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Lanterne de projection double STEREOPTICON

Posté par Patrice Guerin le 30 octobre 2018

Stereopticon 01  Catalogue James W. Queen & C° Philadelphie 1869

Le terme “STEREOPTICON” est d’origine anglo-saxonne et figure sur la couverture de nombreux catalogues américains à partir du milieu des années 1860. Il est généralement accompagné du sous-titre “Dissolving view apparatus” (appareil pour vues fondantes ou pour fondu enchainé dirions-nous aujourd’hui). « Vous avez entendu parler de “STEREOPTICON”, de “STEREOSCOPTICON”, de “PANTOSCOPTICON” et de “SCIOPTICON” ou de la “LICORNE D’ÉCRITURE”, comme le disent les billets de cirque, mais cet enrichissement de la langue provenant de sources grecques est étrange. Ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle lanterne magique adaptée à la projection de photographies sur verre et autres photos à grande échelle. En général, tous les “…OPTICONS” sont des lanternes magiques. » Source “The Pennsylvania School Journal” décembre 1873, page 213.

Stereopticon 02  “Panorama Stereopticon” James W. Queen & C° Philadelphie 1888.

Un STEREOPTICON est une sorte de Lanterne Magique double permettant de projeter en continu (sans séquence noire entre les images) une suite de vues positives sur verre. Il existe deux types d’appareils :

Stereopticon 03  d’une part ceux constitués de deux projecteurs placés l’un à coté de l’autre ;

Stereopticon 04  d’autre part, ceux formés par deux appareils placés l’un au dessus de l’autre.

Par la suite les appareils superposés ne feront plus qu’un seul projecteur à deux objectifs, appelés par les anglais “Biunial”.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Lanterne magique vernie noir

Stereopticon 05  Dispositif de fondu à l’avant d’une lanterne double verticale.

A l’avant de chaque objectif se trouve un volet mobile permettant de “fermer” le flux lumineux d’un objectif tout en “ouvrant” l’autre flux lumineux de telle manière que la quantité de lumière soit constante sur l’écran.

Stereopticon 06aStereopticon 06b  Eclairage oxy-calcique.

Pour assurer des spectacles dans de grandes salles, la lumière était fourni par des chalumeaux “Oxhy-Calcique” placés dans chaque lanterne. Ceux-ci étaient alimenté par du gaz Oxygène qu’il fallait préparer avant chaque projection car il n’existait pas de fournisseur à l’époque.

Voir : La lumière DRUMMOND et les chalumeaux oxhydriques

Stereopticon 07  Salle de conférence aux Etats-Unis vers 1880.

Ces dispositifs de projection remontent au milieu du XIXe siècle lorsque certains conférenciers (lecturers en anglais) souhaitaient illustrer leurs propos d’une suite continue d’images. « La lanterne magique, qui servait autrefois à amuser les enfants avec la projection de misérables caricatures et figures grotesques, a maintenant pris un caractère différent grâce aux “Images photographiques nouvelles et supérieures” préparées pour cet instrument ; ces vues sont faites avec netteté, fidélité et effet artistique, représentations inaccessibles à celles qui existaient auparavant. »*

Stereopticon 08  Vue positive stéréo des chutes du Niagara par les frères LANGENHEIM. Source Wikimedia Commons.

Les photographes Américains, d’origine allemande, William et Frederick LANGENHEIM développèrent le procédé des “Diapositives Stereopticon” – images positives sur verre – vers 1849/50. Installés à Philadelphie, ils font une brillante démonstration de projection de ces images lors de la première Exposition Universelle qui se déroule à Londres en 1851. Cet événement apporte une audience internationale à leur travail et contribue à l’utilisation des vues transparentes sur verre pour la projection.

Stereopticon 09Catalogue “Optical Lanterns, Stereopticons, Photographic Transparencies and Colored Views” par James W. Queen & C° Philadelphie 1888.

Des catalogues de vues photographiques sur verre souvent « colorées à la main » sont édités et présentent plusieurs milliers de sujets que l’on peut acheter individuellement ou sous forme de “Lecture Sets”, sorte de conférence prête à l’emploi avec sélection de vues et texte d’accompagnement. Le catalogue de James W. Queen & C° à Philadelphie, datant de 1888 (52e édition) contient plus d’une centaine de pages consacrées aux vues de projection. « Pour donner une conférence de deux heures, une quarantaine de photos est le plus petit nombre qui puisse être utilisé ; avec un plus grand nombre, il sera moins difficile de divertir le public. »*

Stereopticon 10  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne par Alfred MOLTENI en 1880.

Les conférences avec projections vont se développer dans toute l’Europe jusqu’au début du XXe siècle et la France ne sera pas en reste dans ce domaine. Dès 1860 Alfred MOLTENI va être le projectionniste « zélé » de nombreux conférenciers.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

* Catalogue “Magic Lanterns, Stereoscopticons, and Dissolving view apparatus” de James W. Queen & C° Philadelphie 1869.

 

 

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Appareil de famille et de classe MOLTENI, le brevet

Posté par Patrice Guerin le 3 mai 2014

Molteni famille 21

Le 17 février 1873, Jules & Alfred MOLTENI (voir PORTRAITS“fabricants d’instruments de précision”, déposent un brevet de quinze ans pour « perfectionnement dans les appareils d’optique tels que fantascopes, lanternes magiques, lampascopes, etc. ».

Molteni famille 22  Molteni famille 23  Molteni famille 24  Source : INPI

« Les lanternes magiques, appelées Lampascopes, qui se font habituellement, se posent sur les lampes comme le représente la fig. 1 du dessin ci-joint. Dans ces appareils, la partie lourde principalement composée des lentilles se trouve en A, c’est-à-dire en haut et en avant de la lampe, de sorte qu’à la moindre secousse le tout perd l’équilibre.

