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Les débuts de l’Arc Voltaïque

Posté par Patrice Guerin le 24 juillet 2019

Ducretet 01Lampe à arc électrique manuel BOUDREAUX / DUCRETET

La lampe électrique à “arc voltaïque” se compose essentiellement de deux baguettes de charbon, taillées en pointe comme des crayons et placées dans le prolongement l’une de l’autre. « Entre ces petites baguettes doit jaillir le flux électrique, qui devient alors l’arc voltaïque. »(1)

Ducretet 02Gros plan de l’arc électrique tel qu’il était représenté au XIXe siècle

Lorsque l’on veut allumer la lampe, il faut que le courant traverse les baguettes de charbon. Pour cela il convient de mettre les charbons en contact, bout à bout et, lorsque les extrémités taillées en pointe rougissent il faut alors écarter les baguettes de charbon à une certaine distance l’une de l’autre pour forcer l’arc voltaïque à se développer avec toute sa puissance éclairante.

Ducretet 03  Premier “Porte charbons” à l’air libre pour produire de la lumière

Au début les charbons étaient fixés à des tiges métalliques dont l’une coulissait “à frottement” dans un anneau fixe. « Les manœuvres se faisaient à la main : on poussait la tige mobile pour allumer la lampe, on la relevait un peu pour étendre l’arc voltaïque, puis on l’avançait de nouveau de temps à autre quand l’éclat lumineux semblait diminuer. »(1)

Ducretet 04  Premier “Porte charbons” sous vide pour produire de la lumière, type œuf de DAVY

C’est ainsi qu’avait opéré sir Humphry DAVY en 1813, soit à l’air libre, soit dans le vide. « DAVY n’avait pas songé à utiliser l’arc voltaïque pour l’éclairage ; l’idée de cette application revient à Léon FOUCAULT qui, en 1844, choisit comme conducteur… des petites baguettes taillées dans du charbon de gaz, dur et très peu combustible. Avec l’aide de DELEUIL, il procéda, sur la place de la Concorde, à un premier essai d’éclairage public par l’électricité. »(2)

VOIR : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Ducretet 05  Régulateur à main de M. BOUBREAUX

Ces premiers appareils peu pratiques ont été remplacés par le régulateur à main de M. BOUDREAUX, aussi appelé “Porte charbons vertical”. Muni de plusieurs molettes de réglage il permet d’ajuster facilement la hauteur de l’arc et l’écartement des charbons au fur et à mesure de leur usure.

Ducretet-06Régulateur à main BOUBREAUX dans une lanterne SOLEIL-DUBOSCQ premier modèle

Cet éclairage de forte puissance est utilisé dans les lanternes de projection telle que la lanterne “Photogénique” DUBOSCQ ainsi que dans de nombreuses expériences sur la lumière électrique. Il est construit par M. DUCRETET. Par la suite un mécanisme d’horlogerie permettra un ajustement automatique de la distance entre les charbons.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

(1) Source : “La Lumière Électrique” par Em. Alglave et J. Boulard, Librairie Firmin-Didot et Cie Paris 1882. 
(2) Source “Le Règne de l’électricité” par Gaston Bonnefont, Alfred Mame et fils éditeurs à Tours, 1895.

 

 

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L’éclairage électrique pour lanternes familiales

Posté par Patrice Guerin le 7 décembre 2015

Electricite 01

Le  catalogue RADIGUET & MASSIOT consacré aux “Eclairages usités en projection”, édité au début du XXe siècle, présente plusieurs systèmes d’éclairage pour une « utilisation dans les appartements possédant des canalisations inférieures à 5 ampères ».

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Il existe trois systèmes d’éclairage pouvant être proposés à toute personne possédant le courant électrique.

Electricite 02Ampoule à filament carbone pour la projection

1° – L’éclairage par lampe à incandescence, aussi appelé incandescence dans le vide (ampoule électrique) modèle ordinaire de 16 bougies ou lampes dites “Focus” de 50 à 100 bougies. Cet éclairage permet d’obtenir une image de 1,50 mètre au maximum, « c’est une sorte de lanterne magique pour amuser les enfants ».

Voir : Invention de l’ampoule électrique

Electricite 03Lampe borne NERNST pour le projection

2° – L’éclairage par lampe à incandescence à l’air libre de marque “Nernst”, dont le principe consiste à chauffer jusqu’à l’incandescence une matière très résistante dans laquelle passe le courant électrique. Cet éclairage dégage l’utilisateur de tout soucis de réglage et donne une image bien éclairée de 2 mètres environ.

Voir : Ampoules à incandescence NERNST

Electricite 04Petit arc électrique pour la projection

3° – L’éclairage par arc électrique à faible débit pouvant être directement branché sur un circuit domestique ordinaire. Cet éclairage offre « aux personnes ne craignant pas un réglage un peut délicat » une image “éclatante” proportionnellement comparable à celles obtenues dans les salles de conférences. Il existe aussi des arcs à haut débit, jusqu’à 50 ampères, utilisés par les professionnels et nécessitant une installation électrique particulière.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

« Nous n’avons pas crû devoir créer un type spécial pour arc à faible débit exclusivement. Indépendamment de la fragilité, il n’y aurait eu qu’un avantage très minime en prix par rapport à nos modèles qui peuvent supporter une intensité de 10 ampères. Il faut donc que l’utilisateur dispose d’une canalisation convenable pour ce débit. Jusqu’à ce jour le courant alternatif ne permettait pas le fonctionnement d’un arc de faible intensité. Dans ce cas, l’arc a une tendance incessante à “tourner” autour des charbons, même en substituant au rhéostat ordinaire une bobine de self-induction. »

Electricite 05

Pour contourner ce problème, RADIGUET & MASSIOT met au point un dispositif nouveau permettant de “fixer” l’arc électrique du côté de la projection. « Pour bien maintenir celui-ci dans une direction fixe, vers le système optique, il suffit de placer contre les deux extrémités actives des charbons une gaine demi-circulaire en chaux très réfractaire. Celle-ci constitue une véritable paroi s’opposant au mouvement de l’arc. Elle devient incandescente et forme même un très utile réflecteur. » Cette gaine en chaux est insérée dans un support métallique terminé par une tige permettant de la fixer au support de projection.

