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MOLTENI et les photographiques de la Société de Géographie

Posté par Patrice Guerin le 17 août 2018

Geographie 1  Cabinet d’un navigateur, par Adriaen COLLAERT ,vers 1580.

En juillet 1821 La Société de Géographie est fondée à Paris ; c’est la toute première institution de ce genre, suivie de Berlin en 1828, Londres en 1830 et Saint-Pétersbourg en 1845. Deux cent vingt-sept personnalités ont participé à sa création, dont les plus grands savants de l’époque, tels que CHAMPOLLION, CUVIER, DUMONT D’URVILLE, Von HUMBOLDT, LAPLACE, MONGE.

Geographie 2Médaille d’argent de la Société de Géographie, frappée pour son cent cinquantenaire (1821-1971).

Elle a pour buts de concourir aux progrès de la géographie et d’encourager les voyages de découvertes dans les contrées encore inconnues. De plus elle contribue au financement des expéditions et offre des récompenses à leur retour, dont le prix MOLTENI  décerné tous les trois ans, à partir de 1903, « à l’explorateur français qui aura rapporté et donné à la Société la collection de photographies la plus intéressante, tant au point de vue géographique qu’au point de vue photographique.»

Geographie 3 Fig.3 Plan du Rez-de-Chausée, avec la grande salle de réunion à l’arrière du bâtiment.

En 1878, la Société de Géographie acquiert un terrain sur le boulevard Saint-Germain en cours de percement, et fait construire un immeuble sur cinq niveaux destiné à abriter ses bureaux, sa bibliothèque, des espaces pour l’organisation d’expositions de photographies et une grande salle de conférence. Pouvant accueillir plus de 400 personnes, celle-ci est équipée d’un tableau noir qui peut être converti en écran de projection.

Geographie 4  Nouvelle salle de réunion et de projection. Le Magasin Pittoresque 1885 page 336.

Dans ces nouveaux locaux de très nombreuses conférences sont organisées, permettant aux explorateurs et autres grands voyageurs de présenter leurs expéditions. Celles-ci sont souvent accompagnées par la projection de photographies effectuée par Alfred MOLTENI en personne, qui est lui-même membre de la Société depuis 1874.

Voir : L’enseignement par les yeux

Geographie 5 Lettre de M. BOUQUET DE LA GRYE à MOLTENI, 21 février 1884. Source Musée français de la Photographie / Conseil départemental de l’Essonne.

« Monsieur, je vous envoie le complément des épreuves à faire pour la projection du 1ermars. Il n’en manque qu’une que je suis en train de dessiner et que je vous envoie par la poste si je ne renonce pas à l’achever. Je vous serais obligé de mettre comme autrefois du bleu sur la mer, cela faisait très bien et agrémentait la projection des cartes géographiques. Agréer je vous prie l’assurance de mes sentimens dévoués. »

Non seulement MOLTENI assure la plupart des projections, mais il prépare, à la demande des conférenciers, les clichés nécessaires à leurs exposés. C’est ainsi qu’il reproduit en vues sur verre normalisées (8,5x10cm) de nombreuses cartes, dessins ou illustrations qu’il colorise parfois, ainsi que des photographies papier ou des clichés sur verre ayant d’autres formats.

Geographie 6Catalogue Molteni N°104bis. Consultation CLIQUER ICI

En échange d’une prestation gratuite, MOLTENI obtient le droit d’exploiter cette fabuleuse collection d’images dans ses catalogues afin qu’elle soit largement diffusée, principalement dans le milieu de l’enseignement.

Geographie 7 Pérou [groupe hétéroclite] / mission WIENER ; photographe WIENER ; photo reproduite par MOLTENI pour la conférence donnée par WIENER en 1876. Source Gallica BnF-Sté de Géographie.

Constatant le grand intérêt pour ces images, la Société de Géographie sollicite les dons de photographies à caractère géographique auprès des voyageurs solitaires, des diplomates, des expéditions scientifiques et des missions religieuses, civiles ou militaires. En quelques années plusieurs milliers d’images sont reçues et constituent l’embryon d’une collection qui ne cessera de croître au cours des décennies.

Geographie 8 Site BNF Gallica-Sté Géographie. Consultation CLIQUER ICI

Depuis 1942 le département des Cartes et Plans de la BnF est dépositaire des collections de la Société de géographie. Le fonds iconographique compte 100 000 photographies sur papier et 43 000 sur plaques de verre, prises dans le monde entier entre 1850 et 1950.  Les images les plus saisissantes et les plus significatives de ce fonds sont en ligne sur Gallica et présentées dans un livre publié à l’automne 2007. Format : 27×33 cm, 239 pages, 254 illustrations, relié sous jaquette.

Lien dossier de presse exposition et livre  : CLIQUER ICI

Pour découvrir l’explorateur dans diverses situations rocambolesques : Une leçon de géographie en 1905, par Henry MIRANDE

 

 

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La pièce d’ombres “Lourdes” de l’abbé Evrard

Posté par Patrice Guerin le 28 juillet 2018

A Lourdes 01  Défilé des Pèlerins devant le Sanctuaire

Au début du XXe siècle, les pièces d’ombres sont très répandues dans les familles et certaines institutions ou salles de spectacle. Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

Cela consiste à projeter des vues “décors” sur lesquelles défilent horizontalement des silhouettes noires (ombres). On trouve ces pièces dans les catalogues des Maisons MAZO, La BONNE PRESSE et RADIGUET & MASSIOT.