En admettant qu’on équilibre le Lampascope par un contre poids placé en B ou qu’on le relie à la lampe par une attache C comme cela se pratique ; il n’en reste pas moins un appareil relativement lourd et volumineux placé en équilibre à la partie supérieure de la lampe et reposant sur la galerie qui, elle-même la plupart du temps, ne présente pas de solidité comme point d’appui. »

Molteni famille 25  Lampascope collection F.B. – Voir : Lanterne magique Lampascope

« Les inconvénients de cet appareil sont d’autant plus grands qu’il faut s’en servir dans l’obscurité, qu’on l’accroche continuellement en mettant et en retirant les tableaux ou en voulant mettre au point. Il est vrai que dans les appareils plus perfectionnés constituant les fantasmagories et appareils de projection employés dans les cabinets de physique, on dispose l’appareil sur quatre colonnes ou sur une boîte assez haute pour contenir les lampes ordinaires du commerce, mais cette construction a l’inconvénient de faire un appareil haut et volumineux embarrassant pour le transport et difficile à caser.

Nous avons donc cherché à construire un appareil n’ayant pas ces défauts et nous demandons un brevet pour la construction des dit appareils faits en deux ou plusieurs parties mobiles, de n’importe quelle forme ou matière, permettant de réduire à volonté le volume de l’appareil, tout en ayant la stabilité que le lampascope fig. 1 ne possède pas. »

Molteni famille 26  Suite du brevet. Source : INPI

« Sans nous arrêter aux formes ni aux détails de construction, voici quelques exemples de ces nouvelles dispositions.

Fig. 2 Lampascope A supporté par un pied B à rallonge, monté sur une planchette D. Cette disposition remplit bien les conditions énoncées ci-dessus puisque nous avons : 1° solidité, car le poids de l’appareil pèse tout entier sur le pied B au lieu de porter sur la lampe ; 2° petit volume car le pied se dévissant de la planchette et le lampascope s’enlevant du pied, le tout se renferme dans une boîte peu volumineuse.

Fig. 3 Appareil composé de deux boîtes carrées A & B rentrant l’une dans l’autre. Cet appareil est encore une disposition que nous revendiquons parce que sa construction le rend stable et que son démontage le réduit au volume de la boîte B ; la cheminée C et la partie optique D se mettent dans la boîte A, qui elle-même rentre dans la boîte B.

Fig. 4 Cette figure est encore une autre disposition atteignant le même but. Les parties A & B sont cylindriques rentrant à frottement l’une dans l’autre, ce qui permet en outre de régler la hauteur comme du reste, dans les dispositions précédentes. La cheminée C et la partie optique D s’enlèvent et se casent ensuite dans la partie supérieure A, qui s’enfonce ensuite dans le socle B. »

L’appareil de famille fut fabriqué en différentes versions durant une trentaine d’année.

Voir : Appareils de famille, premiers modèles -  Appareil de famille et de classe, modèles postérieurs

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Ce brevet est le premier, et l’un des rares brevets, déposé par MOLTENI pour les lanternes de projection.

Molteni famille 28   Molteni famille 29     Molteni famille 30

L’appareil de famille présenté ici, identifié “J. & A. MOLTENI PARIS.”, est un projecteur de la seconde génération. Il possède un corps en fer blanc épais, verni noir avec filets dorés, équipé d’une porte latérale donnant accès à l’éclairage. Celui-ci est une lampe à huile avec modérateur, malheureusement adaptée au pétrole. La cheminée de cet appareil est un peu plus haute que le modèle traditionnel afin de couvrir le long verre de la lampe à huile. Le cône avant est en fer blanc laqué noir, simplement fixé sur la lanterne par des rabats en tôle. Il supporte un objectif double achromatique monté à crémaillère avec bouchon en cuivre.

Voir : Les lanternes de projection MOLTENI 

 

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Séance de lanterne magique au Vatican, devant le Pape LEON XIII

Posté par Patrice Guerin le 2 mars 2014

Vatican 01  “The Graphic” Sepember 21, 1901.

En 1901, le pape LEON XIII (1810-1903) assiste à un spectacle de lanterne magique dans la grande salle du Consistoire au Vatican. En présence des cardinaux et de nombreux membres de l’aristocratie et d’ecclésiastiques distingués, le professeur Orazio MANUCCHI* (1852-1931), présente de nombreuses vues des cryptes et des plus importants monuments des catacombes romaines.

Vatican 02  Vatican 03  Vatican 04  Associazione “Amici delle Catacombe” : 1. Crypte des Papes – 2. Crypte Sainte Cécile – 3. Crypte du pape St Eusèbe.

L’archéologue, baron Rudolph KANZIER, fournit un commentaire tout au long de la projection « Il eût été facile de mêler à la description des catacombes des considérations de sentiment ou de piété. Je m’en suis abstenu. Mon but direct n’était pas d’édifier, mais d’instruire ».

Vatican 05  LEON XIII, pape de 1878 à 1903

A la fin du spectacle, Sa Sainteté remercie chaleureusement les deux hommes pour le plaisir qu’ils lui ont donné.

Source : journal anglais “THE GRAPHIC” du 21 septembre 1901

Vatican 07   Vatican 06  Vatican 08

Dans les années 50, une pochette de diapositives représentant les catacombes, a été éditée par la Commission d’Archéologie Sacrée à Rome. Ces 12 diapositives couleurs sont tirées sur film Eastmancolor Kodak. Aujourd’hui il ne reste que la couleur rouge, les deux autres (vert et bleu) ayant disparu avec le temps ; à moins qu’il s’agisse de vues en noir et blanc qui aient été colorisées en rouge pour donner l’impression de couleur… Peut-être une copie des vues qui furent présentées au Pape LEON XIII en 1901.

En avril 1907, Pie X permet à M. FERON-VRAU de donner une séance de projections dans ses appartements particuliers. Il exprime ainsi sa satisfaction : « Vous m’avez fait passer une heure délicieuse. » Source : “Guide d’action religieuse” Reims, bureau de l’Action Populaire – 1908

Voir : Les projections lumineuses dans les églises

_______________

* MANNUCHI était membre de la Commission pontificale d’Archéologie sacrée et rédacteur à la Bibliothèque du Vatican.  Il publie en 1905 “Le Catacombe Romane”.

 

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L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

Posté par Patrice Guerin le 24 février 2014

Le texte ci-dessous, paru en 1904, annonce l’arrivée des Conférences Illustrées dans les écoles et les collèges, en concluant que c’est « une vérité durable ». Où en est-t-on un siècle plus tard, à l’ère du numérique et de l’image omni-présente ?

