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Le cabaret du Chat Noir

Posté par Patrice Guerin le 15 mars 2018

Chat Noir 01Dessin du Chat Noir par SteinlenChat Noir 15Enseigne du Cabaret : Musée Carnavalet

Aujourd’hui le cabaret du Chat Noir est devenu un lieu mythique, et pourtant il n’exista qu’une quinzaine d’années. « Le Chat Noir a été un accident, un effort inouï, une entreprise menée par des artistes qui en ignoraient la portée. On demanda un jour à Alphonse Allais pourquoi il n’avait pas noté, durant les sept à huit ans passés chez Salis, ses impressions au jour le jour. “Et ! répondit-il, du diable si nous doutions que nous faisions de l’histoire !” »(1)

Chat Noir 02  Ballade du Chat Noir par Aristide Bruant. En arrière plan la façade du premier cabaret.

Créé par Rodolphe SALIS (1851-1897) en novembre 1881, le premier cabaret est situé rue de Rochechouart à côté de l’Elysée-Montmarte, afin de bénéficier de la clientèle de ce bal populaire. « Le Chat noir n’était alors qu’un café artistique et les bocks étaient la seule ressource du nouvel établissement montmartois »(2). Déjà quelques artistes s’y retrouvaient pour réciter des poèmes ou pousser la chansonnette.

Chat Noir 03  Facade Cabaret du Chat Noir rue Laval

Vers le mois de juin 1885 le Cabaret déménage avec fanfare et procession pour s’installer au n°12 de la rue Laval (aujourd’hui rue Victor Massé) « dans un petit hôtel que Salis aménagea avec goût et fantaisie ». Une joyeuse troupe d’artistes venue du quartier latin, les Hydropathes, trouvent le cabaret plaisant ainsi que le maître des lieux volubile et entreprenant. Ils vont commencer par créer un petit guignol qui se transformera vite en théâtre d’ombres. « L’inauguration officielle du “Théâtre d’Ombres du Chat Noir” a lieu en 1887 avec au programme “L’Elephant” de Henry Somm, “Un crime en chemin de fer” de LUNEL et “1808” de Caran d’Ache. »(2)

Chat Noir 04  Représentation de “L’Epopée” au Chat Noir

A la même époque ces spectacles d’ombres accompagnés de chants et de musique sont très à la mode. D’autres cabarets font des représentations, tels que “Le Lion d’Or” ou “Théâtre des Projections Lumineuses” 7 rue du Helder, “Le Théâtre d’Application”, “Les Quat’Z’Arts”, etc. mais celui qui a développé ce genre pour en faire un art à part entière est le Cabaret du Chat Noir. Le “Cinématographe” des frères Lumière n’apparaitra qu’en 1895 dans l’arrière salle d’un café des Grands Boulevards.

Chat Noir 05Chat Noir 06

Il faut reconnaître que les artistes à l’origine de ces spectacles deviendront des sommités dans leurs arts, Rivière, Fragerolle, Caran d’Ache, Goudeau (fondateur de cercles des Hydropathes), Jules Jouy, H. Somm, Mac-Nab, etc. sans oublier le grand journaliste et écrivain Alphonse Allais « chef de batterie » et rédacteur en chef du journal du Chat Noir.

Chat Noir 11 Journal du Chat Noir N°405 du 19 octobre 1889

Chat Noir 08  Salle de spectacle du Chat Noir dans les années 1890

Dans la salle un écran, qui changea plusieurs fois d’aspect, ne laissait voir qu’une représentation “magique” semblable à notre écran de télévision d’aujourd’hui, mais à l’époque le spectacle était en “live” comme nous dirions maintenant.

Chat Noir 09  Intérieur des coulisses du Chat Noir dans les années 1890

En coulisse un grand nombre d’artistes, techniciens, manipulateurs et bruiteurs s’agitaient en permanence sur deux étages, dans un espace qui avait été progressivement aménagé et agrandi à l’arrière du bâtiment, auquel on accédait par une simple échelle en bois.

Chat Noir 10  Extérieur des coulisses du Chat Noir dans les années 1890

Parmi les nombreuses pièces créées et représentées au Chat Noir on peut citer “1808” rebaptisé “L’Epopée”, “La Tentation de Saint Antoine”, “Le Carnaval de Venise”, “Pierrot Pornographe”, “La Marche à l’Etoile”, “L’Enfant Prodigue”, “Le Sphinx”, etc.

Voir : Pièce d’ombres “La Marche à l’Etoile” - La tentation de Saint-Antoine le Grand

Chat Noir 12  Affiche de la “Marche à l’Etoile” collection Binetruy

La fin du cabaret, en février 1897, coïncide avec la création de la Maison Mazo spécialisée dans la photographie et les projections lumineuses. Captivé par ces spectacles Elie Mazo, aidé par le prestidigitateur Alber, va adapter ces pièces d’ombres pour en faire des spectacles pouvant être pratiqués par un large public.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO - Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Chat Noir 13  Chat Noir 14

Dix ans plus tard, le “Caveau du Chat Noir” entreprit de reprendre l’œuvre de son prédécesseur au n°68 boulevard de Clichy. Il n’eut rien à voir avec le premier cabaret du même nom, et, même s’il donna des spectacles dans son sous-sol, il ne doit pas être confondu avec le premier Cabaret du Chat Noir ou s’exprimèrent tant de génies.

Cet article représente l’introduction d’une conférence et de spectacles qui seront donnés en 2018.