Voir : Pièce d’ombres “Tournai” - Pièce d’ombres “La Marche à l’Etoile” - Le spectacle des Ombres à l’Ecole Polytechnique

A Lourdes 02  Catalogue Bonne Presse de 1911, page 229

Cette grande pièce d’ombres sur “Lourdes”, composée de 10 tableaux, est éditée par la Maison de la BONNE PRESSE vers 1910. La projection des dessins de H. BOUREAU est accompagnée d’une musique de J. FRAGEROLLE fils et d’un poème de PAUL PATRICK. Cet exemplaire, contenu dans un coffret en bois de 52x12x10cm , a appartenu à l’abbé Pierre Fournier Evrard (1876-1956), curé de Notre-Dame-au-Cierge à Epinal.

A Lourdes 03Coffret spécial pour pièce d’ombre contenant tous les éléments de “Lourdes”

Le coffret contient 14 tableaux 8½ x 10 cm, coloriés à la main par les services de la Bonne Presse et 6 bandes défilés avec silhouettes en noir. On trouve en plus 1 verre teinteur et 1 partition avec accompagnement de piano.

Autre sujet : La tentation de Saint-Antoine le Grand

Lourdes 1 Lourdes 3Lourdes 4Lourdes 5Lourdes 2

Résumé publié dans le catalogue BONNE PRESSE de 1911 : « En quelques tableaux très sobres, l’histoire de Lourdes se déroule devant le spectateur “toujours avide de surnaturel”. Bernadette va ramasser du bois mort avec ses compagnes, lorsqu’elle voit une forme blanche dans la grotte de Massabielle ; rien de plus saisissant que ces différentes apparitions… 

Lourdes 6 Lourdes 7 Lourdes 8 Lourdes 9

… Les premiers miracles y sont représentés : l’enfant aveugle, le paralytique et le célèbre miracle du cierge. L’arrivée des foules au sanctuaire béni prend fin avec une vue de la basilique illuminée, le soir, au dessus de laquelle apparait finalement la Vierge Immaculée. »

Lourdes 10 Lourdes 11 Lourdes 13 Lourdes 14Lourdes 12

Liste des tableaux et des défilés (ci-dessous) : Bernadette et ses compagnes ; Première apparition ; La Grotte et le Gave ; Les paysans ; Seconde apparition ; L’enfant aveugle ; L’Immaculée Conception ; Le miracle du cierge ; Arrivée de la foule ; Premier sanctuaire ; Premiers pèlerins ; Les pèlerinages ; Procession du Saint Sacrement ; Apothéose.

Défilé 21 Défilé 22 Défilé 23 Défilé 24  Défilé 25 Défilé 26b

A la même époque il existait des spectacles plus simples, sans défilé d’ombres, que la Maison MAZO nommait “Chansons Lumineuses”. Il s’agissait d’une série de plaques sur verre, généralement coloriées à la main, accompagnée d’une partition musicale (piano et/ou chant). Les sujets étaient très variés : légendes et contes populaires, thèmes religieux ou patriotiques, chansons traditionnelles illustrées, scènes humoristiques.

Voir : La Pastorale de Noël

 

 

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Projecteur trichrome artisanal

Posté par Patrice Guerin le 12 juin 2018

Trichro 01  Ce projecteur trichrome artisanal, fabriqué en bois et en métal, pourrait dater des années 30.

Sa base est composée de deux planches en sapin de 16mm, assemblées sur deux tasseaux. Elle mesure 24x30cm et supporte, en son centre, une planche verticale en contreplaqué de 8mm maintenue par deux équerres. Cette dernière mesure 16x28cm, ce qui fait une hauteur totale de l’appareil de 31,5cm. Poids de l’ensemble 1,8kg.

Voir : La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Trichro 02  Trichro 02b  La partie avant supportant le système optique, coulisse et peut se déboiter.

A l’avant de cette partie verticale, un assemblage de cinq plaques de contreplaqué, percé de trois ouvertures de 4x5cm, permet de mettre en place, par le dessus, la plaque filtre et la plaque photographique.

Trichro 03  Trichro 03c  La seule ampoule présente dans l’appareil est un modèle 100w, 220v, de la marque Auchan ; elle n’est peut-être pas d’origine.

A l’arrière se trouve une boite en fer blanc, peinte en noir à l’extérieur et en argent à l’intérieur, contenant le système d’éclairage composé de trois ampoules claires. Les douilles, type Edison E27, sont en laiton à l’arrière et en porcelaine à l’avant. Elles sont alimentées par trois câbles électriques torsadés deux conducteurs, reliés entre eux par des épissures. L’ensemble est branché au secteur par une prise en porcelaine sur laquelle il est inscrit 10/250.

Trichro 04b  Trichro 04a  A l’avant du projecteur se trouve une planchette mobile coulissant entre deux rails en bois permettant d’ajuster les objectifs.