Leblanc 01   Le Journal du Dimanche 31 janvier 1904 – Source : Gallica

Ceux que naguère – il y a déjà dix ans – l’on appelait des « montreurs de lanternes magiques » triomphent à l’heure actuelle. Dans les faubourgs des villes, aux villages, aux hameaux, aux cours du soir, aux patronages, aux associations, dans toute cette France post-scolaire qui de jour en jour élargit son action, la “lanterne magique”, la “pièce curieuse” a conquis droit d’entrée, champ de rayonnement. « Dans les écoles nombreuses, il y a économie de temps à réunir, pour la même leçon, les élèves des classes d’un même cours. Dans les écoles qui ne contiennent qu’une classe par cours, ou dans les écoles à un seul maître, les leçons de révision peuvent s’adresser en même temps aux élèves de différents cours. Pour les adultes, nous conseillons une causerie illustrée par semaine. Dans les campagnes elles se font généralement le dimanche. » G. SERRURIER, vice-président fondateur de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses du Havre.

Voir : La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - La Société Nationale des Conférences Populaires

Leblanc 07  Salle de projection de la Ligue Patriotique contre l’alcoolisme « Ta Parole est Lumière”

C’est à la clarté des vues projetées sur l’écran que le savoir s’affirme, que les préjugés s’enfuient. La conférence illustrée renseigne les auditoires populaires sur les inventions, les explorations. Elle est l’histoire, la géographie vue, parlée. Elle complète le journal, le commente, le développe. Elle remplace la veillée où jadis on contait des légendes, sous le manteau des antiques cheminées. Elle est une manière de théâtre où l’on joue des revues d’actualité toujours rafraichie et renouvelée…

Leblanc 03  Les Projections Lumineuses – René LEBLANC 1904

Dans son livre intitulé “Les projections Lumineuses”, monsieur René LEBLANC (voir PORTRAITS), inspecteur général de l’Instruction Publique, donne des détails intéressants sur la diffusion des conférences illustrées : « On resterait sans doute en dessous de la vérité en évaluant à dix mille le nombre des appareils acquis en France, depuis 1890, par les communes, les sociétés d’enseignement, les instituteurs, et, en général, les bienfaiteurs des œuvres post-scolaires. En ces dix dernières années (1894-1903), la Ligue française de l’Enseignement, à elle seule, a fourni plus de trois mille lanternes pour projections à ses adhérents. »

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Leblanc 04

Monsieur René LEBLANC prévoit l’introduction des la “lanterne magique” dans l’école du jour, où elle deviendra l’auxiliaire de la démonstration orale. Et, au moment ou il lance cette idée, il se trouve qu’un professeur qui enseigne l’histoire au lycée Hoche à Versailles, monsieur Paul DESPIQUES, déclare dans un article de la “Revue Universitaire” que l’enseignement par l’aspect s’impose dans les établissements secondaires.

Après avoir parlé des images murales, des albums, dont il souligne l’utilité, monsieur DESPIQUES démontre qu’il faut que l‘élève ne se contente pas de voir, mais apprenne à regarder : « L’image, dit-il, doit être vue en commun par la maitre et les élèves, elle doit servir comme un texte précis à l’enseignement, comme un grand livre ouvert aux yeux de tous, et, à mon avis, le feuillet de ce grand livre est la projection lumineuse.

Elle est d’un usage très répandu dans les œuvres post-scolaires où elle fait merveille. Les maitres de l’enseignement populaire ont compris, en effet,  qu’en allant au peuple, ils s’adressaient à des grands enfants et qu’il fallait à leur usage, en de si coutres réunions, des méthodes vives et agissantes, parlant le plus souvent à côté de la lanterne à projections. Le village s’est cotisé pour l’achat de l’appareil… Je voudrais cette lanterne à projections installée au lysée. »

Leblanc 05  Amphithéâtre de la Sorbonne – Voir : Projection et amphithéâtres

Monsieur Paul DESPIQUES ajoute : « Je voudrais dans un coin de la classe, près de la chaire, l’écran en permanence au mur, des volets mobiles aux fenêtres pour faire la nuit en plein jour, l’appareil à côté dans une armoire ou un cabinet, toujours préparé, les collections de vues constituées comme une bibliothèque. Les séances de projections ne seraient pas des accidents trimestriels comme elles l’ont été presque partout où il y a eu des essais. Elles pourraient être mensuelles, bi-mensuelles, l’une pour l’histoire, l’autre pour la géographie. Elles feraient partie de la classe, elles seraient une révision rapide du cours, car, en dehors des heures de classe, pouvons-nous nous flatter de fixer l’attention des jeunes enfants, avides de grand air, de mouvements et de jeu ? Enfin, dernier avantage, la lanterne à projections pourrait fournir au maitre des éléments scientifiques par la représentation exacte de la vérité simple, méthodiquement exposée. »

Leblanc 06  Conférence illustrée sur Benvenuto CELLINI – Revue Après l’Ecole septembre 1901

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire - Les projections à l’école

Ainsi l’inspecteur général de l’enseignement primaire et le professeur de lycée sont d’accord pour proclamer les mérites de cette “lanterne magique” qui, il y a dix ans, nous valait épigrammes et quolibets. Ainsi va le train du monde, utopie d’hier, vérité d’aujourd’hui, et vérité durable.

Article signé Edouard PETIT, paru dans “Le Journal du Dimanche” du 31 janvier 1904, rubrique “Semaine Littéraire”. Source : Gallica

 

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Le projecteur CINEBANA de BANANIA

Posté par Patrice Guerin le 4 novembre 2013

Le projecteur CINEBANA de BANANIA dans Projecteurs jouet cinebana-01-116x150  cinebana-02-114x150 dans Projecteurs jouet  cinebana-03-300x185 Recto, verso et intérieur de la pochette

Le CINEBANA est un petit projecteur en carton, dénommé “lanterne magique” par BANANIA. Il est plié à l’intérieur d’une pochette cartonnée mesurant 23x30cm. Pour l’utiliser « Redresser l’appareil jusqu’à la verticale, un enclenchement automatique le fixe dans sa position d’utilisation. »

cinebana-04-300x209  cinebana-05-300x236

La projection s’effectue en plaçant une lampe de poche ordinaire « en bon état » à l’emplacement prévu derrière l’appareil puis de glisser la bande d’images dans les fentes appropriées. « Vous serez heureux d’assister à un véritable spectacle… en couleurs ! » Le réglage de la netteté sur l’écran (un simple mur blanc) se fait «  en éloignant ou en rapprochant légèrement l’appareil ».

