Les collections de vues pour projection MAZO

Posté par Patrice Guerin le 26 janvier 2015

Mazo 31Catalogue MAZO 1910 et 1911

Le catalogue général E. MAZO consacré à la projection publié pour les années 1910 et 1911 (N°46) est divisé en 7 parties. La première partie est consacrée au matériel (projecteurs et accessoires) tandis que les six autres concernent l’édition de vues pour les projections lumineuses, ce qui représente environ 490 pages sur 620 au total.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO

Mazo 33  Mazo 32  IIe PARTIE

La IIe partie concerne les conférences et vues divertissantes, simples ou animées. On y trouve de nombreux tableaux mécaniques montés dans des châssis en bois, identiques à la production anglaise de la même époque. A cela s’ajoute des vues chromolithographies et des spectacles d’ombres “artistiques” inspirés par le répertoire français, tel que les Chansons de Botrel, les contes traditionnels ou les pièces d’ombres joués dans les théâtres parisiens comme le Chat Noir.

Mazo 34  Mazo 35  IIIe PARTIE

La IIIe partie concerne les vues ayant trait à l’art. On y trouve des œuvres des maitres anciens et modernes exposées, pour la plupart, dans divers musées d’Angleterre. Cette collection provient de la Maison Eyre & Spottiswoode de Londres. Sont également proposées des reproductions photographiques (pour certaines en couleurs) des principales œuvres de peinture et de sculpture exposées aux salons de 1887 à 1896, ainsi que des reproductions trichrome des peintures du Louvre, du Luxembourg et de Versailles, sans oublier les chefs-d’œuvre de la peinture italienne d’après un ouvrage de la Librairie Firmin Didot.

Mazo 36  Mazo 37 IVe PARTIE

La IVe partie concerne la géographie et les voyages. Il s’agit principalement de vues photographiques noir et blanc à l’albumine représentant de nombreuses villes françaises et européennes ainsi que les colonies. La série 100 (environ 70 pages sur les 150 consacrées à ces sujets) est constituée en grande partie de vues au format stéréoscopique 8,5x17cm.

Mazo 38  Mazo 39 Ve PARTIE

La Ve partie est consacrée à l’histoire, depuis la mythologie jusqu’aux plus récents événements du XIXe siècle, dont « les photographies, en noir et blanc ou en couleurs, prises pendant la croisière du yacht “Clairette” au pays de la guerre gréco-turque (avril à juillet 1897) ». On y trouve aussi une série de vues concernant “Paris à Travers les âges” reproduisant les gravures de l’ouvrage du même nom édité par la Maison Firmin & Didot à Paris.

Mazo 40  Mazo 41 VIe PARTIE

La VIe partie est consacrée à la science, avec des tableaux animés de démonstrations scientifiques, une “splendide” collection de plaques astronomiques mécanisées et des « vues scientifiques en couleurs, sans mécanisme et sans cadre ». On y trouve aussi bien des sujets sur la médecine, l’agriculture et l’histoire naturelle, que des vues sur la mécanique, la physique, les arts & manufactures, etc.

Mazo 42  Mazo 43  VIIe PARTIE

Enfin la VIIe partie à trait à la religion sous tous ses aspects : histoire sainte, ancien et nouveau testament, les évangiles, la vie des saints, le catéchisme, etc. « Avec l’autorisation de MM. LE VASSEUR et Cie, éditeurs au 32 rue de Fleurus, nous avons reproduit en clichés de projection les fines illustrations de leur ouvrage “La vie de N.-S. Jésus-Christ” par Jérôme NATAL, illustré de 130 gravures sur acier. »

Il est très difficile d’évaluer le nombre total de vues figurant au catalogue, d’autant plus que certains sujets sont présents dans plusieurs séries, par exemples un tableau peut figurer dans les parties Arts, Géographie (musée) et Religion.

Les vues commercialisées par MAZO existent sous différentes formes.

Mazo 44

Série 1 – Des conférences géographiques, scientifiques, artistiques ou militaires, toutes préparées pour la projection. Elles sont composées d’une série de vues sur verre numérotées, contenues dans une boîte en bois avec rainures, accompagnées d’un livret explicatif portant des numéros correspondant.

Mazo 50  Planche MAZO en chromolithographie – Le Soleil

Série 2 – Des vues en chromolitographies transparentes, ou décalcomanies, qui se reportent sur un verre « d’une façon aussi simple que sûre ». Elles sont d’un prix de revient très réduit mais nécessitent une petite préparation.

Série 2 bis – Des vues en couleur sur papier transparent qui ne nécessitent aucune préparation pour la projection si ce n’est de les découper et les placer entre deux verres ou dans un passe-vues spécial muni de verres « L’ensemble de l’œuvre comportera 5 000 tableaux ».

Voir : Montage des vues sous verres

Mazo 45

Série 3 – Des vues sur verre en bandes et en couleurs chromolithographiques qui s’introduise en les glissant à l’avant de la lanterne. Il s’agit généralement de sujets enfantins composés de 10 à 12 bandes représentant de 36 à 48 vues à moins qu’elles ne soient composées d’images panoramiques.

Mazo 46

Série 4 à 22 – Des tableaux mécanisés comiques et bon marché composés d’un verre fixe placé dans un châssis en bois et d’un verre mobile placé à l’arrière, à tirette, basculant ou glissant horizontalement (panoramas), à engrenages ou crémaillère. Certains de ces tableaux, comme celui présenté ci-dessus, provienne de production étrangère, EP (Ernst Plank) pour celui-ci, sur lequel était simplement ajouté le tampon “E. Mazo 8 boulevard Magenta Paris”.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection

Mazo 47 Mazo 48  Tour Eiffel – Newton & C° – Figurant au catalogue Mazo ref n°1 (existe en 3 versions : jour, nuit, illumination)

Série 26 – Des vues colorées sur verre à double ou triple effets, destinées aux lanternes possédant 2 ou 3 objectifs ; ainsi que des vues d’ombres artistiques pour « Pièces à grand spectacle… Qui sont infiniment plus artistiques que le cinématographe et résultent de l’intime collaboration de la poésie, de la musique et de la peinture ! »

Voir :  Vues fondantes – Dissolving views  –  Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Série 29 à 33 – Vues et tableaux à effets divers dont rideaux décors, rosaces, chromatropes, effets de pluie, neige, éclairs, etc.