La partie avant supporte une plaque verticale, en contreplaqué de 8mm, sur laquelle est fixé un ensemble métallique coulissant et réglable permettant d’ajuster chacun des trois objectifs en hauteur et en largeur. Chaque objectif est composé d’un tube cylindrique en fer blanc, coulissant sur la base, de 30mm de diamètre, à l’avant duquel se trouve une simple lentille de verre biconvexe. Le système optique n’est pas équipé de condensateur.

Trichro 05a  Trichro 05b Trichro 05c  Filtre trichrome et vue positive, format 6x13cm.

Avec ce projecteur se trouve une boite en carton contenant deux plaques colorées identiques et une vue positive composée de 3 images noir et blanc placées verticalement, avec un intervalle noir de 3 et 7mm. Les trois vues sont semblables et ne présentent pas de différence de valeur due à une prise de vue à travers les filtres colorés.

Trichro 06

L’image finale provenant de la superposition des vues à travers les filtres colorés donne une pseudo photographie en couleur.

Pour un complément d’informations, voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

Merci à toute personne susceptible d’apporter des précisions sur cette appareil : date, appareil photographique ayant permis d’obtenir les vues, etc.

 

 

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L’enseignement par les yeux

Posté par Patrice Guerin le 18 mai 2018

Colbert 01  MOLTENI était tellement populaire avec sa barbiche blanche qu’il a pu inspirer ce chromo.

« On doit… »à notre président d’honneur, monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS« …non seulement la vulgarisation des projections*, mais encore la création de cette collection de vues qui fut le début et, en quelque sorte, l’armature de ce qu’on appelle aujourd’hui “L’Enseignement par les Yeux”. Aussi, a-t-on pu dire que MOLTENI fut le créateur de la Projection Lumineuse en France, et l’on comprendra la valeur de son œuvre en parcourant le catalogue des 60 000 diapositives dues à son zèle infatigable. » Source : Bulletin technique mensuel de la Chambre Syndicale des Fabricants et Négociants de la Photographie, décembre 1907.

* Voir : Les lanternes de projection MOLTENI - Les projections à l’école - Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Colbert 02  Catalogue N°105 “Classement méthodique des diapositives pour Projections Lumineuses”, 52 pages, vers 1905/10.

« Le grand nombre et la variété des sujets qui composent nos collections et qui s’augmentent encore chaque jour nous avaient amenés à établir il y a trois ans** un classement méthodique qui permette à chacun de trouver facilement les documents qui l’intéressent plus particulièrement. » Source : Catalogue N°38, Projections Molteni éditions de diapositives pour conférences scientifiques et mondaines, 5eédition.

Voir : page CATALOGUES - Plaques photographiques pour la projection - La collection de diapositives MOLTENI

** Malheureusement les catalogues Molteni puis Radiguet et Massiot n’étant pas datés, il est difficile de les situer dans le temps. Ce “Classement Méthodique” a probablement été édité vers 1905/10.

Colbert 03  Tableau récapitulatif du classement méthodique.

Dans ce même catalogue N°38, on peut lire « Toutefois, nos collections étant aussi composées de nombreuses vues de voyages et d’explorations, il nous a été impossible d’en faire un dépouillement complet qui nous eût permis de reporter chacune d’elles aux chapitres précités.

Colbert 04  “La Tour de Londres” vue provenant du fonds Colbert.

En effet, un voyage ou une exploration peut avoir été entrepris dans les buts les plus divers ; certains touristes constitueront uniquement leurs collections par des vues des monuments les plus remarquables et, dans ce cas, ces vues devront paraître dans le chapitre Beaux Arts, section Architecture. 

Colbert 05  “Voiture à bœufs dans la pampas” vue provenant du fonds Colbert.

Les voyages de certains autres auront pour objectif l’étude des productions du pays traversé, mais ces productions seront de diverses natures, certaines seront relatives aux animaux et devront par conséquent rentrer dans la classe Biologie, au chapitre Zoologie ; certaines autres seront relatives au sol même, elles devront alors entrer dans la classe Astronomie, au chapitre Géologie … 

Colbert 06  “Kairouan souks aux provisions” vue provenant du fonds Colbert.

Ces quelques exemples suffiront pour montrer que notre tâche eût été trop lourde et, de plus, nous eussions craint, pour certaines collections, de dénaturer l’ordre même dans lequel elles nous furent confiées par leurs auteurs. 

Voir : MOLTENI et les photographiques de la Société de Géographie

Colbert 07 Catalogue N°104 “Vues de voyages et explorations en Projections Lumineuses” 84 pages.

C’est pourquoi nous avons classé nos vues et explorations, quelles qu’elles soient, tout à fait en dehors des 6 grandes classes. Ces vues font l’objet du Catalogue N°104 “Vues de voyages et Explorations”, classé dans l’ordre suivant : première partie “Vues de France par départements classés suivant l’ordre alphabétique Colonies françaises“ et deuxième partie “Vues d’Europe par nations classées suivant l’ordre alphabétique Afrique, Asie, Amérique, Océanie”. »

Colbert 08  Une petite partie des boîtes contenant les vues du fonds Colbert.

En mai 2013 un ensemble de près de 2 000 photographies positives sur plaques de verre, contenues dans une soixantaine de boîtes, a été découverte. Ces vues étaient conservées dans les locaux de l’ancienne École primaire supérieure Colbert. Constitué à partir de vues reproduites en série et vendues en grande partie entre les années 1880 et 1910 par les célèbres maisons d’édition Molteni, Radiguet & Massiot et Mazo, ce fonds forme un ensemble de première importance, par la quantité des images éducatives qui le composent comme par les thématiques et sujets représentés.