Cinebana 06  Cinebana 10  cinebana-09-150x103

Le CINEBANA est obtenu contre 16 points BANANIA et 6 timbres poste pour lettre. « Cette lanterne magique vous sera adressée avec une histoire complète en 20 images ».
Cinebana 08  BANANIA indique qu’il existe 22 histoires au total que l’on peut obtenir par série de 3 histoires en envoyant 16 points et 4 timbres-poste.

cinebana-07-68x150  Microscobana – Collection privée cliquer ici

Avec ces mêmes points BANANIA, on pouvait aussi obtenir des découpages (Le garage, la ferme, le moulin, le porte-avions), des constructions et même les super découpages animés. Tous ces pliages sont des créations de Max PONTY (voir PORTRAITS).

A la même époque d’autres marques distribuèrent aussi de petits projecteurs en carton.

Voir : Les projecteurs publicitaires en carton des années 50

 

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Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

Posté par Patrice Guerin le 6 mai 2013

“La couleur c’est la vie !”, même le regretté Claude DUNETON, auteur d’une anthologie d’expressions populaires, ne donne pas l’origine de cette formule qui sonne comme une réclame pour des pots de peinture. Elle convient parfaitement à la photographie, autre “reflet” de la vie.

LA PHOTOGRAPHIE

Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS dans Images projetees couleur-02-150x98

Depuis l’invention de la photographie dans la première moitié du XIXe siècle, par Nicéphore NIEPCE (1765-1833) et Louis DAGUERRE (1787-1851) en France ainsi que par Henry Fox TALBOT (1800-1877) en Grande-Bretagne, le génie humain n’a eu de cesse d’en améliorer le réalisme par la couleur, le relief et autres procédés pour la rendre “plus vrai que nature”.

Voir : http://www.niepce-daguerre.com/

couleur-03-150x109 dans Images projetees  Photographie couleur de la ville d’Agen réalisée par DUCOS DU HAURON en 1872

En France, le principe de la photographique en couleur est décrit dans un brevet déposé le 23 novembre 1868 par Louis DUCOS DU HAURON (1837-1920). Il est considéré comme étant l’inventeur du procédé trichrome, même si Charles CROS (1842-1888) dépose quelques mois avant lui, en 1867, un pli cacheté à l’Académie des Sciences. Le procédé de DUCOS DU HAURON consiste « 1° A créer trois négatifs avec l’interposition d’un écran orangé pour l’un, d’un écran vert pour le deuxième, d’un écran violet pour le troisième ; 2° à tirer et superposer sur un même fond blanc trois positifs monochromes de ces trois négatifs, savoir : un positif bleu d’après le négatif de l’écran orangé, un positif rouge d’après le négatif de l’écran vert, un positif jaune d’après l’écran violet ». Cette communication fit peu de bruit à l’époque et fut même rejetée par certains spécialistes de la photographie à cause des « difficultés pratiques du procédé ».

couleur-04-111x150  Collection musée Nicéphore Niépce – Chalon sur Saône

En 1874, il fait breveter le “Mélanochromoscope”, un appareil équipé d’un seul objectif et de miroirs semi-transparents, permettant d’exposer simultanément à travers trois filtres, bleu, vert et rouge, trois plaques noires & blanches différentes, de format 35x35mm. Pour visionner ces photographies en couleur on se sert du même appareil qui permet de superposer visuellement trois positifs obtenus à partir de ces négatifs et mis en couleurs dans leur teinte respective par les verres colorés de l’appareil.

DUCOS DU HAURON  travailla aussi sur l’impression des couleurs, les images stéréoscopiques et même les anaglyphes. Malheureusement il ne rencontra jamais le succès et mourut dans la misère.

LA COULEUR

couleur-08-300x153  L’œil humain comporte trois types de récepteurs (cônes) correspondant à trois longueurs d’ondes différentes donnant chacune la sensation de rouge, de vert et de bleu.

L’usage de la couleur dans la représentation picturale est bien antérieure à la photographie, comme en témoigne toutes les œuvres laissées par nos ancêtres depuis la préhistoire. Cependant la couleur restera longtemps quelque chose d’assez mystérieux : « Les objets envoient des gerbes de lumière contenant des faisceaux diversement colorés… Il est à remarquer que, si l’on pouvait grouper en chimie des sels qui se fixent en précipités colorés de nuances correspondantes à celles des radiations émergentes, on obtiendrait la photographie polychrome ». La Science Populaire 1881.

couleur-05-208x300  Frontispice du livre de KIRCHER “Ars Magna Lucis et Umbrae” – 1646

En 1646, Athanasius KIRCHER (Voir PORTRAITS)  publie un traité sur la lumière en relation dialectique avec l’obscurité “Ars magna Lucis et Umbrae” qui lui vaut d’avoir longtemps été considéré comme le premier à décrire une lanterne magique. Dans la préface, il décrit la lumière comme «l’authentique produit (rejeton) de la lumière et de l’ombre». La couleur est une «lumière ombrée» et «tout ce qui est visible dans le monde ne l’est que par une lumière ombreuse ou par une ombre lumineuse ».

Voir : Athanasius KIRCHER et la lanterne magique

couleur-06-150x105  Portrait montage de MAXWELL, Source cliquer ici

Le premier à étudier scientifique la couleur est le physicien anglais James Clerk MAXWELL (1831-1879), considéré comme l’un des scientifiques les plus importants du XIXe siècle. EINSTEIN lui-même décrivit ses travaux comme les « plus profonds et fructueux que la physique ait connu depuis le temps de NEWTON ». De 1855 à 1872, il publie une série de recherches concernant la perception des couleurs, pour lesquelles il reçoit la médaille Rumford en 1860.

couleur-07

En 1861, lors de la séance générale de la “Royal Institution”, il expose sa théorie sur les couleurs fondamentales en projetant sur un écran trois faisceaux lumineux triangulaires provenant d’une lanterne à trois objectifs (triunial) devant lesquels sont disposées des cuves de verre contenant la première une solution rouge (sulfocyanate ferrique), la seconde une solution verte (chlorure cuivrique) et la troisième une solution bleue (sel de cuivre ammoniacal). Les trois triangles se recouvrant partiellement « on voit les couleurs pures apparaître dans les angles, tandis que le centre contient les divers mélanges de couleurs ».