 

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Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Posté par Patrice Guerin le 26 juin 2014

Laverne 01  Extrait du catalogue LAVERNE – 1889

« La maison LAVERNE livre, à raison de 115 frs, un appareil scolaire à deux usages (vues transparentes et corps opaques), qui a en outre l’avantage de pouvoir être employé avec une lampe à pétrole à 4 ou 5 mèches pour un usage courant ou avec un chalumeau oxhydrique, pour les grandes conférences publiques… De nombreux instituteurs peuvent obtenir cet appareil par souscription ; ils s’adressent tout d’abord au Député, aux Conseillers Généraux et d’Arrondissement, puis au Maire, aux Conseillers Municipaux et aux amis de l’Ecole.  » Source : “Catalogue de collections de vues” de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses – 1892

Voir :  La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Laverne 02  Laverne 03   Laverne 04

Le corps de l’appareil est en tôle pleine, monté sur quatre colonnes en cuivre nickelé reposant sur une tablette en acajou verni qui assure une parfaite stabilité. La lanterne est équipée d’une porte à l’arrière pour introduire l’éclairage au pétrole et d’une porte latérale permettant de régler un éclairage à arc électrique ou un chalumeau oxhydrique. De façon standard, elle est équipée d’une lampe à pétrole à cinq mèches avec réflecteur. Le condensateur est composé de deux lentilles plan convexe de 103mm de diamètre, montées dans un tube en cuivre à virole à vis pour faciliter le démontage. L’objectif de combinaison double à portrait, mesure 43mm à l’avant et 52mm de diamètre à l’arrière. Il est monté dans une monture en cuivre nickelé, avec crémaillère pour la mise au point. Prix de l’appareil en 1889 : 115 frs.

Laverne 06   Laverne 07   Laverne 08  Laverne 05 Gravure collection G.V.

La lampe à pétrole à 5 mèches qui équipe cette lanterne est relativement différente des lampes classiques à 3 ou 4 mèches. En effet la chambre de combustion est entourée d’une seconde paroi extérieure permettant une circulation de l’air entre les deux parois afin de diminuer l’échauffement de la lampe. Une série de trous placés sur le dessus facilite l’évacuation de l’air. L’avant est fermé par un verre carré incassable, tandis que l’arrière se ferme par un couvercle réflecteur articulé, au centre duquel se trouve un petit verre circulaire coloré. Afin de garder son éclat, ce miroir est protégé du foyer par un verre lui aussi articulé. Une cheminée de grande hauteur permet d’assurer le tirage de cette lampe à 5 mèches.

Voir : Lampe à pétrole “Maxima” de MAZO

Laverne 09  Lanterne LAVERNE équipé d’un arc électrique vertical manuel DUCRETET

Le fond de l’appareil peut s’enlever pour découvrir une ouverture circulaire permettant l’introduction d’autres appareils d’éclairage tels qu’une lampe à pétrole ordinaire, une lampe à gaz, un arc électrique ou un chalumeau oxhydrique.

Voir : Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Laverne 10   Laverne 11  Laverne 12

La disposition avant de cet appareil est particulière. Le traditionnel cône porte-objectif est remplacé par une boîte oblongue supportant un objectif fixé sur une plaque qui peut coulisser verticalement afin de projeter soit des documents transparents – position basse – soit des documents opaques – position haute -. A l’intérieur, un miroir peut être relevé afin d’orienter les rayons lumineux vers le document opaque placé dans un support de 7×10,5cm. « Cependant pour les corps opaques il convient de rapprocher l’appareil de l’écran et d’augmenter, dans la mesure du possible, l’intensité lumineuse… Mais ce système pour la projection de corps opaques est de beaucoup supérieur à celui du cône coudé employé avec d’autres lanternes. »

Voir :  Un APHENGOSCOPE amélioré

Laverne 13   Laverne 14

Il est possible d’enlever cette boîte oblongue pour la remplacer par un cône additionnel sur lequel on place l’objectif de la lanterne. Sur le plateau qui se glisse dans les rainures de la boîte se trouve une tablette mobile destinées à recevoir divers appareils de démonstration pour les expériences scientifiques tels que cuves ou tubes à liquides, expériences d’électricité, etc. Prix de l’appareil en 1889 : 125 frs.

Laverne 15   Laverne 16   Modèle possédant quelques différences, telles que le socle et les portes du corps de lanterne

Cet appareil réunit tous les avantages que l’on peut attendre d’une lanterne éclairée au pétrole tout en offrant l’intérêt d’être utilisable dans une grande salle ou un amphithéâtre avec un éclairage plus puissant. Il a été adopté par de nombreux organismes d’enseignement par l’Aspect, tels que La Ligue de l’Enseignement et l’Education PopulaireLa Société Nationale des Conférences PopulairesLa Société d’Enseignement par les projections lumineuses du Havre, la Commission de l’Enseignement de la Ville de Paris, etc.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Laverne 17 Lanterne “La Petite Parisienne” LAVERNE

Une version différente de cette lanterne est présentée dans le catalogue LAVERNE de 1889. Elle est dénommée “La Petite Parisienne”. Elle fait partie des lanternes à deux usages mais ne comporte pas de pieds, ce qui limite le choix des éclairages et donc l’usage. Elle est en tôle pleine, vernie noir décorée de filets or, et possède une porte latérale pour accéder à l’éclairage. L’ensemble repose sur un socle en acajou verni. L’éclairage est produit par une lampe à pétrole à cinq mèches surmontée d’une cheminée télescopique. Cette lanterne est équipée d’un condensateur de 103mm monté dans un tube en cuivre à virole à vis pour faciliter le nettoyage.

Le devant de l’appareil est semblable aux lanternes sur colonnes. La plaque avant, qui supporte un objectif double portrait de 43mm de diamètre, peut coulisser verticalement pour projeter des vues transparentes ou opaques. A l’intérieur, un miroir articulé se relève à l’aide d’une languette perforée dans laquelle on place une goupille en fonction de l’inclinaison souhaitée. Prix de l’appareil en 1889 : 105 frs avec  boîte de transport en tôle.