Voir : Les CHROMATROPES de projection - Projection de phénomènes météorologiques

Mazo 49

Série 34 – Des vues trichromes obtenues à partir de réelles photographies en couleurs d’après le procédé de M. l’abbé TAULEIGNE et reproduites « avec une exactitude absolue en autant d’épreuves positives qu’il est nécessaire… Ces épreuves ne comportent ni trame, ni réseau. Elles sont d’une transparence et d’une luminosité parfaites ».

Série 35 – Des vues pour stéréo-projections d’après le système imaginé par M. l’abbé TAULEIGNE, sur le principe des anaglyphes de M. DUCOS DU HAURON. « Ces vues sont placées dans une simple lanterne de projection et projetées sur un écran quelconque. Le relief est perceptible pour tous les spectateurs sans exception, à condition qu’ils observent l’image projetée sur l’écran au moyen d’un sélecteur de vision ».

Autres éditeurs de vues pour les Projections Lumineuses :
La collection de diapositives MOLTENI
APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

 

 

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Recomposition de la lumière

Posté par Patrice Guerin le 12 janvier 2015

Prisme 21  Page de garde de “L’Optique” par Fulgence MARION

De même que l’on peut séparer les couleurs primaires composant la lumière à l’aide d’un prisme, on peut tout aussi bien les réunir de nouveau pour obtenir de la lumière blanche en faisant passer les rayons colorés à travers un autre prisme ayant le même angle, mais tourné en sens inverse.

Voir : Les prismes et l’étude de la lumière

Il existe d’autres procédés permettant de recomposer la lumière blanche, facilement réalisables avec un banc optique et quelques accessoires tels qu’une loupe ou un miroir, voir même autant de miroirs que de rayons colorés.

Voir : Loupes, miroirs et prismes SOLEIL DUBOSCQ

Prisme 22

Cette expérience consiste à recevoir les rayons colorés sur une lentille biconvexe d’assez grand diamètre derrière laquelle on place un petit écran de verre ou de métal dépoli, ou plus simplement un carton ou une feuille de papier blanc. « En avançant ou en reculant cet écran on trouve facilement le point sur lequel convergent tous les rayons lumineux pour former une lumière d’une éclatante blancheur. »

Prisme 23

Dans cette expérience on remplace la lentille de verre par un miroir concave de grand diamètre devant lequel on place le même petit écran récepteur que précédemment. En ajustant la distance on obtient de nouveau cette « lumière d’une éclatante blancheur ».

Prisme 24

Cette autre expérience, plus délicate à réaliser mais très démonstrative, nécessite un support sur lequel sont placés sept petits miroirs articulés. En dirigeant de manière très précise ces miroirs vers un point unique situé si possible dans la pénombre, on observe de nouveau cette « lumière d’une éclatante blancheur ». Avec ce procédé il est possible de décaler ou de masquer certains miroirs pour observer la superposition de quelques couleurs seulement.

Prisme 25  Disque de Newton

Un disque de Newton est une surface plate et circulaire sur laquelle figure sept secteurs représentant les sept couleurs primaires. Cet ensemble de couleurs peut être répété un certain nombre de fois. « Lorsque l’on fait rapidement tourner ce cercle coloré, les couleurs disparaissent devant l’œil et l’ensemble du disque devient blanc. » Dans la réalité le blanc est plutôt gris car les couleurs figurant sur le disque ne sont pas aussi pures que celles provenant directement de la lumière.

Prisme 26  Plaque de lanterne magique chromatrope – Coll. Cinémathèque française

Le disque de Newton tient son nom du fait que Isaac NEWTON (1643-1727) fut le premier à définir et à nommer les sept (comme les sept intervalles de la gamme musicale) couleurs primaires composant l’arc-en-ciel.

Source : “L’Optique” par Fulgence MARION – Bibliothèque de Merveilles, Librairie L. Hachette et Cie – Paris 1869

 

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Les prismes et l’étude de la lumière

Posté par Patrice Guerin le 5 janvier 2015

Prisme 01

Un prisme est un bloc de verre d’une grande pureté taillé de telle manière qu’il puisse réfracter la lumière, la réfléchir ou la disperser. Il est généralement composé de trois faces rectangulaires assemblées en triangle, mais peut adopter des formes plus complexes suivant les besoins. Des prismes spéciaux peuvent servir à diffracter la lumière, la polariser, séparer les polarisations ou encore créer des interférences.

Prisme 02  Costumes et bijoux barbares

Dès l’antiquité, les prismes formés par de perles de verre taillés sont utilisés pour leur aspect magique et décoratif. A l’époque de la Rome Antique il est Appelés “vitrum trigonum”. SENEQUE (vers 1-65) et PLINE l’ANCIEN (23-79) mentionnent un verre ou un cristal taillé en prisme capable de transformer la lumière du soleil en “arc-en-ciel”.

Prisme 03

Il faut attendre les expériences d’Isaac NEWTON (1643-1727) au XVIIIe siècle pour comprendre la décomposition du faisceau lumineux sortant d’un prisme. « Ayant obscurci ma chambre et fait un petit trou dans les volets, pour laisser entrer une quantité convenable de rayons de soleil, je plaçai mon prisme contre ce trou, pour projeter les rayons sur une grande feuille placée à l’opposé. Ce fut très plaisant de contempler les couleurs vives et intenses ainsi produites. »

Prisme 04  Pendant longtemps on pensait que le prisme contenait des couleurs visibles seulement lorsque la lumière le traversait.

En plaçant un deuxième prisme sur le chemin de la lumière décomposée, NEWTON démontra que ces lumières colorées formaient de nouveau un faisceau de lumière blanche. C’est donc la lumière qui est composée de “couleurs cachées”, et non le prisme ! Poussant plus loin ses recherches, il plaça un diaphragme à la sortie du prisme pour isoler une seule couleur et l’envoyer vers un autre prisme. Mais la lumière ne se décomposait plus, elle était “monochromatique” dirions-nous aujourd’hui. NEWTON publia les résultats de ses recherches dans “Philosophiae Naturalis Principia Mathematica” en 1687 et dans “Opticks” de 1704.

Prisme 05  Planche extraite du livre Opticks de NEWTON – 1740

Pour étudier la lumière, il existe différentes sortes de prismes. Le prisme simple qui disperse la lumière selon les longueurs d’onde ; le prisme composé à vision directe qui décompose la lumière sans trop dévier les rayons permettant ainsi une observation plus facile ; et enfin le prisme à angle variable qui offre la possibilité d’une étude plus approfondie en faisant varier les angles des deux faces principales. Afin d’en faciliter l’usage avec un banc d’optique, ces prismes son généralement posés sur un pied vertical dont la hauteur est réglable avec un socle lourd pour en assurer la stabilité.