S’appuyant sur les travaux de MAXWELL, le photographe anglais Thomas SUTTON (1819-1875) prend en 1861 trois photographies d’un ruban de tartan sous trois filtres de couleurs différentes puis projette  devant un public étonné la première photographie couleur trichrome.

Ces deux axiomes étant posés, voyons, dans l’article suivant, comment ils peuvent se rejoindre dans un seul et même procédé, La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME.

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Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE

Posté par Patrice Guerin le 11 février 2013

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Film réalisé par un opérateur des frères LUMIERE en 1896. Il fut tourné en noir et blanc puis colorisé à la main, image par image.

Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE dans Projections pour Spectacles danserpentine-01-300x173  La “Danse serpentine” s’inspire du spectacle de Loïe FULLER (1862-1928), qu’elle crée au Park Theatre de Brooklyn à New-York, le 15 février 1892. « N’est-ce pas féérique que de voir cette femme se transformer sous nos yeux en orchidée, papillon ou peut-être même en serpent comme le nom de son spectacle l’indique ».

Cette chorégraphie spectaculaire est mise en valeur par les costumes et les jeux de lumières provenant de plusieurs projecteurs équipés de puissants systèmes d’éclairage fonctionnant avec un arc électrique. Loïe FULLER dépose une dizaine de brevets et copyright, principalement pour ses accessoires (sels phosphorescents qu’elle élabore elle-même et applique sur ses costumes) et pour ses dispositifs d’éclairage.

danserpentine-02-105x150 dans Projections pour Spectacles  En 1896, elle danse aux Folies Bergère, haut lieu de la vie parisienne à la Belle Epoque.

Loïe FULLER devient l’une des artistes les plus importantes et les mieux payées du spectacle. Elle est la muse de l’Art Nouveau, mouvement artistique de la fin du XIXe et début XXe siècle, qui met en valeur les lignes courbes. C’est la première à danser librement sans corset, avant sa compatriote Isadora DUNCAN qui révolutionna elle aussi la pratique de la danse par sa grande liberté d’expression. Son spectacle connaît un tel succès que de nombreuses imitatrices se l’approprièrent très rapidement. Peu de temps après, des danses serpentines à cheval sont  inaugurées au Cirque d’été par mademoiselle Hélène GIRARD. Par la suite cette danse est exécutée au milieu d’animaux féroces « le premier essai, tenté au théâtre de la Gaité, ne fut pas très heureux. Durant les répétitions, l’un des quatre lions, agacé par les changements d’éclairage, se jeta sur la danseuse, mademoiselle Bob WALTER, et mordit cruellement le dompteur MARK qui s’élança pour la protéger ».

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Dans la “Danse Serpentine”, Loïe FULLER utilise des voiles de soie accrochés au bout de longues baguettes de bois, qu’elle agite de manière très coordonnée. Durant le spectacle qui se déroule sur une scène entièrement tendue de velours noir, cette soie blanche prend diverses teintes grâce aux couleurs provenant de projections lumineuses. « Une dizaine de projecteurs, disposés dans les cintres, dans les coulisses et aux premières loges, dirigent sur la danseuse en mouvement, leurs faisceaux lumineux diversement colorés, qui produisent dans les étoffes agitées par l’extraordinaire artiste des effets absolument féeriques ».
Source : La Science & La Vie N°45 juillet 1919

danserpentine-09-91x150  danserpentine-10-91x150  Collection G.V.

Le catalogue “Clément & Gilmer” de 1900 présente dans ses pages une « Collection artistique de tableaux finement peints sur verre pour les projections dites : Manteau magique, Femme Papillon ou Loïe Fuller ». On y voit aussi des projecteurs équipés de grands disques de verres colorés, aussi appelés “Boîtes à lumière” destinés aux projections lumineuses dans les théâtres.

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« L’éclairage est obtenu par des lampes à incandescence munies de réflecteurs paraboliques. Chaque réflecteur est monté sur une planche noircie qu’une personne tient facilement de la main gauche, tandis que, de la main droite, elle fait tourner devant la source lumineuse un disque de verre divisé en secteurs de couleurs variées. L’appareil est très portatif, ce qui permet de suivre facilement les mouvements de la danseuse. »
« Aux Folies-Bergères, on employait huit lampes, quatre en avant et quatre en arrière, disposées comme le montre le schéma ci-dessus. Au Petit-Casino l’on se contentait de deux et dans les autres théâtres, on se servait de lampes à arc. »
Source : L’électricité au théâtre par J. Lefèvre vers 1894

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Voir : Boîtes à lumière et projecteurs pour spectacle - Colorisation des projections lumineuses

 

A la fin du XIXe siècle la puissance d’éclairage des lanternes de projection permet d’utiliser les projections lumineuses dans d’autres spectacles.

Voir : Projection de la chevauchée des WALKYRIES

 

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Projection de la chevauchée des WALKYRIES au XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 10 novembre 2012

Projection de la chevauchée des WALKYRIES au XIXe siècle dans Images projetees walkyrie-00-150x94  Richard WAGNER composant “L’anneau du Nibelung” entre 1850 et 1860. Tableau de Lionello BALESTRIERI(1).

La Walkyrie est le deuxième des quatre drames lyriques qui constituent ”L’Anneau du Nibelung“ composés par Richard WAGNER (1813-1883) au milieu du XIXe siècle. La première de cet opéra est donnée à Munich le 26 juin 1870 et le roi LOUIS II de Bavière impose des chevaux et des écuyers de ses écuries pour figurer la chevauchée du 3e acte.

fichier mov Extrait musical

walkyrie-01-101x150 dans Projections pour Spectacles  Il faut attendre 1876 pour assister à la création de la tétralogie ”Der Ring des Nibelungen” à Bayreuth. Pour illustrer la chevauchée, le peintre Carl-Emil DOEPLER, responsable des costumes du “Ring”, propose de peindre des disques de verre à projeter au moyen d’une lanterne magique.