 

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Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 23 mars 2014

Duboscq 101  Lanterne DUBOSCQ avec son régulateur 1er modèle alimenté par une série de piles Bunsen

Dans les années 1870, il n’existe que deux procédés pour produire du courant électrique. Soit en utilisant des piles, soit en se servant d’une machine magnéto-électrique, utilisée à l’époque pour toutes les installations industrielles comme les travaux de nuit, l’éclairage des phares, des navires, des chantiers, etc.

Voir : Les premières piles électriques

Duboscq 102  Lanterne DUBOSCQ avec son nouveau régulateur

Il était donc indispensable d’adapter le régulateur électrique, inventé en France par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ en 1849, à ces deux sources électriques. En effet, lorsque les charbons produisant l’arc électrique sont alimenté par des piles, ceux-ci s’usent dans le rapport de 1 à 2. Par contre, si le courant provient d’une machine magnéto-électrique, l’usure est égale de part et d’autre, puisque le courant est alternatif. Dans le premier cas il faut donc combiner la marche des charbons dans un rapport du simple au double, et dans le second, la rendre égale. Une modification du mécanisme de ce nouveau régulateur permet d’opérer immédiatement le changement des vitesses relatives des charbons.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Duboscq 103   Duboscq 104  Duboscq 105

Dans ce régulateur, les tiges porte-charbons se terminent inférieurement par des crémaillères sur lesquelles agit un mouvement d’horlogerie situé à l’intérieur de l’appareil. Elles sont mises en action par une double roue fixée sur un même axe possédant un nombre de dents dans un rapport de 2 à 1 pour compenser l’usure inégale des charbons lorsqu’ils sont alimentés par des piles. Ce mécanisme permet aussi d’agir sur les deux charbons simultanément afin de monter ou descendre le point lumineux en fonction de la hauteur de l’axe de projection de la lumière.

Duboscq 106

Le courant qui alimente les charbons passe par un électro-aimant qui réagit en fonction de l’intensité du courant. Lorsque la tension faiblit du fait de l’usure des charbons, cela permet d’agir sur le mécanisme d’horlogerie afin de rapprocher les charbons pour obtenir un arc électrique constant. « C’est sur ce principe qu’ont été fondés presque tous les régulateurs de ce genre. » L’association de ces deux mécanismes permet un fonctionnement automatique, sans intervention humaine, durant une longue période.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras - Les débuts de l’Arc Voltaïque

 

Duboscq 107    Duboscq 108  Cet appareil est identifié “J. Duboscq à Paris – Appareil breveté S.G.D.G. – N°190”

D’après monsieur DUBOSCQ « Ainsi perfectionné, ce nouveau régulateur est rigoureusement apte à toutes les applications de l’éclairage électrique. Il remplit les conditions exigées pour l’application de la lumière électrique aux expériences scientifiques et à l’éclairage des phares, des vaisseaux, des ateliers, des théâtres, etc. »

Duboscq 109  Il existe diverses versions de ce régulateur

Source : “L’éclairage électrique” par le comte Th. Du Moncel – Librairie Hachette et Cie Paris 1880.

Theatre 12  Régulateur DUBOSCQ adapté aux besoins du théâtre pour simuler le soleil levant

Il convient de noter que le matériel fabriqué par la maison DUBOSCQ est principalement utilisé pour des expériences scientifiques ou pour l’éclairage industriel et qu’il est peu employé pour les projections lumineuses. « Aujourd’hui (en 1880) ce système de projections est très exploité commercialement, et, en dehors des appareils de M. Jules DUBOSCQ qui s’appliquent à toutes les expériences de l’optique, il y a ceux de M. MOLTENI qui sont exclusivement réservés à ce genre d’applications. » Quelques applications caractéristiques de la lanterne DUBOSCQ dans ce domaine sont la projection de vues microscopiques lors du siège de Paris en 1870 ou la projection de décors au théâtre.

Voir : Le siège de Paris en 1870 - Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

 

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Vues fondantes – Dissolving views

Posté par Patrice Guerin le 20 décembre 2013

Fondantes 01
« Installés dans votre fauteuil,
Vous allez voir surgir de l’ombre,
Pour le plus grand charme de l’œil,
Pays, portraits et sites sans nombre. »

Que la séance soit familiale, dans un cercle restreint ou en public, il est toujours bon de commencer le spectacle par un préambule qui “met en conditions” les spectateurs. Ensuite le projectionniste peut enchainer une variété de vues simples ou animées en les projetant de manière continue et sans “trou noir” sur un seul écran. Ces projections sont généralement accompagnées d’une narration en directe, de musique et d’effets sonores, donnant ainsi lieu – suivant la dextérité du projectionniste et du narrateur – à un véritable spectacle, bien avant l’avènement du cinéma.

Voir : Petit spectacle de lanterne magique - Séance de Lanterne Magique au musée Guimet

Fondantes 2c  Fondantes 2d  Incendie du beffroi d’Arras durant la première Guerre Mondiale – Vues Maison de la Bonne Presse  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les vues fondantes ou “Dissolving views” en anglais – appelées ultérieurement fondu enchainé – sont composées d’une série de deux ou trois vues complémentaires d’un même sujet ayant des aspects différents, par exemple été / hiver ou jour / nuit et même jour / nuit / illumination. Elles sont devenues très populaires à partir des années 1870, tout d’abord en Grande-Bretagne, puis en France et dans toute l’Europe.

Fondantes 03a  Fondantes 03b  Paysage  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les vues les plus anciennes sont généralement peintes à la main et représentent des scènes complémentaires dont les composantes ne sont pas tout à fait les mêmes. Dans ce paysage d’été, par exemple, il y a des feuilles sur les arbres et divers personnages que l’on ne retrouve pas dans le paysage d’hiver. Les couleurs sont très fines et lumineuses ce qui convient parfaitement à la projection.