Pour en savoir plus CLIQUER ICI

Colbert 09  Photographies du fonds Colbert CLIQUER ICI

Ces vues couvrent l’espace national, l’Europe et certains de ses prolongements dans le reste du monde. Il donne à voir une représentation française du monde de la Belle Époque et constitue un fonds inédit d’une rare richesse. Le LabEx EHNE a numérisé l’intégralité du fonds pour pouvoir le proposer en libre accès.

Pour voir ces vues CLIQUER ICI 

Colbert 10  8 juin 2018, journée d’étude à la mairie du Xe Paris.

À l’occasion des 150 ans du lycée Colbert, le LabEx EHNE, le programme SPEscies et la mairie du 10arrondissement de Paris s’associent pour proposer une journée d’étude, le 8 juin 2018, consacrée au rôle et à l’intérêt rétrospectif des projections lumineuses et des plaques photographiques destinées à l’instruction.

Pour en savoir plus CLIQUER ICI

Colbert 11  Une projection contemporaine de plaques anciennes.

A propos de “L’enseignement par les yeux”, voir ce site (en anglais) initié par l’Université d’Utrecht : “A Million Pictures” Magic Lantern Slide Heritage as Artefacts in the Common European History of Learning : CLIQUER ICI

 

 

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Plaques animées MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 30 décembre 2016

Molteni plaque 3 Tableau mécanisé grosse caisse

En 1843, le catalogue de la maison MOLTENI & Cie ne consacre qu’une seule page aux lanternes magiques, sous l’intitulé “Articles pour étrennes”. En plus de la lanterne carrée en fer blanc déclinée en 9 dimensions avec ses douze bandes de vues sur verres aux tailles correspondantes, on y trouve des « fantasmagories de toutes dimensions avec grand assortiment de tableaux simples et mécaniques ». C’est la première et seule indication de “tableaux mécaniques” à l’époque.

Prix-courant de la manufacture d'instruments d'optique et de mat  Catalogue Buron page 40 – 1844

En 1844, le catalogue de la Maison BURON présente lui aussi une page illustrée consacrée aux “peintures sur verre pour la fantasmagorie”. On y voit 4 visuels (repris par MOLTENI en 1859) et surtout une “indication des sujets de quelques tableaux” dont les images représentent principalement des sujets de fantasmagorie : têtes et squelettes, sorcières, monstres, diables et même une none sanglante et une marmite infernale.

Molteni plaque 1  Catalogue Molteni page 93 – 1859

Il faut attendre le catalogue général J. MOLTENI & Cie de 1859, intitulé “Machines et Instruments de précision” pour avoir quelques précisions concernant les vues animées et surtout une première représentation visuelle… identique à la page de BURON datant de 1844 ! A cette époque, il existe des tableaux pour fantasmagorie sans mouvement, avec fond noir et cadre en bois noir et des tableaux mécanisés à un seul, voir deux, trois ou quatre mouvements, qui peuvent être réalisés avec “peintures fines” ce qui multiplie le prix par 1,25 environ. A cette époque, un “tableau à mouvement, peintures fines” peut valoir de 72 à 120 frs pièce suivant la complexité du système.

Molteni plaque 4Molteni plaque 6Tableaux mécanisés acrobate à cheval et parapluie

Ces tableaux mécanisés sont composés d’un cadre en bois noircis parfois sommairement découpé sur le pourtour, à l’intérieur duquel se trouve une vue sur verre finement peinte, avec fond noir.

Voir : Plaque animée Molteni – Vœux 2017

Molteni plaque 5  Tableau mécanisé tambour

Un mécanisme en cuivre, à tirette ou à basculement, permet d’animer la vue avec des mouvements parfois complexes comme on le voit sur la vue du joueur de tambour dont les mains portant des baquettes sont animées en sens inverse.

Molteni plaque 7Tableau animé – Slipping slide clown jonglant avec un nourrisson

Dans les années 1880, ce type de plaque aux mécanismes complexes disparaît au profis de tableaux à mouvement avec cadre en acajou généralement  composé de deux plaques de verre coulissant l’une sur l’autre. En 1866, la catalogue anglais “Magic Lantern : How to buy and how to use it“ présente déjà ce genre de plaque nommée “slipping slide”.

Voir : sujet à venir

 

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Lampe à pétrole “Maxima” de MAZO

Posté par Patrice Guerin le 3 octobre 2016

Maxima 05  Dépôt de la marque “Maxima” – Source Trésors de l’INPI

Le 5 mai 1900 Xavier Elie MAZO dépose à l’INPI la dénomination ou marque “Maxima” « servant à désigner une lanterne ou appareil pour les projections, de la fabrication et du commerce du déposant ».

Maxima 01  Publicité parue dans le catalogue MAZO de 1905/1906

Dans les années 1900/1905, la Maison MAZO commercialise, à grand renfort de publicités, une lampe à pétrole pour lanterne de projection « construite sur des données scientifiques… ».