Voir : Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

Le prisme simple

Prisme 06  Prisme 07  Polyprisme à 5 verres Duboscq-Pellin

Le prisme simple est composé d’un bloc de verre à trois facettes. Il est souvent équilatérale ou rectangulaire. Ce verre est dit dispersif parce qu’il décompose la lumière blanche en différentes lumières colorées en fonction de leurs fréquences et donc de leurs longueurs d’onde. A chaque radiation correspond un indice de réfraction différent qui permet de former ce magnifique arc-en-ciel.

Le polyprisme est constitué de plusieurs prismes d’indices différents (crown et flint) accolés les uns à côté autres. Il permet de montrer très simplement la relation entre dispersion et indice.

NB le verre crown, ou verre à vitre, a un indice faible d’environ 1,50. Le verre flint, ou cristal, a un indice élevé allant 1,5 à 2 ; il dévie de manière importante les rayons lumineux.

Le prisme composé

Prisme 08  Prisme 11  Prisme d’Amici Lemardeley Paris

Un prisme composé à vision directe, appelé prisme d’Amici*, est formé de trois prismes faits en verres différents (Crown et Flint), accolés dans le prolongement les uns aux autres. Il permet de former simplement le spectre de la lumière qui le traverse en évitant la dispersion des rayons. Il existe un prisme d’Amici à grand pouvoir dispersif, composé de cinq éléments dans une même monture.

Ce prisme est généralement monté dans un tube qui peut être installé soit dans un disque porte lentilles sur pied (comme le modèle présenté), soit à l’extrémité d’un objectif de projection.

Pour en savoir plus : cliquer ici

Le prisme à angle variable

Prisme 09  Prisme à angle variable Duboscq-Pellin

Un prisme à angle variable est composé d’une cuve étanche possédant deux faces mobiles munies de verres. Il permet de montrer la réfraction à travers les liquides, sous différents angles, la dispersion des couleurs, la réflexion totale successive des rayons différemment réfrangibles. Le meilleur liquide pour la projection des raies du spectre est un liquide dense et volatil très toxique, le sulfure de carbone. Ce prisme peut être divisé en plusieurs compartiments pour montrer en une seule fois la réfraction et la dispersion à travers différents liquides.

Pour voir une animation sur les effets d’un prisme : cliquer ici

Prisme 10

Cette expérience de “physique enfantine” permettant de décomposer la lumière est souvent citée dans les livres de Science Amusante, très en vogue au XIXe siècle. « On ferme les volets de telle sorte qu’un seul rayon de soleil pénètre dans la chambre. On le fait passer par une ouverture coupée en carré dans une feuille de carton. Le rayon traversant un verre de forme cylindrique à moitié rempli d’eau et tenu à l’inclinaison voulue, arrive perpendiculairement sur le dessus de la table et montre alors les brillantes couleurs de l’arc-en-ciel. Si l’on pratique dans le carton une seconde ouverture à quelque distance de la première et si l’on y fait passer le rayon en partie, on s’apercevra qu’il reste incolore. »

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*Giovanni Battista AMICI (1786-1863) est un astronome italien qui dirigea l’observatoire de Florence dans les années 1840/50. Son nom nous est parvenu grâce aux améliorations qu’il apporta aux miroirs utilisés dans les télescopes et à la construction de microscopes.

 

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Histoire de l’entreprise Optique Commerciale OPTICO

Posté par Patrice Guerin le 27 décembre 2014

Optico 11

La société “L’Optique Commerciale” est issue de l’ancienne maison A. DECAIX, fondée en 1858 par M. MILLION. A l’époque elle fabriquait principalement des compte-fils, des loupes et des niveaux à bulle d’air. Monsieur DECAIX, successeur de monsieur MILLION, avait installé une usine à vapeur pour le travail du verre à Nogent-l’Artaud, au sud de Château-Thierry dans l’Aisne. Il fit breveter un grand nombre de dispositifs de loupes. La maison de vente se situait au N° 120 de la rue Saintonge à Paris IIIe.

Optico 12

En 1900, la société anonyme  “L’Optique Commerciale” est créée, suite au rachat de la maison DECAIX par Amédée COUESNON* (1850-1931). Le siège social est situé au N°94 de la rue d’Angoulème à Paris XIe. Elle est hors concours à l’Exposition Universelle de 1900 car Amédée COUESNON est membre du jury et obtient une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Liège en 1905.

En 1904 le capital initial de 500 000 francs est porté à 750 000 francs et le siège social est transféré au N°7 de la rue de Malte à Paris XIe. En 1912, René DENOUX (1882-1962), gendre d’Amedé COUESNON, prend la direction de la société. L’entreprise continue les fabrications en cours, mais y ajoute celle des objectifs pour la projection et pour la photographie et principalement celle des condensateurs de lumière allant de 80 jusqu’à 305 millimètres de diamètre.

Optico 13

Dans les années 30, la Manufacture d’Objets d’Optique & de Lunetterie diversifie ses activités et obtient de nombreuses récompenses dont le “Grand Diplôme d’Honneur” à l’Exposition Coloniale de Paris, en 1931. En plus de son usine de Nogent-l’Artaud (à gauche), elle possède une usine hydraulique à Souppes, en Seine-et-Marne (à droite).

Optico 14  Optico 15

Sous l’intitulé “Fabrication Spéciale”, elle propose des loupes, compte-fils, hygromètres, chambres claires, condensateurs, objectifs, demi-boules, prismes, microscopes, longues-vues, stéréoscopes, jumelles, ainsi que des lentilles & miroirs pour phares automobiles, des rétroviseurs, des miroirs de chirurgie, des niveaux à bulles d’air, etc. La manufacture est aussi spécialisée dans les verres de lunettes et la lunetterie en tous genre.