Voir : CONFERENCES - Pièce d’ombres “Tournai”

Sources :

  • 1 - “Les Ombres Modernes” par Gaston Mazo vers 1914
  • 2 - “Les Théâtres d’ombres à Montmartre de 1887 à 1923” par Paul Jeanne 1937
  • “Raphael et Gambrinus” ou l’Art dans la Brasserie par John Grand-Carteret 1886
  • “Les théâtres d’Ombres Chinoises” par Alber 1896

 

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Les origines de la Maison MAZO

Posté par Patrice Guerin le 3 juin 2017

Mazo 51  Mazo 52  Mazo 53  Mazo 54  Mazo 55

Il n’y a pas de certitude concernant la date d’origine de la Maison MAZO. Il est généralement dit que Elie Xavier MAZO (voir PORTRAITS) aurait crée en 1892 une entreprise commerciale destinée à vendre tous les appareils “au goût du jour” : électricité domestique ; appareils, accessoires et fournitures pour la photographie ; appareils et vues de projection ; optique pour la vue, boussoles, microscopes, etc. : musique, partitions et machines parlantes ; etc. C’est un habille commerçant qui soutient ses ventes par la publication de très nombreux catalogues, fascicules et ouvrages de toutes sortes.

Voir : Les publications MAZO et les principaux titres

Mazo 56  Journal du 1er octobre 1945

Dans une publication datant du 1er octobre 1945, destinée à rappeler la présence de la Maison MAZO dans “l’enseignement lumineux sous toutes ses formes”, il est écrit en introduction « c’est vers 1880 que la lanterne magique est devenue da “lanterne à projection”. C’est vers 1889 qu’on a commencé à comprendre le parti qu’on pouvait en tirer pour l’enseignent par l’aspect. C’est en 1889 que M. Elie Xavier MAZO fonda la Maison. Il avait été l’un des rouages essentiels de la Maison LAVERGNE, fondée en 1879, et de la Maison CLEMENT & GILMER [NDLR successeurs de LAVERNE] dont précisément M. MAZO était l’exportateur, car en ce temps là la lanterne française faisait prime sur le marché mondial de la Projection. »

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO

Mazo 57  “La Maison MAZO est la première Maison de Projection“ publicité provenant d’un catalogue MAZO vers 1905/10.

Sans avoir l’impression d’exagérer – il s’agit d’un document commercial – il est ensuite dit que la Maison MAZO « s’est toujours trouvée à la tête des innovations les plus sensationnelles, Photographie d’une part, Cinématographie de l’autre ! » Il convient de préciser que la photographie est née 50 ans avant la création de la Maison MAZO et que, durant cette période, les principales inventions ont eu lieu !

Mazo 58 Cette gravure, reproduit en 1945, est parue dans l’un des tous premiers catalogues datant de 1890 environ.

Voir : Lanternes de projection HELIOS de Mazo

 

 

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Lampe à pétrole “Maxima” de MAZO

Posté par Patrice Guerin le 3 octobre 2016

Maxima 05  Dépôt de la marque “Maxima” – Source Trésors de l’INPI

Le 5 mai 1900 Xavier Elie MAZO dépose à l’INPI la dénomination ou marque “Maxima” « servant à désigner une lanterne ou appareil pour les projections, de la fabrication et du commerce du déposant ».

Maxima 01  Publicité parue dans le catalogue MAZO de 1905/1906

Dans les années 1900/1905, la Maison MAZO commercialise, à grand renfort de publicités, une lampe à pétrole pour lanterne de projection « construite sur des données scientifiques… ».

Maxima 02  Lampe de projection à pétrole, 4 mèches, “Maxima” de Mazo

Cette lampe existe avec 3 ou 4 mèches et donne « une lumière éblouissante sans fumée ni odeur… La meilleure lumière après l’oxhydrique ». Il faut la rapprocher de la lampe à 5 mèches mise au point par LAVERNE dans les années 1870.

Voir : Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Maxima 03

La lampe MAZO est équipée d’une chambre à combustion articulée sur le côté, de format réduit, surmontant les 3 ou 4 mèches. Elle est fermée à l’avant et à l’arrière par des plaques en mica transparent. A l’arrière un miroir indépendant et réglable, percé en son centre d’un verre bleu, permet de renvoyer la lumière vers l’avant sans être sali par d’éventuelles fumées de combustion.

Maxima 04

L’ensemble est surmonté d’une très haute cheminée (55 cm) composée de 4 éléments emboitables dont le dernier se règle à l’aide d’une vis à crémaillère « le tirage se règle au moyen d’une clé de commande disposée sur une crémaillère qui permet de hausser à volonté la cheminée toujours entièrement ouverte… Si les flammes montent trop haut et fument, il suffit de monter la cheminée ; si elle ne donne pas assez de lumière, on la baisse ».

En 1905, cette lampe valait 28 francs.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO

 

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CONFERENCES

Posté par Patrice Guerin le 23 avril 2016

Conf. Ricqlès  “Le Conférencier” chromo de la Maison Ricqlès – Vers 1900

Mettant à profit les connaissances acquises au cours de ses recherches, Patrice GUERIN propose différentes conférences de vulgarisation sur le thème des “Projections Lumineuses”. Celles-ci peuvent intéresser un public varié n’ayant pas besoin de connaissances particulières sur le sujet traité. Chaque conférence, accompagnée de projections numériques, dure  45 mn environ puis un certain temps peut être consacré aux questions / échanges sur le sujet. En fonction des possibilités, une mini exposition d’objets en rapport avec la conférence peut être organisée.

