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Les prismes et l’étude de la lumière

Posté par Patrice Guerin le 5 janvier 2015

Prisme 01

Un prisme est un bloc de verre d’une grande pureté taillé de telle manière qu’il puisse réfracter la lumière, la réfléchir ou la disperser. Il est généralement composé de trois faces rectangulaires assemblées en triangle, mais peut adopter des formes plus complexes suivant les besoins. Des prismes spéciaux peuvent servir à diffracter la lumière, la polariser, séparer les polarisations ou encore créer des interférences.

Prisme 02  Costumes et bijoux barbares

Dès l’antiquité, les prismes formés par de perles de verre taillés sont utilisés pour leur aspect magique et décoratif. A l’époque de la Rome Antique il est Appelés “vitrum trigonum”. SENEQUE (vers 1-65) et PLINE l’ANCIEN (23-79) mentionnent un verre ou un cristal taillé en prisme capable de transformer la lumière du soleil en “arc-en-ciel”.

Prisme 03

Il faut attendre les expériences d’Isaac NEWTON (1643-1727) au XVIIIe siècle pour comprendre la décomposition du faisceau lumineux sortant d’un prisme. « Ayant obscurci ma chambre et fait un petit trou dans les volets, pour laisser entrer une quantité convenable de rayons de soleil, je plaçai mon prisme contre ce trou, pour projeter les rayons sur une grande feuille placée à l’opposé. Ce fut très plaisant de contempler les couleurs vives et intenses ainsi produites. »

Prisme 04  Pendant longtemps on pensait que le prisme contenait des couleurs visibles seulement lorsque la lumière le traversait.

En plaçant un deuxième prisme sur le chemin de la lumière décomposée, NEWTON démontra que ces lumières colorées formaient de nouveau un faisceau de lumière blanche. C’est donc la lumière qui est composée de “couleurs cachées”, et non le prisme ! Poussant plus loin ses recherches, il plaça un diaphragme à la sortie du prisme pour isoler une seule couleur et l’envoyer vers un autre prisme. Mais la lumière ne se décomposait plus, elle était “monochromatique” dirions-nous aujourd’hui. NEWTON publia les résultats de ses recherches dans “Philosophiae Naturalis Principia Mathematica” en 1687 et dans “Opticks” de 1704.

Prisme 05  Planche extraite du livre Opticks de NEWTON – 1740

Pour étudier la lumière, il existe différentes sortes de prismes. Le prisme simple qui disperse la lumière selon les longueurs d’onde ; le prisme composé à vision directe qui décompose la lumière sans trop dévier les rayons permettant ainsi une observation plus facile ; et enfin le prisme à angle variable qui offre la possibilité d’une étude plus approfondie en faisant varier les angles des deux faces principales. Afin d’en faciliter l’usage avec un banc d’optique, ces prismes son généralement posés sur un pied vertical dont la hauteur est réglable avec un socle lourd pour en assurer la stabilité.

Voir : Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

Le prisme simple

Prisme 06  Prisme 07  Polyprisme à 5 verres Duboscq-Pellin

Le prisme simple est composé d’un bloc de verre à trois facettes. Il est souvent équilatérale ou rectangulaire. Ce verre est dit dispersif parce qu’il décompose la lumière blanche en différentes lumières colorées en fonction de leurs fréquences et donc de leurs longueurs d’onde. A chaque radiation correspond un indice de réfraction différent qui permet de former ce magnifique arc-en-ciel.

Le polyprisme est constitué de plusieurs prismes d’indices différents (crown et flint) accolés les uns à côté autres. Il permet de montrer très simplement la relation entre dispersion et indice.

NB le verre crown, ou verre à vitre, a un indice faible d’environ 1,50. Le verre flint, ou cristal, a un indice élevé allant 1,5 à 2 ; il dévie de manière importante les rayons lumineux.

Le prisme composé

Prisme 08  Prisme 11  Prisme d’Amici Lemardeley Paris

Un prisme composé à vision directe, appelé prisme d’Amici*, est formé de trois prismes faits en verres différents (Crown et Flint), accolés dans le prolongement les uns aux autres. Il permet de former simplement le spectre de la lumière qui le traverse en évitant la dispersion des rayons. Il existe un prisme d’Amici à grand pouvoir dispersif, composé de cinq éléments dans une même monture.

Ce prisme est généralement monté dans un tube qui peut être installé soit dans un disque porte lentilles sur pied (comme le modèle présenté), soit à l’extrémité d’un objectif de projection.

Pour en savoir plus : cliquer ici

Le prisme à angle variable

Prisme 09  Prisme à angle variable Duboscq-Pellin

Un prisme à angle variable est composé d’une cuve étanche possédant deux faces mobiles munies de verres. Il permet de montrer la réfraction à travers les liquides, sous différents angles, la dispersion des couleurs, la réflexion totale successive des rayons différemment réfrangibles. Le meilleur liquide pour la projection des raies du spectre est un liquide dense et volatil très toxique, le sulfure de carbone. Ce prisme peut être divisé en plusieurs compartiments pour montrer en une seule fois la réfraction et la dispersion à travers différents liquides.

Pour voir une animation sur les effets d’un prisme : cliquer ici

Prisme 10

Cette expérience de “physique enfantine” permettant de décomposer la lumière est souvent citée dans les livres de Science Amusante, très en vogue au XIXe siècle. « On ferme les volets de telle sorte qu’un seul rayon de soleil pénètre dans la chambre. On le fait passer par une ouverture coupée en carré dans une feuille de carton. Le rayon traversant un verre de forme cylindrique à moitié rempli d’eau et tenu à l’inclinaison voulue, arrive perpendiculairement sur le dessus de la table et montre alors les brillantes couleurs de l’arc-en-ciel. Si l’on pratique dans le carton une seconde ouverture à quelque distance de la première et si l’on y fait passer le rayon en partie, on s’apercevra qu’il reste incolore. »

_______________

*Giovanni Battista AMICI (1786-1863) est un astronome italien qui dirigea l’observatoire de Florence dans les années 1840/50. Son nom nous est parvenu grâce aux améliorations qu’il apporta aux miroirs utilisés dans les télescopes et à la construction de microscopes.

 

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Support à réflexion horizontal MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 4 octobre 2013

« Nous inspirant des programmes actuels et de la nécessité de mettre entre les mains de l’élève des instruments robustes et simples destinés aux travaux pratiques, nous avons établi sur les données de M. Chassagny, ancien professeur de physique au lycée Janson de Sailly, inspecteur d’académie, ainsi que MM. Dufour et Lemoine, professeurs de physique au lycée Louis le Grand, une série d’instruments nouveaux de démonstration ». Catalogue Molteni N°89

Voir : Histoire de la maison MOLTENI et Cie

Support à réflexion horizontal MOLTENI dans Lanternes projection moltenireflecteur-01-150x107  moltenireflecteur-02-150x103 dans Lanternes projection  Appareils pour l’enseignement. A gauche lanterne en tôle vernie est équipée d’une classique lampe à pétrole, à droite lanterne MOLTENI équipée d’un arc électrique.

