, il convient de l’essuyer soigneusement puis de couper les mèches avec des ciseaux ou une pince construite à cet effet.

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La pince coupe mèche est parfaitement adaptée pour obtenir une coupe franche et nette, ce qui facilite la combustion et évite tout dégagement de fumée. Il faut savoir que tout fil dépassant de la mèche produit une flamme plus haute qui risque de fumer. Les deux angles des mèches doivent aussi être coupés pour la même raison. La coupe doit être faite de manière à enlever toute partie carbonisée en laissant cependant un léger liseré noir pour faciliter l’allumage.

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L’inscription en relief sur l’une des poignées de la pince indique que celle-ci est d’origine américaine et la citation dans le livre de FOURTIER (voir PORTRAITS) sur la projection nous apprend qu’elle est antérieure à 1892 (merci à la personne qui pourra nous fournir le brevet). Cet accessoire figure au catalogue Mazo de 1905 pour un prix de 7fr.50.

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Pour un bon fonctionnement, la lampe doit être allumée avec les mèches à demi baissées et maintenue quelques instants au grand air pour permettre à l’ensemble de s’échauffer et à l’huile non essuyée de s’évaporer. Lorsque la combustion est régulière on peut fermer la lampe et l’introduire dans la lanterne.

Source : “La pratique des projections” par H. Fourtier – Tome premier : les appareils – Publié en 1892.

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Les premières piles électriques

Posté par Patrice Guerin le 17 août 2013

Bien avant que l’ampoule électrique ne soit inventée par EDISON et que l’électricité ne soit distribuée dans les villes et les campagnes au début du XXe siècle, les projections lumineuses nécessitèrent l’emploi de courant électrique pour alimenter certains systèmes d’éclairage du projecteur ou pour effectuer diverses expériences destinées à être projetées, telles que l’électrolyse de l’eau.

Voir : Invention de l’ampoule électrique - Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Les premières piles électriques dans Sources lumineuses pile-01-194x300  Gravure extraite du “Larousse pour tous” – Début XXe siècle

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le seul moyen d’obtenir de l’électricité  consiste à utiliser une pile électrique. Il s’agit d’un dispositif qui convertit l’énergie chimique en énergie électrique grâce à une réaction d’oxydo-réduction.

pile-02-150x137 dans Sources lumineuses  Pile de VOLTA

La première pile est inventée par Alessandro VOLTA (1745-1827) le 17 mars 1800. Dans une lettre envoyée au président de la Royal Society, il décrit sa pile composée d’un empilement (d’ou le nom de pile) de couples de disques en zinc et en cuivre en contact direct, chaque couple étant séparé du suivant par un carton humide. Il souligne le fait que, lorsqu’on les sépare, la lame de cuivre prend une charge négative et celle de zinc une charge positive.

pile-03-300x254  BONAPARTE assistant à une présentation de la pile électrique faite par VOLTA

En novembre 1801, VOLTA présente sa pile à l’Institut de France et y énonce la loi des tensions ainsi que la valeur des tensions de contact des métaux. Bonaparte, qui assiste en personne à l’une de ses démonstrations, le nomme comte et sénateur du royaume d’Italie.

pile-04-103x150  Bulletin des lois – 28 mars 1866

Par la suite de nombreux inventeurs vont améliorer ce procédé en trouvant d’autres combinaisons susceptibles de fournir plus d’électricité avec moins d’inconvénients d’utilisation. En France, une loi du 28 mars 1866 stipule que « un prix de cinquante mille francs (50,000f), à décerner dans cinq ans, est institué en faveur de l’auteur de la découverte qui rendra la pile de VOLTA applicable avec économie : soit à l’industrie comme source de chaleur ; soit à l’éclairage ; soit à la chimie ; soit à la mécanique ; soit à la médecine pratique. »

Pour en savoir plus sur ces différentes piles : cliquer ici

pile-05-150x148  Pile BUNSEN avec récipient extérieur en verre

En 1843, le chimiste allemand Robert Wilhelm BUNSEN (1811-1899) perfectionne la pile de GROVE en remplaçant l’électrode en platine par une électrode en charbon artificiel, beaucoup plus économique. Cette pile convient parfaitement à l’éclairage électrique à condition d’associer plusieurs éléments : une trentaine au minimum pour un arc électrique.

pile-07-239x300  Série de piles BUNSEN alimentant un projecteur à arc électrique DUBOSCQ

L’abbé MOIGNO écrit dans la revue “Les Mondes” du 24 juillet 1879 « Après trois mois d’expériences et d’observations constantes, nous avons pu constater que la dépense de la pile, pour une lampe à incandescence, est d’environ un litre d’acide nitrique et d’eux litres d’eau acidulée par jour, et celle de la lampe de 15 à 20 centimètres de charbon par heure. »  Ce type de pile, qui porte le nom de son inventeur, sera perfectionné par la suite par Georges LECLANCHE.