Fondantes 04c Fondantes 04d  Tour Eiffel – Vues Newton  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Vers les années 1880, les vues photographiques pour la projection (positifs sur verre) remplacent progressivement les vues peintes. Il s’agit généralement d’une seule photographie reproduite sur deux ou trois plaques qui sont mises en couleurs à la main avec différents aspects, jour / nuit par exemple, en y ajoutant quelques détails tels que la lune ou les rayons lumineux de la Tour Eiffel.

Voir : Plaques photographiques pour la projection

Fondantes 5c  Fondantes 5d  Volcan Vésuve – Vues Newton  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Fondantes 7a  Fondantes 7b  Moulin – Henry Murphy  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Ces effets sont obtenus en utilisant une lanterne de projection équipée de deux objectifs biunial / deux en un), ou une paire de lanternes dont les images se superposent sur l’écran.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Fondantes 06  Catalogue Mazo 1905

Les fabricants de l’époque, tels que Molteni, Mazo ou la Bonne Presse en France, Newton, Mawson ou York & Son en Grande-Bretagne et d’autres encore proposent dans leurs catalogues de multiples vues fondantes accompagnées parfois des commentaires appropriés.

On trouve le même principe dans les Polyoramas et certains chromos.

Voir :  Polyorama Panoptique -  Lanterne magique chromos à système - Les collections de vues pour projection MAZO

 

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MARQUES

Posté par Patrice Guerin le 17 septembre 2013

Répertoire alphabétique des principales marques ou types d’appareils présentés sur ce site. Ce classement permet de retrouver facilement tous les appareils d’une marque, ou une famille d’appareils de différentes marques, cités dans les articles.

 

MARQUES logo-cinescope-150x62  CINESCOPE

Projecteur CINESCOPE ou Cinescopie

 

logo-comicscope-150x109  COMICSCOPE

Le COMICSCOPE et les B.D. américaines des années 40

 

Demaria 02DEMARIA-LAPIERRE

Gros appareil de projection des années 30

 

logo-dillemann-150x130  DILLEMANN

Lanterne “Tournesol” grand format

Lanterne “Tournesol”

Lanterne simplifiée “Taxisol”

Lampe à alcool SOL

 

logo-duboscq-1-150x61  DUBOSCQ

La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Loupes, miroirs et prismes SOLEIL DUBOSCQ

1er régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Chalumeau oxhydrique DUBOSCQ PELLIN

Lanterne de projection DUBOSCQ

Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Le Polyorama DUBOSCQ

Polariscope de projection PELLIN

 

logo-egber-150x76 EGBER 

Lanterne d’agrandissement EGBER

 

logo-fescourt-150x52  FESCOURT 

Lanterne de projection FESCOURT

 

logo-foca-150x77  FOCA 

Le projecteur AUDAX – FOCA

 

logo-flatters-150x78  FLATTERS & GARNETT

Microscope de projection FLATTERS et GARNETT

 

logo-gaumont-1-150x145GAUMONT

Société des Etablissements GAUMONT

Les lanternes de projection GAUMONT

 

logo-hume-150x93  HUME 

Lanterne d’agrandissement CANTILEVER

 

logo-ica-1-150x150  ICA

Projektions Apparat – ICA Dresden

Lanterne universelle ICA Dresden

Projecteur fixe 35mm ICA

 

logo-ives-150x57  IVES – Appareils trichromes

Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP

Le KROMSKOPE commercialisé par Clément & Gilmer

 

logo-johndisney-150x56  JOHNSON Disney

Projecteur de film-strip JOHNSON DISNEY

 

logo-kodak-1-150x150  logo-kodak-2-150x131  KODAK

Histoire de KODAK : 1 – Les débuts

Histoire de KODAK : 2 – Les principaux projecteurs de diapositives

Le KODIOPTICON, première lanterne de projection KODAK

Les projecteurs KODAK : RETINA et KODASLIDE model A

 

logo-korsten-150x51  KORSTEN

Les projecteurs L. KORSTEN

Les lampes à arc électrique L. KORSTEN

 

logo-lapierre-150x48  LAPIERRE 

Lanternes de projection LAPIERRE

 

Logo Laverne LAVERNE

Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

 

Logo Lefevre 2LEFEVRE

Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama

Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

 

logo-leitz-150x150  LEITZ

Histoire des projecteurs LEITZ

Projecteur Leitz ULEJA

Projecteur Leitz UDIMO

Projecteur Leitz VIII

Projecteur Leitz PARVO

Les projecteurs PRADOVIT

Leitz FADOMAT pour fondu enchaîné

 

logo-bonne-presse-1-150x102  logo-bonne-presse-2-150x148  MAISON DE LA BONNE PRESSE 

Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE

Les premières lanternes de projection de la BONNE PRESSE

Lanterne “Universel”

Projecteur Filmostop

 

logo-mazo-1-150x81  MAZO

Histoire de l’entreprise MAZO

Les origines de la Maison MAZO

Les collections de vues pour projection

Les publications MAZO et les principaux titres

Appareil de projection “Gros Modèle”

Lanternes de projection HELIOS

Lampe à pétrole “Maxima”

“OLYMPIA” lanterne de projection automatique

Les projecteurs Filmoscope de MAZO

Le saturateur d’éclairage intensif MAZO

 

MICROSCOPES SOLAIRES

Microscopes solaires de projection

Microscope solaire de CHEVALIER

Le Mégascope réfracteur achromatique de CHEVALIER

Microscope solaire de SECRETAN

Microscope solaire de BERTSCH

 

logo-molteni-150x146 MOLTENI

Histoire de la maison MOLTENI

Le laryngoscope CADIER fabriqué par la Maison MOLTENI

Les lanternes de projection MOLTENI

Appareil de famille, le brevet

Appareils de famille, premiers modèles

Appareil de famille et de classe, modèles postérieurs

Lanterne de projection télécommandée

Lanternes de projection scientifique

Lanterne d’agrandissement à chariot fixe

Support à réflexion horizontal

La visionneuse LANTERNOSCOPE

Trousse d’objectifs

Plaques animées MOLTENI

Le livre : Projections MOLTENI, les appareils et accessoires

L’enseignement par les yeux 

MOLTENI et les photographiques de la Société de Géographie

 

logo-noris-150x82NORIS

Projecteurs NORIS

 

logo-optimar-150x150 OPTIMAR 

Projecteur OPTIMAR Laterna Magica Kinder Kino

 