Voir : Microscope de projection OPTICO

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Pendant longtemps l’identification des appareils (lorsqu’elle existe) est un coq tourné vers la gauche, reposant sur une paire de lunettes formée par les lettres O et C. A l’intérieur de ces lettres est inscrit Optico et Paris. La marque “Optico” sert aussi d’adresse télégraphique (voir TdL 1919). Le second logo “Phonoptic”, est destiné à la production de phonographes “brevetés”, d’électrophones et de postes de T.S.F. « René DENOUX voulait concurrencer la société Couesnon, spécialisée en instruments de musique, qui était administrée par sa belle famille. Les phonographes ont été abandonnés après guerre. Il ne restait plus que quelques bâtis en bois dans l’ancienne menuiserie de l’usine. »

Optico 19

Après la Seconde Guerre mondiale, et jusqu’en 2008, le siège et les services commerciaux de l’entreprise sont situés au n° 7 de la rue de Malte. Elle continue à produire des appareils d’optique et plus particulièrement du matériel pour tests d’acuité visuel, des jumelles, des loupes, des niveaux à bulle et des appareils scolaires tels que ces petits microscopes utilisés par plusieurs générations d’élèves. La marque “Optico”, abréviation de OPTIque COmmerciale, identifie la plupart des appareils.

Optico 18  Optico 21

En 1962 René DENOUX est remplacé par son fils Pierre DENOUX (1921-2001), puis celui-ci part en retraite en 1967 pour laisser la direction de l’entreprise à son fils Michel qui lui succède jusqu’en 2005. La société “L’Optique Commerciale” est ainsi restée plus de 100 ans dans la famille COUESNON DENOUX avant d’être vendue  en 2005 à la société  “Lumen Partner”. La nouvelle entreprise quitte le 7 rue de Malte en 2008. Elle développe ses activités en fabricant des optiques de phare de voiture, des microvisionneurs et trichinoscopes, etc.

L’usine de Nogent l’Artaud ferme définitivement le 30 novembre 2013. « On se souvient de la Marne qui coulait “rouge” et des sorties d’usine impressionnantes avec plus d’une centaine d’ouvriers. Les commerçants nogentais restaient mêmes ouverts jusqu’à 13 heures afin de permettre au personnel de l’Optique de faire ses courses. Certains y ont effectué toute leur carrière. Que de souvenirs pour celles et ceux qui en ont assuré la pérennité aussi bien dans les bureaux que dans les ateliers. Les cheminées de l’Optique, aujourd’hui abattues, étaient le symbole industriel de la commune. » Source Le Pays Briard 16/12/2013.

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Optico 20

*Lorsqu’il crée “L’Optique Commerciale” en 1900, Auguste Amédée COUESNON (fils de Félix COUESNON et de Alexandrine Victorine Augustine PARISOT) est “chef” de la maison Couesnon & Cie, fabricants d’instruments de musique à Paris et à Château-Thierry, où il « dirige une manufacture dans laquelle il occupe 500 ouvriers… et a organisé des caisses de secours en faveur du personnel et institué la participation aux bénéfices ». Il a obtenu une médaille d’or lors de l’Exposition Universelle de 1889 et une médaille d’or de la Société d’Encouragement. Amédée COUESNON est officier de la Légion d’Honneur (1919), officier d’Académie, chevalier du Mérite Agricole. Il a été conseiller général du canton de Château-Thierry et Député de l’Aisne de 1907 à 1924.

Pour en savoir plus : cliquer ici

 

 

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Microscope de projection OPTICO

Posté par Patrice Guerin le 26 décembre 2014

Optico 01  Optico 02

Ce microscope de projection est tout à fait particulier et ne possède aucune identification. Il date probablement des années trente. Le corps de la lanterne, ainsi que le socle, sont en tôle peinte en noir. Il possède un système d’éclairage rudimentaire composé d’un support fixé sur le haut, d’une douille à vis et d’une ampoule 110 volts. Le microscope placé horizontalement à l’avant se compose d’un tube chromé équipé de deux lentilles de grossissement amovibles et d’un support en fonte démontable possédant une molette de mise au point par friction sur le tube. Celui-ci peut être installé sur un statif complémentaire en fonte ayant la forme d’un fer à cheval.

Optico 03  Optico 04  Optico 05

Ces deux microscopes montés sur leurs statifs sont en tous points identiques. Celui de gauche est le modèle provenant de la lanterne de projection tandis que celui de droite, identifié “Optico”, date des années 50. Il est plus complet, avec ses pinces et son miroir, mais sa forme et son mécanisme sont les mêmes que sur l’autre appareil. Son aspect est plus « beau », avec une peinture noire d’aspect martelé et des chromes plus blancs ; le modèle de gauche est probablement nickelé.

Voir : Histoire de l’entreprise OPTICO

optico 06

En complément de ce microscope de projection et du statif en fonte se trouve un petit microscope de poche ayant des caractéristiques assez semblables. Il possède une mise au point hélicoïdale.

Voir : Microscopes solaires de projection

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Colorisation des projections lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 28 octobre 2014

Tant que la photographie resta en noir et blanc, on chercha à agrémenter les projections lumineuses en colorant les vues, comme on le fit plus tard pour le cinéma. Pour cela il exista deux principales possibilités, soit en peignant manuellement les vues, soit en utilisant des filtres colorés lors de la projection.

Voir : Colorisation des plaques de verre

PlaqueCouleur 21  PlaqueCouleur 22

Un moyen pratique de colorer artificiellement les vues projetées consistait à placer devant l’objectif un teinteur à volets. Les anglais, très friand de ce procédé, l’appelait “tinter”. Cet accessoire se fixe sur le pare-soleil de l’objectif. Il est équipé de volets articulés « qui s’ouvrent et se ferment comme les feuillets d’un livre » sur lesquels on peut placer des feuilles de gélatine colorée. Logiquement on place le bleu en haut pour le ciel et le vert en bas pour la nature par exemple. On peut aussi utiliser des verres colorés, mais si l’on incline à demi le volet pour obtenir un dégradé, le verre a tendance à refléter une partie de la lumière.

PlaqueCouleur 25  PlaqueCouleur 24

Il existe aussi un accessoire composé d’un disque rotatif et d’une bague de fixation. Il se placer à l’avant de n’importe quelle lanterne à l’aide d’une bague munie d’une vis de serrage, qui se fixe à l’avant de l’objectif. Ce disque permet de disposer facilement de quatre couleurs (bleu, vert, rouge, jaune, plus une ouverture sans couleur). Mais chaque couleur couvre l’ensemble de l’image.

PlaqueCouleur 26  Ce système sera utilisé pendant des décennies dans le théâtre pour colorer certains éléments ou acteurs figurant sur scène.

Voir : Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE

PlaqueCouleur 23

Enfin on pouvait placer, dans une fente située à l’avant de l’objectif, des verres de différentes couleurs. Ils étaient parfois contenus dans un petit étui en cuir. « Dans certains appareils, le parasoleil de l’objectif est muni d’une fente formant pochette dans laquelle on glisse des morceaux de verre ou de gélatine colorée… La seule chose que nous reprochons à la gélatine, c’est d’être un peu foncée comme teintes, surtout pour les paysages. » “La projection au XXe siècle” par Alber, Editions Mazo fin XIXe siècle.