Voir : Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

pile-06-300x187  Pile BUNSEN, complète à gauche puis  décomposée en différents éléments

La pile BUNSEN est constituée d’un vase extérieur en verre ou en grès (A) rempli d’acide sulfurique et d’un cylindre en zinc (B). A l’intérieur se trouve un vase poreux (C) (porcelaine demi-cuite) rempli d’acide nitrique dans lequel est plongée une électrode de charbon (D). Le vase intérieur doit être assez poreux pour que la résistance ne soit pas trop grande. Pour un bon fonctionnement, le charbon dépasse du vase poreux qui lui-même dépasse du cylindre de zinc afin que les bornes en cuivre soient autant que possible à l’abri des vapeurs acides. Pour fournir suffisamment de courant destiné à l’alimentation d’un arc électrique on peut associer jusqu’à 50 ou 60 piles BUNSEN. Cet assemblage peut-être fait plusieurs heures avant utilisation à condition de ne pas contenir d’acides. La pile n’est remplie qu’une quinzaine de minutes avant le début de la projection. Un tel ensemble peut alimenter un projecteur durant trois à quatre heures d’affilée. Après utilisation il convient de démontrer et de rincer tous les éléments pour arrêter l’usure des zincs et des acides. « On voit en somme que l’emploi d’une grande pile entraine un travail long et pénible et nécessite un local bien ventilé pour évacuer les émanations malsaines et suffoquantes ! »

pile-08-150x137  pile-09-150x116  pile-10-150x145  Pile de GRENET alimentant un bac d’électrolyse

Créée en 1850, la pile GRENET est une pile à un seul liquide, avec des électrodes en charbon et en zinc amalgamé (préalablement trempé dans du mercure) plongées dans une solution de bichromate additionnée d’acide sulfurique. Quand la pile n’est pas utilisée, il est nécessaire de relever l’électrode centrale en zinc pour la préserver. Diverses améliorations (pile TROUVE, pile CARDIN, pile VOISIN et DROBIER…) suivront pour isoler cette électrode.

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La pile GRENET, aussi appelée pile bouteille à cause de sa forme, se compose d’un corps en verre contenant une solution acide de bichromate de potassium dans laquelle sont plongées des électrodes fixées sur le couvercle en ébonite. Les charbons, reliés à une borne en cuivre, sont fixés définitivement tandis que la plaque en zinc située entre les deux charbons, relié à l’autre borne en cuivre, peut coulisser verticalement à l’aide d’une tige en laiton retenue par une vis afin de l’économiser lorsque l’on ne se sert pas de la pile. Celle-ci peut fonctionner neuf à dix heures et suffit pour pratiquer certaines expériences ou alimenter une ampoule électrique de faible consommation.

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Ces piles bouteilles, de différentes tailles, seront utilisées jusqu’au début du XXe siècle : la puissance et la tension élevée des piles au bichromate ont été longtemps appréciées en laboratoire. Elles ont été peu utilisées comme piles domestiques à cause de la toxicité du bichromate et des problèmes d’entretien de l’électrode.

pile-15-150x94  Catalogue “La Bonne Presse” – 1908

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Microscope solaire de SECRETAN

Posté par Patrice Guerin le 18 juillet 2013

Microscope solaire de SECRETAN dans Projections scientifiques microsolaire-21-150x100  microsolaire-04-300x141 dans Sources lumineuses  microsolaire-03-300x170  Extrait d’une encyclopédie de 1852

SECRETAN (voir PORTRAITS) est un  scientifique Suisse qui arrive à Paris en 1845 pour s’associer avec LEREBOURS (voir PORTRAITS), “Fabricant d’instruments d’Optique, de Physique, d’Astronomie, de Mathématiques et de Marine” au 13 place du Pont Neuf à Paris.

microsolaire-22b-300x204  La Maison d’Optique LEREBOURS est située au N°69 quai de l’Horloge de 1789 à 1793, puis au N°13 place du Pont Neuf. Document G.V.

Cette “Maison d’Optique” a été créée par Noël-Jean LEREBOURS en 1789, au N°69 du quai de l’horloge à Paris, non loin d’un autre grand nom de l’optique, l’ingénieur CHEVALLIER qui s’installe « Tour de l’Horloge du Palais, située à l’angle du quai, en face du marché aux Fleurs », de 1796 à 1843 puis « Les travaux du Palais de Justice m’ayant obligé de changer de domicile, mes magasins sont transportés au N°15 place du Pont-Neuf au coin du quai des Orfèvres » !

Voir : Les opticiens CHEVALIER à Paris

microsolaire-23-111x150  Catalogue de 1850 – CNUM

Dans son catalogue de 1850 on constate que la maison LEREBOURS et SECRETAN s’intéresse à de nombreux sujets, comme les longues-vues et lunettes astronomiques, les jumelles, les microscopes et ses préparations, les chambres claires et chambres pour Daguerréotypes, les appareils pour Fantasmagorie, les appareils caloriques et de galvanoplastie, etc

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« La réputation de M. LEREBOURS est des plus distinguées. Aux Expositions de 1802 et de 1806, il obtint des mentions honorables ; à celle de 1819, le jury lui a décerné une médaille d’or et sa Majesté, en récompenses des utiles et laborieuses recherches de cet habile opticien, l’a décoré de la croix de la Légion d’Honneur… et il obtint à l’Institut les rapports les plus favorables signés d’ARAGO, de DELAMBRE, de BOUVARD, BURCKARD et MATHIEU. »

microsolaire-25-196x300  Document G.V.