Optico 21 OPTIQUE COMMERCIALE

Histoire de l’entreprise OPTICO

Microscope de projection

 

logo-pathe-110x150 PATHE

Charles PATHE et les lanternes de projection

Lampes à arc électrique Pathé

Le Pathéorama et la lanterne Cocorico

La lanterne Pathé Cocorico n°6

 

logo-photoscopie-1-150x46  PHOTOSCOPIE

Le projecteur automatique AUTOSCOPE

La PHOTOSCOPIE et les différents PHOTOSCOPES

La PHOTOSCOPIE et le microfilm

 

logo-plank-150x108  PLANK Ernst

Lanternes magiques Ernst PLANK

La lanterne magique GLORIA

 

logo-radiguet-1-150x57  RADIGUET & MASSIOT

RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Projecteur de petit format

Lorsque l’enseignement des Sciences devient spectacle

Lanterne “Caméléon”

Multiprojecteur Universel

Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

 

Logo lgt  ROUSSEL

La lanterne “COSMOPOLITE”

 

logo-tiranty-150x82  TIRANTY 

Histoire de l’entreprise TIRANTY

Lanterne de projection TIRANTY Gnome

 

logo-union-150x64  UNION 

Les projecteurs UNIOGRAPHE et UNIONSCOPE

 

logo-zeiss-150x85  ZEISS IKON 

ZEISS IKON A.G.

Rétroprojecteur “Belsazar”

 

 

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Les premières piles électriques

Posté par Patrice Guerin le 17 août 2013

Bien avant que l’ampoule électrique ne soit inventée par EDISON et que l’électricité ne soit distribuée dans les villes et les campagnes au début du XXe siècle, les projections lumineuses nécessitèrent l’emploi de courant électrique pour alimenter certains systèmes d’éclairage du projecteur ou pour effectuer diverses expériences destinées à être projetées, telles que l’électrolyse de l’eau.

Voir : Invention de l’ampoule électrique - Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Les premières piles électriques dans Sources lumineuses pile-01-194x300  Gravure extraite du “Larousse pour tous” – Début XXe siècle

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le seul moyen d’obtenir de l’électricité  consiste à utiliser une pile électrique. Il s’agit d’un dispositif qui convertit l’énergie chimique en énergie électrique grâce à une réaction d’oxydo-réduction.

pile-02-150x137 dans Sources lumineuses  Pile de VOLTA

La première pile est inventée par Alessandro VOLTA (1745-1827) le 17 mars 1800. Dans une lettre envoyée au président de la Royal Society, il décrit sa pile composée d’un empilement (d’ou le nom de pile) de couples de disques en zinc et en cuivre en contact direct, chaque couple étant séparé du suivant par un carton humide. Il souligne le fait que, lorsqu’on les sépare, la lame de cuivre prend une charge négative et celle de zinc une charge positive.

pile-03-300x254  BONAPARTE assistant à une présentation de la pile électrique faite par VOLTA

En novembre 1801, VOLTA présente sa pile à l’Institut de France et y énonce la loi des tensions ainsi que la valeur des tensions de contact des métaux. Bonaparte, qui assiste en personne à l’une de ses démonstrations, le nomme comte et sénateur du royaume d’Italie.

pile-04-103x150  Bulletin des lois – 28 mars 1866

Par la suite de nombreux inventeurs vont améliorer ce procédé en trouvant d’autres combinaisons susceptibles de fournir plus d’électricité avec moins d’inconvénients d’utilisation. En France, une loi du 28 mars 1866 stipule que « un prix de cinquante mille francs (50,000f), à décerner dans cinq ans, est institué en faveur de l’auteur de la découverte qui rendra la pile de VOLTA applicable avec économie : soit à l’industrie comme source de chaleur ; soit à l’éclairage ; soit à la chimie ; soit à la mécanique ; soit à la médecine pratique. »

Pour en savoir plus sur ces différentes piles : cliquer ici

pile-05-150x148  Pile BUNSEN avec récipient extérieur en verre

En 1843, le chimiste allemand Robert Wilhelm BUNSEN (1811-1899) perfectionne la pile de GROVE en remplaçant l’électrode en platine par une électrode en charbon artificiel, beaucoup plus économique. Cette pile convient parfaitement à l’éclairage électrique à condition d’associer plusieurs éléments : une trentaine au minimum pour un arc électrique.

pile-07-239x300  Série de piles BUNSEN alimentant un projecteur à arc électrique DUBOSCQ

L’abbé MOIGNO écrit dans la revue “Les Mondes” du 24 juillet 1879 « Après trois mois d’expériences et d’observations constantes, nous avons pu constater que la dépense de la pile, pour une lampe à incandescence, est d’environ un litre d’acide nitrique et d’eux litres d’eau acidulée par jour, et celle de la lampe de 15 à 20 centimètres de charbon par heure. »  Ce type de pile, qui porte le nom de son inventeur, sera perfectionné par la suite par Georges LECLANCHE.