 

Conf.Ombres  Les spectacles lyriques d’ombres projetées

Alors que le Cinématographe n’en est qu’à ses balbutiements et que les Frères LUMIERE pensent qu’il s’agit d’un divertissement de fêtes foraines, les spectacles d’ombres projetées connaissent un grand succès aussi bien dans des lieux publics que chez les amateurs avertis. Dans son catalogue général de Projections de 1910, Elie MAZO annonce que « Les ombres artistiques MAZO rappellent les ombres si universellement connues du célèbre cabaret montmartrois “Le Chat Noir” » et il ajoute « l’avenir le plus brillant est réservé aux projections d’ombres, qui sont infiniment plus artistiques que le cinématographe. Elles résultent de l’intime collaboration de la poésie, de la musique et de la peinture ».

  • Musée Nicéphore Nièpce – 25 avril 2018 Chalon-sur-Saône CLIQUER ICI

 

Conf. Multimedia  Conf Seine Marne  De la lanterne magique au multimédia

Au cours des deux derniers siècles la lanterne de projection est passée du statut d’objet magique au XVIIIe siècle à celui d’objet domestique “indispensable” à l’aube du XXIe siècle ! Elle a contribué à l’évolution des connaissances, à la culture et à la distraction populaire. Elle est à l’origine du septième Art, le cinéma. Elle est présente aujourd’hui, sous forme de petits écrans portatifs, dans toutes les couches de la population, des plus jeunes aux plus âgés.

  • Soirée Rotary – Mai 2015 Compiègne
  • Séminaire Ghefa – Mai 2015 Paris
  • Cinéma en Seine et Marne – 6 décembre 2016 Dammarie lès Lys
  • Cinéma en Seine et Marne – 21 février 2017 Meaux


Conf. Molteni  Conf. Molteni Munae  Molteni, la projection faite homme

L’histoire des Projections Lumineuses remonte au milieu du XIXe siècle, lorsqu’Alfred Molteni, descendant d’une famille d’opticiens installés à Paris depuis 1782, invente la première lanterne de projection digne de ce nom. Durant près d’un demi siècle, il va assurer de multiples projections, fabriquer des appareils de grande qualité et développer une exceptionnelle collection de vues sur verre, hissant la Maison Molteni à la première place des fabricants de lanternes de projection.

Vidéo en ligne

  • Club Niepce-Lumière – Juin 2015 Bièvres
  • Association Aseiste – Avril 2016 Niort
  • Musée Nationale de l’Education – Juin 2016 Rouen
  • Journée d’étude, Labex EHNE, mairie du Xe Paris – juin 2018


Conf. Lumiere
  Conf. Lumiere MUNAE  La conquête de la lumière

Durant des millénaires, l’homme chercha à domestiquer la lumière. Les techniques d’éclairage artificiel se sont développées au fils des siècles, permettant d’améliorer la vie quotidienne grâce à de nombreuses inventions susceptibles de rivaliser avec le soleil, surtout au cours des deux derniers siècles. Parmi les milles applications mises en place dans les temps modernes, la lumière est un élément essentiel des Projections Lumineuses, sujet cher à l’auteur depuis plus de trente ans.

  • Evolution des sources lumineuses dans le spectacle – Juin 2013 Cerisy La Salle
  • Fête de la Science au Musée Nationale de l’Education – Octobre 2015 Rouen
  • Musée Nationale de l’Education – Avril 2016 Rouen 
  • “Sans Lumière, pas de Cinéma” Panorama des éclairages de la collection Lemai – Mai 2019 Université Laval Québec


Conf. Capitaine
  Les projections instructives et récréatives du capitaine Lion à la Belle Epoque

Cette causerie illustrée de 50 minutes environ, présente, sous forme d’enquête, ce qu’étaient les conférences populaires avec projections lumineuses au début du XXe siècle.

En partant de l’acquisition d’une lanterne de projection dans une vente aux enchères, Patrice GUERIN  nous fait découvrir, au fur et à mesure de ses recherches, comment il a réussi à identifier le matériel et l’utilisateur de cette lanterne datant des années 1910. Ensuite il nous plonge dans le monde des conférences populaires en illustrant ses propos avec les vues “instructives et récréatives” utilisées par le capitaine LION lors de ses conférences.

  • Club Iconomecanophiles – 8 octobre 2016 Toussus le Noble


Conf. Autre
  Animations sur mesure

D’autres interventions, exposés, spectacles ou animations peuvent être réalisés à la demande et/ou adaptés à un public particulier, enfants ou personnes du 3e âge par exemple. Une participation aux frais d’adaptation et de mise en place pourra être demandée.

  • Octobre 2015, Projections Lumineuses pour le film de 52mn “Le Douanier Rousseau” de Nicolas Autheman.
  • Novembre 2015, 14e Festival du film de Compiègne : spectacle de lanterne magique devant 500 enfants.
  • Samedi 3 février 2018, Séance de Lanterne Magique au musée Guimet
  • Dimanche 3 juin 2018, Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône : projection d’une pièce d’ombre lyrique en 22 tableaux “Tournai”.
  • Samedi 27 et dimanche 28 octobre 2018, Tournai (Belgique) : spectacle lyrique d’ombres avec projection de la pièce d’ombres “Tournai” fichier pdf CourrierEscaut2018-10-31

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Pour tous renseignements merci de laisser un commentaire en bas de cette page.