De 1845 à 1855 l’entreprise est connue sous le nom de “Lerebours et Secrétan – Place du Pont-Neuf, au coin du quai de l’Horloge” jusqu’à la retraite de LEREBOURS en 1855. Ensuite elle porte le seul nom de “Secretan” et continue ses activités dans l’optique durant près d’un siècle. Après le décès de Marc SECRETAN en 1867 l’entreprise poursuit ses activités, toujours sous le nom de “Secretan” avec son fils Auguste (1833-1874) et son neveu Georges (1837-1906). Ils construisent, entre-autres, le grand télescope de Toulouse puis le grand télescope de l’observatoire de Paris. Plus tard d’autres membres de la famille poursuivent l’activité. Le catalogue SECRETAN de 1915 mentionne l’adresse du 20 boulevard Saint-Jacques à Paris et porte les noms de  “Ch. Epry et Jacquelin, successeurs”.

microsolaire-18a-150x96  microsolaire-18b-150x150Carte postale des années 1920

Dans les années 1920 on voit encore sur la façade de l’immeuble de gauche, le 13 quai du Pont-Neuf, quelques enseignes. La boutique a été scindée en deux, à gauche la boutique d’optique, à droite une boutique médicale. Sur la boutique d’optique, on voit en haut “SECRETAN” (les noms “COSSON” et “ORBY” correspondent probablement à la boutique médicale), puis en dessous “LEREBOURS SECRETAN” et enfin “SECRETAN” avec des indications de fournitures en verticale à gauche dont “Lunettes”.

L’immeuble de droite abritait la boutique “CHEVALLIER” remplacée sur cette vue par une clinique Médico-Chirurgicale.

microsolaire-26-112x150  microsolaire-29-123x150  Ces pages des catalogues “Lerebours et Secretan” de 1846 et 1853 présentent non seulement des microscopes solaires, mais aussi des microscopes à gaz et photo-électrique et même un mégascope solaire.

microsolaire-04-150x70  microsolaire-37-150x106  microsolaire-36-300x141

Dans les années 1850 cette maison d’optique fabrique plusieurs microscopes solaires de projection. Il s’agit d’appareils très particuliers qui se placent généralement sur une fenêtre dont les carreaux ont été obscurcis ou sur un volet.

microsolaire-34-150x104  microsolaire-33-150x134  microsolaire-32-150x97  microsolaire-31-300x155 Collection A.W. (USA) : cliquer ici

Ils sont équipés d’un miroir articulé situé à l’arrière, d’une partie central en métal équipée de lentilles destinées à concentrer la lumière sur la préparation à projeter et d’un microscope à l’avant équipé d’une ou plusieurs lentilles achromatiques permettant d’obtenir un grossissement plus ou moins important sur l’écran.

microsolaire-27-150x109    microsolaire-28-300x146  Collection A.W. (USA)

Les rayons du soleil (S) sont captés par ​​un miroir plan (M) articulé, placé à l’extérieur de la pièce matérialisée par la planche de support. La lumière traverse une première lentille appelée condensateur (L) puis une seconde lentille (O) (fig. 603) afin d’être concentrée sur la préparation microscopique placée entre deux plaques de verre. Celle-ci est maintenue dans une position fixe entre deux plaques de métal (m) serrées l’une contre l’autre à l’aide de ressorts (n). A l’avant se trouve un microscope (L) dont la mise au point se fait avec la molette (D). Une ou plusieurs lentilles achromatiques (x) permettent d’obtenir un grossissement plus ou moins important sur l’écran (ba).

microsolaire-16-300x125La particularité du microscope SECRETAN est d’avoir un miroir fixé et articulé uniquement par son socle

Voir : Microscopes solaires de projection

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Lampe “ECLIPSE” pour conférencier

Posté par Patrice Guerin le 5 octobre 2012

Afin de permettre au conférencier de lire ses notes sans que la lumière de sa lampe nuise à la projection, il existe de petites lampes portatives fonctionnant au pétrole ou à l’aide d’une simple bougie, qui peuvent éclairer de 4 à 8 heures.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Lampe “ECLIPSE” pour conférencier dans Sources lumineuses eclipse-01-66x150  eclipse-02-69x150 dans Sources lumineuses  eclipse-03-150x114

La lampe ECLIPSE est composée d’un pied en métal contenant une bougie. Celle-ci est introduite par le dessous et poussée par un ressort qui s’appuie sur le bouchon à vis. Elle est surmontée d’un cône à l’intérieur argenté, renvoyant la lumière vers l’avant. Une cheminée permet d’évacuer la chaleur et d’éventuelles fumées.

eclipse-04-90x150Pour réduire son encombrement lors du transport, le cône coulisse sur le pied jusqu’à reposer sur le socle.

Certaines lampes ECLIPSE peuvent être équipées d’un verre coloré situé à l’arrière du cône permettant de faire un signal au projectionniste placé à côté de la lanterne.