Maxima 02  Lampe de projection à pétrole, 4 mèches, “Maxima” de Mazo

Cette lampe existe avec 3 ou 4 mèches et donne « une lumière éblouissante sans fumée ni odeur… La meilleure lumière après l’oxhydrique ». Il faut la rapprocher de la lampe à 5 mèches mise au point par LAVERNE dans les années 1870.

Voir : Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Maxima 03

La lampe MAZO est équipée d’une chambre à combustion articulée sur le côté, de format réduit, surmontant les 3 ou 4 mèches. Elle est fermée à l’avant et à l’arrière par des plaques en mica transparent. A l’arrière un miroir indépendant et réglable, percé en son centre d’un verre bleu, permet de renvoyer la lumière vers l’avant sans être sali par d’éventuelles fumées de combustion.

Maxima 04

L’ensemble est surmonté d’une très haute cheminée (55 cm) composée de 4 éléments emboitables dont le dernier se règle à l’aide d’une vis à crémaillère « le tirage se règle au moyen d’une clé de commande disposée sur une crémaillère qui permet de hausser à volonté la cheminée toujours entièrement ouverte… Si les flammes montent trop haut et fument, il suffit de monter la cheminée ; si elle ne donne pas assez de lumière, on la baisse ».

En 1905, cette lampe valait 28 francs.

Voir : Histoire de l’entreprise MAZO

 

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Lumineuses Projections : dispositifs multimédias

Posté par Patrice Guerin le 5 mai 2016

Munae 20

Le parcours de l’exposition “Lumineuses Projections” est rythmé par des dispositifs multimédias originaux présentés sous forme de projections, de bornes interactives ou d’appareils à manipuler.

Voir : Exposition : Lumineuses Projections !

Quelques dispositifs en place dans l’exposition.

Munae 21a  Munae 21b CLIQUER ICI

Projection en continu de plaques animées et de plaques à systèmes présentées dans une vitrine.

Voir : Les chromatropes de projection - Vues fondantes – Dissolving views

Munae 22

Lanterne magique permettant aux visiteurs de projeter eux-mêmes des plaques de lanterne magique.

Voir : Lanternes magiques jouet

Munae 23  Munae 23b CLIQUER ICI

Borne présentant un film d’animation “Qu’est ce qu’une vue sur verre ?”. Création originale conçue pour l’exposition.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

Munae 24  CLIQUER ICI

Mur d’images présenté par le Labex à partir du fond Colbert.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

Munae 25

Séance de projection scolaire faite par un instituteur dans un espace scénographie. Leçon sur “Le Tonkin” et “Causerie sur les insectes” à partir de textes et d’images d’époque.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Munae 26

Séance de cinéma scolaire dans les années 30.

Munae 27  PatheCine16

Le projecteur mixte Pathé et la démonstration de son utilisation dans un film d’époque.

Voir : Charles PATHE et les lanternes de projection

Munae 28

Reconstitution moderne du Lumicycle Gaumont « il suffit de pédaler pour découvrir un petit film des années 30 ».

Voir : Société des Etablissements GAUMONT

Munae 29

Une salle de classe dans les années 50 avec projection d’un film fixe.

Munae 30

Borne tactile permettant de faire défiler des films fixes des années 50.

Voir : Les débuts du Filmstrip ou Films en bande 35mm

Munae 31  CLIQUER ICI

Frise animée contemporaine créée pour l’exposition par des artistes rouennais du collectif “La Cachette”.

Munae 32

Lanterne de projection “décomposée” permettant d’en découvrir les principaux éléments et de tester son fonctionnement.

 Voir : Lanternes de projection et d’agrandissement

 

 

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Le Rétroprojecteur ou Overhead projector

Posté par Patrice Guerin le 21 avril 2016

Retroproj 01  Retroproj 02  Vues sur verre anglaises fin XIXe siècle

Au XIXe siècle, certains accessoires peuvent se placer à l’avant du projecteur pour dévier le rayon lumineux verticalement avant de le renvoyer à l’horizontal vers l’écran. Cela permet de placer des solutions liquides dans une cuvette en verre ou toute autre préparation devant être placée à plat. Occasionnellement on pouvait écrire mais la surface lumineuse était très réduite (10 cm de diamètre).

Voir : Support à réflexion horizontal MOLTENI

Retroproj 03  Couverture du catalogue ZEISS Belsazar – 1935

«  Suite aux suggestions appropriées de professeurs en Allemagne, nous avons été amenés à concevoir un “Appareil de Projection d’Ecriture” qui met fin aux tableaux noirs avec ses craies et la poussière qui en résulte. Un des premiers utilisateurs de ce nouvel instrument, à l’Université de Göttingen, l’a nommé « Belsazar”* : nous avons nous-mêmes adopté ce nom pour l’appareil. »
Source notice Carl ZEISS Jena – Septembre 1935

Voir : ZEISS IKON A.G.

Grace à cet appareil, Le conférencier ou l’enseignant, reste toujours face à son public. Il écrit de manière habituelle sur une surface horizontale recouverte de Cellophane, et aussitôt son écriture apparaît en grandes dimensions sur l’écran de projection. Au lieu d’avoir à nettoyer le tableau noir, il tourne la bande de Cellophane à l’aide d’un bouton et une nouvelle surface vierge apparaît. De plus ce système permet de conserver les textes précédents et de pouvoir y revenir le cas échéant.