 

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Les collections de vues pour projection MAZO

Posté par Patrice Guerin le 26 janvier 2015

Mazo 31Catalogue MAZO 1910 et 1911

Le catalogue général E. MAZO consacré à la projection publié pour les années 1910 et 1911 (N°46) est divisé en 7 parties. La première partie est consacrée au matériel (projecteurs et accessoires) tandis que les six autres concernent l’édition de vues pour les projections lumineuses, ce qui représente environ 490 pages sur 620 au total.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO

Mazo 33  Mazo 32  IIe PARTIE

La IIe partie concerne les conférences et vues divertissantes, simples ou animées. On y trouve de nombreux tableaux mécaniques montés dans des châssis en bois, identiques à la production anglaise de la même époque. A cela s’ajoute des vues chromolithographies et des spectacles d’ombres “artistiques” inspirés par le répertoire français, tel que les Chansons de Botrel, les contes traditionnels ou les pièces d’ombres joués dans les théâtres parisiens comme le Chat Noir.

Mazo 34  Mazo 35  IIIe PARTIE

La IIIe partie concerne les vues ayant trait à l’art. On y trouve des œuvres des maitres anciens et modernes exposées, pour la plupart, dans divers musées d’Angleterre. Cette collection provient de la Maison Eyre & Spottiswoode de Londres. Sont également proposées des reproductions photographiques (pour certaines en couleurs) des principales œuvres de peinture et de sculpture exposées aux salons de 1887 à 1896, ainsi que des reproductions trichrome des peintures du Louvre, du Luxembourg et de Versailles, sans oublier les chefs-d’œuvre de la peinture italienne d’après un ouvrage de la Librairie Firmin Didot.

Mazo 36  Mazo 37 IVe PARTIE

La IVe partie concerne la géographie et les voyages. Il s’agit principalement de vues photographiques noir et blanc à l’albumine représentant de nombreuses villes françaises et européennes ainsi que les colonies. La série 100 (environ 70 pages sur les 150 consacrées à ces sujets) est constituée en grande partie de vues au format stéréoscopique 8,5x17cm.

Mazo 38  Mazo 39 Ve PARTIE

La Ve partie est consacrée à l’histoire, depuis la mythologie jusqu’aux plus récents événements du XIXe siècle, dont « les photographies, en noir et blanc ou en couleurs, prises pendant la croisière du yacht “Clairette” au pays de la guerre gréco-turque (avril à juillet 1897) ». On y trouve aussi une série de vues concernant “Paris à Travers les âges” reproduisant les gravures de l’ouvrage du même nom édité par la Maison Firmin & Didot à Paris.

Mazo 40  Mazo 41 VIe PARTIE

La VIe partie est consacrée à la science, avec des tableaux animés de démonstrations scientifiques, une “splendide” collection de plaques astronomiques mécanisées et des « vues scientifiques en couleurs, sans mécanisme et sans cadre ». On y trouve aussi bien des sujets sur la médecine, l’agriculture et l’histoire naturelle, que des vues sur la mécanique, la physique, les arts & manufactures, etc.

Mazo 42  Mazo 43  VIIe PARTIE

Enfin la VIIe partie à trait à la religion sous tous ses aspects : histoire sainte, ancien et nouveau testament, les évangiles, la vie des saints, le catéchisme, etc. « Avec l’autorisation de MM. LE VASSEUR et Cie, éditeurs au 32 rue de Fleurus, nous avons reproduit en clichés de projection les fines illustrations de leur ouvrage “La vie de N.-S. Jésus-Christ” par Jérôme NATAL, illustré de 130 gravures sur acier. »

Il est très difficile d’évaluer le nombre total de vues figurant au catalogue, d’autant plus que certains sujets sont présents dans plusieurs séries, par exemples un tableau peut figurer dans les parties Arts, Géographie (musée) et Religion.

Les vues commercialisées par MAZO existent sous différentes formes.

Mazo 44

Série 1 – Des conférences géographiques, scientifiques, artistiques ou militaires, toutes préparées pour la projection. Elles sont composées d’une série de vues sur verre numérotées, contenues dans une boîte en bois avec rainures, accompagnées d’un livret explicatif portant des numéros correspondant.

Mazo 50  Planche MAZO en chromolithographie – Le Soleil

Série 2 – Des vues en chromolitographies transparentes, ou décalcomanies, qui se reportent sur un verre « d’une façon aussi simple que sûre ». Elles sont d’un prix de revient très réduit mais nécessitent une petite préparation.

Série 2 bis – Des vues en couleur sur papier transparent qui ne nécessitent aucune préparation pour la projection si ce n’est de les découper et les placer entre deux verres ou dans un passe-vues spécial muni de verres « L’ensemble de l’œuvre comportera 5 000 tableaux ».

Voir : Montage des vues sous verres

Mazo 45

Série 3 – Des vues sur verre en bandes et en couleurs chromolithographiques qui s’introduise en les glissant à l’avant de la lanterne. Il s’agit généralement de sujets enfantins composés de 10 à 12 bandes représentant de 36 à 48 vues à moins qu’elles ne soient composées d’images panoramiques.