Cet accessoire,  fabriqué par la maison MOLTENI vers 1890, est placé à l’avant d’une lanterne standard. Il permet la projection d’objets transparents ou de préparations qui doivent être placés horizontalement.

moltenireflecteur-03-300x228     moltenireflecteur-04-118x300   moltenireflecteur-05-122x300     moltenireflecteur-06-100x300

L’appareil se compose d’une boîte cubique en acajou  se plaçant à l’avant de la lanterne. Il renferme un miroir incliné à 45° qui renvoie à la verticale les rayons lumineux provenant de la lanterne. Sur le dessus de la boîte se trouve un condensateur de 106mm de diamètre qui concentre les faisceaux lumineux vers l’objectif réglable fixé sur une colonne verticale. Une première crémaillère permet d’ajuster la hauteur de l’objectif et une seconde, fixée directement sur l’objectif, est destinée à la mise au point. Une second miroir à 45°, permet de renvoyer la lumière horizontalement vers l’écran.

moltenireflecteur-07-134x150

Le support horizontal permet de projeter de nombreuses expériences physiques telles que les spectres magnétiques, les expériences d’ŒRSTED, diffusion, saturation, décompositions chimiques, etc.

moltenireflecteur-08-91x150

Cet accessoire peut être vendu seul ou avec une lanterne de projection adaptée, montée sur un socle plus long pouvant supporter différents accessoires. Dans ce cas le support à réflexion est monté sur une vis calante afin d’effectuer un réglage précis de sa position.

moltenireflecteur-09-150x115Chambre mégascopique

« Cet appareil est très utile dans les cours d’histoire naturelle pour projeter des herbiers, des pièces anatomiques ainsi que certaines expériences de chimie ». Il suffit de placer le document opaque verticalement à l’arrière de la boîte métallique. La lumière provenant de la lanterne se réfléchie sur celui-ci puis est renvoyée vers l’écran à travers l’objectif situé sur le côté. Ce type de projection nécessite cependant une puissante source lumineuse telle que celle fournie par l’arc électrique ou le chalumeau oxhydrique.

Voir : L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

moltenireflecteur-10-118x150Boîte à réflexion mixte pouvant servir pour les sujets transparents ou pour les objets opaques (en pointillés)

Cette boîte à réflexion, en acajou, réunit en un seul appareil les éléments nécessaires aux projections de corps horizontaux transparents ou opaques, « pour les établissements d’enseignement ne disposant pas d’un crédit suffisant pour acquérir un appareil universel ». A l’intérieur de la boîte se trouve une glace mobile autour d’un axe horizontal. Celle-ci est commandée par un bras qui permet de l’immobiliser dans une position déterminée suivant le type d’objet à projeter. Cet accessoire peut s’adapter aux principales lanternes fabriquées par MOLTENI.

Voir : Les lanternes de projection MOLTENI - Le Rétroprojecteur ou Overhead projector

 

 

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Microscopes solaires de projection

Posté par Patrice Guerin le 10 juillet 2013

Microscopes solaires de projection dans Projections scientifiques microsolaire-01-300x115  microsolaire-02-98x150 dans Projections scientifiques  Microscope de l’abbé NOLLET

Un microscope solaire est un appareil de projection de précision, à usage scientifique, utilisant le soleil comme source lumineuse. Il a été imaginé entre 1738 et 1745 par Johann Nathanael LIEBERKÜHN (1711-1756) membre de l’académie royale de Berlin. Il est ensuite étudié, perfectionné et présenté par l’abbé NOLLET (voir PORTRAITS) dans son livre intitulé “Leçons de Physique Expérimentale” datant de 1768 (4e édition). Dans le brevet du Fantascope, ROBERTSON (voir PORTRAITS) précise que « C’est à la lanterne de Kircher, connue généralement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire. »

Voir :Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET - Brevet d’invention du Fantascope

microsolaire-13-300x128  microsolaire-14-300x170  A gauche, microscope solaire italien “Isidoro Gaspare Bazzanti” – 1760 – Collection Museo Galileo cliquer ici. A droite, microscope solaire probablement italien – Début XIXe – Collection Museo Galileo cliquer ici

Fabriqué dès la fin du XVIIIe siècle, le microscope de projection a besoin d’une lumière intense – à l’époque celle du soleil – car son objectif possède une faible ouverture et un court foyer, ce qui nécessite une importante amplification de l’image. Les premiers modèles étaient dérivés du microscope traditionnel auquel on aurait ajouté un miroir pour capter les rayons lumineux. Par la suite, et grâce aux recherches faites par Charles CHEVALIER (voir PORTRAITS), l’appareil est équipé d’un microscope muni de lentilles achromatiques situé à l’avant du système optique. Il est très couteux et difficile à utiliser car le miroir doit être orienté en permanence vers le soleil pour amener ses rayons dans l’axe du système optique. Certains étudièrent des systèmes permettant d’orienter mécaniquement le miroir vers le soleil.

Voir : héliostat (à venir)

microsolaire-05-300x141   microsolaire-06-300x196  microsolaire-17-121x150  A droite, gravure anglaise de 1797

Dans un appareil équipé d’un microscope à l’avant de l’objectif, la lumière est d’abord concentrée par une lentille à long foyer (L.L’) sur une plus petite lentille (A) à court foyer, qui réunit tous les rayons sur la préparation (B.B’) tenue entre les plaques de la platine (D.D’) serrées elles-mêmes l’une contre l’autre par des ressorts à boudin (C.C’). En avant se trouve l’objectif du microscope dont on a retiré l’oculaire. Il coulisse sur une colonne carrée à l’aide d’un pignon (K). Le faisceau traverse ensuite un diaphragme (H) qui ne laisse passer que les rayons centraux.

microsolaire-12-150x101  microsolaire-11-150x83Objectif de microscope de projection avec 3 lentilles plan-convexe achromatiques