Voir : SIGNAL LAMP pour conférencier

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Voir : Bougies de suif ou stéarique

 

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L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

Posté par Patrice Guerin le 30 juillet 2012

L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras dans Images projetees Regulateur-15-105x300  Le régulateur à arc électrique, inventé par Léon FOUCAULT en 1849, et fabriqué par Jules DUBOSCQ pendant près de cinquante ans, est le précurseur de la plupart des systèmes d’éclairage utilisés pour produire des “effets spéciaux” au théâtre et à l’opéra pendant une centaine d’années.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Regulateur-13-101x150 dans Projections pour Spectacles Planche de physique sur les lampes à arc

Cet appareil, considéré comme le meilleur de son époque, a eu de nombreux concurrents, comme celui de monsieur SERRIN – le grand rival de DUBOSCQ -, ou encore ceux de messieurs SIEMENS (assez employé en Allemagne et en Angleterre), BRUSH, BÜRGIN, CARRE, CROMPTON, GAIFFE, GÜLCHER, DE MERSANNE, RAPIEFF, WESTON, etc.

Regulateur-14-300x95 dans Sources lumineuses  NB Les schémas de ces différents régulateurs ne sont pas tous à la même échelle

« Les effets les plus remarquables de lumière électrique qu’on ait produits au théâtre ont été combinés par monsieur Jules DUBOSCQ. Il a organisé pour cela, au nouvel Opéra (construit de 1861 à 1875), toute une salle où sont disposés les piles et autres engins nécessaires. Sans nous arrêter à l’effet du soleil levant du “Prophète” que tout le monde a admiré dans l’original créé en 1849 et qui n’était que le résultat d’un mouvement ascensionnel donné au régulateur… Sans parler encore de l’application de l’arc voltaïque à la projection d’une vive lumière sur certains points de la scène… Nous pouvons dire que les rayons intenses de la lumière électrique ont servi à reproduire sur la scène certains phénomènes physiques sous leur aspect tout à fait naturel , tels que les arcs-en-ciel, les éclairs, les clairs de lune, etc… ainsi que les apparitions fantasmagoriques qui impressionnent tant le public ». Source : L’éclairage électrique, par le comte Théodore Du Moncel – Librairie Hachette et Cie Paris 1880.

Voir : Projection de la chevauchée des WALKYRIES

Regulateur-11-300x183  Apparition de l’arc-en-ciel dans le 1er acte de Moïse et Pharaon ou le Passage de la mer Rouge en 1860 – Opéra en 4 actes de Gioachino ROSSINI (1792-1868), livret d’Étienne de JOUY, créé le 26 mars 1827 à l’Opéra de Paris.

« L’appareil électrique dont l’arc est alimenté par une pile de 100 éléments de Bunsen » dit monsieur SAINT-EDME* « est placé sur un échafaudage de hauteur convenable à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel sur lequel l’arc-en-ciel doit apparaître. Les premières lentilles de l’appareil donnent un faisceau parallèle qui passe ensuite par un écran découpé en forme d’arc. Ce faisceau est reçu par une lentille biconvexe à très court foyer, dont le double rôle est d’augmenter la courbure de l’image et de lui donner une extension plus considérable. C’est au sortir de cette dernière lentille que les rayons lumineux traversent le prisme qui doit les décomposer et par suite engendrer l’arc-en-ciel. »

Regulateur-12-150x132  Lanterne Duboscq équipée d’accessoires semblables à ceux utilisés pour créer un arc-en-ciel

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

Si l’on veut envoyer la lumière électrique sur de très larges surfaces, telles qu’un pan de mur ou un jardin, on peut supprimer la lanterne et placer simplement la lampe à arc sur un support articulé à l’arrière duquel se trouve un miroir argenté en verre de 30 cm de diamètre qui peut coulisser sur un support vertical.

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Dans ses catalogues de 1864 et 1877 Jules DUBOSCQ présente les diverses applications de la lumière électrique et plus particulièrement celles menées à l’Opéra. Il conclut ainsi son chapitre consacré la lumière électrique « Depuis lors, il est rare qu’un ballet ou un opéra, exigeant une mise en scène importante, ait été montré sans l’intervention d’un effet quelconque de lumière électrique. Les théâtres impériaux et ceux de premier ordre rebondirent sous l’impulsion partie de l’Opéra et l’arc voltaïque passa définitivement dans les coutumes scéniques ». Parmi les nombreux spectacles de l’Opéra, des décors lumineux ont été utilisés dans le ballet « Sylvia » de Léo DELIBES, créé en 1876,  l’opéra  « Esclarmonde » de MASSENET, créé en 1889 et « La Walkyrie », de WAGNER créé en 1893.

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéraLes EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

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* SAINT-EDME est le pseudonyme de E.Th. BOURG qui travailla à l’époque pour plusieurs journaux et plus particulièrement aux “Tablettes Universelles”.

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Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 29 juillet 2012

Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ  dans Projections scientifiques Regulateur-01-300x192

Dès les années 1840, on est capable de provoquer une étincelle électrique permanente entre deux éléments conducteurs légèrement séparés l’un de l’autre. Il s’agit d’une sorte d’excitateur de LANNES, dont les boules sont remplacées par des baguettes de charbon que l’on règle à la main au fur et à mesure de leur usure. A l’époque le courant électrique est fourni par une série de piles Bunsen, allant parfois jusqu’à 40 ou 50 éléments.