Mazo 46

Série 4 à 22 – Des tableaux mécanisés comiques et bon marché composés d’un verre fixe placé dans un châssis en bois et d’un verre mobile placé à l’arrière, à tirette, basculant ou glissant horizontalement (panoramas), à engrenages ou crémaillère. Certains de ces tableaux, comme celui présenté ci-dessus, provienne de production étrangère, EP (Ernst Plank) pour celui-ci, sur lequel était simplement ajouté le tampon “E. Mazo 8 boulevard Magenta Paris”.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection

Mazo 47 Mazo 48  Tour Eiffel – Newton & C° – Figurant au catalogue Mazo ref n°1 (existe en 3 versions : jour, nuit, illumination)

Série 26 – Des vues colorées sur verre à double ou triple effets, destinées aux lanternes possédant 2 ou 3 objectifs ; ainsi que des vues d’ombres artistiques pour « Pièces à grand spectacle… Qui sont infiniment plus artistiques que le cinématographe et résultent de l’intime collaboration de la poésie, de la musique et de la peinture ! »

Voir :  Vues fondantes – Dissolving views  –  Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Série 29 à 33 – Vues et tableaux à effets divers dont rideaux décors, rosaces, chromatropes, effets de pluie, neige, éclairs, etc.

Voir : Les CHROMATROPES de projection - Projection de phénomènes météorologiques

Mazo 49

Série 34 – Des vues trichromes obtenues à partir de réelles photographies en couleurs d’après le procédé de M. l’abbé TAULEIGNE et reproduites « avec une exactitude absolue en autant d’épreuves positives qu’il est nécessaire… Ces épreuves ne comportent ni trame, ni réseau. Elles sont d’une transparence et d’une luminosité parfaites ».

Série 35 – Des vues pour stéréo-projections d’après le système imaginé par M. l’abbé TAULEIGNE, sur le principe des anaglyphes de M. DUCOS DU HAURON. « Ces vues sont placées dans une simple lanterne de projection et projetées sur un écran quelconque. Le relief est perceptible pour tous les spectateurs sans exception, à condition qu’ils observent l’image projetée sur l’écran au moyen d’un sélecteur de vision ».

Autres éditeurs de vues pour les Projections Lumineuses :
La collection de diapositives MOLTENI
APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

 

 

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SIGNAL LAMP pour conférencier

Posté par Patrice Guerin le 23 octobre 2014

Sonnette 01a  Théâtre antique d’Orange d’après une reconstitution de l’architecte Auguste Caristie (1783-1862)

« Le son doit provenir de l’image ! » Cette affirmation, qui est une évidence aujourd’hui, n’a pas toujours été facile à appliquer dans le “spectacle”. Tant que celui-ci s’exerça sous une forme théâtrale, il était normal que le son provienne de l’image puisqu’il sortait de la bouche même des acteurs. Et l’ingéniosité, à l’époque, consistait à construire des lieux de spectacle capables de renvoyer, voir même d’amplifier les sons provenant de la scène vers les spectateurs.

Sonnette 02  Les frères PATHE, l’un portant un phonographe, l’autre une lanterne de projection, accompagnés de leur fameux coq

Les choses se compliquèrent au XIXe siècle, lorsque la technologie naissante permit de dissocier le son de l’image. Le cinéma en est un bon exemple. Les premières projections étaient muettes, parfois accompagnées d’un musicien caché sur le devant de la scène ; pas au fond de la salle, mais sur le devant de la scène pour que « le son provienne de l’image. » Puis le cinéma parlant fit son apparition, suivi du cinéma sonore, et l’on cachât alors des haut-parleurs à côté ou derrière l’écran.

Sonnette 03  Luciphone – Collection F.B. cliquer ici

Mais avant le cinéma que se passait-il ? Certains diront qu’avant le cinéma il n’y avait rien… Rien d’autre que le “pré-cinéma”, composé de lanternes magiques de tous genres pour amuser les enfants.  Il y eut quand même le Luciphone, premier appareil associant l’image et le son dans un luxueux coffret propre à amuser les enfants de riches bourgeois… Ou peut-être les parents de ces enfants gâtés !

Sonnette 04

C’est oublier les nombreuses Conférences Populaires qui se développèrent à partir de la Seconde République pour « instruire le peuple ». Des conférenciers, illustrant souvent leurs propos avec des projections lumineuses,  traitaient des bienfaits de la science naissance ou des dernières connaissances dans les domaines les plus variés tels que l’astronomie, l’agriculture ou l’hygiène.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Comment faisait-on alors pour que « le son provienne de l’image » ? On sait que pour avoir une image la plus grande possible, il convient de placer le projecteur le plus loin possible de l’écran tout en gardant une luminosité suffisante pour que l’image soit agréable à regarder. A l’époque le public se précipitait dans ces conférences, faute de cinéma ou de télévision, et les salles devaient être suffisamment grandes pour accueillir tout ce public. Un problème quasi insoluble se posait alors. Comment le conférencier pouvait-il à la fois manipuler le projecteur placé à l’arrière de la salle et faire en sorte que « le son provienne de l’image » figurant sur l’écran situé à l’avant de la salle ?

Sonnette 05  Conférence faite lors de l’exposition des insectes à l’orangerie des Tuileries en 1874

La seule solution, puisqu’il n’existait ni micro, ni télécommande, ni “synchroniseur”, était de dissocier les fonctions. Il y aurait un conférencier et un projectionniste. D’ailleurs la manipulation de la lanterne, souvent double, ainsi que des vues qu’il faut changer régulièrement et placer dans le bon sens, et enfin du réglage permanent de la source d’éclairage qui “s‘usait” au fur et à mesure de la conférence, était un travail à plein temps pour un projectionniste chevronné. De 1860 à 1900, Alfred MOLTENI, principal fabricant d’appareils de projection au XIXe siècle, fut le projectionniste habile et bénévole de plus de 2000 conférences animées par les plus grands vulgarisateurs de l’époque tels que Camille FLAMMARION, Gaston TISSANDIER, Stanislas MEUNIER, etc.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Sonnette 06  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne en 1880

Comment faire en sorte que monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS), placé près de la lanterne de projection (à droite de l’illustration), puisse projeter au bon moment les vues correspondant au discours de monsieur FLAMMARION (voir PORTRAITS) situé à gauche devant l’écran, et cela dans une salle la plus obscure possible ?