Voir : Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

pile-06-300x187  Pile BUNSEN, complète à gauche puis  décomposée en différents éléments

La pile BUNSEN est constituée d’un vase extérieur en verre ou en grès (A) rempli d’acide sulfurique et d’un cylindre en zinc (B). A l’intérieur se trouve un vase poreux (C) (porcelaine demi-cuite) rempli d’acide nitrique dans lequel est plongée une électrode de charbon (D). Le vase intérieur doit être assez poreux pour que la résistance ne soit pas trop grande. Pour un bon fonctionnement, le charbon dépasse du vase poreux qui lui-même dépasse du cylindre de zinc afin que les bornes en cuivre soient autant que possible à l’abri des vapeurs acides. Pour fournir suffisamment de courant destiné à l’alimentation d’un arc électrique on peut associer jusqu’à 50 ou 60 piles BUNSEN. Cet assemblage peut-être fait plusieurs heures avant utilisation à condition de ne pas contenir d’acides. La pile n’est remplie qu’une quinzaine de minutes avant le début de la projection. Un tel ensemble peut alimenter un projecteur durant trois à quatre heures d’affilée. Après utilisation il convient de démontrer et de rincer tous les éléments pour arrêter l’usure des zincs et des acides. « On voit en somme que l’emploi d’une grande pile entraine un travail long et pénible et nécessite un local bien ventilé pour évacuer les émanations malsaines et suffoquantes ! »

pile-08-150x137  pile-09-150x116  pile-10-150x145  Pile de GRENET alimentant un bac d’électrolyse

Créée en 1850, la pile GRENET est une pile à un seul liquide, avec des électrodes en charbon et en zinc amalgamé (préalablement trempé dans du mercure) plongées dans une solution de bichromate additionnée d’acide sulfurique. Quand la pile n’est pas utilisée, il est nécessaire de relever l’électrode centrale en zinc pour la préserver. Diverses améliorations (pile TROUVE, pile CARDIN, pile VOISIN et DROBIER…) suivront pour isoler cette électrode.

pile-11-81x150  pile-12-150x150  Pile 13  Pile 14

La pile GRENET, aussi appelée pile bouteille à cause de sa forme, se compose d’un corps en verre contenant une solution acide de bichromate de potassium dans laquelle sont plongées des électrodes fixées sur le couvercle en ébonite. Les charbons, reliés à une borne en cuivre, sont fixés définitivement tandis que la plaque en zinc située entre les deux charbons, relié à l’autre borne en cuivre, peut coulisser verticalement à l’aide d’une tige en laiton retenue par une vis afin de l’économiser lorsque l’on ne se sert pas de la pile. Celle-ci peut fonctionner neuf à dix heures et suffit pour pratiquer certaines expériences ou alimenter une ampoule électrique de faible consommation.

Pile-16

Collection de piles : Grenet, Leclanché, Chardin, Wonder, etc, présentées au musée de l’Electricité situé dans la maison  d’Ampère à Poleymieux au Mont d’Or : CLIQUER ICI.

Voir : La pile LECLANCHÉ

 

 

 

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Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 11 avril 2013

Après que l’on eut découvert les différents “trucs” utilisés dans les spectacles de Fantasmagorie et autres tours de magie, faisant apparaitre des spectres et revenants de l’au-delà, la lanterne de projection est régulièrement utilisée sur les grandes scènes théâtrales, aussi bien en France qu’à l’étranger pour produire de nombreux effets.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSONProjection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle dans Lanternes projection Regulateur-11-300x183  Opéra “Moïse et Pharaon” en 1860. Effets lumineux sur Moïse et arc-en-ciel

Grâce au régulateur électrique inventé par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ milieu du XIXe siècle, le théâtre peut enfin réaliser des “effets spéciaux” dignes des grandes scènes parisiennes.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Dans “Faust”, le rayon lumineux qui vient dessiner sur le grand pilier de la cathédrale et le parquet de la scène les contours indécis des vitraux du chœur est issu d’une lanterne de projection. Les effets du soleil levant du “Prophète” de MEYERBEER et d’arc-en-ciel dans “Moïse et Pharaon” de ROSSINI sont dus aux mêmes moyens.

theatre-12-119x150 dans Projections pour SpectaclesSoleil levant

En 1849, l’appareil employé au troisième acte du “Prophète”, pour imiter le soleil levant, se compose d’une lampe à arc portée par un support de bois et munie d’un grand réflecteur parabolique. A l’avant est placé un écran de soie tendu sur un cadre, qui est traversé par un faisceau cylindrique de lumière, formant ainsi une tache ronde représentant le disque solaire. L’appareil tout entier, convenablement masqué par les décors, s’élève lentement derrière l’écran situé en fond de scène, de sorte que l’astre du jour semble monter progressivement au dessus de l’horizon.

theatre-13-300x190Arc-en-ciel

C’est en 1860, dans le premier acte de l’opéra “Moïse”, qu’on applique pour la première fois l’électricité pour produire un arc-en-ciel. Une lanterne équipée d’un arc électrique est placée sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel. Les rayons lumineux traversent d’abord un premier système de lentilles, qui les rend parallèles, puis un écran opaque  découpé en forme d’arc. Ils passent ensuite à travers une lentille biconvexe, qui sert à augmenter la courbure de l’image et à lui donner une extension plus considérable et traversent enfin un prisme placé de telle sorte que les couleurs apparaissent dans l’ordre naturel, c’est-à-dire le rouge en haut et le violet en bas.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

theatre-14-124x150   Eclair

Pour obtenir un éclair aussi réaliste que possible, on utilise l’arc électrique formé entre deux charbons placés à l’avant d’un miroir plan. Le charbon supérieur est fixe tandis que l’autre peut être avancé ou reculé selon les besoins. Ce dernier est fixé à une tige de fer doux pouvant pénétrer à l’intérieur d’un solénoïde qui fait partie du circuit placé derrière l’appareil. Tant que le courant ne passe pas, les charbons restent en contact sous l’action d’un ressort qui pousse celui du bas. Si l’on vient à fermer le circuit, le fer doux attiré pénètre à l’intérieur du solénoïde, le charbon mobile recule et l’arc lumineux se forme, puis s’éteint aussitôt. Le charbon inférieur revient au contact, poussé par le ressort et l’appareil est près à produire un autre éclair. L’appareil étant de faible dimensions, il peut être confié à un technicien en coulisse, voir même un figurant sur scène, qui peut l’activer sur une réplique ou un mouvement particulier. Il a fait son apparition pour la première fois, sur la scène du théâtre des Variétés, dans les “Voyages de la Vérité”.

theatre-24-141x150  « Quand Emile secoue sa tôle, Pierre souffle dans sa pipe ! » 1873

Dans certains théâtres, on obtient aussi d’excellents éclairs à l’aide d’un dispositif électrique encore plus simple. On relie les deux pôles d’une source électrique assez puissante, l’un avec une grosse lime un peu usée, l’autre avec un charbon à lumière. En frottant le charbon sur la lime, on obtient à la rupture de chaque contact, un arc électrique dont la lueur correspond à un bel éclair.