« Dans les microscopes anciens, l’image projetée est toujours sillonnée des couleurs du spectre, surtout près de ses contours et près des parties les plus opaques. Messieurs Vincent & Charles CHEVALIER sont parvenus à éviter cet inconvénient en utilisant des lentilles achromatiques d’un assez court foyer. Pour obtenir de forts grossissements on peut employer deux ou trois de ces lentilles. »  Source : Elémens de physique expérimentale par M. POUILLET chez BECHET Jeune à Paris – 1832

microsolaire-07-150x114

On trouvait chez certains fabricants un appareil à miroir articulé sur lequel on pouvait monter l’objectif et le microscope de son choix. « Pour employer ce microscope, il faut d’abord rendre la pièce complètement obscure, ce que l’on obtient facilement au moyen de volets bien joints. Puis l’on pratique dans l’un d’eux une ouverture circulaire pour insérer le miroir du microscope qui se trouve ainsi à l’extérieur et l’on fixe à l’intérieur du volet la plaque de support en cuivre avec de fortes vis. Quant à la situation de la fenêtre, elle doit être telle que les rayons solaires puissent y arriver sans obstacle durant un certain temps ».

microsolaire-15-106x150  En bas de cette gravure : à gauche microscope “électrique” Duboscq, à droite microscope solaire. Nuvoa Enciclopedia – 1866

Pour palier à la difficulté de réglage du miroir et à l’absence fréquente de soleil, le microscope solaire sera progressivement remplacé par le microscope à gaz ou électrique, dès lors que l’on aura une source lumineuse suffisamment puissante pour “remplacer” le soleil.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQMicroscope de projection FLATTERS et GARNETT

microsolaire-09-300x166  microsolaire-10-150x107  microsolaire-08-300x160A droite microscope solaire Duboscq – Collection G.V.

Les principaux fabricants furent S‘Gravesende, Gambey, Silbermann, Foucault, Derogy, etc. Pour plus de précisions sur certains appareils, voir ci-dessous :
Microscope solaire de BERTSCH
Microscope solaire de CHEVALIER
Microscope solaire de SECRETAN

Pour en savoir plus sur les microscopes : cliquer ici.

 

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Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 11 avril 2013

Après que l’on eut découvert les différents “trucs” utilisés dans les spectacles de Fantasmagorie et autres tours de magie, faisant apparaitre des spectres et revenants de l’au-delà, la lanterne de projection est régulièrement utilisée sur les grandes scènes théâtrales, aussi bien en France qu’à l’étranger pour produire de nombreux effets.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSONProjection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle dans Lanternes projection Regulateur-11-300x183  Opéra “Moïse et Pharaon” en 1860. Effets lumineux sur Moïse et arc-en-ciel

Grâce au régulateur électrique inventé par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ milieu du XIXe siècle, le théâtre peut enfin réaliser des “effets spéciaux” dignes des grandes scènes parisiennes.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Dans “Faust”, le rayon lumineux qui vient dessiner sur le grand pilier de la cathédrale et le parquet de la scène les contours indécis des vitraux du chœur est issu d’une lanterne de projection. Les effets du soleil levant du “Prophète” de MEYERBEER et d’arc-en-ciel dans “Moïse et Pharaon” de ROSSINI sont dus aux mêmes moyens.

theatre-12-119x150 dans Projections pour SpectaclesSoleil levant

En 1849, l’appareil employé au troisième acte du “Prophète”, pour imiter le soleil levant, se compose d’une lampe à arc portée par un support de bois et munie d’un grand réflecteur parabolique. A l’avant est placé un écran de soie tendu sur un cadre, qui est traversé par un faisceau cylindrique de lumière, formant ainsi une tache ronde représentant le disque solaire. L’appareil tout entier, convenablement masqué par les décors, s’élève lentement derrière l’écran situé en fond de scène, de sorte que l’astre du jour semble monter progressivement au dessus de l’horizon.

theatre-13-300x190Arc-en-ciel

C’est en 1860, dans le premier acte de l’opéra “Moïse”, qu’on applique pour la première fois l’électricité pour produire un arc-en-ciel. Une lanterne équipée d’un arc électrique est placée sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel. Les rayons lumineux traversent d’abord un premier système de lentilles, qui les rend parallèles, puis un écran opaque  découpé en forme d’arc. Ils passent ensuite à travers une lentille biconvexe, qui sert à augmenter la courbure de l’image et à lui donner une extension plus considérable et traversent enfin un prisme placé de telle sorte que les couleurs apparaissent dans l’ordre naturel, c’est-à-dire le rouge en haut et le violet en bas.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

theatre-14-124x150   Eclair

Pour obtenir un éclair aussi réaliste que possible, on utilise l’arc électrique formé entre deux charbons placés à l’avant d’un miroir plan. Le charbon supérieur est fixe tandis que l’autre peut être avancé ou reculé selon les besoins. Ce dernier est fixé à une tige de fer doux pouvant pénétrer à l’intérieur d’un solénoïde qui fait partie du circuit placé derrière l’appareil. Tant que le courant ne passe pas, les charbons restent en contact sous l’action d’un ressort qui pousse celui du bas. Si l’on vient à fermer le circuit, le fer doux attiré pénètre à l’intérieur du solénoïde, le charbon mobile recule et l’arc lumineux se forme, puis s’éteint aussitôt. Le charbon inférieur revient au contact, poussé par le ressort et l’appareil est près à produire un autre éclair. L’appareil étant de faible dimensions, il peut être confié à un technicien en coulisse, voir même un figurant sur scène, qui peut l’activer sur une réplique ou un mouvement particulier. Il a fait son apparition pour la première fois, sur la scène du théâtre des Variétés, dans les “Voyages de la Vérité”.

theatre-24-141x150  « Quand Emile secoue sa tôle, Pierre souffle dans sa pipe ! » 1873

Dans certains théâtres, on obtient aussi d’excellents éclairs à l’aide d’un dispositif électrique encore plus simple. On relie les deux pôles d’une source électrique assez puissante, l’un avec une grosse lime un peu usée, l’autre avec un charbon à lumière. En frottant le charbon sur la lime, on obtient à la rupture de chaque contact, un arc électrique dont la lueur correspond à un bel éclair.

Dans les petits théâtres ne possédant pas encore la lumière électrique, on se sert d’une sorte de grande pipe dont le fourneau est rempli par une éponge imbibée d’alcool et saupoudrée de lycopode «  En allumant et en soufflant fortement par le tuyau, on produit dans la coulisse une grande flamme qui illumine la scène un court instant, comme un éclair pendant ».

theatre-22-150x120 Tonnerre  theatre-21-148x150  Vent  theatre-23-94x150 Pluie

Tous ces effets visuels sont renforcés par des effets sonores tout aussi impressionnants. Le bruit du tonnerre est provoqué par un roulement de tambour ou l’agitation d’une feuille de tôle suffisamment souple. Le vent provient d’un double cylindre en papier gris que l’on tourne plus ou moins rapidement ; quant à la pluie on utilise un grand sablier en bois rempli de copeaux de zinc et de morceaux de papier de verre !

theatre-25-128x150  Nouveau théâtre de la porte Saint-Martin à Paris, reconstruit en 1873

Dans les années 1895, monsieur TROUVE emploie au théâtre de la Porte Saint Martin, dans le “Maître d’armes”, un dispositif fort simple et ingénieux. Une petite lampe à incandescence dont le foyer très concentré possède une grande puissance lumineuse est placée à l’extrémité d’une longue tige flexible – une gaule de pêche par exemple – ; un commutateur à pied permet d’allumer ou d ‘éteindre cette lampe très facilement. Il suffit, à l’instant voulu, d’agiter la tige en zigzag, de haut en bas, pour imiter la chute de la foudre sur un lieu précis.

theatre-16-95x150

Lorsque le faisceau lumineux doit suivre un personnage, comme dans “Faust”, “Hamlet”, etc. il est nécessaire d’utiliser une lanterne plus légère, en bois ou en tôle, équipée de lentilles permettant de concentrer la lumière et d’un diaphragme placé devant l’objectif afin d’augmenter ou de réduire l’importance du faisceau lumineux.