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Le 12 mai 1893, La Walkyrie est présentée pour la première fois en France, à l’Opéra de Paris, avec Mme Rose CARON (Sieglinde), Mlle BREVAL (2) (Brunehilde), Mme DESCHAMPS (Fricka), M. VAN DYCK (Siegmund), M. DELMAS (Wotan), M. GRESSE (Hunding) comme principaux acteurs.

walkyrie-03-150x103  Le décor du troisième acte, représentant la chevauchée des Walkyries, est d’un effet grandiose. Il concourt pour une large part à l’immense succès que remporte l’œuvre de ce grand compositeur allemand.

« Dans le 3e acte, au lieu des projections qui donnaient jusqu’alors et si médiocrement sur d’autres scènes, l’illusion de la chevauchée des Walkyries parmi les nuages, ce sont les Walkyries elles-mêmes que l’on voit s’envoler comme en rêve, emportées par de superbes chevaux dont les nuées enveloppent les silhouettes galopantes». Le Monde Illustré du 20 mai 1893.

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« Le régisseur de l’Opéra de Paris, monsieur LAPISSIDA, a fort bien réussi à nous présenter de véritables personnages animés, traversant les nuées tourmentées par la tempête. Pour y parvenir, il a mis en œuvre différents effets de lumière en arrière plan de la scène qui représente un site sauvage rempli de rochers. Les nuages sont obtenus par un moyen  déjà connu au théâtre, mais fort peu employé : ceux-ci sont peints sur des plaques de verres que l’on fait défiler dans une lanterne électrique à projection ».

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéra

« Le principe est simple et l’application facile lorsqu’il s’agit de produire un effet de courte durée ; mais ici il y avait une difficulté : c’est que le défilé de nuages devait durer environ une demi-heure et la plaque de verre était bien trop courte pour cela. On a conçus de grands disques de verre de 60 cm de diamètre, montés sur un axe, portant des nuages peints sur tout le pourtour, si bien qu’en faisant tourner le verre, on voit les nuages marcher toujours dans le même sens, aussi longtemps qu’on le désire… Pour couvrir toute la surface de la toile de fond, il y a plusieurs lanternes qui sont cachés à la vue des spectateurs par les décors qui représentent les rochers ».

walkyrie-05-300x209 Source : “La Nature” du 24 juin 1893

« L’écran de fond, en tulle peint en bleu, est très transparent. Derrière lui règne une obscurité absolue. Il masque une immense charpente appelée “praticable”, mis au point par le chef machiniste VALLENOT. Celle-ci mesure de 6 à 9 mètres de haut et occupe toute la largeur de la scène soit plus de 30 mètres de long. Sur le haut de ce praticable, formant en réalité des montagnes russes, glissent des chevaux de bois sur lesquels montent des jeunes filles, doublures des actrices, qui figurent les Walkyries. Ils sont éclairés vivement par un puissant projecteur électrique qui lance sur eux, parallèlement à la toile de fond, son faisceau lumineux. La chevauchée des Walkyries devient ainsi visible par les spectateurs à travers la toile et les nuages et paraît suspendue dans le ciel.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

walkyrie-07-104x150  walkyrie-08-300x209  walkyrie-09-118x150 1 Walkyries attendant leur tour – 2 Préparatifs de la chevauchée – 3 Machiniste endormi dans les coulisses pendant un cœur

« Huit chevaux de bois, de la taille d’un poney des Shetlands… sont montés sur des roues s’adaptant à des rails qui courent le long du plan en suivant les inégalités. Huit jeunes garçons, portant l’armure complète des Walkyries, gravissent une échelle et s’installe sur les chevaux… qui sont rassemblés sur la partie la plus basse du plan. Au lever du rideau, on tire avec des cordes et un treuil, les cavaliers jusqu’à la partie supérieure du plan, dans la position voulue pour qu’ils descendent la pente sur les rails au signal donné… en se levant et en se baissant alternativement, selon les ondulations du plancher, imitant ainsi l’allure d’un cheval au galop. En même temps, un jet électrique est dirigé d’en haut sur les figures en marche et un autre illumine latéralement le rideau de gaze. On a l’illusion parfaite de Walkyries chevauchant à travers les nuages. Ce spectacle, combiné avec la musique, l’ensemble du décor, les autres guerrières s’agitant sur le rocher, produit vraiment un effet saisissant de grandeur et de beauté. » Source : Le théâtre wagnérien in “Le Monde Moderne” juillet-décembre 1901

Cet acte se termine par un incendie, fort bien réglé par l’habile artificier RUGGIERI.  De grandes flammes courent le long des rochers ou jaillissent du sol en tous points, pendant que d’épaisses fumées, teintes en rouge par des feux de Bengale, se répandent dans l’air ».

Source : La Nature N°1047 du 24 juin 1893

A la fin du XIXe siècle la puissance d’éclairage des lanternes de projection permet d’utiliser les projections lumineuses dans d’autres spectacles.

Voir : Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE

__________________

(1) Lionello BALESTRIERI (1872-1958) est un peintre italien qui s’installa à Paris en 1894. Il est principalement connu pour ses œuvres illustrant les grands musiciens tels que BEETHOVEN, GOUNOD, VERDI ou WAGNER.

(2) Lucienne BREVAL (1869-1935) débute à l’Opéra de Paris en 1892. L’année suivante, sous la direction d’Édouard COLONNE, elle incarne Brunehilde, l’un de ses meilleurs rôles, dans la Walkyrie de WAGNER à l’Opéra de Paris. Henri de CURZON écrit à l’époque : « Son jeune talent s’épanouit [...] avec une flamme audacieuse, une passion, une harmonie de visage et de gestes qui sont vraiment de toute beauté ».

 

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La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Posté par Patrice Guerin le 19 juillet 2012

La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN dans Lanternes projection Duboscq-31-97x150  Planche d’Optique provenant de l’Encyclopédie Diderot et D’Alembert publiée entre 1751 et 1772 (collection G.V.). Cette publication aida à développer l’esprit scientifique de nombreux savants.

Epoque SOLEIL 1819-1849

Duboscq-30-115x150 dans Lanternes projection  Tête de lettre de 1829. Collection G.V.

En 1819, l’ingénieur-opticien Jean-Baptiste-François SOLEIL (1798-1878) fonde la maison SOLEIL “Opticien du roi, passage Vivienne, grande galerie N°23 et sa manufacture rue des Poissonniers N°21, près de la barrière Poissonnière”. Il fabrique “toutes sortes d’instrumens d’optique et de mathématiques” dont “Chambres noires, Fantasmagorie, Lanternes magiques, etc”.