Dans les petits théâtres ne possédant pas encore la lumière électrique, on se sert d’une sorte de grande pipe dont le fourneau est rempli par une éponge imbibée d’alcool et saupoudrée de lycopode «  En allumant et en soufflant fortement par le tuyau, on produit dans la coulisse une grande flamme qui illumine la scène un court instant, comme un éclair pendant ».

theatre-22-150x120 Tonnerre  theatre-21-148x150  Vent  theatre-23-94x150 Pluie

Tous ces effets visuels sont renforcés par des effets sonores tout aussi impressionnants. Le bruit du tonnerre est provoqué par un roulement de tambour ou l’agitation d’une feuille de tôle suffisamment souple. Le vent provient d’un double cylindre en papier gris que l’on tourne plus ou moins rapidement ; quant à la pluie on utilise un grand sablier en bois rempli de copeaux de zinc et de morceaux de papier de verre !

theatre-25-128x150  Nouveau théâtre de la porte Saint-Martin à Paris, reconstruit en 1873

Dans les années 1895, monsieur TROUVE emploie au théâtre de la Porte Saint Martin, dans le “Maître d’armes”, un dispositif fort simple et ingénieux. Une petite lampe à incandescence dont le foyer très concentré possède une grande puissance lumineuse est placée à l’extrémité d’une longue tige flexible – une gaule de pêche par exemple – ; un commutateur à pied permet d’allumer ou d ‘éteindre cette lampe très facilement. Il suffit, à l’instant voulu, d’agiter la tige en zigzag, de haut en bas, pour imiter la chute de la foudre sur un lieu précis.

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Lorsque le faisceau lumineux doit suivre un personnage, comme dans “Faust”, “Hamlet”, etc. il est nécessaire d’utiliser une lanterne plus légère, en bois ou en tôle, équipée de lentilles permettant de concentrer la lumière et d’un diaphragme placé devant l’objectif afin d’augmenter ou de réduire l’importance du faisceau lumineux.

La plupart de ces dispositifs et appareils ont été inventés et mis au point par la maison DUBOSCQ.
Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Source de l’article : “L’électricité au théâtre” par Julien LEFEVRE – Paris A. GRELOT éditeur de l’Encyclopédie Electrique – Vers 1894

 

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Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Posté par Patrice Guerin le 29 mars 2013

L’apparition de spectres translucides et impalpables est un phénomène – réel ou artificiel -  qui existe depuis la plus haute antiquité et fascine les esprits les plus crédules, « Apparition de spectres, Fantômes et Revenants, tels qu’ils ont dû et pu apparaître dans tous les temps, dans tous les lieux et chez tous les peuples » ROBERTSON.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité

Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre dans Projections pour Spectacles spectres-01-300x183  Gravure figurant en frontispice du livre “Mémoires récréatifs scientifiques et anecdotiques” de E.G. Robertson – 1840

Ce type d’illusion a été très utilisé à la fin du XVIIIe siècle et l’on en retrouve des descriptions précises dans les “Mémoires” du physicien Etienne-Gaspard ROBERT dit ROBERTSON (Voir PORTRAITS) qui imagina à l’époque divers spectacles de fantasmagories.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Tombé en désuétude quand les stratagèmes de ROBERTSON furent dévoilés, ce genre de spectacle revient à la mode dans les années 1850, lorsqu’un illusionniste, Henri ROBIN (1803-1874), présente sur scène l’image de personnages vivants vivement éclairés à la lumière électrique.

spectres-02-113x150 dans Projections pour Spectacles  Tambour fantôme et Robin – 1852 – Collection Christian Fechner

« Ce fut en 1845 que j’eus l’idée d’une nouvelle invention pour produire ces sortes d’apparitions. Ayant rencontré des obstacles sans nombre à l’exécution, je dus attendre jusqu’en 1847 pour arriver à un résultat satisfaisant. C’est à cette époque que, pour la première fois, je les présentai au public sur les théâtres de Lyon et de Saint-Etienne sous le nom de Fantasmagorie vivante. A mon grand étonnement je fis peu d’effet. Il manquait à ces apparitions pour obtenir l’illusion complète, le perfectionnement que j’y ai introduit depuis. Arrivé enfin à mon but, je les donnai avec beaucoup de succès à Venise, à Rome, à Munich, à Vienne, à Bruxelles, mais comme ces expériences me causaient grand embarras, je me vis forcé de les mettre de côté pendant quelque temps. »

Source Artefake cliquer ici

spectres-03-150x95  Armoire spirite théâtre Robin – 1867 – Collection Christian Fechner

En 1862 Henri ROBIN crée son propre théâtre situé boulevard du Temple à Paris. Cependant ROBERT-HOUDIN précise que le “truc” des spectres fut imaginé en 1863 par M. PEPPER, directeur du Polytechnic Institution de Londres.

Voir : Ghosts Geister & Fantômes in the theater

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En 1863 au Chatelet, cette technique est utilisée dans “Le secret de miss Aurore” puis en 1868, au théâtre de l’Ambigu, des spectres apparaissent lors du dénouement de la pièce intitulée “La Czarine”. Les effets sont réglés par ROBERT-HOUDIN lui-même qui en décrit le processus dans son livre posthume intitulé “Magie et physique amusante” chez Calmann Lévy 1877. « Un savant, M. de Kempelen, dévoué à la czarine, parvient, à l’aide de procédés scientifiques, à déjouer les projets criminels du faux prétendant… et pour achever de le confondre, il annonce qu’il va évoquer l’ombre de Pierre III ».

Pour voir ce livre cliquer ici

spectres-04-300x193  Cette gravure se trouve, entre-autres, dans le livre de MOLTENI “Instructions pratiques sur l’emploi des appareils de projection” et en couverture du livre de Julien LEFEVRE “L’électricité au théâtre” – Collection P.G.