La plupart de ces dispositifs et appareils ont été inventés et mis au point par la maison DUBOSCQ.
Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Source de l’article : “L’électricité au théâtre” par Julien LEFEVRE – Paris A. GRELOT éditeur de l’Encyclopédie Electrique – Vers 1894

 

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Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Posté par Patrice Guerin le 29 mars 2013

L’apparition de spectres translucides et impalpables est un phénomène – réel ou artificiel -  qui existe depuis la plus haute antiquité et fascine les esprits les plus crédules, « Apparition de spectres, Fantômes et Revenants, tels qu’ils ont dû et pu apparaître dans tous les temps, dans tous les lieux et chez tous les peuples » ROBERTSON.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité

Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre dans Projections pour Spectacles spectres-01-300x183  Gravure figurant en frontispice du livre “Mémoires récréatifs scientifiques et anecdotiques” de E.G. Robertson – 1840

Ce type d’illusion a été très utilisé à la fin du XVIIIe siècle et l’on en retrouve des descriptions précises dans les “Mémoires” du physicien Etienne-Gaspard ROBERT dit ROBERTSON (Voir PORTRAITS) qui imagina à l’époque divers spectacles de fantasmagories.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Tombé en désuétude quand les stratagèmes de ROBERTSON furent dévoilés, ce genre de spectacle revient à la mode dans les années 1850, lorsqu’un illusionniste, Henri ROBIN (1803-1874), présente sur scène l’image de personnages vivants vivement éclairés à la lumière électrique.

spectres-02-113x150 dans Projections pour Spectacles  Tambour fantôme et Robin – 1852 – Collection Christian Fechner

« Ce fut en 1845 que j’eus l’idée d’une nouvelle invention pour produire ces sortes d’apparitions. Ayant rencontré des obstacles sans nombre à l’exécution, je dus attendre jusqu’en 1847 pour arriver à un résultat satisfaisant. C’est à cette époque que, pour la première fois, je les présentai au public sur les théâtres de Lyon et de Saint-Etienne sous le nom de Fantasmagorie vivante. A mon grand étonnement je fis peu d’effet. Il manquait à ces apparitions pour obtenir l’illusion complète, le perfectionnement que j’y ai introduit depuis. Arrivé enfin à mon but, je les donnai avec beaucoup de succès à Venise, à Rome, à Munich, à Vienne, à Bruxelles, mais comme ces expériences me causaient grand embarras, je me vis forcé de les mettre de côté pendant quelque temps. »

Source Artefake cliquer ici

spectres-03-150x95  Armoire spirite théâtre Robin – 1867 – Collection Christian Fechner

En 1862 Henri ROBIN crée son propre théâtre situé boulevard du Temple à Paris. Cependant ROBERT-HOUDIN précise que le “truc” des spectres fut imaginé en 1863 par M. PEPPER, directeur du Polytechnic Institution de Londres.

Voir : Ghosts Geister & Fantômes in the theater

robertson-11-150x91

En 1863 au Chatelet, cette technique est utilisée dans “Le secret de miss Aurore” puis en 1868, au théâtre de l’Ambigu, des spectres apparaissent lors du dénouement de la pièce intitulée “La Czarine”. Les effets sont réglés par ROBERT-HOUDIN lui-même qui en décrit le processus dans son livre posthume intitulé “Magie et physique amusante” chez Calmann Lévy 1877. « Un savant, M. de Kempelen, dévoué à la czarine, parvient, à l’aide de procédés scientifiques, à déjouer les projets criminels du faux prétendant… et pour achever de le confondre, il annonce qu’il va évoquer l’ombre de Pierre III ».

Pour voir ce livre cliquer ici

spectres-04-300x193  Cette gravure se trouve, entre-autres, dans le livre de MOLTENI “Instructions pratiques sur l’emploi des appareils de projection” et en couverture du livre de Julien LEFEVRE “L’électricité au théâtre” – Collection P.G.

L’acteur, placé sous la scène, reçoit un faisceau lumineux très intense provenant d’une grosse lanterne de projection équipée d’un système d’éclairage à arc électrique. Entre lui et la lanterne se trouve une première glace sans tain inclinée à 45° qui fonctionne comme un miroir et renvoie l’image du personnage sur une seconde glace transparente parallèle à la première qui réfléchit cette image vers le spectateur « bien entendu on dissimule les bords de cette glace au milieu de décors et d’accessoires tels que simulacres de roches ou d’arbres ». La salle doit être plongée dans une obscurité totale pour que l’on ne voit aucun reflet sur le miroir afin d’avoir l’impression que le fantôme est réellement sur scène, comme on le voit à l’arrière de celle-ci.

robert-15-150x103  Spectacle vu par les spectateurs

Dans certain cas, la lanterne se trouve sous la scène et le figurant est placé dans une fosse côté spectateurs. Il n’existe alors qu’un seul miroir sur scène, mais le spectre vu par les spectateurs est alors inversé – de gauche à droite – par rapport au figurant. Dans tous les cas, l’éclairage de la scène est réglé de telle manière que l’on puisse voir simultanément le spectre diaphane par réflexion sur la vitre et les acteurs à travers celle-ci, en ayant l’impression qu’ils sont dans le même espace.

1-fantasmagorie-02-150x97  Dans ce type de représentation, il n’est pas  nécessaire que la lanterne soit mobile car elle ne projette pas une image, mais uniquement un faisceau lumineux

Les puissants régulateurs électriques, dont l’invention est due à monsieur DUBOSCQ dans les années 1850, ont progressivement permis de créer des effets de plus en plus spectaculaires « Le vif éclat de l’arc électrique le rend éminemment propre à fournir sur la scène des théâtres une brillante lumière, susceptible d’être utilisée dans une foule de circonstance ».

spectres-05-206x300  Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQAutres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Par la suite ce procédé a bien souvent été modifié pour produire d’autres illusions d’optique tels que le “Décapité parlant” exhibé pour la première fois en Angleterre par le colonel STODARE et les nombreuses imitations qui en ont été faites comme la “Demie-femme”, le “Buste isolé”, la “Femme à plusieurs têtes”, “Stella” etc.