En 1825, il s’installe au 21 rue de l’Odéon à Paris VIe. L’entreprise est spécialisée dans la fabrication “d’instruments d’optique et de précision” destinés  aux plus grands savants de l’époque FRESNEL, ARAGO, FOUCAULT, BABINET, etc.

Parmi ses nombreuses inventions, on trouve l’héliostat de SILBERMANN (1843) mais aussi « un phare lenticulaire de premier ordre à éclypses, destiné pour Belle-Ile (Morbihan), d’après le système de feu monsieur A. FRESNEL » ou encore « une grande lentille annulaire, ou verre ardent, au moyen duquel on peut fondre et volatiliser sous le ballon différentes substances et même le platine » et encore « divers objets d’optique tels que baromètres, thermomètres, lunettes de campagne, lorgnettes jumelles, cassettes de mathématiques, etc ».

Duboscq-32-120x150  Il obtient de nombreuses récompenses aux expositions nationales de 1839 et 1841 et par la Société d’Encouragement en 1841 et 1847. Lors de sa succession en 1849, la maison est divisée en deux branches confiées l’une à Henri SOLEIL son fils, et l’autre à Jules DUBOSCQ, son gendre.

Duboscq-33-107x150  Henri SOLEIL “Elève et successeur de son père” est située au 21 rue de l’Odéon «  fondée en 1825 sur le même emplacement et n’ayant jamais eu de succursale ».

Comme activité, il indique “Opticien-Mécanicien pour les pièces en cuivre des phares de Fresnel” et effectue diverses réalisations dans ce domaine. En 1852, l’atelier SOLEIL est racheté par Louis SAUTTER (1825-1912) qui fabrique des lentilles de Fresnel pour les phares. Il fonde l’entreprise Sautter et Cie, puis Sautter-Lemonnier et Cie, puis Sautter-Harlé. « L’origine de l’Etablissement de MM. Sautter père et fils, Lemonnier et Cie remonte à l’année 1825, où il fut fondé par l’opticien SOLEIL, pour la construction des phares lenticulaires que venait d’inventer Augustin FRESNEL. Mais le développement de cette industrie ne commença réellement qu’à partir de 1852 où elle passa aux mains de M. Louis SAUTTER, dont le concours important et l’autorité reconnue en cette matière, contribuèrent à l’adoption de ce nouveau système d’éclairage par la plupart des nations maritimes ». Présentation faite à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889. Après 1881, Louis SAUTTER se consacre aux œuvres philanthropiques et religieuses.

Duboscq-34-129x150  Etablissements Sautter & Lemonnier 1889

Voir : Loupes, miroirs et prismes SOLEIL DUBOSCQ

Epoque DUBOSCQ 1849-1886

A partir de 1849, Jules DUBOSCQ (voir PORTRAITS) poursuit le développement de l’entreprise au 21 rue de l’Odéon “seule entrée au fond de la cour”. Il crée et construit, sous la direction des plus grands savants de l’époque : PASTEUR, JAMIN, DUPRE, FOUCAULT, BECQUEREL, etc. un grand nombre d’instruments d’optique et de précision employés dans les universités, les grandes écoles, les laboratoires scientifiques et industriels de France et de l’étranger. Durant cette période, les instruments sont marqués “Jules Duboscq”.

Duboscq-35-97x150  Publicité Jules Duboscq 1885

Parmi toutes ses inventions, il construit de nombreux appareils destinés à la projection et à de nombreuses expériences d’optique. « Il se fait en ce moment une heureuse révolution dans le mode d’enseignement public des sciences. En Angleterre et en France, on a compris l’immense avantage qu’il y a à substituer aux figures tracées sur le tableau noir des représentations agrandies des êtres, des phénomènes de la nature, obtenues par les procédés de la lanterne magique. M. Duboscq est entré le premier dans cette voie ; il a compris la nécessité absolue de substituer des images parfaites obtenues par la photographie sur verre transparent aux peintures grossières et informes seules usitées jusque dans ces derniers temps » Source : Histoire de la découverte de la photographie par G. Potonniée, publications Montel 1925.

Duboscq-36-150x111  duboscq04.vignette  duboscq05.vignette

Il construit le régulateur électro-magnétique et l’héliostat de Léon FOUCAULT, ainsi que diverses lampes électrique et lanternes de projection.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQEclairages DUBOSCQ PELLINLanterne de projection DUBOSCQ

A partir des années 1850, ses appareils d’éclairage et de projection sont utilisés dans les théâtres pour éclairer tout ou partie de la scène et pour réaliser de surprenants effets spéciaux.

Voir : Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

En 1870, durant le siège de Paris, ses appareils rendent de nombreux services aux assiégés.

Voir : Le siège de Paris en 1870

Au début du XXe siècle les lanternes de projection scientifique Jules DUBOSCQ sont encore présentent dans les cabinets de physique de très nombreuses écoles.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

Duboscq-37-98x150 Publicité Pellin 1900

Epoque PELLIN 1886-1940

François Philibert PELLIN (voir PORTRAITS) entre chez Jules DUBOSCQ vers la fin des années 1870 et prend le contrôle de la Maison en 1886 lors du décès de son propriétaire. Il maintient la tradition de qualité pour de nombreux instruments comme ceux fabriqués pour FERY ou LE CHATELIER. En plus du magasin situé au 21 rue de l’Odéon à Paris VIe, il possède aussi des ateliers non loin de là, au 30 rue Monsieur Le Prince à Paris VIe.

Duboscq-38-150x119  Publicité Pellin 1906

Les sommaires de ses catalogues indiquent les très nombreuses spécialités de la Maison : Sources lumineuses – Appareils de projection – Photométrie – Interférences, Diffraction –Polarisation, double Réfraction – Réflexion, Réfraction, Vision – Spectroscopie – Appareils de Mesure – Polarimétrie, Saccharimétrie, Colorimétrie – Acoustique en Projection – Météorologie.