La solution était toute simple et provenait d’Angleterre, pays qui fut le premier à développer les conférences lumineuses et les “outils“ qui vont avec. Il s’agit de la lampe de projectionniste, aussi appelée lampe SIGNAL qui permettait au conférencier à la fois d’éclairer son texte et d’indiquer au projectionniste le moment où il fallait changer de vues.

Sonnette 07

« Un accessoire qui paraît avoir une très minime importance, c’est le signal qui permet au conférencier d’avertir le manipulateur d’avoir à changer le tableau transparent. Quelques-uns emploient simplement une sonnette, un grelot ; d’autres frappent quelques coups sur la table. Mais tous ces moyens on un défaut capital, c’est d’être aussi bien entendus par le public tout entier que par le manipulateur de la lanterne. Il faut absolument que le signal employé soit tel que seul ce dernier le perçoive. Les appareils à air ou électriques sont plus convenables.

 Les premiers se composent d’une poire à air en caoutchouc que le conférencier peut aisément comprimer avec la main et qui est reliée avec l’appareil au moyen d’un long tube de caoutchouc. A l’extrémité du tube, une chambre à air agit sur un levier qui par son agitation prévient le manipulateur. »

Sonnette 08Primus Electric Signal

« L’appareil électrique consiste en une sonnerie accrochée au pied de la lanterne et dont le bouton est sous la main du conférencier. Messieurs BUTCHER & SON ont réuni dans une petite boîte très facilement transportable une sonnerie avec sa pile. » Cependant ce système semble ne pas supprimer le bruit « entendu par le public tout entier ». Source : La lanterne à projections par Eugène Trutat – Editions Charles Mendel Paris 1897.

Dans son livre sur “La projection au XXe siècle” publié vers 1900, Elie MAZO (voir PORTRAITS) précise « Dans une salle organisée spécialement pour les conférences, il faut établir une communication électrique entre l’opérateur et le causeur. Cette communication peut être une sonnerie quelconque, un taquet ou un petit disque mobile dans une ouverture. Le causeur presse un bouton à la main ou un contact au pied, et l’opérateur aussitôt averti change la vue. Mais dans la plupart des cas, cette organisation n’existe pas. On peut se servir d’un signal manœuvré avec une poire, mais pour éviter le tuyau, on emploie plutôt la lampe SIGNAL. »

Sonnette 09  Publicité Mazo de 1908

Il existe différents modèles de lampes pour conférenciers, équipées d’un “SIGNAL”. Cette publicité parue dans le catalogue MAZO de 1908, en présente trois différentes (dont les dessins ne sont pas en proportion).

Sonnette 10  Sonnette 11  Sonnette 12  Sonnette 13  Sonnette 14

Un appareil identique porte une plaque d’identification “Spiers and Pond’s Stores Photographic Department, London, England, Great Britain, 1890”

Cette lampe SIGNAL est la plus sophistiquée des trois. Elle éclaire grâce à une petite lampe à pétrole équipée d’une mèche plate. Mais elle permet aussi d’avertir le projectionniste soit par l’intermédiaire d’un voyant rouge que l’on dévoile à l’aide d’un petit volet articulé, soit à l’aide d’une sonnette semblable aux sonnettes de table ou de vélo? Cette-ci est actionnée d’un doigt pour prévenir le projectionniste et ponctuer la présentation de petits “dings” régulières qui peuvent aussi servir à réveiller certaines personnes de l’assistance ayant tendance à somnoler. Cette lampe possède même un emplacement, à côté de la sonnette, destiné à ranger quelques allumettes.

Voir : Lampe “ECLIPSE” pour conférencier

Sonnette 15  Synchronisateur Philips N6400

Un siècle plus tard, dans les années 1960 / 70, ces petits “Dings” furent remplacés par des “Tops” inaudibles, enregistrés sur la piste inverse d’une bande magnétique, ce qui permettait de changer de vue automatique au fur et à mesure de la progression du son. A noter le bouton rouge permettant d’enregistrer les “Tops”, qui est de la même couleur que le voyant lumineux de la lampe SIGNAL !

 

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Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

Posté par Patrice Guerin le 8 juin 2014

Megascope 11Extrait de “L’Art des Projections” par l’Abbé MOIGNO – 1872

Vers 1780, le physicien français Jacques CHARLES (1746-1823) utilise pour la première fois, dans son cabinet de physique, un appareil destiné à projeter l’image agrandie de corps opaques, appelé “Mégascope”. « Il plaçait les objets au dehors de la pièce obscure de manière qu’ils fussent éclairés par le soleil à l’aide de miroirs plans convenablement placés. Une lentille grossissante fixée dans le volet permettait de projeter l’image agrandie sur un écran. Cette expérience fut reproduite en remplaçant le soleil par la lumière artificielle, et les effets mégascopiques furent tellement en honneur au commencement du XIXe siècle, que non seulement on montrait agrandis des bas-reliefs, des statues, médailles, gravures, etc. mais aussi des personnes vivantes que l’on éclairait avec un plus ou moins grand nombre de quinquets. » En fait il s’agit d’une chambre noire de grande dimension dans laquelle on peut entrer pour observer un objet placé à l’extérieur. D’ailleurs, comme dans tout appareil photographique, l’image projetée est inversée par rapport au sujet placé à l’extérieur.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre - Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Megascope 12  CHADBURN Optical Mathematical and Philosophical Instrument Makers – 1858 – Cliquer ici

Les anglais nous indiquent que la lanterne pour corps opaques a été conçue par MM. CHADBURN & Sons, opticiens à Sheffield puis à Liverpool (71 Lord Street) “Registred in 1864”, et fut, pendant longtemps, connue sous ce nom.