 

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Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Posté par Patrice Guerin le 12 septembre 2012

En consultant différents catalogues de la maison DUBOSCQ PELLIN, ainsi que certaines revues du XIXe siècle dont “La Nature”, on constate que la fameuse “lanterne photogénique” fabriquée par DUBOSCQ dans les années 1850, n’est pas le seul projecteur portant cette signature.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQLa maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Il existe au moins trois ou quatre autres lanternes de projection, fort différentes de celle-ci, qui auraient été fabriquées par la maison DUBOSCQ PELLIN.

 Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN dans Lanternes projection Duboscq-71-85x150  “Catalogue des appareils employés pour la photographie sur plaques, sur verre, sur papier, construits dans les ateliers de M. J. DUBOSCQ opticien” de 1862, page 23

1 – l’appareil “Agrandisseur des épreuves microscopiques” est ainsi défini : « Les épreuves obtenues à l’aide du Polyconographe sont destinées à être agrandies. La question de l’amplification des positifs à l’aide de négatifs microscopiques ne pouvait être résolue qu’à l’aide d’un appareil grossissant, n’altérant nullement les détails du négatif. L’appareil amplificateur se compose d’une lentille convergente placée au delà du centre d’un miroir concave qui concentre les rayons lumineux sur le négatif à amplifier avant de traverser un système de lentilles convergentes afin de former à distance convenable une image renversée et agrandie sur l’écran qui porte le papier positif sensibilisé. La lentille convergente de 110 mm de diamètre est renfermée dans une boîte cylindrique en laiton de 25 cm de circonférence et de 70 cm de hauteur à l’intérieur de laquelle on peu placer une source de lumière électrique ».

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

NB Ce catalogue ne présente pas d’autres lanternes de projection, on peut donc supposer que la “Lanterne Photogénique” est postérieure à cette date. Par contre à la même époque il existe une lanterne cylindrique assez similaire à ce modèle fabriquée par Newton en Grande-Bretagne.

Duboscq-72-114x150 dans Lanternes projectionLanterne Newton – Collection J-P.V.

La particularité de cette grosse lanterne est qu’elle possède trois types d’objectifs différents qui peuvent tourner autour de la lanterne centrale afin de se trouver dans l’axe de projection désiré.

Duboscq-73-104x150  Duboscq-74-104x150  Catalogue PELLIN de 1900, page 17 et page 18 – Collection G.V.

Dans ce catalogue de 1900, on découvre deux nouvelles lanternes en plus de la “Lanterne Photogénique”.

Duboscq-75-111x150Collection Antic-Photo

2 – La “Lanterne de M. PELLIN” qui contient un appareil électrique à charbons inclinés, dont le rapprochement se fait à la main, un bouton servant à avancer simultanément les deux charbons tandis que l’autre permet de centrer le point lumineux.

Duboscq-76-108x150

3 – La “Lanterne de M. le Dr ROUX consiste principalement en un chalumeau vertical à gaz oxhydrique formé de deux tubes concentriques. Au centre se place une petite sphère de magnésie que la flamme entoure de toutes parts et qu’elle porte à l’incandescence. Cette source lumineuse est placée au centre d’une lanterne équipée d’un miroir, d’un condensateur et d’un objectif télescopique. Cette lanterne de projection est employée à l’Institut Pasteur, à l’Ecole de Médecine de Paris, etc.

Voir : Chalumeau oxhydrique DUBOSCQ PELLIN

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Enfin il est écrit dans ce catalogue « Nous construisons sur demande des lanternes pour les différents régulateurs qui se trouvent dans le commerce. Dans ce cas nous adresser un croquis coté des dimensions des régulateurs ». La lanterne ci-dessus est un modèle de théâtre, fabriqué en bois et muni d’un réflecteur argenté, destiné à éclairer vivement une partie de la scène.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

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Il existe aussi un catalogue spécial concernant les « Lanternes diverses pour effets scéniques au théâtre ».

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Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Posté par Patrice Guerin le 19 novembre 2010

Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON dans Projections pour Spectacles fantasmagorie-11-150x119  Représentation de fantasmagorie au théâtre des Pantagoniens italiens – 1807 – Collection F.B .

La fantasmagorie est un type de spectacle apparu à la fin du XVIIIe siècle, en pleine période révolutionnaire (et de terreur !).  On considère qu’elle a été inventée par ROBERTSON (voir PORTRAITS) qui dépose un brevet en 1799, afin de « mettre son art à l’abri des utilisations dangereuses ».

Voir : Brevet d’invention du Fantascope

Malgré cela, différents lieux, animés par différentes personnes ou compagnies, furent, à la même époque, consacrés à ces représentations.

fantasmagorie-13-150x110 dans Projections pour Spectacles

Le grand succès de la fantasmagorie dura une dizaine d’années environ, tant que les procédés restèrent secrets. Il repose sur trois éléments clés : la naïveté des spectateurs ; le pouvoir suggestif du présentateur ; les nombreux “effets spéciaux” visuels et sonores. Voici comment ROBERTSON présente son spectacle : ’’Apparition de spectres, Fantômes et Revenants, tels qu’ils ont dû et pu apparaître dans tous les temps, dans tous les lieux et chez tous les peuples. Expériences sur le nouveau fluide connu sous le nom de galvanisme, dont l’application rend pour un temps le mouvement aux corps qui ont perdu la vie. Un artiste distingué par ses talents y touchera de l’harmonica. On souscrit pour la première séance qui aura lieu mardi 4 pluvîose, au Pavillon de l’Échiquier.’’ annonce datant du 20 janvier 1798.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité

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L’élément essentiel, si ce n’est primordial, du spectacle est le secret  des manipulations. Il ne faut pas que les spectateurs puissent découvrir les appareils et leur fonctionnement. Les projections se font sur un écran transparent séparant la salle en deux parties : d’un côté se trouvent les spectateurs ; de l’autre sont disposés les appareils, accessoires et manipulateurs.  « Dans un lointain très reculé, un point lumineux semblait surgir. Une figure, d’abord petite, se dessinait, puis s’approchait à pas lents, et à chaque pas semblait grandir. Bientôt d’une taille énorme, le fantôme s’avançait jusque sous les yeux du spectateur, et au moment où celui-ci allait jeter un cri, disparaissait avec une promptitude inimaginable ». ROBERTSON “Mémoires”.