Retroproj 04  Rétroprojecteur ZEISS Belsazar – 1935

« La projection de vues fixes sur un écran peut sembler parfois incomplète pour illustrer parfaitement certains cours dans lesquels on doit faire ressortir les uns après les autres les éléments qui composent l’ensemble projeté. Dans ce cas, au fur et à mesure de ses explications, l’animateur déplace en général sur l’écran, une longue baguette de bois… ce qui nécessite la présence de celui-ci près de l’écran et le partage de son attention entre celui-ci, son commentaire et son auditoire. »
Source : “Moyens audio viduels d’enseignement” publié par l’Association Française pour l’Accroissement de la Productivité – Novembre 1953

Retroproj 05

Avec l’Omniscope (ou rétroprojecteur), l’animateur fait face à son auditoire et présente sur la tablette éclairée de l’appareil les documents ou un point particulier de celui-ci sans avoir à se déplacer ni à se retourner, la projection se faisant sur un écran placé derrière lui, d’où le nom anglais “Overhead projector” traduit par “Projecteur par dessus la tête”.

Retroproj 06

Le rétroprojecteur est un appareil muni d’une forte lampe à miroir (1 & 2), parfois ventilée, dont la lumière est dirigée à la verticale vers un condensateur (3) et une plaque de verre (4) sur laquelle on pose le transparent de rétroprojection. Une tête de projection composée d’un objectif (5) et d’un miroir (6), maintenu au dessus du transparent par un bras articulé, permet de renvoyer l’image à l’horizontal vers l’écran situé derrière le manipulateur (ou formateur). « Il est équipé d’une lampe à incandescence de 750w en 110v ou d’une lampe à vapeur d’iode qui permet avec un très faible encombrement, une luminosité bien supérieure à celle obtenu par les lampes à incandescence. Le haut rendement de luminosité de l’appareil permet de travailler en salle complètement éclairée. »
Source : “Les moyens audio-visuels au service de la formation et de l’information” numéro spécial d’Inter Productivité n°100 décembre 1964

A ne pas confondre avec l’épiscope, beaucoup plus ancien, qui permet de projeter des documents opaques.

Retroproj 07  North Carolina State University – NCSU Libraries

Cet appareil fut largement employé par les américains à la fin de la deuxième Guerre Mondiale pour faire de la formation de masse à l’armée. Il est développé dans les années 1960 par un ingénieur de la société 3M qui deviendra par la suite le leader de ce marché tant en ce qui concerne les appareils que les fournitures.

Retroproj 08

De gauche à droite : “Belshazar” de J. Chotard – “Vu-Graph” de Audio Vision France – “Diareflet” de O.G.C.F. – “LME 500” de Le Matériel d’Enseignement. NB Les deux derniers appareils sont agréés par le Ministère de l’Education Nationale.

Arrivés en France avec le plan Marshall, le rétroprojecteur est utilisé dès le milieu des années 1950 sous le nom de “Omniscope” ou de “rétroscripteur”. Il permet de projeter des supports transparents de grand format (généralement A4) sur lesquelles on peut écrire, dessiner, compléter des tableaux, voir même décomposer le sujet à l’aide de divers caches opaques. « Un rouleau de cellophane, se déplaçant dans les deux sens sur la plage lumineuse permet, à l’aide d’un crayon gras facilement effaçable, soit d’écrire comme sur un tableau noir au fur et à mesure de l’exposé, soit de préparer ses textes ou dessins à l’avance comme sur le tableau papier. Enfin si le document doit être utilisé plusieurs fois, il est conseillé de le réaliser sur cellophane séparée, entourée d’un cache en carton comme celui des diapositives. Dans ce cas on utilise un stylo à encre à alcool avec pointe de feutre dont les coloris sont fidèlement respectés à la projection et qui ne s’effacent qu’à l’aide de certains produits. »
Source : “Les moyens audio-visuels au service de la formation et de l’information” numéro spécial d’Inter Productivité n°100 décembre 1964

Retroproj 11

Dans les années 1970, des entreprises se spécialisent dans la production et l’édition de transparents pour rétroprojection. Les documents sont d’abord créés en noir et blanc ou en couleur sur papier format A4 puis reproduit sur films de différentes qualités suivant les besoins : films négatifs (texte en jaune sur fond bleu foncé par exemple), films positifs, ou films couleurs de type Cibachrome. « en superposant des transparents les uns après les autres, il est possible de faire apparaître successivement les différentes parties d’un sujet (construction progressive d’une carte de géographie, d’un schéma complexe, etc.). Les caches mobiles sont utiles pour dérober à la vue, sur l’image, certains éléments que l’on désire faire apparaître progressivement… Il est même possible d’employer un support transparent enduit de noir de fumée ou de vernis opaque, qu’il suffit de gratter avec une pointe sèche pour faire apparaitre certaines parties du document. »
 Source : “Audio visuel, moyens, arts et techniques” Publications Photo-Revue Paris – 1972

Dans les années 90, le rétroprojecteur est connecté à l’ordinateur pour la projection de vues fixes, tandis que les premiers vidéoprojecteurs permettent de projeter des vidéos animées.

retroproj 12  retroproj 14   Cet article a été remarqué par la presse qui s’en est fait l’écho.