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections

Ce mégascope, d’origine anglaise, est composé de deux parties. D’une part une lanterne classique en bois qui contient un condensateur ainsi qu’une forte source lumineuse, probablement un chalumeau oxhydrique car les deux tuyaux d’alimentation sont visibles à l’arrière. D’autre part un coffret, lui aussi en bois, équipé d’un objectif achromatique à long foyer « éclairés de cette manière, les rouages d’une montre à secondes en mouvement produisent un effet vraiment merveilleux ».

Megascope 14  Aphengescope avec deux lanternes

Dans les années 1870 « on vend en Angleterre, sous le nom de “Wonder Camera” un appareil beaucoup moins coûteux, qui projette dans les dimensions de la nature vivante, les portraits carte de visite des albums. La figure ci-dessus représente un appareil semblable avec une combinaison de deux lanternes, à laquelle on a donné le nom barbare d’Aphengescope » Abbé MOIGNO.

Voir : L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections

Dans son ouvrage de 1872 dénommé “L’Art des Projections” l’Abbé MOIGNO (voir PORTRAITS) indique aussi « Il y a quelques semaines, monsieur Henry MORTON, qu’on pourrait appeler l’apôtre de la projection qu’il pratique sur la plus grande échelle devant d’immenses auditoires dans les plus grandes salles de spectacle du monde entier ( par exemple la salle d’opéra de Philadelphie qui peut recevoir jusqu’à 3500 auditeurs), nous apprenait comment il a simplifié la mise en lumière des corps opaques. Il n’emploie plus de condensateur ni de réflecteur. Il prend pour source de lumière un jet de gaz oxhydrique placé très près de l’objet qu’il doit éclairer. Il dispose en avant de la caisse contenant la lumière et l’objet, une lentille achromatique de 127mm de diamètre et de 538mm de distance focale, de manière à projeter une image bien nette sur l’écran. De cette manière, une main, un mouvement de montre, un mécanisme quelconque, etc. donnent par projection des images saisissantes de relief et de réalité ».

Megascope 16  Megascope 17  Megascope 28

A la fin du XIXe siècle et dès le début du XXe, plusieurs constructeurs proposent des appareils mieux adaptés et plus efficaces pour la projection de corps opaques, afin de répondre aux besoins de l’enseignement qui utilise de plus en plus la projection dans les écoles, les lycées et même les facultés. De plus l’avènement de la carte postale va permettre de fabriquer de nouveaux appareils.

Voir : Cartoscope Panoptic - Un APHENGOSCOPE amélioré - Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

 

 

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La visionneuse LANTERNOSCOPE de MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 19 janvier 2014

Lanternoscope 01

Dans les années 1890, la maison MOLTENI fabrique une visionneuse de table dénommée “LANTERNOSCOPE” pour examiner les diapositives destinées aux projections.

Voir : Histoire de la maison MOLTENI et Cie

Lanternoscope 02

Lors de la séance du 16 mars 1892 au Photo-Club de Paris, son Secrétaire Général Maurice BUCQUET (1860-1921) présente « un lanternoscope construit d’après ses indications par M. MOLTENI. Cet appareil est destiné à regarder les clichés de projections ; il est en acajou verni et muni d’une lentille de 0m10 de diamètre, qui amplifie l’image et lui donne un relief très appréciable… Il permet d’examiner les épreuves, de juger de leurs qualités et de voir quelles sont celles qui, étant trop légères ou trop vigoureuses, doivent être recommencées. »

Cette soirée se termine par une séance de projections d’ombres « très habilement découpées par M. De THIERRY d’après les ombres chinoises de CARAN D’ACHE » présentée par monsieur FOURTIER (voir PORTRAITS).

Lanternoscope 06  Lanternoscope 04  Lanternoscope 03

Modèle avec boîte en noyer ciré articulé sur un pied massif en fonte verni au four et filets dorés, muni de tourillons en cuivre poli et verni. Il est équipé à l’avant d’une lentille convexe à fort grossissement et à l’arrière d’un verre dépoli permettant de diffuser l’éclairage de façon homogène sur toute la surface de l’image.

Lanternoscope 05  Vues “Projections Molteni” provenant d’une conférence sur l’alcoolisme

Ce modèle est équipé d’un passe-vues va-et-vient pour diapositives standard de 8½x10cm. On peut l’adapter pour les formats 8x8cm, autochrome, etc. Comme on n’est pas en situation de projection, les vues sont placées à l’endroit, tête en haut.

Pour voir d’autres visionneuses : Le ZOGRASCOPE et les vues d’optique - Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique - Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES - Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

Posté par Patrice Guerin le 7 janvier 2014

Visionneuse 01  Visionneuse “Le Vérant” munie d’une lentille de 11cm ou 15cm pour regarder les photographies sur papier

Depuis l’antiquité, l’homme s’est servi d’une loupe pour améliorer la vision de petits objets ou de certains détails invisibles à l’œil nu. Il s’agit de l’instrument d’optique le plus simple qu’il soit, composé essentiellement d’une lentille convexe en verre de plus ou moins grand diamètre. Cette lentille – ou ces lentilles lorsqu’il s’agit d’une visionneuse stéréo – est habillée de différentes manières pour en faire un accessoire pratique allant de petits systèmes pliants à de véritables meubles extrêmement décoratifs.