L’acteur, placé sous la scène, reçoit un faisceau lumineux très intense provenant d’une grosse lanterne de projection équipée d’un système d’éclairage à arc électrique. Entre lui et la lanterne se trouve une première glace sans tain inclinée à 45° qui fonctionne comme un miroir et renvoie l’image du personnage sur une seconde glace transparente parallèle à la première qui réfléchit cette image vers le spectateur « bien entendu on dissimule les bords de cette glace au milieu de décors et d’accessoires tels que simulacres de roches ou d’arbres ». La salle doit être plongée dans une obscurité totale pour que l’on ne voit aucun reflet sur le miroir afin d’avoir l’impression que le fantôme est réellement sur scène, comme on le voit à l’arrière de celle-ci.

robert-15-150x103  Spectacle vu par les spectateurs

Dans certain cas, la lanterne se trouve sous la scène et le figurant est placé dans une fosse côté spectateurs. Il n’existe alors qu’un seul miroir sur scène, mais le spectre vu par les spectateurs est alors inversé – de gauche à droite – par rapport au figurant. Dans tous les cas, l’éclairage de la scène est réglé de telle manière que l’on puisse voir simultanément le spectre diaphane par réflexion sur la vitre et les acteurs à travers celle-ci, en ayant l’impression qu’ils sont dans le même espace.

1-fantasmagorie-02-150x97  Dans ce type de représentation, il n’est pas  nécessaire que la lanterne soit mobile car elle ne projette pas une image, mais uniquement un faisceau lumineux

Les puissants régulateurs électriques, dont l’invention est due à monsieur DUBOSCQ dans les années 1850, ont progressivement permis de créer des effets de plus en plus spectaculaires « Le vif éclat de l’arc électrique le rend éminemment propre à fournir sur la scène des théâtres une brillante lumière, susceptible d’être utilisée dans une foule de circonstance ».

spectres-05-206x300  Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQAutres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Par la suite ce procédé a bien souvent été modifié pour produire d’autres illusions d’optique tels que le “Décapité parlant” exhibé pour la première fois en Angleterre par le colonel STODARE et les nombreuses imitations qui en ont été faites comme la “Demie-femme”, le “Buste isolé”, la “Femme à plusieurs têtes”, “Stella” etc.

 

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Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Posté par Patrice Guerin le 12 septembre 2012

En consultant différents catalogues de la maison DUBOSCQ PELLIN, ainsi que certaines revues du XIXe siècle dont “La Nature”, on constate que la fameuse “lanterne photogénique” fabriquée par DUBOSCQ dans les années 1850, n’est pas le seul projecteur portant cette signature.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQLa maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Il existe au moins trois ou quatre autres lanternes de projection, fort différentes de celle-ci, qui auraient été fabriquées par la maison DUBOSCQ PELLIN.

 Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN dans Lanternes projection Duboscq-71-85x150  “Catalogue des appareils employés pour la photographie sur plaques, sur verre, sur papier, construits dans les ateliers de M. J. DUBOSCQ opticien” de 1862, page 23

1 – l’appareil “Agrandisseur des épreuves microscopiques” est ainsi défini : « Les épreuves obtenues à l’aide du Polyconographe sont destinées à être agrandies. La question de l’amplification des positifs à l’aide de négatifs microscopiques ne pouvait être résolue qu’à l’aide d’un appareil grossissant, n’altérant nullement les détails du négatif. L’appareil amplificateur se compose d’une lentille convergente placée au delà du centre d’un miroir concave qui concentre les rayons lumineux sur le négatif à amplifier avant de traverser un système de lentilles convergentes afin de former à distance convenable une image renversée et agrandie sur l’écran qui porte le papier positif sensibilisé. La lentille convergente de 110 mm de diamètre est renfermée dans une boîte cylindrique en laiton de 25 cm de circonférence et de 70 cm de hauteur à l’intérieur de laquelle on peu placer une source de lumière électrique ».

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

NB Ce catalogue ne présente pas d’autres lanternes de projection, on peut donc supposer que la “Lanterne Photogénique” est postérieure à cette date. Par contre à la même époque il existe une lanterne cylindrique assez similaire à ce modèle fabriquée par Newton en Grande-Bretagne.

Duboscq-72-114x150 dans Lanternes projectionLanterne Newton – Collection J-P.V.

La particularité de cette grosse lanterne est qu’elle possède trois types d’objectifs différents qui peuvent tourner autour de la lanterne centrale afin de se trouver dans l’axe de projection désiré.

Duboscq-73-104x150  Duboscq-74-104x150  Catalogue PELLIN de 1900, page 17 et page 18 – Collection G.V.

Dans ce catalogue de 1900, on découvre deux nouvelles lanternes en plus de la “Lanterne Photogénique”.

Duboscq-75-111x150Collection Antic-Photo

2 – La “Lanterne de M. PELLIN” qui contient un appareil électrique à charbons inclinés, dont le rapprochement se fait à la main, un bouton servant à avancer simultanément les deux charbons tandis que l’autre permet de centrer le point lumineux.

Duboscq-76-108x150

3 – La “Lanterne de M. le Dr ROUX consiste principalement en un chalumeau vertical à gaz oxhydrique formé de deux tubes concentriques. Au centre se place une petite sphère de magnésie que la flamme entoure de toutes parts et qu’elle porte à l’incandescence. Cette source lumineuse est placée au centre d’une lanterne équipée d’un miroir, d’un condensateur et d’un objectif télescopique. Cette lanterne de projection est employée à l’Institut Pasteur, à l’Ecole de Médecine de Paris, etc.

Voir : Chalumeau oxhydrique DUBOSCQ PELLIN

Duboscq-77-103x150

Enfin il est écrit dans ce catalogue « Nous construisons sur demande des lanternes pour les différents régulateurs qui se trouvent dans le commerce. Dans ce cas nous adresser un croquis coté des dimensions des régulateurs ». La lanterne ci-dessus est un modèle de théâtre, fabriqué en bois et muni d’un réflecteur argenté, destiné à éclairer vivement une partie de la scène.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Duboscq-78-150x112

Il existe aussi un catalogue spécial concernant les « Lanternes diverses pour effets scéniques au théâtre ».

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