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«  Quelquefois le fantôme s’élève sur un nuage de fumée obtenu en brûlant de l’encens sur un autel antique. Des masques de cire, renfermant une lanterne sourde, surgissent soudainement au milieu des spectateurs, tenues par des comparses revêtus d’un linceul blanc… Des chauves-souris ou des têtes de mort vont et viennent en tous sens sur la toile. Elles proviennent de petites lanternes maintenues par des courroies sur le corps d’autres opérateurs. ».

fantasmagorie-14-117x150  fantasmagorie-16-131x150  A droite, dessin provenant du brevet de ROBERTSON

L’appareil clé du spectacle est le Fantascope. Il s’agit d’une grosse boîte de projection mobile contenant un système d’éclairage, un passage pour mettre des vues et un objectif réglable souvent muni d’un obturateur. Voilà comment ROBERTSON le décrit dans son brevet, page 04 : « J’ai fait construire un appareil de 5 pieds de haut sur 2 et ½ de largeur et 3 pieds de longueur, en bois de noyer. La partie supérieure est totalement fermée comme une chambre, on y communique par une porte. Sur le coté le moins large de l’appareil est une ouverture de 8 pouces en quarré dans laquelle doit s’ajuster à demeure un tuyau de même forme aussi en bois et long de 15 pouces (objectif) il entre dans la chambre de 4 pouces, l’intérieur doit être noirci à la détrempe afin qu’il n’y ait point de réflexions… »

Cette lanterne – ”Magique” puisqu’elle est cachée – permet d’effectuer deux manipulations : d’une part, grossir ou réduire l’image projetée en reculant ou avançant la lanterne par rapport à l’écran (travelling) et d’autre part varier l’intensité lumineuse à l’aide d’un volet ou “œil de chat” situé sur l’objectif.

Voir : Description et fonctionnement du FantascopeFantascope en forme de lanterne magique

fantasmagorie-18-97x150  Lorsque la lanterne est adaptée – lanterne à deux objectifs ou double lanterne – elle peut aussi  projeter des images en fondus enchaînés, appelés aussi “vues fondantes” (traduction de “dissolving views”). Par la suite on trouvera des fantascopes dans les catalogues de certains fabricants d’instruments d’optique.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

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« Pour faire servir ma lanterne aux démonstrations de physique, d’anatomie, d’histoire naturelle et même de botanique, j’ai imaginé le moyen d’imprimer sur le verre les gravures que l’on trouve dans les livres qui servent à l’explication des sciences ». Cf brevet Robertson page 09. Les sujets projetés sont très variés, mais les thèmes de prédilection de l’époque sont la mort, les squelettes, le diable, les monstres et autres sujets érotiques voir même scatologiques.

Tous ces sujets peuvent être de trois types.

fantasmagorie-19-150x150  Collection F.B.

1 Des plaques de verre simples dont les images sont peintes à la main sur un fond opaque. Voir : Dance of Ghosts and Death / Danse du fantôme avec la mort

fantasmagorie-20-150x93  fantasmagorie-21-300x125Collection F.B.

2 Des plaques à système permettant de transformer la figure, souvent de façon grotesque.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection

fantasmagorie-23-300x188  Voir : Fantascope en forme de lanterne magique

3 Des sujets en cuivre mince découpé, munis de tiges servant à la faire bouger, voir même à les animer. Ces objets étant opaques ils ne sont pas projetés par transparence, mais par réflexion ou en ombre chinoise.

Pour voir d’autres vues de fantasmagorie cliquer ici

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Une cinquantaine d’années plus tard, vers les années 1850, on se servira de personnages vivants, travestis en fantômes ou autres personnages suivant le sujet de la pièce présentée, pour créer un nouveau type d’effets sur scène.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre - Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

 

 

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Brevet d’invention du Fantascope

Posté par Patrice Guerin le 19 novembre 2010

1799 Loi 3  Extrait du Bulletin Des Lois De La République N°268.

Brevet d’invention du Fantascope – ou perfectionnement de la lanterne de Kircher – déposé par le citoyen Etienne Gaspard ROBERT, dit ROBERTSON (voir PORTRAITS) le 27 ventôse l’an 7 (17 mars 1799).

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Extrait des registres des délibérations du Directoire exécutif.

Paris, le vingt sept Ventôse l’an sept de la République française, une et indivisible.

Brevet d’invention établi par la loi du 7 janvier 1791.

Au nom de la République française, une et indivisible,

le Directoire exécutif.

Vû la pétition présentée par le citoyen Etienne Gaspard Robert, professeur de physique, demeurant à Paris, rue de Provence, n°24, dans laquelle pétition il expose qu’il désire jouir des droits de propriété assurés par la loi du 7 janvier 1791, vieux style, aux auteurs des découvertes et inventions en tous genre et d’industrie, et en conséquence obtenir un brevet de cinq année, pour un appareil qui est le perfectionnement

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de la lanterne de Kircher, nommée lanterne magique, et qu’il nomme Fantascope, appareil dont il a déclaré être le perfectionneur et l’inventeur, ainsi qu’il résulte du procès verbal dressé le 7 de ce mois au secrétariat de l’administration centrale du département de la Seine, aux termes de la dite loi en date du 7 janvier 1791.

Vû un mémoire descriptif des moyens et des procédés que le dit citoyen Robert emploie pour l’exécution d’un appareil ainsi que les dessins indicatifs de ces procédés, desquelles mémoire et dessins la teneur et la copie demeureront ci jointes.

Le Fantascope ou perfectionnement de la lanterne de Kircher.

C’est en s’occupant de la recherche d’un mécanisme applicable à la direction des miroirs de Buffon, et qu’il a offerte à l’Institut national en Germinal an 4, que le citoyen Etienne G. Robert, professeur de physique au département de l’Ourthe*, a trouvé le moyen de rendre utile un instrument de physique qui jusqu’à présent n’a paru qu’un meuble inutile dans le cabinet du physicien.

C’est à la lanterne de Kircher, connue généralement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire ; c’est à elle aussi que nous devons

* Cet ancien département français a été créé le 1er octobre 1795 suite au vote populaire exprimé au Pays de Liège le 17 février 1793 et a été dissous en 1814.

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Le Fantascope ou perfectionnement de la lanterne de Kircher

C’est en s’occupant de la recherche d’un mécanisme applicable à la direction des miroirs de Buffon, et qu’il a offerte à l’Institut national en Germinal an 4ième, que le citoyen Etienne G. Robert, professeur de physique au département de l’Ourte a trouvé le moyen de rendre utile un instrument de physique qui jusqu’à présent n’a paru qu’un meuble inutile dans le cabinet du physicien.

C’est à la lanterne de Kircher, connue vulgairement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire ; c’est à elle aussi que nous devons l’instrument que je nomme Fantascope et qui est le perfectionnement de la lanterne de Kircher.