Voir : Cartes de visite photographique - Cartoscope Panoptic - Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique - CHROMORAMA

Visionneuse 02

Cette visionneuse  pliante de table, appelée monocle car elle ne possède qu’une seule loupe de 97mm de diamètre, permet d’agrandir une image afin de l’observer dans tous ses détails. On disait à l’époque que « les monocles permettent de voir fortement grossies et avec relief les vues ordinaires » l’effet “relief” n’étant qu’une impression due au grossissement de la lentille. Plus celle-ci était d’un grand diamètre plus l’observation était confortable en permettant de regarder avec les deux yeux. En Grande-Bretagne on l’appelle souvent Magnascope.

Visionneuse 03  Visionneuse 04  Visionneuse 05

Ce modèle permet d’observer aussi facilement des vues opaques, de type carte postale, que des vues transparents, comme des plaques de lanterne magique, en les insérant tout simplement dans l’une des deux rainures situées à l’arrière.

La visionneuse deviendra de plus en plus nécessaire lorsque la taille des images à observer se réduira. L’apparition du format 24x36mm dans les années 1920 et son développement après la seconde Guerre Mondiale  propulsera sur le marché une multitude de petites visionneuses plus originales les unes que les autres.

Visionneuse 06     Visionneuse 07

Visionneuse 08     Visionneuse 09

Visionneuse 10     Visionneuse 11

Visionneuse 12     Visionneuse 13

Visionneuse 14     Visionneuse 15

Visionneuse 16     Visionneuse 17

Cette série de 12 plaques panoramiques en chromolithographie, de format 30cm x 9cm, porte le n°110 au catalogue MAZO de 1910. Elle s’intitule “Une maison bien tranquille”. On y voit “Les rafraichissements de la campagne – Une chasse sous Louis XV – La noce au village – Cavaliers exotiques – Scènes comiques nègres – Promenades des vacances – Un drame au théâtre – Arabes petite caravane – Spécimens de cavaliers – Vendredi trouve un dimanche – Les instruments de musique. »

Visionneuse 18  Extrait du catalogue MAZO 1910

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Projection de phénomènes météorologiques

Posté par Patrice Guerin le 2 décembre 2013

Meteo 01   Catalogue Mazo 1910

Au début du XXe siècle on trouve dans les catalogues des principaux constructeurs de lanternes de projections, de très nombreuses plaques de projection : simples pour conférences, tableaux mécanisés pour spectacles familiaux et pièces d’ombres, doubles pour projection en relief, vues en couleurs chromolithographies ou trichromes, etc.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection - Les collections de vues pour projection MAZO

 

Meteo 02

Parmi les multiples thèmes proposés, celui des phénomènes météorologiques est particulièrement intéressant. Un coffret en bois contient « les divers effets qu’on peut produire en projection avec un appareil double, ou bien deux appareils placés côte à côte ».

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Meteo 03

Le coffret comprend les cinq effets suivants : neige, pluie, lever de lune, arc-en-ciel et éclair, montés dans des châssis plus ou moins mécanisés suivant les besoins.

Meteo 04  Meteo 05  Effet de neige

Ce châssis particulier se compose d’une monture en acajou à l’intérieur de laquelle se trouve un rideau en toile caoutchoutée percé d’une multitude de petits trous. La manivelle du bas permet de dérouler lentement le rideau en cour de projection pour donner l’impression que la neige tombe (trous dans le rideau). Ensuite la manivelle du haut permet de remonter le rideau pour la projection suivant.

Meteo 06  Effet de pluie

Châssis à tiroir est équipé de deux verres, l’un fixe et l’autre mobile, striés chacun en diagonal d’une multitude de traits transparents. Lors de la projection, le déplacement du verre mobile donne l’impression d’une pluie irrégulière par effet de moirage avec la vue fixe.

Meteo 07  Effet de lune

Châssis à levier permettant de déplacer la lune sur un quart de tour environ dans un paysage projeté par le second objectif de la lanterne.

Meteo 08  Effet d’arc-en-ciel

Vue simple montée dans un châssis en acajou représentant un arc-en-ciel peint sur fond noir. Lors de la projection, le système à œil de chat placé devant l’objectif permet de le faire apparaître et disparaître progressivement.

Meteo 09  Effet d’éclair

Châssis à tiroir composé d’une vue fixe représentant un éclair triple sortant d’un nuage et d’une vue coulissante sur laquelle est peinte un masque noir qui permet de masquer ou non l’éclair et le nuage.

Toutes ces plaques sont utilisées dans un petit montage animé présenté ci-dessous :

voir : Petit spectacle de lanterne magique

Meteo 10

En 1910 la boîte complète contenant les cinq tableaux coûte 25fr. mais chaque tableau peut être vendu séparément à des prix variables suivant le mécanisme nécessaire à son fonctionnement. On trouve une description très précise de l’utilisation de ces vues dans ce livre sur la projection.

Meteo 11  Meteo 12  Meteo 13  Meteo 14  “La projection au XXe siècle” par le prestidigitateur ALBER édité par E. MAZO au tout début du XXe siècle.

 

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