 

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SIGNAL LAMP pour conférencier

Posté par Patrice Guerin le 23 octobre 2014

Sonnette 01a  Théâtre antique d’Orange d’après une reconstitution de l’architecte Auguste Caristie (1783-1862)

« Le son doit provenir de l’image ! » Cette affirmation, qui est une évidence aujourd’hui, n’a pas toujours été facile à appliquer dans le “spectacle”. Tant que celui-ci s’exerça sous une forme théâtrale, il était normal que le son provienne de l’image puisqu’il sortait de la bouche même des acteurs. Et l’ingéniosité, à l’époque, consistait à construire des lieux de spectacle capables de renvoyer, voir même d’amplifier les sons provenant de la scène vers les spectateurs.

Sonnette 02  Les frères PATHE, l’un portant un phonographe, l’autre une lanterne de projection, accompagnés de leur fameux coq

Les choses se compliquèrent au XIXe siècle, lorsque la technologie naissante permit de dissocier le son de l’image. Le cinéma en est un bon exemple. Les premières projections étaient muettes, parfois accompagnées d’un musicien caché sur le devant de la scène ; pas au fond de la salle, mais sur le devant de la scène pour que « le son provienne de l’image. » Puis le cinéma parlant fit son apparition, suivi du cinéma sonore, et l’on cachât alors des haut-parleurs à côté ou derrière l’écran.

Sonnette 03  Luciphone – Collection F.B. cliquer ici

Mais avant le cinéma que se passait-il ? Certains diront qu’avant le cinéma il n’y avait rien… Rien d’autre que le “pré-cinéma”, composé de lanternes magiques de tous genres pour amuser les enfants.  Il y eut quand même le Luciphone, premier appareil associant l’image et le son dans un luxueux coffret propre à amuser les enfants de riches bourgeois… Ou peut-être les parents de ces enfants gâtés !

Sonnette 04

C’est oublier les nombreuses Conférences Populaires qui se développèrent à partir de la Seconde République pour « instruire le peuple ». Des conférenciers, illustrant souvent leurs propos avec des projections lumineuses,  traitaient des bienfaits de la science naissance ou des dernières connaissances dans les domaines les plus variés tels que l’astronomie, l’agriculture ou l’hygiène.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Comment faisait-on alors pour que « le son provienne de l’image » ? On sait que pour avoir une image la plus grande possible, il convient de placer le projecteur le plus loin possible de l’écran tout en gardant une luminosité suffisante pour que l’image soit agréable à regarder. A l’époque le public se précipitait dans ces conférences, faute de cinéma ou de télévision, et les salles devaient être suffisamment grandes pour accueillir tout ce public. Un problème quasi insoluble se posait alors. Comment le conférencier pouvait-il à la fois manipuler le projecteur placé à l’arrière de la salle et faire en sorte que « le son provienne de l’image » figurant sur l’écran situé à l’avant de la salle ?

Sonnette 05  Conférence faite lors de l’exposition des insectes à l’orangerie des Tuileries en 1874

La seule solution, puisqu’il n’existait ni micro, ni télécommande, ni “synchroniseur”, était de dissocier les fonctions. Il y aurait un conférencier et un projectionniste. D’ailleurs la manipulation de la lanterne, souvent double, ainsi que des vues qu’il faut changer régulièrement et placer dans le bon sens, et enfin du réglage permanent de la source d’éclairage qui “s‘usait” au fur et à mesure de la conférence, était un travail à plein temps pour un projectionniste chevronné. De 1860 à 1900, Alfred MOLTENI, principal fabricant d’appareils de projection au XIXe siècle, fut le projectionniste habile et bénévole de plus de 2000 conférences animées par les plus grands vulgarisateurs de l’époque tels que Camille FLAMMARION, Gaston TISSANDIER, Stanislas MEUNIER, etc.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Sonnette 06  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne en 1880

Comment faire en sorte que monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS), placé près de la lanterne de projection (à droite de l’illustration), puisse projeter au bon moment les vues correspondant au discours de monsieur FLAMMARION (voir PORTRAITS) situé à gauche devant l’écran, et cela dans une salle la plus obscure possible ?

La solution était toute simple et provenait d’Angleterre, pays qui fut le premier à développer les conférences lumineuses et les “outils“ qui vont avec. Il s’agit de la lampe de projectionniste, aussi appelée lampe SIGNAL qui permettait au conférencier à la fois d’éclairer son texte et d’indiquer au projectionniste le moment où il fallait changer de vues.

Sonnette 07

« Un accessoire qui paraît avoir une très minime importance, c’est le signal qui permet au conférencier d’avertir le manipulateur d’avoir à changer le tableau transparent. Quelques-uns emploient simplement une sonnette, un grelot ; d’autres frappent quelques coups sur la table. Mais tous ces moyens on un défaut capital, c’est d’être aussi bien entendus par le public tout entier que par le manipulateur de la lanterne. Il faut absolument que le signal employé soit tel que seul ce dernier le perçoive. Les appareils à air ou électriques sont plus convenables.

 Les premiers se composent d’une poire à air en caoutchouc que le conférencier peut aisément comprimer avec la main et qui est reliée avec l’appareil au moyen d’un long tube de caoutchouc. A l’extrémité du tube, une chambre à air agit sur un levier qui par son agitation prévient le manipulateur. »

Sonnette 08Primus Electric Signal

« L’appareil électrique consiste en une sonnerie accrochée au pied de la lanterne et dont le bouton est sous la main du conférencier. Messieurs BUTCHER & SON ont réuni dans une petite boîte très facilement transportable une sonnerie avec sa pile. » Cependant ce système semble ne pas supprimer le bruit « entendu par le public tout entier ». Source : La lanterne à projections par Eugène Trutat – Editions Charles Mendel Paris 1897.

Dans son livre sur “La projection au XXe siècle” publié vers 1900, Elie MAZO (voir PORTRAITS) précise « Dans une salle organisée spécialement pour les conférences, il faut établir une communication électrique entre l’opérateur et le causeur. Cette communication peut être une sonnerie quelconque, un taquet ou un petit disque mobile dans une ouverture. Le causeur presse un bouton à la main ou un contact au pied, et l’opérateur aussitôt averti change la vue. Mais dans la plupart des cas, cette organisation n’existe pas. On peut se servir d’un signal manœuvré avec une poire, mais pour éviter le tuyau, on emploie plutôt la lampe SIGNAL. »

Sonnette 09  Publicité Mazo de 1908

Il existe différents modèles de lampes pour conférenciers, équipées d’un “SIGNAL”. Cette publicité parue dans le catalogue MAZO de 1908, en présente trois différentes (dont les dessins ne sont pas en proportion).