Voir : Les premières piles électriques

Regulateur-02-150x150 dans Sources lumineuses

Pour en faciliter l’usage et éviter de régler à la main l’écartement des charbons, on a très vite imaginé des mécanismes permettant de maintenir une distance constante entre les deux charbons, au fur et à mesure de leur usure. Il s’agit du régulateur électrique dont le premier modèle a été imaginé par Thomas WRIGHT en 1845. « Ce n’est qu’en 1848, quand MM. STAITE et PETRIE en Angleterre et M. FOUCAULT en France, imaginèrent leurs régulateurs qu‘on y prêta quelque attention ; encore fallut-il que ces appareils soient susceptibles de quelque application comme l’on montré M. ARCHEREAU d’un côté et M. J. DUBOSCQ de l’autre, en les appliquant à  de nombreuses expériences de projection  ». Or pour la projection il fallait que le point lumineux provoqué par l’arc électrique soit parfaitement fixe et ne se déplace pas au fur et à mesure de l’usure des charbons qui n’était pas identique pour les deux.

Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Le régulateur inventé par monsieur FOUCAULT (voir PORTRAITS) en 1849 puis construit par Jules DUBOSCQ (voir PORTRAITS), est présenté à l’Académie des Sciences et à la Société d’Encouragement dans sa séance du 4 décembre 1850. Quelques mois auparavant, le 16 avril 1849, l’appareil est utilisé sur la scène de l’Opéra, pour imiter le soleil dans l’opéra “Le Prophète” de Giacomo MEYERBEER.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opérasLes EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

Regulateur-03-300x168  Brevet du régulateur photo-électrique 1er modèle

« La lampe électrique de M. Jules DUBOSCQ, telle qu’elle est en usage depuis plusieurs années, peut être citée avantageusement comme ayant déjà donné des résultats très satisfaisants en raison de sa disposition, de sa forme et de la facilité de sa manœuvre… M. DUBOSCQ avait atteint ce but par la construction d’un premier appareil dans lequel les charbons étaient fixés à deux tiges métalliques verticales placées au-dessus l’une de l’autre, et qui, à l’aide d’un ressort, tendaient à rapprocher leurs extrémités sous l’effet d’un électro-aimant rectiligne placé dans le pied de l’appareil. Ce mécanisme avait pour fonction de fixer la position de l’arc en maintenant les deux charbons à une distance constante et en les rapprochant quand, par l’effet de la combustion, leur distance tendait à devenir plus grande ; mais il était impuissant pour écarter ces conducteurs quand ils arrivaient au contact, ce qui provoquait l’extinction de l’arc ». Extrait du rapport présenté en 1855 par monsieur Edmond BECQUEREL, au nom du comité des Arts Economiques, sur l’appareil Photo-Electrique de monsieur Jules DUBOSCQ, opticien.

Regulateur-04-56x150  Regulateur-08-80x150Régulateur 2e modèle    Duboscq-19-40x150 Collection G.V.

Dans le premier modèle, les charbons étaient actionnés par des chaines, or celles-ci se cassaient quelquefois ou s’enroulaient sur les poulies dans le mauvais sens si l’opérateur n’était pas familiarisé avec l’appareil, si bien que monsieur DUBOSCQ les a remplacé par des porte-charbons à crémaillère. « Pendant dix ans, de 1850 à 1860, c’est avec le régulateur de M. DUBOSCQ que l’on a fait toutes les expériences sur la lumière électrique » Source Les Merveilles de la Science par Louis Figuier.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

Regulateur-05-56x150   Regulateur-06-101x150Régulateur 3e modèle  Regulateur-07-58x150

En 1857, messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ modifient le mécanisme du régulateur initial en adoptant une combinaison mécanique particulière, inspirée d’un mécanisme imaginé par HUYGHENS, dans lequel deux petites roues satellites (en bas du schéma) sont fixées sur une plus grande roue mobile. Dans ce modèle, il est possible d’adapter le pôle positif soit en haut pour les effets d’éclairage, soit en bas pour les expériences d’optique. Ce système permet en outre d’élever ou d’abaisser le point lumineux pendant le fonctionnement en faisant tourner à la main une des roues dentées du barillet principal. « Ce nouveau régulateur » précise monsieur DUBOSCQ « remplit donc les conditions exigées pour l’application de la lumière électrique aux expériences scientifiques et à l’éclairage des phares, des vaisseaux, des ateliers, des théâtres, etc ».

Voir : Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Regulateur-09-150x121  Collection G.V.

Le 9 décembre 1870, monsieur DUBOSCQ, ingénieur opticien, présente à la Société d’encouragement pour l’Industrie Nationale « un régulateur de lumière électrique enfermé dans une boîte métallique qui ne laisse passer les rayons lumineux que d’un seul côté. Cette lanterne posée sur des pieds est destinée aux avant-postes, elle est facilement portative et fonctionne au moyen de la pile CHUTAUX, chimiste au 5 cité Bergère Paris . » Monsieur DUBOSCQ termine sa présentation en disant que « les expériences faites par le Génie militaire ont donné les meilleurs résultats ». Il faut cependant noter qu’il fallait « douze à quinze hommes pour transporter l’appareil de projection et la pile entière composée d’une vingtaine d’éléments ».