______________

* D’après l’Ancien Testament, livre de Daniel, Belshazzar (Balthazar, dernier roi de Babylone) aurait demandé à ses savants de traduire et d’interpréter une écriture “fantomatique” figurant sur les murs de son palais de Babylone. Celle-ci annonçait une catastrophe imminente. La nuit suivant Belshazzar est tué et le royaume de Babylone divisé entre les Perses et les Mèdes.

 

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Spectacle de lanterne magique “Le fantôme de Robinson Crusoé”

Posté par Patrice Guerin le 20 octobre 2015

Vendredi 13 novembre 20 h au théâtre impérial de Compiègne

Compiegne 07 Filage de la projection au théâtre Impérial de Compiègne – A gauche le comédien Nathan Willcocks, au centre Laure Parchomenko et Laurent Mannoni, à droite la harpiste Aliénor Mancip - Photo PG

La lanterne magique, apparue au XVIIe siècle, est une machine d’optique qui a permis pour la première fois de projeter sur un écran, dans une salle obscure, des images peintes, fixes ou animées, représentant des fantômes, des voyages, des portraits, des illusions et visions oniriques, etc. « Ces appareils, conduits par des mains habiles, permettent en un mot d’élever la projection à un art véritable, lorsqu’ils font apparaître les tableaux et les défilés qui composent la mise en scène de ces épopées si connues des Cabarets Montmartrois à la fin du XIXe siècle ! » Citation d’Alfred MOLTENI, catalogue N°89 vers 1900.

Compiegne 02

La séance exceptionnelle proposée par la Cinémathèque française consistait à ressusciter cet art perdu. Durant 1h15, un public très nombreux a découvert, ébahi, les aventures de Robinson Crusoé, les fantômes et squelettes en tous genres de la fantasmagorie, ainsi que de jolies vues sur Napoléon avant de terminer par quelques séries humoristiques et les traditionnels chromatropes de toute beauté, le tout aux sons de la harpe et des commentaires du “bonimenteur”. Pour clore la projection, de surprenantes volutes ont envahi l’écran durant quelques minutes déclenchant des applaudissements extrêmement nourris.

Voir : Vues fondantes – Dissolving views - Projection de phénomènes météorologiques

Compiegne 04  Lanterne triple Riley Brothers à Bradford 1887 – Collection Cinémathèque Française

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Ce spectacle, réalisé “à l’ancienne” grâce à une triple lanterne de projection est une création originale et n’a été représenté qu’une seule fois à Compiègne. Il a été rendu possible grâce aux collections de la Cinémathèque française et du Centre national de la cinématographie qui comprennent 25 000 plaques de verre de lanterne magique du XVIIIe siècle aux années 1900 – l’une des plus belles collections au monde.

Compiegne 08  Projection au théâtre Impérial de Compiègne – Photo PG

Deux “lanternistes” sont aux commandes de l’appareil de projection : Laurent Mannoni et Laure Parchomenko. Les projections sont accompagnées par le comédien Nathan Willcocks, la harpiste Aliénor Mancip et le bruiteur Zak Mahmoud.

Compiegne 09  Projection au théâtre Impérial de Compiègne – Photo PG

Ce spectacle constitue l’ouverture du Festival du film de Compiègne, sous la direction artistique de Laurent Véray.
Office de Tourisme de l’Agglomération de Compiègne place de l’Hôtel de ville 60200 Compiègne. Tél. 03 44 40 01 00.
Captation : Travel(l)ing Audiovisuel – 2015.

Pour en savoir plus : http://festivaldufilm.compiegne.fr/Comite%20d%20organisation.html

 

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Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

Posté par Patrice Guerin le 23 juillet 2015

Huile 11  Depuis l’antiquité, l’huile végétale a été utilisée comme combustible dans les lampes d’éclairage.

Quelque soit le modèle, les lampes à huile ont toujours connu trois difficultés :
- L’huile était trop visqueuse et montait difficilement dans la mèche par capillarité ;
- la mèche avait tendance à charbonner et à s’éteindre à cause d’une mauvaise combustion :
- l’utilisation dégageait de la fumée et des mauvaises odeurs.

A la fin du XVIIIe siècle, on en est encore à « …des lampions pétillants et crâchants, qui possédaient une ou plusieurs mèches grossièrement tordues buvant une huile extrêmement visqueuse à même le vase, ce qui répandait dans toute la pièce une odeur détestable ! » Il faut attendre les nouvelles théories de la combustion, élaborées par LAVOISIER (1743-1794) dans les années 1770, pour qu’un certain intérêt envers cet éclairage, lié à un besoin accru de lumière se fasse ressentir.

Huile 02  A partir de 1780 plusieurs inventions vont permettre d’améliorer l’écoulement de l’huile et le fonctionnement du brûleur et de la mèche.

Vers 1780, le chimiste français Joseph Louis PROUST (1754-1826) invente une lampe à huile équipée d’un réservoir latéral placé un peu plus haut que le brûleur. L’huile descend naturellement jusqu’au bec par simple effet de pesanteur.