Voir : Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLINChalumeau oxhydrique DUBOSCQ PELLIN

Duboscq-39-114x150  Source BNF

Comme ses prédécesseurs, François Philibert PELLIN obtient de nombreuses récompenses, comme il le mentionne dans un courrier de 1912 : 4 médailles d’or dont Paris en 1889 ; diplômes d’honneur Anvers 1894, Amsterdam 1896 ; Grand Prix Paris 1900, Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1907, Londres 1908 ; Hors concours membre du jury Bruxelles 1897 et 1910 (vice-président) ; membre du jury de classe Milan 1911.

Son fils Félix (Marie Philibert) PELLIN (1877-1940) entre dans l’entreprise en 1900. Il est nommé directeur technique en 1901 et directeur général en 1903. Associé à son père en 1912, il poursuit l’activité de l’entreprise jusqu’en 1940, date à laquelle la Maison “Soleil-Duboscq-Pellin” fusionne avec la Maison Deleuil, fondée par Louis-Joseph DELEUIL en 1820.

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A la suite de ses prédécesseurs il obtient des grands prix à Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1906, Turin 1923, Gand 1925, Grenoble 1926, Madrid 1927, Athènes 1928, Liège 1930. Il est aussi hors concours et membre du jury à Londres 1908, Bruxelles 1910, Turin 1911, Gand 1913, Strasbourg 1919, Monaco 1921, Rio de Janeiro 1922, Strasbourg 1924, Arts Décoratifs 1925, Coloniale Paris 1931, etc.

Dans les années 30, les ateliers, magasins et bureaux sont situés au 59 avenue Jean Jaurès à Arcueil. Lors de l’Exposition Internationale de Liège en 1930, on peut lire « Anciens établissements Ph. et F. PELLIN, Félix PELLIN, ingénieur, successeur, 5 avenue d’Orléans Paris – Constructeur d’instruments d’optique et de précision pour les sciences et l’industrie ».

__________________

Chronologie des différentes appellations de la branche Duboscq :

Maison SOLEIL (1819 – 1849)
DUBOSCQ et SOLEIL (1849 – 1878)
J. et A. DUBOSCQ (1879 – 1880)
J. DUBOSCQ (1880- 1883)
Maison Jules DUBOSCQ et Ph. PELLIN (1883 – 1886)
Ph. PELLIN (1886 – 1900)
Etablissements PH. et F .PELLIN (1900 – 1911)

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Invention de l’ampoule électrique

Posté par Patrice Guerin le 3 avril 2012

Le principe de l’ampoule électrique consiste à porter un filament conducteur à une température assez élevée pour qu’il devienne lumineux.

Invention de l’ampoule électrique dans Sources lumineuses Edison-01-150x112  Lampe De CHANGY

En 1858, monsieur De CHANGY, ingénieur français travaillant en Belgique, construit la première lampe à incandescence avec une baguette de charbon de cornue enfermée dans un œuf de verre. Par la suite, il remplace le charbon par un fil de platine auquel il fait subir une sorte de cémentation par chauffage avec de la poussière de charbon avant de le faire passer à la filière.

A la fin des années 1870, l’anglais Joseph SWAN (1828-1914) met au point une ampoule électrique à incandescence avec filament de coton sans prendre la précaution de déposer un brevet, ce qu’il ne fait qu’en 1880, en Grande-Bretagne uniquement (n°4933). Il est aussi l’inventeur du culot à baïonnette.

Edison-09-150x131 dans Sources lumineuses  3 lampes présentées à l’exposition internationale d’Electricité de Paris en 1881.

Les premières expériences montrent que le fil de platine fond assez souvent. Thomas EDISON (voir PORTRAITS), remplace le fil métallique par des fibres de bambou japonais, après avoir testé 6 000 substances végétales qu’il fait chercher dans le monde entier, avec un budget de 40 000 dollars. Ce filament, carbonisé à haute température, est fixé aux extrémités de deux fils de platine soudés dans le verre et formant électrodes. Le tout est enfermé dans une ampoule où l’on fait le vide avec une pompe à mercure. Par la suite le bambou fut remplacé par une pâte de cellulose qu’une filière transformait en filament du diamètre voulu avant de le carboniser en vase clos.

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Le comte Théodore Du MONCEL, membre de l’Institut, écrit en 1880 « La réputation que monsieur EDISON  s’est acquise par l’invention du phonographe, a été la cause d’importants désastres financiers, lorsqu’il annonça, il y a quelques mois, qu’il avait résolu définitivement le problème si longtemps cherché de la lumière électrique… Les actions des compagnies de gaz tombèrent dans une proportion énorme… La vérité est que l’invention de monsieur EDISON n’était au début que très peu de chose, elle pourra peut-être acquérir un jour de l’importance ».

Edison-02-112x150 Edison-03-83x150  Edison-04-150x150 Lampes Edison  Edison-11-93x150

En 1878, EDISON fonde l’Edison Electric Light Co. à New York. L’année suivante, il dépose le brevet de la première lampe électrique à incandescence (avec filaments de carbone) qui reste allumée 45 heures. En 1882, en Angleterre, Thomas EDISON fusionne avec Joseph SWAN pour fonder la société “Edison & Swan United Co” aussi appelée “Ediswan”.

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Utilisée pour la projection, l’ampoule électrique à incandescence ne rencontre guère de succès malgré une grande facilité d’utilisation en toute sécurité. D’une part à cause de la rareté du réseau électrique à la fin du XIXe siècle ; d’autre part à cause de son faible pouvoir éclairant qui en réserve l’usage au particulier. Le catalogue Radiguet & Massiot propose « à toute personne possédant le courant électrique, un éclairage par lampe à incandescence modèle ordinaire de 16 bougies ou lampes dites “Focus” de 50 à 100 bougies… Ce mode d’éclairage est recommandé toutes les fois qu’on se contentera d’une image de 1m25 à 1m50 au plus ; sorte de lanterne magique pour amuser les enfants et confier au besoin l’instrument à leurs mains inhabiles ».

Edison-10-150x104Lampe à incandescence adaptée sur un ancien brûleur à gaz

En 1895, le physicien allemand Walther Hermann NERNST dépose le brevet d’une lampe électrique fonctionnant à l’air libre.

Voir : Ampoules à incandescence NERNST

En 1898, Carl AUER VON WELSBACH parvient à remplacer le filament de carbone des lampes électriques par un filament métallique beaucoup plus lumineux et durable. En 1906, il met au point le filament osmium-tungstène.

Pour en savoir plus cliquer ici

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