Encouragé par la protection que le gouvernement accorde aux artistes qui font faire un pas de plus aux sciences et aux arts, je demande pour cinq années l’assurance de cette propriété qui est la récompense des recherches et des dépenses que j’ai faites pour ce perfectionnement.

Cet instrument ainsi perfectionné devient utile aux démonstrations et à l’explication de tous les problèmes d’optique, de dioptique et de catoptrique ; il donne des moyens faciles d’expliquer les illusions de l’optique et les règles de la perspective linéaire et aérienne. Les peintres, les dessinateurs peuvent 

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l’employer pour l’imitation ou les corrections de leurs ouvrages

Construction de l’appareil

J’ai fait construire un appareil (A fig. 1ère) de 5 pieds de haut sur 2 et ½ de largeur et 3 pieds de longueur, en bois de noyer. La partie supérieure est totalement fermée comme une chambre, on y communique par une porte en B. En CCCC au bas de l’appareil sont appliqués de chaque coté deux coulisseaux en buis ayant la forme D (fig. 2) de 2 pouces de long qui servent à reposer l’appareil et à le faire couler « saucriformement” silencieusement sur deux

Fig 1   Fig 2

règles de cuivre qui ont 12  pieds de longueur, ces règles que l’on fixe sur le parquet d’une manière parallèle et surtout bien horizontalement reçoivent les coulisseaux D (fig. 2) ou CCCC (fig. 1) c’est sur ces règles E E que doit glisser mollement tout l’appareil, la partie qui touche les coulisseaux doit être en manche de couteau afin qu’il y ait le moins de frottement comme la fig. 3eme qui montre le profile de la régle qui pourrait aussi se faire en bois très fort.

Fig 3eme

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Sur le coté le moins large de l’appareil en F (fig. 1) est une ouverture de 8 pouces en quarré dans laquelle doit s’ajuster à demeure un tuyau de même forme aussi en bois et long de 15 pouces (fig. 4) il entre dans la chambre A de 4 pouces, l’intérieur doit être noirci à la détrempe afin qu’il

Fig 4    Fig 5

N’y ait point de réflexions. Dans ce tuyau doit marcher une plaque de cuivre au centre de laquelle peuvent s’adapter des verres d’un foyer plus ou moins long G (fig 5e) à cette plaque est soudée une crémaillère que fait marcher une roue dentée H (fig 4) et celle ci est mue par un bouton qui est en dehors du tuyau, en faisant tourner ce bouton on fait marcher la plaque de cuivre K d’un bout du tuyau à l’autre et conséquemment le verre qu’il porte, de l’autre coté du tuyau en A (fig 6) il doit y avoir une raynure pour pouvoir y ajouter des verres de différents foyers et montés dans des châssis comme B (fig 7).

Fig 6    Fig 7

Deux châssis et deux verres de rechange suffisent pour faire presque toutes les expériences, le premier B contiendra un verre 

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de 20 pouces de foyer et 8 pouces de diamètre, le second contiendra un verre plan convexe de 6 pouces de foyer et 8 pouces de diamètre.

Il faut avoir aussi pour la plaque K (fig 5) deux verres de rechange aussi, un de 6 pieds de foyer même plus et l’autre de 8 à 10 pouces.

Pour éclairer les objets dans l’intérieur de la machine ayez un quinquet à 4 branches B (fig8) et n’ayant qu’un corps pour y placer l’huile qui doit être bien pure.

Fig 8

Pour doubler et tripler la lumière on place des miroirs d’Allemagne qui reposent sur C et sur le dessus du magasin à l’huile D. Ce quinquet s’accroche dans l’intérieur de la chambre tout vis-à-vis de la porte B (fig 1) et de manière que les lumières soyent au niveau du tuyau F (fig 1).

Nota pour pouvoir modifier à volonté l’intensité de la lumière et conséquemment celle de la représentions des objets, il faut ménager une porte en S (fig 1 & fig 4) à l’extrémité du tuyau. Cette porte est en cuivre et se meut dans une coulisse. Cette porte est extrêmement utile pour graduer les objets, elle ne déforme en rien les objets si peu ouverte qu’elle soit elle fait toujours l’effet du diaphragme.

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Dispositions de l’appareil lorsque les objets dont on veut obtenir l’image amplifiée ou diminuée n’ont pas plus d’un pied de diamètre, tel qu’un dessin, une estampe, un bas relief ou un objet d’histoire naturelle

Fig 9

Placer dans la coulisse A du tuyau de la fig 6 ou A fig 9 le châssis B (fig 7) avec son verre de 20 pouces de foyer et dans la plaque K (fig 5) le verre de 6 pieds ou plus de foyer, j’y en mets qui ont 12 pieds de foyer mais alors l’objet est moins amplifié.

Si vous offrez un objet renversé en B (fig 9) et qu’il soit bien éclairé par les quinquets vous obtiendrez son image sur un grand châssis tendu en blanc et ayant 10 à 12 pieds de diamètre quarré, vous augmentez cette image dans les proportions de moitié du tiers de quart, de dixième ou de 20ième avec la plus grande précision : votre échelle des proportions est marquée sur les 2 coulisses D E fig 9, et

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Au moyen du bouton G (fig 9) vous placez vos verres à la distance convenable l’un de l’autre, elle est ordinairement à 6 pouces.

Si les objets dont vous voudriez avoir la représentation étaient beaucoup grand qu’un pied, alors vous supprimeriez le verre de 20 pouces en laissant seul celui du long foyer vous placeriez votre tuyau A à une cloison afin d’avoir plus de profondeur car l’appareil n’ayant que 3 pieds votre objet serait trop rapproché du verre. Vous observez alors d’éclairer le plus fortement que vous pouvez votre objet puisque vous êtes toujours le maître de modérer cette lumière par la plaque de cuivre qui ferme ou élargi le diaphragme H (fig 9) voyez à la fin la note intitulée addition.

Disposition de l’appareil lorsque les objets sont transparents.

Placez à votre coulisse A (fig 6) ou A (fig 9) un châssis C (fig 7) contenant un verre plan convexe de 6 pouces de foyer et dans la plaque K (fig 5) le verre de 8 pouces de foyer ; que votre quinquet n’ait qu’une lumière elle suffira, couvre la d’une gase ou verre dépoli afin qu’elle soit plus homogène, plus égale.