Huile 03  Huile 04  Brevet Argand – Source : archives INPI

En 1782, le physicien et chimiste suisse Aimé ARGAND (1750-1803) invente la lampe à huile à double courant d’air équipée d’une mèche cylindrique et d’une cheminée en tôle. Celle-ci est, paraît-il, « dix à douze fois plus puissante qu’une simple chandelle ». Quelques années plus tard, il fonde une manufacture de lampes à Versoix près de Genève.

Huile 05  Lampe Quinquet murale avec réflecteur plaqué argent

En 1784, le pharmacien Antoine QUINQUET (1745-1803), s’inspirant des inventions précédentes, commercialise une nouvelle lampe connue sous le nom de lampe Quinquet. Elle est équipée d’un réservoir latéral et d’un bec surmonté d’une cheminée en verre. Cette lampe peut être murale ou montée sur une longue tige verticale fixée sur un socle cylindrique.

Voir : Lanterne magique vernie noir

QUINQUET entreprend la fabrication de cette lampe en s’associant avec un ferblantier-épicier, spécialisé dans la vente d’huiles épurées. Parfaitement mise au point, celle-ci restera d’usage courant jusqu’à l’avènement du pétrole dans les années 1860. En 1872, l’abbé MOIGNO précise, dans son livre intitulé “L’art des projections” : « Si l’on veut que la lanterne donne le maximum de lumière, il faut l’armer d’une mèche neuve et sèche, et la remplir d’huile de baleine camphrée chaude ». En 1788, l’épuration de l’huile de colza, par LEROY-DE-LILLE, permet d’obtenir une lumière plus blanche et dépourvue de fumée.

Huile 12 Huile 15   Huile 14 Brevet d’invention N°140 du 4 brumaire an IX

Le 4 brumaire an IX (26.10.1800) l’horloger Guillaume CARCEL et le négociant Louis CARREAU déposent un brevet d’invention de 5 années « pour lampe nouvelle quils appellent« Lycnomena«  ». Pour cette invention, CARCEL obtient en 1854 un prix de l’Académie des Sciences. Cette lampe servit à FRESNEL pour ses travaux sur les phares et fut utilisée par DUMAS et REGNAULT en 1860 pour les essais photométriques du gaz de la ville de Paris. Le règlement qu’ils établirent resta en vigueur jusqu’en 1920. « La lampe Carcel rendu de grands services en photométriejusquaupremières années du XXe siècleElle fut presque le seul étalon photométrique employé en France et cest elle qui permit de définir la bougie décimale ». (1 bougie décimale = 0,104 unité Carcel).

La lampe Carcel possède un mécanisme composé d’une pompe actionnée par un moteur à ressort que l’on remonte avec une clé située au bas de la lampe. Elle est plus compliquée et plus coûteuse que la lampe Quinquet, mais beaucoup plus esthétique. On verra de nombreux modèles en métal, en bronze, en porcelaine, en verre, etc.

Huile 06Huile 07Huile 08 Lampe à modérateur FRANCHOT

Par la suite beaucoup de lampistes déposent des brevets pour améliorer ce système de lampes à pression : GAGNEAU en 1819, RIMBERT 1826, CARREAU 1834, FRANCHOT 1837. Certaines de ces lampes ont été réutilisées pendant la guerre de 1914-1918, car le pétrole se faisait rare.

Elles sont généralement équipée d’un mouvement d’horlogerie qui met l’huile sous pression afin qu’elle monte jusqu’au brûleur. Celui-ci est équipé d’un côté d’une clé pour remonter le mécanisme et de l’autre côté d’une molette pour régler la flamme.

Huile 09  Petite lampe à huile de lanterne magique

Quelque soit le type de lampe utilisée, son intensité pouvait varier du simple au double en fonction de la qualité de l’huile, de la préparation de la mèche et de son réglage en cours de combustion. L’huile devait être de bonne qualité, surtout dans les  les lampes Carcel ou les lampes à modérateurs. On pouvait améliorer le rendement lumineux en ajoutant à l’huile 100 grammes de camphre par litre, ce qui, pour une lampe de 8 à 10 lignes (ancienne mesure de longueur), permettait d’atteindre 13 à 16 bougies. Malgré ces artifices, la luminosité était faible et la chaleur dégagée faisait souvent claquer les plaques de verres sur lesquelles étaient peintes les images.

Huile 10  Fantascope équipé d’une lampe à huile de type Quinquet avec réflecteur parabolique

Les lampes QUINQUET et CARCEL ont été utilisées comme sources lumineuses dans la projection, comme on peut le voir en cliquant sur les liens ci-dessous. Monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS) précise, dans son livre “Instructions pratiques pour l’emploi des appareils de projections” : « les lanternes magiques communes sont munies de lampes simples, comprenant un godet en fer-blanc rempli d’huile dans lequel trempent une, deux ou trois mèches, brûlant à l’air libre, sans verre. Elles donnent, en général, plus de fumée que de lumière… Il existe aussi des lampes à double courant d’air, brûlant à blanc. Ces lampes peuvent être à réservoir inférieur ou à réservoir supérieur. »  Et MOLTENI de conclure « pour les personnes qui ne craignent pas d’introduire l’éclairage au pétrole dans leur intérieur, c’est parmi les éclairages ordinaires, celui qui donne le meilleur résultat ».

Voir : Appareils de famille MOLTENI, premiers modèles - Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama - Lanterne magique Lampascope - Description et fonctionnement du Fantascope

 

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