Voir : Le siège de Paris en 1870

 

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Invention de l’ampoule électrique

Posté par Patrice Guerin le 3 avril 2012

Le principe de l’ampoule électrique consiste à porter un filament conducteur à une température assez élevée pour qu’il devienne lumineux.

Invention de l’ampoule électrique dans Sources lumineuses Edison-01-150x112  Lampe De CHANGY

En 1858, monsieur De CHANGY, ingénieur français travaillant en Belgique, construit la première lampe à incandescence avec une baguette de charbon de cornue enfermée dans un œuf de verre. Par la suite, il remplace le charbon par un fil de platine auquel il fait subir une sorte de cémentation par chauffage avec de la poussière de charbon avant de le faire passer à la filière.

A la fin des années 1870, l’anglais Joseph SWAN (1828-1914) met au point une ampoule électrique à incandescence avec filament de coton sans prendre la précaution de déposer un brevet, ce qu’il ne fait qu’en 1880, en Grande-Bretagne uniquement (n°4933). Il est aussi l’inventeur du culot à baïonnette.

Edison-09-150x131 dans Sources lumineuses  3 lampes présentées à l’exposition internationale d’Electricité de Paris en 1881.

Les premières expériences montrent que le fil de platine fond assez souvent. Thomas EDISON (voir PORTRAITS), remplace le fil métallique par des fibres de bambou japonais, après avoir testé 6 000 substances végétales qu’il fait chercher dans le monde entier, avec un budget de 40 000 dollars. Ce filament, carbonisé à haute température, est fixé aux extrémités de deux fils de platine soudés dans le verre et formant électrodes. Le tout est enfermé dans une ampoule où l’on fait le vide avec une pompe à mercure. Par la suite le bambou fut remplacé par une pâte de cellulose qu’une filière transformait en filament du diamètre voulu avant de le carboniser en vase clos.

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Le comte Théodore Du MONCEL, membre de l’Institut, écrit en 1880 « La réputation que monsieur EDISON  s’est acquise par l’invention du phonographe, a été la cause d’importants désastres financiers, lorsqu’il annonça, il y a quelques mois, qu’il avait résolu définitivement le problème si longtemps cherché de la lumière électrique… Les actions des compagnies de gaz tombèrent dans une proportion énorme… La vérité est que l’invention de monsieur EDISON n’était au début que très peu de chose, elle pourra peut-être acquérir un jour de l’importance ».

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En 1878, EDISON fonde l’Edison Electric Light Co. à New York. L’année suivante, il dépose le brevet de la première lampe électrique à incandescence (avec filaments de carbone) qui reste allumée 45 heures. En 1882, en Angleterre, Thomas EDISON fusionne avec Joseph SWAN pour fonder la société “Edison & Swan United Co” aussi appelée “Ediswan”.

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Utilisée pour la projection, l’ampoule électrique à incandescence ne rencontre guère de succès malgré une grande facilité d’utilisation en toute sécurité. D’une part à cause de la rareté du réseau électrique à la fin du XIXe siècle ; d’autre part à cause de son faible pouvoir éclairant qui en réserve l’usage au particulier. Le catalogue Radiguet & Massiot propose « à toute personne possédant le courant électrique, un éclairage par lampe à incandescence modèle ordinaire de 16 bougies ou lampes dites “Focus” de 50 à 100 bougies… Ce mode d’éclairage est recommandé toutes les fois qu’on se contentera d’une image de 1m25 à 1m50 au plus ; sorte de lanterne magique pour amuser les enfants et confier au besoin l’instrument à leurs mains inhabiles ».

Edison-10-150x104Lampe à incandescence adaptée sur un ancien brûleur à gaz

En 1895, le physicien allemand Walther Hermann NERNST dépose le brevet d’une lampe électrique fonctionnant à l’air libre.

Voir : Ampoules à incandescence NERNST

En 1898, Carl AUER VON WELSBACH parvient à remplacer le filament de carbone des lampes électriques par un filament métallique beaucoup plus lumineux et durable. En 1906, il met au point le filament osmium-tungstène.

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Ampoules à incandescence NERNST

Posté par Patrice Guerin le 31 mars 2012

Ampoules à incandescence NERNST dans Sources lumineuses Nernst-01-150x63 Paire de timbres suédois de 1980, représentant les physiciens GUILLAUME et NERNST, prix Nobel de physique en 1920.

A la fin du XIXe siècle, alors que l’éclairage électrique n’en est qu’à ses balbutiements, un physicien allemand âgé de 34 ans, Walther Hermann NERNST (voir PORTRAITS) dépose en 1895 un brevet très innovateur à propos des lampes d‘éclairage.

Nernst 31  Nernst 32  Nernst 33  Nernst 34  Brevet NERNST n°269.955 du 26 août 1897 – Source INPI

En France, ce brevet est déposé le 26 août 1897 sous le n°269.955, pour un système de « Lumière électrique à incandescence ». Il est complété par le brevet n°271.268 du 13 octobre 1897 pour le « système de préchauffage » et par le brevet n°275.910 du 14 mars 1898 pour la « Fabrication du corps incandescent ».