Sonnette 10  Sonnette 11  Sonnette 12  Sonnette 13  Sonnette 14

Un appareil identique porte une plaque d’identification “Spiers and Pond’s Stores Photographic Department, London, England, Great Britain, 1890”

Cette lampe SIGNAL est la plus sophistiquée des trois. Elle éclaire grâce à une petite lampe à pétrole équipée d’une mèche plate. Mais elle permet aussi d’avertir le projectionniste soit par l’intermédiaire d’un voyant rouge que l’on dévoile à l’aide d’un petit volet articulé, soit à l’aide d’une sonnette semblable aux sonnettes de table ou de vélo? Cette-ci est actionnée d’un doigt pour prévenir le projectionniste et ponctuer la présentation de petits “dings” régulières qui peuvent aussi servir à réveiller certaines personnes de l’assistance ayant tendance à somnoler. Cette lampe possède même un emplacement, à côté de la sonnette, destiné à ranger quelques allumettes.

Voir : Lampe “ECLIPSE” pour conférencier

Sonnette 15  Synchronisateur Philips N6400

Un siècle plus tard, dans les années 1960 / 70, ces petits “Dings” furent remplacés par des “Tops” inaudibles, enregistrés sur la piste inverse d’une bande magnétique, ce qui permettait de changer de vue automatique au fur et à mesure de la progression du son. A noter le bouton rouge permettant d’enregistrer les “Tops”, qui est de la même couleur que le voyant lumineux de la lampe SIGNAL !

 

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Ghosts Geister & Fantômes in the theater

Posté par Patrice Guerin le 6 octobre 2014

« Un fantôme est une image floue, lumineuse, brumeuse et inconsistante, qui paraît flotter au-dessus du sol. Cette apparition est interprétée comme une vision ou une illusion de la manifestation surnaturelle d’une personne décédée. »

Fantome 01Plaque de fantasmagorie – Collection Cinémathèque Française

Depuis longtemps, certains hommes ont cherché à s’approprier ce phénomène, pour obtenir du pouvoir et influencer les foules.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité

Lorsque la lanterne magique fut suffisamment pratique à utiliser et posséda un éclairage assez puissant, de nombreux illusionnistes, tant en Grande-Bretagne, en France, au Japon et dans d’autres pays, montèrent des spectacles de fantômes plus ou moins réalistes.

Voir : Projection de spectres vivants et de fantômes au théâtre

Fantome 2  Affiche de 1885 – Source Royal Polytechnic Instition

Parmi les organismes qui présentèrent des spectacles en Angleterre, la Royal Polytechnic Instition, fondée en avril 1838, fut l’une des premières à utiliser les projections lors de conférences illustrées, de séances d’enseignement populaire ou de spectacles récréatifs. A partir de 1854, son nouveau directeur, John Henry PEPPER (1821-1900) développe l’utilisation de projections lumineuses dans toutes les activités de la Royal Polytechnic Institution. Excellent vulgarisateur, passionné par l’optique, il embauche les meilleurs peintres et lanternistes de l’époque. C’est lui qui présente des spectacles de “spectres vivants” sur la scène du grand théâtre. La Cinémathèque de Paris possède une magnifique collection de plaques de verre peintes à la main provenant de cette institution.

Pour en savoir plus : cliquer ici

Fantome 3

En France, dès la fin du XVIIIe siècle, les spectacles de fantasmagorie de ROBERTSON marquèrent les esprits avant que ce type de représentations ne soit repris, au milieu du XIXe siècle, par quelques magiciens avides de spectaculaire. Puis les théâtres utilisèrent ce procédé pour satisfaire aux demandes d’auteurs ou de metteurs en scène curieux de ces “effets spéciaux” susceptibles de valoriser leurs spectacles.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Fantome 4  Fantome 6Livre japonais sur la magie – Vers 1880

Dans ce petit livre japonais, une page est consacrée à la projection de fantômes sur scène.  1 Le sujet à traiter nécessite quelques préparatifs. 2 Vous aurez besoin d’une feuille de verre à travers laquelle on peut voir clairement. 3 Le public ne doit pas être en mesure de voir la feuille de verre. 4 Le public doit être assis derrière la feuille de verre. 5 Utiliser une lanterne magique pour projeter une image de fantôme sur la feuille de verre.

 

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Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

Posté par Patrice Guerin le 16 septembre 2014

Lefevre 01  Brevet du LAMPADORAMA LEFEVRE N° 115 429 – Source Archives INPI

Le 9 novembre 1876, l’ingénieur Henri Alexandre LEFEVRE, demeurant au n°110 de l’avenue de Villiers à Paris, dépose un brevet de quinze ans pour une lanterne magique à double effet dénommée “LAMPADORAMA ou LAMPASCOPE BI-LAMPADAIRE servant de chambre noire et de lanterne magique”.

Lefevre 02  Source Archives INPI

« L’appareil se compose d’une boîte opaque dont les faces inférieures et supérieures sont percées d’orifices qui permettent de le poser sur deux lampes quelconques dont les porte-globes sont à la même hauteur. A l’intérieur de la boîte, un système de réflecteurs renvoie la lumière des deux lampes sur la paroi postérieure de l’appareil où l’on peut placer les objets ou images opaques qui se trouvent ainsi fortement éclairés. La paroi antérieure porte, en face de l’objet éclairé, un système de lentilles convergentes projetant sur un écran extérieur l’image plus ou moins agrandie de l’objet éclairé. Le même appareil se transforme en lanterne magique ou en lampascope de la façon suivante : l’objet opaque est remplacé par un système de miroirs réflecteurs qui renvoient la lumière vers l’orifice de la paroi antérieure devant lequel se trouve une rainure permettant de placer les images transparentes. »