Comme il est difficile de se procurer des verres plans convexes d’un grand diamètre et d’un court foyer, j’ai imaginé il y a 10 ans de les remplacer par deux verres convexes de 8 pouces de

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foyer et placés près l’un de l’autre, alors ils peuvent tenir lieu de verre plan convexe. Si vous placez en A (fig 9) et immédiatement sur le verre plan convexe vos objets transparens tel que je l’indiquerai ci dessous vous obtiendrez la représentation avec une précision d’autant plus sévère que tout l’appareil se mouvant librement sur les coulisses vont donner le degré de l’amplification depuis le minimum jusqu’au maximum désiré. Ajouter à cela que par le moyen du bouton qui fait mouvoir la crémaillère vous ramenez toujours à la distance convenable les verres l’un de l’autre quoique tout l’appareil se meuve, avantage qui sert à expliquer les illusions d’optique et les effets de la perspective.

Pour faire servir ma lanterne aux démonstrations de physique, d’anatomie, d’histoire naturelle et même de botanique, j’ai imaginé le moyen d’imprimer sur le verre les gravures que l’on trouve dans les livres qui servent à l’explication de les sciences. Voici la méthode.

Manière d’imprimer sur le verre le papier vernis et la baudruche.

Broyez un peu de noir de fumée et un peu de blanc de plomb avec de l’huile dessicative, telle que celle des imprimeurs en taille douce ; frottez-en la planche dont vous voulez obtenir la gravure et imprimez votre objet sur un

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papier fort à la manière des imprimeurs en taille douce et au sortir de la presse appliquez ce papier sur votre verre et passez par dessus le revers de la gravure un rouleau (fig 10) d’un pouce de diamètre et 9 pouces de

Fig 10

Long. Le frottement du rouleau fixe la gravure sur le verre, mais d’une manière presqu’invisible. Vous placez aussitôt votre verre en dessus de la flamme de plusieurs bougies fines réunies, telle que des rats de cave. La fumée noircit tout le verre et s’attache à la gravure. Au bout de quinze jours votre gravure étant sèche, vous emportez votre noir avec du coton et votre verre est imprimé. Pour donner de l’effet, vous rendrez le fond opaque et vos objets ont tout l’effet que vous désirez. Si vous voulez mettre moins de suie imprimez sur la beaudruche ou le papier vernis alors ne mettez pas de blanc de plomb dans votre noir mais du noir d’ivoire, voyez les modèles 1, 2, et 3.

Plan sur lequel se peignent les objets.

Une perfection intéressante et qui devient même indispensable dans les démonstrations, c’est une cloison transparente qui donne le moyen de mettre les appareils dans la pièce

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à côté de manière sue le spectateur n’est pas distrait par les préparatifs, les déplacemens et surtout par le rayon lumineux qui l’éclaire et diminue conséquemment l’effet de l’image 2e en ce que le spectateur, lors que l’appareil est dans la même pièce que lui, ne peut être dans la ligne verticale de l’objet sans arrêter les rayons lumineux.

J’ai fait acquisition d’une boîte de trois aunes de large afin qu’elle n’eut pas de couture et pour la rendre diaphane, j’ai fait fondre de la cire vierge bien blanche dans laquelle je l’ai immergée lorsqu’elle était bouillante, je l’ai clouée à l’instant à l’ouverture faite à la cloison et, passant de proche en proche un réchaud bien allumé, j’ai étendu cette cire qui a donné à ma toile la diaphanité que je cherchois depuis si long temps. Les vernis sont trop transparens, et laissent apercevoir le foyer de la lumière, ce moyen simple que j’ai cherché pendant près de deux ans ne laisse rien à désirer, car lorsque le vernis se détériore par l’hygrométrie de la toile en passant seulement un réchaud allumé elle reprend toute sa beauté. Le premier moyen que j’avois imaginé était tout simplement un vernis de gomme arabique, voyez les modèles 4.

Les perfections que je viens d’ajouter à la lanterne de Kircher la rende un instrument utile : montée de cette manière nouvelle et avec les précisions indiquées, elle peut servir aux artistes pour calquer ou obtenir des effets vrais en y plaçant des bas reliefs qu’on obtient dans toute sorte

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de projections en un seul coup de main, qui fait glisser l’appareil sur ses coulisses et assure les verres à leurs justes foyer par la crémaillère. 2e elle a l’avantage de servir aux corps sans avoir besoin du soleil et remplace le microscope solaire. 3e elle modifie et calcule avec facilité et précision des agrandissements de l’objet par l’échelle sur les coulisses qui supportent l’appareil ; par ce moyen on explique d’une manière facile la divergence des rayons dans des verres concaves ou convexes. 4e La cloison transparente et qui tient toujours l’objet à la même distance du spectateur soit que l’objet soit petit ou amplifié, il n’est pas obligé de se déplacer pour aller chercher le spectre lumineux comme on a toujours fait dans les expériences sur la lumière. 5e Cette immobilité de la cloison est indispensable pour les objets de comparaison ou et pour les artistes lorsqu’ils veuillent tracer, corriger ou calquer, ils peuvent se mettre dans la ligne verticale de l’objet sans faire ombre vers l’objet. Cette disposition d’ailleurs donne la facilité de faire des expériences devant une assemblée nombreuse. 6e le moyen d’imprimer sur verre la beaudruche ou le papier vernis les planches d’anatomie, d’histoire naturelle ou de géographie donne beaucoup de facilité pour la démonstration de ces sciences qui demandent plus que les autres qu’on parle aux yeux pour éclairer l’entendement.

Le citoyen Robert espère qu’on voudra bien lui assurer la propriété de ce perfectionnement à la lanterne de

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Kircher comme étant la récompense des recherches qu’il a faites depuis plus de cinq ans.

Le citoyen E. G. Robert prof. De physique au Dept de Lourte

Addition à la page 6

En faisant cette expérience pour obtenir l’image des corps opaques, j’ai tenté de mettre les chambres obscures à la lumière artificielle et après une infinité d’essais difficiles j’ai vaincu les difficultés par un appareil extrêmement simple. Je cherchois à obtenir l’image d’une personne qui serait debout, de manière qu’elle se présentât dans la même position sur ma cloison transparente. Dans toutes les chambres obscures l’objet se présente renversé ; les verres convexes et les miroirs que j’employois pour redresser l ‘objet absorboit toute la lumière et défformoit l’image.

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Construction

Dans une pièce A se place l’objet à la distance de 15 pieds de la cloison B et vient se peindre sur un prisme C ou miroir de métal, là il se renverse et

Fig 11

vient passer par le verre convexe D dont le foyer doit être en raison du grossissement que l’on désire depuis 3 pieds jusqu’à 5. L’image arrive de cette manière renversée en D se relève au delà du foyer du verre et se peint dans la situation convenable sur la cloison transparente R. Ici faut multiplier les miroirs d’Allemagne pour éclairer l’objet et mettre un diaphragme à la croisière des rayons S.

E. Robert prof. de physique

SOURCE : INPI
Voir : Description et fonctionnement du Fantascope

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