Nernst-02-150x111 dans Sources lumineuses  Exposition Universelle de 1900 – Source : nernst.de

A l’Exposition Universelle de 1900, qui a lieu à Paris, le pavillon A.E.G. est illuminé par 800 lampes NERNST qui « … eurent un gros succès de curiosité près des visiteurs de l’Exposition. Pour allumer la lampe on mettait d’abord le courant puis on chauffait le bâton de magnésie avec une allumette… C’était cependant un non-sens que d’allumer ainsi une lampe électrique ! » Par la suite NERNST met au point un système de préchauffage « plus pratique » pour allumer la lampe automatiquement.

Nernst 03  Catalogue Leybold’s Nachfolger – Cologne 1900/1905

Ce nouveau type d’éclairage remplace avantageusement l’ampoule électrique mise au point par EDISON une vingtaine d’années auparavant.  « Le filament de des lampes existantes est peu approprié à l’éclairage parce qu’il absorbe en totalité les rayons infrarouge et émet donc de préférence de la chaleur de sorte qu’une faible partie seulement de l’énergie électrique qui le parcourt est récupéré à l’état de lumière. » Extrait du brevet NERNST.

Voir : Invention de l’ampoule électrique

« La différence essentielle entre une lampe EDISON et une lampe NERNST, outre qu’elle est deux fois plus efficace, c’est que le filament de l’une, en charbon, est enfermé dans une ampoule de verre où l’on a fait un vide presque parfait, tandis que l’autre, incombustible, reste exposé à l’air. » Source : Les Projections Lumineuses par René LEBLANC (voir PORTRAITS) aux Editions Edouard CORNELY à Paris 1904.

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

Nernst 04Source G.V.

Ce filament, incombustible à l’air libre, devient conducteur vers 600°, d’où la nécessité d’équiper le brûleur d’un système de préchauffage, généralement en platine, qui rend le filament d’éclairage conducteur et d’une vive luminosité au bout d’une minute environ. « Le fonctionnement d’une telle lampe serait instable, car un petit accroissement de courant, augmentant la température du filament, accroîtrait sa conductibilité, d’où nouvel accroissement de courant, et ainsi de suite, jusqu’à destruction de la lampe. » C’est pourquoi toutes les lampes NERNST possèdent des résistances en fer contenu dans une ou plusieurs petites ampoules pleines d’hydrogène que l’on prend par erreur pour les ampoules d’éclairage (situées à l’arrière de l’appareil sur la vue ci-dessus).

Nernst-05-150x97 Résistances en fer contenues dans une ampoule

D’après le professeur WEDDING « la durée moyenne d’une lampe NERNST est de 700 heures, mais il faut reconnaître qu’au bout de 300 heures, elle commence à baisser considérablement… Cette durée est très inégale, certaines lampes ne fonctionnant que quelques heures… Les soudures du filament semblent être le point faible. » Ces lampes « ont le grand avantage de se brancher sur la canalisation électrique qui existe dans l’appartement » en 110 ou 220 volts (à préciser à la commande) et ne nécessitent pas de refroidissement car elles ont une puissance de 40 à 60 W.

Nernst-07-74x150  Nernst-06-150x99 Source : nernst.de

En Europe, les lampes sont produites par l’Allemand Elektricitaets-Elektricitaets-Gesellschaft (A.E.G.) situé à Berlin. Aux Etats-Unis, NERNST vend son brevet à George WESTINGHOUSE qui fonde en 1901 la Nernst Lamp Company“ située à Pittsburgh.

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Il existe plusieurs modèles de lampes NERNST. D’une part les brûleurs de type “borne intensive” (à gauche) et d’autre part les lampes de type “ampoule” (à droite). Ces dernières ressemblent à une ampoule électrique classique avec un globe de verre permettant de diffuser la lumière (donc impropre à la projection) et une douille de fixation. Cependant certains prétendent que l’ampoule « placée dans un appareil à projection, donne des résultats merveilleux comme puissance et comme fixité lumineuse… » à condition que le verre ne soit pas dépoli.

Voir : Les lampes bornes NERNST pour la projection - Fonctionnement d’une ampoule ancienne NERNST

 

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Les lampes à arc électrique L. KORSTEN

Posté par Patrice Guerin le 30 décembre 2011

Le réseau électrique se développant, de nombreux amateurs trouvent cette énergie bien plus pratique que le pétrole, le gaz ou la lumière oxhydrique pour alimenter leur lanterne de projection. Encore faut-il disposer d’un appareil d’éclairage suffisamment puissant et simple à utiliser pour obtenir une image satisfaisante sur l’écran.

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En 1904 Lucien KORSTEN (voir PORTRAITS) construit un modèle simplifié de lampe à arc et rhéostat destiné à être utilisé dans des petites lanternes de projection.

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L’arc électrique “Lukor” s’utilise facilement et ne nécessite aucun entretien. Il est très économique et son débit ne dépasse pas 3 ampères pour une intensité lumineuse de 200 bougies. Le rhéostat régulateur qui l’accompagne se branche directement sur le réseau électrique. Il est muni d’un curseur « que l’on déplace sur son guide jusqu’à ce que l’on obtienne un arc électrique satisfaisant entre les pointes des charbons. Toutes les cinq minutes environ il est nécessaire d’ajuster le réglage des charbons sans modifier la position du curseur sur le rhéostat qui est faite une fois pour toute ». Il existe différents modèles de rhéostats pour courant de 110, 120 et 220 volts et pour des lampes allant jusqu’à 15 ampères.