Lefevre 03

Henri LEFEVRE précise aussi les différents usages de son BILAMPADAIRE et annonce, vingt ans à l’avance, l’avènement du cinématographe “Images à mouvements”. « Au moyen de cet appareil et de ses deux transformations, les images noires ou coloriées, opaques ou transparentes, les effets du Phénakistiscope et du Kaléïdoscope, les images à mouvements, sont projetées plus ou moins agrandies sur l’écran extérieur. Le soussigné se réserve l’adaptation industrielle à cet appareil des images noires ou coloriées par les procédés d’impression ordinaire ou par la photographie, sur gélatine transparente, sur mica et en général sur toute matière organique ou minérale moins lourde, moins fragile et plus facile à travailler que le verre. Il se réserve également la possibilité de faire mouvoir les images à mouvement à la main ou au moyen de l’électricité ou par la compression de l’air. »

Lefevre 04  Certificat d’addition du LAMPADORAMA LEFEVRE – Source Archives INPI

Dans le certificat d’addition du 7 novembre 1877 Henri LEFEVRE ajoute : « J’adopte de préférence deux dispositions qui ne différencient principalement  que par la nature des matériaux employés et par leur forme extérieur. L’un des modèles est l’appareil ordinaire généralement en carton ; le second modèle, plus riche et de construction plus solide, est de préférence en métal. »

Lefevre 05  Collection F.B.

Ces appareils peuvent être de formes hexagonales ou elliptiques, allant du modèle le plus simple en carton, aux appareils les plus luxueux telle que celui en tôle aux décors peints à la main ou le modèle “Riche” avec réflecteurs plaqués argent.

Lefevre 06  Le XIXe siècle – Décembre 1877 – Source Gallica

Dans les mois qui suivent, plusieurs journaux signalent cette invention ou publient une annonce présentant l’appareil commercialisé par Ch. DELAGRAVE, 58 rue des Ecoles à Paris. L’un des textes les plus savoureux provient du journal “Le Tintamarre”, hebdomadaire satirique et financier, du 29 décembre 1878 : « Ah ! si feu QUINQUET avait pu se douter que les lampes dont il donnait la première idée seraient perfectionnées à tel point qu’elles serviraient un jour à aider au renversement de la lanterne magique, nul doute qu’il n’ait au moins voulu emporter dans sa tombe un LAMPADORAMA pour charmer ses loisirs dans l’éternité. Avec le LAMPADORAMA, plus de frais de verres, si lourds et si coûteux dans la lanterne magique ; la première image venue mise à l’envers dans l’appareil, enclavé sur deux lampes, et le dessin se projette, grandi une quinzaine de fois, en face de l’appareil, avec tous ses tons, toutes ses couleurs et tous les reliefs qu’il peut comporter. L’Empire, mis à l’envers dans un LAMPADORAMA, se détacherait certainement avec toutes les couleurs qu’il nous a fait avaler pendant dix-huit ans, et la conscience de BAZAINE formerait assurément la plus belle tache noire qu’il soit possible d’imaginer. Enfin, grâce au LAMPADORAMA, plus de femmes méchantes et surtout plus de belles-mères acariâtres ; la crainte de voir leur photographie projetée inopinément va les rendre aussi aimables que la République rêvée par monsieur THIERS. » Denis PEPIN

Lefevre 07  Le Figaro du 22 juin 1878 – Source Gallica

A l’Exposition Universelle de 1878, l’appareil de monsieur DELAGRAVE intéresse le public, pourtant indifférent aux choses scolaires « il présenta un système nouveau et sérieux de lanterne magique, le LAMPADORAMA, qui permet la projection des images opaques, des photographies par exemple, et même des objets en relief, des vases, des œuvres d’art avec toutes leurs couleurs et leurs dorures ».

Lefevre 08

Cette notice publicitaire du MEGASCOPE LEFEVRE ou LAMPADORAMA, dont le distributeur est la Maison des Inventions Nouvelles, 66 rue Basse-du-Rempart à Paris IXe,  indique que « c’est un auxiliaire précieux pour les peintres, dessinateurs, graveurs, décorateurs, architectes, etc. car il permet d’agrandir les croquis, esquisses ou photographies, mais aussi les médailles, camées et même les insectes afin d’éviter aux artistes la plus grande partie d’un travail purement mécanique (le copiage) qui n’est qu’un accessoire d’une œuvre d’art. »

Lefevre 09

C’est aussi un jouet très amusant qui remplace la « vieille lanterne magique avec ses verres peints qui étaient toujours si grossièrement faits ». Il permet de projeter tous les dessins imprimés, les chromos et autres gravures de grande qualité et de grande finesse et même « des images grotesques ou des sujets à mouvements faits avec quelques coups de crayon ou de pinceau, avec du fil et des morceaux de carton ».

Lefevre 10  Dans son livre “Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection” Alfred MOLTENI indique qu’il a construit pour monsieur LEFEVRE un appareil que ce dernier a fait breveter sous le nom de BILAMPADAIRE. Ce mégascope se pose sur deux lampes à huile, tout comme les lampascopes classiques. « Il sert dans les séances de famille, pour projeter les photographies sur papier ou les chromolithographies qui rencontrent se rencontrent en si grande quantité. »

Lefevre 14  La devise de Henri LEFEVRE, inscrite au centre de cette étiquette est “En forgeant se fait le Fèvre” !

Ce modèle possède certaines caractéristiques propres aux appareils MOLTENI, telles que les filets dorés qui habillent toutes les faces de l’appareil.

Lefevre 16  Lefevre 13  Lefevre 15

Ce mégascope a la particularité de projeter aussi bien des corps opaques que des vues transparentes sur verre, et cela « sans déplacer les lampes ». Il suffit de mettre, à l’emplacement de l’image opaque, un support sur lequel sont placés deux petits miroirs orientés de telle manière qu’ils renvoient parfaitement la lumière de chaque lampe vers l’objectif « selon la dimension qu’on cherche à obtenir, on allonge ou on raccourcit le tuyau de la lunette (objectif) jusqu’à ce que l’image soit parfaitement nette ».

Lefevre 11  Gravure provenant du livre “Au hasard du chemin” par M & Mme Satanislas MEUNIER – J. Rothschild éditeur à Paris 13 rue des Saint-Pères. Vers 1886

Le MEGASCOPE LEFEVRE peut être utilisé aussi bien sur deux lampes à huile ou à pétrole ordinaires, voir même sur deux lampes à gaz, à condition qu’elles soient de hauteur identique. Il existerait même un « grand MEGASCOPE LEFEVRE pour projections scéniques avec tous les accessoires nécessaires à la lumière oxhydrique ou électrique (sur commande) ». Comme la plupart des lampascopes qui sont simplement posés sur une lampe d’éclairage, celui-ci à tendance à basculer vers l’avant à cause du poids de l’objectif ; il convient donc d’ajouter une masse de 500g environ dans l’appareil, à l’arrière, pour l’équilibrer.