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En 1905, le journal “La Science Illustrée”, dirigé par Louis FIGUIER, publie dans ses nouveautés un modèle d’arc électrique construit par L. KORSTEN. « Ses différentes commandes ont été groupées à l’arrière et complètement isolées du circuit électrique ». Le bouton du bas sert au déplacement de la colonne, celui du milieu permet le réglage vertical, quant à celui du haut, il règle l’écartement des charbons qui peuvent aller de 7 à 20 mm. L’ensemble est monté sur un lourd pied en fonte.

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En 1908, L. KORSTEN dépose un brevet pour « une lampe à air électrique à ciseaux se réglant automatiquement au moyen d’un contrepoids à levier variable combiné avec un frein excentrique à coincement ». Le contrepoids tend à rapprocher les charbons tandis qu’un électro-aimant, dont l’action est opposée, les écarte aussitôt que le courant passe. Cette lampe à arc « automatique et indéréglable » peut fonctionner avec différentes intensités de courant alternatif ou continu.

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En 1911 la revue “La Nature” présente une nouvelle lampe électrique pour projection fabriquée par M. KORSTEN. Celle-ci est très puissance (2000 watts) et a la particularité d’avoir des charbons perpendiculaires l’un à l’autre, ce qui optimise le point lumineux. Un système de crémaillère permet de déplacer toute la lampe en hauteur ou latéralement.

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Un système de débrayage très ingénieux permet de régler avec un seul bouton la position relative des deux charbons. Dans la position d’embrayage on peut les rapprocher ou les éloigner l’un de l’autre de manière égale ; en position de débrayage, on agit uniquement sur le charbon inférieur en le faisant monter ou descendre. Ce système permet un centrage facile et parfait du point lumineux.

Voir : Les projecteurs L. KORSTEN

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Bougies de suif ou stéarique

Posté par Patrice Guerin le 26 septembre 2011

« Durant des siècles, la noblesse et le clergé s’éclairaient avec des cierges en cire d’abeille, laissant au peuple l’éclairage au suif. »

Le suif provient de la graisse d’animaux, principalement le mouton et le bœuf. Cette graisse est fondue dans des chaudières puis soutirée et filtrée dans des paniers en osier dans lesquels on laisse la matière refroidir.

bougie11.jpg  Pour fabriquer les chandelles, le suif est fondu dans des moules en étain dont l’axe est muni d’une mèche en coton. Celle ci est composée de deux fils de coton et d’un fil de chanvre torsadés.

En brûlant, la chandelle en suif répand une mauvaise odeur et de la fumée, de plus le suif coule très facilement et tache les objets qu’il touche. La mèche ne se consume pas entièrement, elle charbonne, ce qui diminue l’éclat de la flamme, il faut donc la couper régulièrement avec des mouchettes.

bougie14.jpg Bougie “La Française”*

La bougie, inventée par Eugène CHEVREUL (1786-1889) en 1825, est fabriquée avec une matière blanche, appelée stéarine, que l’on extrait des matières grasses, principalement du suif. Une opération chimique permet de débarrasser le suif du composé liquide qu’il renferme, l’acide oléique, auquel celui-ci doit tous ses inconvénients : extrême fusibilité, mollesse et mauvaise odeur.

bougie13.jpg Monsieur Jules Louis Leonard CAMBACERES (1798-1863) dépose un brevet d’invention de 15 ans le 10 février 1835 « pour l’emploi des acides stéarique, margarique et oléique, à la fabrication des bougies appelées “Bougies Oxigénées” ». Il améliore la combustion en fabriquant une mèche nattée de trois fils de coton à la place des mèches d’étoupe ou de chanvre tressée.

Monsieur DE MILLY(1799-1876) est un gentilhomme que la révolution de 1830 avait contraint à changer de vie, et qui avait opté pour l’industrie. Le 23 décembre 1836, il achète les brevets de monsieur CAMBACERES et imagine d’imprégner celle-ci d’acide borique, ce qui rend inutile l’opération du mouchage. C’est à lui que l’on doit la production manufacturière – industrielle dirait-on aujourd’hui – de la bougie stéarique, qu’il débute en 1831 avant de la propager dans toute l’Europe.

bougie12.jpg La fabrication se fait dans des moules munis chacun d’une mèche, qui sont placés sous une cuve dans laquelle on chauffe la stéarine. Après refroidissement on démoule les bougies qui sont jaunâtres puis elles sont blanchies par simple exposition à l’air.

L’avantage de cette bougie, c’est qu’elle n’a pas d’odeur et ne fume pas. Sa mèche se consume entièrement ce qui permet d’avoir une flamme plus lumineuse.

Voir : La bougie dans les lanternes magiquesLampe “ECLIPSE” pour conférencier

_____________________

La société DENIS, située à Cugand (85), fabrique la bougie “La Française” depuis 1902. En 1989, le groupe Devineau rachète la société DENIS S.A. et choisi la marque historique “Bougies la Française” comme raison sociale.

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