Voir : Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

 

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Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

Posté par Patrice Guerin le 21 août 2014

Polytechnique 01  Dans la cour de l’Ecole, l’élève GLASSER, major de la deuxième division, souhaite la bienvenue à monsieur CARNOT, Président de la République.

« L’Ecole Polytechnique, et, avec elle, Paris et la France, vient de célébrer brillamment durant trois jours le centième anniversaire de sa fondation. » Sur l’initiative de Lazare CARNOT (1753-1823), la création de l’Ecole fut demandée à la Convention le 21 ventôse de l’an II. En ouverture de cette commémoration, une cérémonie s’est déroulée dans la cour de l’Ecole, au cours de laquelle le Président de la République Sadi CARNOT (1837-1894), petit fils du fondateur de l’Ecole et ancien élève lui-même, recevait ses camarades venus lui offrir le livre d’or de l’Ecole « C’est une chance pour les pipos, car cela a augmenté l’éclat des fêtes qui sont données ». Quelques semaines plus tard il sera assassiné alors qu’il sortait d’un banquet organisé à la Chambre de commerce à l’occasion de l’Exposition Universelle.

Polytechnique 02  Le grand amphithéâtre de physique

Après les cérémonies officielles du jeudi 17 mai 1894, la seconde journée fut plus intime et conviviale. « Dans le grand amphithéâtre de physique, neuf cents antiques sont entassés pour assister aux Ombres, spectacle traditionnel donné chaque année à l’Ecole avant l’examen de février. En attendant la séance, ils font un assourdissant tapage en chantant les vieux refrains. A deux heures et demie, le général ANDRE accompagnant LECOQ-PACHA, un antique en grand uniforme de général de division de l’armée turque, fait sont entrée et la séance commence. Après un compliment de bienvenue dit en fort jolis vers par un conscrit, monsieur PAQUET, qui suivra peut-être la route tracée par Armand SILVESTRE, les pitaines puis les professeurs défilent sur la toile en débitant un petit boniment ou en chantant quelque couplet dans lequel ils se blaguent eux-mêmes. A six heures tout est fini et les élèves actuels sont remerciés de leurs concours qu’ils n’avaient pas ménagé ; tout ayant, dans cette journée, été combiné, agencé, dessiné, projeté, récité, joué ou chanté par eux.  »

Voir : Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

Polytechnique 03  Polytechnique 04  Polytechnique 05  Polytechnique 06  Programme du Centenaire – Collection Archives de Polytechnique

Pour la troisième journée, plus de six mille personnes sont invitées au gala du Trocadéro. « Lumière, fleurs, musique, poésie, spectacle, toilettes et uniformes, bal et cotillon, tout cela était si varié, si achevé, si parfait, que, de neuf heures du soir à cinq heures du matin, on eût vécu comme dans un rêve, si d’assez violents courants d’air n’avaient rappelé trop fréquemment les spectateurs à une cruelle réalité. »

A l’entrée de la galerie circulaire, chaque dame reçoit un programme dessiné en couleur par la femme d’un antique, madame de TAVERNIER, qui a été très heureusement inspirée. « Au-dessus des vieux bâtiments de l’Ecole, une Gloire ailée, unissant dans sa main droite le drapeau de la France et celui de l’Ecole sur lequel on lit “Pour la Patrie, les sciences, la gloire”. Au premier plan, un polytechnicien dans son costume de 1794, bien amusant ma foi, serre la main à un élève de 1894. Près d’eux, la célèbre poule aux œufs d’or. Dans le lointain, le Trocadéro aux fenêtres lumineuses. Au verso, le plan du palais ; l’indication des quatre vestiaires, de la salle à manger où on soupera, de la petite salle de bal où on ne s’amusera pas moins que dans la grande, des quatre buffets, etc. »

Polytechnique 07  Le bal qui suivra la projection

« Comment décrire la grande salle, celle où va avoir lieu le spectacle, en attendant le bal ? Du plafond pendent, au milieu des lustres et des candélabres, treize couronnes de fleurs. Des guirlandes multicolores ornent les galeries. » Les milliers de spectateurs, parmi lesquels de nombreuses très jolies femmes, sont prêts à applaudir chaque tableau de l’Epopée.

Après l’ouverture de “Callirhoé”, on passe à l’exécution d’une cantate spécialement écrite par Armand SILVESTRE, le délicieux poète dont l’Ecole s’honore. « Puis soudain la salle s’obscurcit. Un immense cadre, ayant sept mètres de long sur sept mètres de large, est seul éclairé. Des compositions de messieurs CLARIS, GUERRIER, HELBRONNER, etc. mises sur verre et agencées par monsieur CARPENTIER, l’ingénieur modeste et si fécond dont le renom est universel, vont retracer une partie de l’histoire de l’Ecole, si longue qu’il a fallu l’abréger. La projection est faite avec une grosse lanterne électrique installée sur le baldaquin recouvrant la tribune officielle, qui est savamment manipulée par monsieur MOLTENI. Les dessins de monsieur Louis BOMBLED (1862-1927) sont surtout applaudis. » L’artiste et illustrateur a représenté au trait ou en couleur, parfois avec des transformations, de nombreux tableaux dont voici quelques exemples.

Polytechnique 11  Polytechnique 12  Polytechnique 18  La revue de l’Ecole

Polytechnique 14  BONAPARTE à Toulon

Polytechnique 15  LA MORICIERE à Constantine

Polytechnique 16  Le passage du Danube

Polytechnique 17  CARNOT à Wattignies

Polytechnique 20  L’émouvante retraite de Russie que la neige peu à peu recouvre de ses flocons

Polytechnique 19  CAVAIGNAC en Algérie

Sans oublier PONCELET refaisant la géométrie, BECQUEREL, ALPHAND et BELGRAND les artisans de la beauté et de la commodité de Paris, COURBET en Extrême-Orient, le colonel BONNIER au Soudan, Tombouctou, etc. La plupart des dessins sont articulés et la manœuvre se fait si simplement qu’on se croirait parfois au théâtre. « A maintes reprises, c’est le Président de la République qui donne le signal des applaudissements, madame CARNOT à sa gauche. Il est placé au milieu de ses ministres et de leurs familles, dans une immense loge surmontée d’un dais. »

Sources : Le Figaro du dimanche 20 mai 1894, L’Univers illustré du 20 mai 1894 et Le Petit Journal du 28 mai 1894.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

 

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